Sur le Web, ces 30 derniers jours

jeudi 30 novembre 2017

  • Offre d'emploi - Poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital privé de Plérin

    La mission de l'aumônier catholique consiste au sein d'une équipe constituée d'un aumônier à mi-temps et d'un prêtre modérateur à vivre « le sacrement de la présence » auprès des personnes malades et de leurs familles.

    Le service des aumôneries catholiques des hôpitaux et cliniques recherche un personne disponible pour un poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital privé des Côtes d'Armor à Plérin. Ce poste est à pourvoir en mars 2018.

    Compétences & qualités requises : expériences humaines auprès des personnes fragiles, ancrage ecclésial, sens de l'écoute et de la confidentialité, capacité à travailler en équipe, sens de l'organisation, compétences administratives (utilisation de Word, Excel, Internet),

    Accompagnement et formations assurés.

    Les candidatures sont à envoyer à la responsable diocésaine des aumôneries d'hôpitaux :

    Gratiane Louvet
    RDAH
    rdah chez diocese22.fr
    tel 02.96.68.13.42


  • Colloque « Foi et violence : un enchaînement fatal ? » organisé par l’Observatoire Foi et Culture samedi 2 décembre

    Placé sous la responsabilité de Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen, l’Observatoire Foi et Culture (OFC) a pour objectif de capter « l’air du temps » en étant attentif à ce qui est nouveau dans tous les domaines de la culture : la littérature, les arts, les sciences. Il s’agit de voir ensuite comment cela rejoint les aspirations profondes de la société et comment cela résonne dans notre foi chrétienne. Comme chaque année, l’OFC de la Conférence des évêques de France, organise un colloque autour d’un thème d’actualité. Cette année le colloque aura lieu le samedi 2 décembre de 9h à 17h à la Conférence des évêques de France (58 avenue de Breteuil, 75007 Paris).
    L’édition du 2017 du colloque, aura pour sujet « Foi et violence : un enchaînement fatal ? ». Face à des situations de violence, que peuvent apporter les chrétiens ? Peuvent-ils clarifier leurs propres positionnements en entrant en dialogue avec les autres ? L’objet de ce colloque est double :
    – Apporter des éléments d’information qui permettent de se situer sans préjugés dans le moment historique et social que nous vivons ;
    – Permettre la rencontre entre des sensibilités différentes et participer ainsi au « discernement des signes des temps » qu’a appelé le concile Vatican II et que stimule aujourd’hui le pape François.
    Sous la présidence de Mgr Hubert Herbreteau, interviendront :
    ·         Marie-Françoise Baslez, historienne
    ·         Fabien Vasseur, professeur de Lettres
    ·         Guy Coq, philosophe
    ·         Michaël Fœssel, philosophe
    ·         Rémi Brague, philosophe, membre de l’Institut
    ·         Martino Diez, enseignant chercheur en langue et littérature arabe à l’Université Catholique de Milan et directeur scientifique de la Fondation Internationale Oasis
    ·         Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes
    ·         Père Étienne Grieu, théologien s.j.
    ·         Stéphane Audoin-Rouzeau, historien
    ·         Jan De Volder, historien des religions, titulaire de la Chaire cusanus « Religion, conflit, paix », Université Catholique de Louvain, Communauté Sant’Egidio


mercredi 29 novembre 2017

  • [VIDEOS] Retour sur la réunion « synode » dans la zone pastorale de Lamballe

    Mardi 28 novembre 2017, 150 personnes étaient réunies à Planguenoual pour écouter le travail de mise en commun des paroisses de la zone pastorale de Lamballe, suite à la lecture des Actes du synode qui s'est clôturée le 4 juin dernier. Le Père Pierrick Jégonday, curée responsable de la zone pastorale de Lamballe ; et Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, étaient présents pour assister aux échanges.

    Homélie de Mgr Denis Moutel

    Pour l'ensemble des paroisse qui s'est exprimée durant la soirée, le premier constat rassurant était que les équipes "ne partaient pas de zéro". La paroisse de Lamballe, notamment, a souligné que "la pastorale des jeunes et la liturgie étaient déjà deux domaines très riches". Il a été rajouté en forme de clin d'œil que "le travail en équipes synodales étaient, pour ceux qui regardent le Tour de France, une étape de plat. Aujourd'hui, nous entamons une étape de montage à travers l'application de mesures concrètes".

    Dans les différentes prises de parole, des lois synodales sont revenues régulièrement. Par exemple :

    • Loi synodale 2 - Témoigner auprès des jeunes
      Des rencontres « mon projet de vie » seront organisées au sein des lycées de l'enseignement catholique et des aumôneries de l'enseignement public dans le cadre de la démarche d'orientation en 1re ou Terminale. Une équipe de prêtres, religieux et laïcs interviendra dans les classes ou les aumôneries pour donner son témoignage sur tous les choix possibles pour construire et réussir sa vie.
    • Loi synodale 3 - Accompagner les personnes qui assurent l'accueil
      Une formation pour les personnes qui ont une mission d'accueil dans les maisons paroissiales sera organisée tous les trois ans au niveau diocésain. Cette formation portera sur les attitudes, l'écoute, la manière d'entrer en dialogue… Une formation pratique sur les informations à transmettre sera assurée par la paroisse. Un outil de liaison sera mis en place entre les différentes personnes qui assurent l'accueil ; une rencontre sera organisée trois fois par an pour améliorer les conditions de ce service si important.
    • Loi synodale 16 - Les jeunes dans la liturgie
      Des moyens seront recherchés pour écouter les jeunes et encourager leur participation à l'Eucharistie : connaissance de la liturgie, discernement des charismes (lecture, musique, chant, service de l'autel, service des plus jeunes, accueil etc.) Les équipes liturgiques veilleront à intégrer régulièrement des jeunes dans le service liturgique : préparation, lecture, chants, musique.
    • Loi synodale 21 - Créer du lien
      Deux ou trois membres de l'EAP seront chargés de porter le souci d'une véritable communauté de proximité, fraternelle et chaleureuse. Les EAP organiseront, de temps à autre, un moment de convivialité par exemple un pot après la messe. Elles repèreront les personnes nouvelles fréquentant nos assemblées dominicales ou celles qui paraissent isolées dans l'assemblée. Elles prendront contact, inviteront à un temps de rencontre et présenteront la vie de la paroisse. Un trombinoscope des divers responsables pourra être remis pour faciliter l'intégration.
    • Loi synodale 33 - Associer, impliquer et aider les familles dans la transmission de la foi
      Un parcours familial sera proposé, dans chaque zone pastorale, pour donner aux parents et aux grands-parents le goût et les moyens de transmettre la foi à leurs enfants. Ce parcours pourra comporter des séances de catéchisme, des témoignages de parents, grands-parents, parrains, marraines, une initiation à la prière en famille, des partages d'expérience.

    Soirée-débat

    l


  • L'Avent et Noël à la Maison Saint-Yves

    Pendant le temps de l'Avent et la période de Noël, la Maison Saint-Yves propose différentes animations accessibles à tous. N'hésitez pas à venir les découvrir !

    Exposition de crèches du monde

    du 4 décembre 2017 au 13 janvier 2018

    Salle d'exposition de la Maison Saint-Yves
    ouvert du lundi au vendredi de 10h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00 - le samedi de 10h à 12h.

    >

    Animation de Noël à la Maison Saint-Yves

    Mercredi 20 décembre à partir de 14h00

    Tout l'après-midi : atelier bricolage, Kamishibaï à la Médiathèque, visite guidée, expo-vente
    A 16h00 : contes de Noël suivis d'un goûter offert à tous - réservation conseillée au 02 96 68 13 40

    Visites guidées de la Maison Saint-Yves

    4 après-midi proposées pour venir découvrir la Maison Saint-Yves entre amis ou en famille

    Mercredi 27 décembre et vendredi 29 décembre 2017 à 15h00
    Mercredi 3 janvier et vendredi 5 janvier 2018 à 15h00
    Ouvert à tous - Sans réservation - Gratuit

    Affiche visites Noël MSY - PDF - 4.4 Mo
    Affiche visites Noël MSY
    Affiche apm Noel MSY - PDF - 5 Mo
    Affiche apm Noel MSY
    Affiche expo crèches du monde MSY - PDF - 1.5 Mo
    Affiche expo crèches du monde MSY

  • Vie consacrée : « Horizons et espérances », congrès à Rome
    800 consacrés du 1er au 3 décembre 2017. La Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique organise à Rome un congrès sur le thème : « Pastorale vocationnelle et vie consacrée. Horizons et espérances », du 1er au 3 décembre 2017, annonce un communiqué du dicastère ce (...)

  • 9ème édition du Prix de Cinéma de l'Auditoire
    Le Prix 2017 qui récompensera des films sortis en salle de décembre 2016 à novembre 2017. Le Jury prépare cette nouvelle édition, la remise des prix étant prévue pour le 30 janvier 2018 au cinéma Reflets Médicis de Paris Vème. Tout au long de l'année, nous vous proposerons ci- après sur cette page des (...)

  • À Lyon, les franciscains s'unissent pour la « mission » (La Croix)
    Frères mineurs franciscains, capucins et conventuels vivent jusqu'à dimanche 26 novembre une semaine de mission à Lyon. Une première. Cinq siècles après la division en plusieurs branches du premier ordre de la famille franciscaine, ils vont à la rencontre des autres et d'eux-mêmes. Un moineau s'est (...)

mardi 28 novembre 2017

  • Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel : quel appel lancé à la vie religieuse ?
    Session Vie Religieuse 2018 au Centre Sèvres 26 février - 1er mars 2018 L'Église universelle est invitée à réfléchir sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Comment la vie religieuse, qui porte de façon souvent douloureuse la question de son renouvellement, va-t-elle entendre cet appel (...)

  • Frères mendiants
    Le regard de Dominique Quinio (La Croix) Dans sa pudeur, jouant d'une palette de tons sourds, bruns, gris ou ocres, sans pathos, la photo vibre et vous émeut. Dans la grande ville, sur la large place aux murs majestueux, à la lumière voilée de l'automne, tandis que passent des piétons tranquilles, (...)

  • Le « Saint-Brieuc Magnificat » de Kira Rugen

    La compositrice américaine Kira Rugen était à Saint-Brieuc du 24 au 27 novembre. Elle dirigeait les Petits chanteurs de Saint-Brieuc qui chantaient le « Saint-Brieuc Magnificat » qu'elle a composé pour eux. Cette œuvre en trois mouvements était donnée dimanche, à l'église Saint-Michel, pour la Sainte-Cécile. Il sera à nouveau chanté le 22 décembre à 17h30 à la chapelle du collège-lycée Saint-Charles, à Saint-Brieuc. Explications avec cette jeune musicienne de talent.

    Kira Rugen
    Kira Rugen

    Les Petits chanteurs de Saint-Brieuc ont chanté pour la première fois, dimanche, votre « Saint-Brieuc Magnificat ». Comment l'avez-vous reçu ?
    Cela m'a beaucoup touchée d'écouter ces enfants exprimer avec leur timbre propre ma composition. Leur expression était si émouvante ! Je pouvais sentir leur cœur, leur joie. Je dois reconnaître aussi que le « O salutaris Hostia » (de Richard Quesnel) qu'ils ont chanté juste avant m'a émue aux larmes.
    Je reconnais que ma composition est différente de ce qu'ils ont l'habitude de chanter, mais ils ont réussi brillamment ! Surtout le deuxième mouvement, avec les percussions, le violon et le piano. J'en ai vu certains danser… C'était incroyable de les voir bouger alors que ce n'est pas si courant lors d'un concert dans une église. Goulven Airault m'a dit que cette seconde partie était la préférée des enfants et c'est aussi celle que je préfère !

    Ce Magnificat est en latin, mais est-ce que des petits bretons le chantent comme le feraient des petits américains ?
    Je pense que la façon dont ils l'ont chanté est différente de celle dont des enfants américains le chanteraient. La façon dont ils produisent le son est très colorée par le français, mais je ne changerais cela pour rien au monde : c'était magnifique !

    Que voudriez-vous dire aux petits chanteurs ?
    Beaucoup d'entre eux sont venus me voir à la fin du concert et m'ont embrassée, ont demandé d'être pris en photo avec moi. Un grand merci ! Peut-être qu'un jour nous nous reverrons : peut-être que mon chœur viendra en Bretagne pour une tournée, et peut-être que les Petits chanteurs viendront en Arizona !!

    Kira Rugen est compositrice, enseignante, chef de chœur et chanteuse à Phoenix en Arizona. Docteur en musicologie et direction chorale, elle dirige les activités chorales et le théâtre musical à l'Université chrétienne d'Arizona. Par le passé, elle a enseigné l'histoire de la musique et la direction à l'Université du Grand Canyon de Phoenix. Elle a dirigé plusieurs chœurs aux États-Unis.

    Retrouvez un article sur Kira Rugen dans la revue diocésaine Église en Côtes d'Armor de janvier 2018.


  • L'Escale familles a été inaugurée en présence de Véronique Fayet

    Ouverte depuis le 19 septembre, l'Escale familles a été inaugurée le 28 novembre, dans les locaux de la Maison Saint-Yves, en présence de Véronique Fayet, présidente nationale du Secours catholique, de Mgr Denis Moutel, de représentants de l'Etat et d'élus locaux.

    Véronique Fayet, présidente natonale du Secours catholique - voir en grand cette image
    Véronique Fayet, présidente natonale du Secours catholique

    « Depuis l'ouverture, il y n'y a pas eu une seule journée sans famille accueillie », déclare Annette Paous, permanente du Secours catholique à Saint-Brieuc et chargée du lancement de l'Escale familles, un appartement dévolu à l'accueil de jour des familles en difficulté. Ce local est implanté sur l'aile Nord de la Maison Saint-Yves, la nouvelle maison diocésaine. L'Escale familles a été inaugurée le 28 novembre en présence de Mgr Denis Moutel, des présidents national et local du Secours catholique, des bénévoles, du député Bruno Joncour et d'autres élus. Ainsi, du mardi au dimanche, des familles entières, souvent migrantes, des mères seules avec enfants, des femmes enceintes, des enfants en vacances scolaires… passent-ils ici la journée ou la demi-journée, juste sous les bureaux et appartements de l'évêque. Un heureux symbole, pour Véronique Fayet, présidente nationale du Secours catholique, pour qui cette Escale familles est « un projet en Eglise, ouvert au monde, en famille, avec des familles. »

    Faire tomber les préjugés sur les familles

    Selon le rapport statistique annuel du Secours catholique, parmi les 1 438 0000 personnes accueillies en 2016, 19% vivaient cette année-là sans aucune ressource et plus de la moitié étaient des familles avec des enfants. Leur niveau de vie médian était de 548 €, soit presque deux fois moins que le seuil de pauvreté établi à 1015 €. « Contrairement aux idées reçues, les familles avec enfants sont plus pauvres que les autres pauvres », fait remarquer Véronique Fayet avant d'ajouter : « Une maison comme l'Escale familles est bien un lieu où les préjugés peuvent tomber. » Elle a également insisté sur l'importance que s'y vive « une entraide solidaire » entre les 35 bénévoles et les 23 familles accueillies depuis l'ouverture. « Dans une relation d'entraide, nous sommes sur le même pied d'égalité. Ici, on ne voit plus cette différence entre personnes accueillies et bénévoles. Chacun reçoit et chacun donne : nous sommes au cœur du projet national du Secours catholique. »

    Partenariat

    L'Escale famille est gérée conjointement par le Secours catholique - le porteur du projet - et Adalea - prestataire pour les permanences de professionnels -. Cette association briochine accueille les personnes sans domicile et loge, via le dispositif hybritel, celles qui sollicitent le 115. C'est donc principalement Adalea qui oriente les familles vers l'Escale famille en journée. Tout simplement pour y vivre leur vie de famille : cuisiner et manger, faire la lessive, se doucher, se détendre et jouer. L'idée a germé dès 2013. Une genèse rappelée par Daniel Le Bourhis, président du Secours catholique pour les Côtes-d'Armor, insistant sur le fait que ce projet a été voulu par Mgr Denis Moutel et l'abbé Gérard Nicole - « une des chevilles ouvrières de la Maison Saint-Yves. » « Leur intuition s'est transformée en une belle réalité. »

    Annette Paous (à droite) avec des bénévoles de l'Escale Familles - voir en grand cette image
    Annette Paous (à droite) avec des bénévoles de l'Escale Familles

  • A-Dieu, Frère Henri
    Le Père Dominicain Henri Burin des Roziers est mort avant-hier. Depuis 1978 comme prêtre mais aussi comme avocat, il s'est battu au service des « sans-terres » au Brésil, notamment aux confins de la forêt amazonienne. En 2002, le journal La Vie, avant et après tant d'autres, lui consacrait un portrait (...)

lundi 27 novembre 2017

  • Commentaires du dimanche 3 décembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 3 décembre 2017
    1er dimanche de l’Avent

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre du prophète Isaïe 63, 16b-17, 19b ; 64, 2b-7
    63, 16b C’est toi, SEIGNEUR, notre Père ;
    « Notre-Rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
    17 Pourquoi, SEIGNEUR, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ?
    Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ?
    Reviens, à cause de tes serviteurs,
    des tribus de ton héritage.
    19b Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
    les montagnes seraient ébranlées devant ta face.
    64, 2b Voici que tu es descendu :
    les montagnes furent ébranlées devant ta face.
    3 Jamais on n’a entendu,
    jamais on n’a ouï dire,
    nul oeil n’a jamais vu un autre dieu que toi
    agir ainsi pour celui qui l’attend.
    4 Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice,
    qui se souvient de toi en suivant tes chemins.
    Tu étais irrité, mais nous avons encore péché,
    et nous nous sommes égarés.
    5 Tous, nous étions comme des gens impurs,
    et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
    Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
    et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
    6 Personne n’invoque plus ton nom,
    nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
    Car tu nous as caché ton visage,
    tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
    7 Mais maintenant, SEIGNEUR, c’est toi notre Père.
    Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
    nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

    QUAND ISRAEL APPELAIT DIEU « NOTRE PERE »
    Vous voyez que le catéchisme du petit enfant Juif et celui du petit Chrétien ont au moins un point commun : les deux affirment que Dieu est Père ! Ce texte d’Isaïe date probablement de cinq cents ans avant le Christ, ce qui veut dire qu’il est vieux de plus de deux mille cinq cents ans ; or il est très clair sur ce point. Il le dit même deux fois : dans le texte tel qu’il nous est proposé par la liturgie, cela forme ce qu’on appelle une « inclusion » ; la première et la dernière ligne sont deux affirmations identiques et elles encadrent tout le texte ; première ligne « C’est toi, SEIGNEUR, notre Père »… dernière ligne « SEIGNEUR, c’est toi notre Père. » Suit l’image du potier : « Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main ».
    Image très intéressante, celle du potier, qui dit bien dans quel sens Dieu est Père : il ne s’agit pas d’une paternité charnelle semblable à la paternité humaine ; le potier n’est pas le papa biologique de l’objet qu’il crée ; il en est le créateur, c’est tout autre chose !
    Et là, une fois de plus, Israël se démarque des peuples voisins ; car je disais tout-à-l’heure qu’on n’a pas attendu le Nouveau Testament pour appeler Dieu « Père », mais pour être tout-à-fait honnête, on n’a pas attendu non plus l’Ancien Testament ni le peuple hébreu ; les autres peuples aussi invoquaient leur dieu comme leur père ; par exemple, au quatorzième siècle avant notre ère, à Ugarit (en Syrie, au Nord de la Palestine), le dieu suprême s’appelle « El, roi-père » .
    Mais le titre de père, chez les autres peuples, a deux significations : premièrement un sens d’autorité ; deuxièmement un sens de paternité charnelle ; la Bible a gardé le premier sens de l’autorité, mais a toujours refusé de considérer Dieu comme un père biologique à la manière humaine. Dieu est le Tout-Autre, sur ce plan-là aussi.
    C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’on trouve assez rarement, et seulement tardivement, dans l’Ancien Testament des affirmations péremptoires du genre « Dieu est votre Père » ; pendant trop longtemps, on aurait risqué de se méprendre et de l’imaginer père à la manière humaine, comme les peuples voisins.1
    En revanche, on trouve plus tôt et plus souvent le titre de fils appliqué au peuple d’Israël tout entier ; c’est évidemment moins ambigu : on ne risque pas de penser cette filiation d’un peuple entier en termes de sexualité. Par exemple, dès le livre de l’Exode, dans un texte probablement très ancien, on peut lire « Ainsi parle le SEIGNEUR : Mon fils premier-né, c’est Israël » (Ex 4, 22 ; premier-né signifiant ici « bien-aimé », « fils de prédilection »). Ce qui fait évidemment penser à l’élection d’Israël.
    Deuxième étape, depuis David, le roi est appelé « fils de Dieu » ; vous connaissez la formule du Psaume 2, prononcée le jour du sacre d’un nouveau roi « Tu es mon fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ».
    Puis, peu à peu, on comprendra que chacun de nous peut se considérer comme fils de Dieu, c’est-à-dire objet de sa tendresse… Vous voyez que notre prière du Notre Père remonte très loin ; tellement loin qu’on trouve pratiquement toutes les phrases du Notre Père dans des prières juives qui étaient récitées dans les synagogues bien avant la naissance de Jésus.
    QUAND ISRAEL APPELAIT DIEU « NOTRE LIBERATEUR »
    L’autre titre donné à Dieu par Isaïe, c’est celui de « Rédempteur », ce qui veut dire « libérateur » ; chaque fois que nous rencontrons les mots « Rédempteur », « Rédemption », il faut penser « Libérateur », « Libération » ; Le Dieu de l’Ancien Testament est celui qui veut l’homme libre : libre de tout esclavage humain et aussi de toute idolâtrie, car c’est la pire des servitudes.
    Pour le dire, Isaïe emploie ici un mot bien précis, le Go’el ; c’est un terme juridique que nous traduisons par « Rédempteur », « Libérateur ».
    A plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, Dieu est appelé le « Rédempteur », le « racheteur » de son peuple. Par exemple, on connaît la fameuse profession de foi de Job : « Je sais, moi, que mon Rédempteur (mon libérateur) est vivant. » Bien sûr, quand on applique ce terme de rachat à Dieu, on n’envisage pas une transaction commerciale ; mais on affirme deux choses : premièrement, Dieu est le plus proche parent de son peuple ; deuxièmement Dieu veut l’homme libre.
    Quand Saint Paul, dans ses lettres, insiste tellement sur la liberté des enfants de Dieu, il est le lointain fils spirituel d’Isaïe.
    ——————————
    Note
    1 – C’est pour la même raison que, dans le Nouveau Testament, Jésus tarde à se faire reconnaître comme le Messie : parce que pendant tout un temps il y aurait trop d’ambiguïtés sur le mot.
    Compléments
    A – Dieu « Rédempteur », c’est-à-dire « libérateur »
    La première expérience qu’Israël a faite de Dieu est celle de la libération d’Egypte ; voilà pourquoi Isaïe dit : « ‘Notre-Rédempteur-depuis-toujours’, tel est ton nom ».
    Le premier article du Credo des Juifs n’est donc pas « Je crois au Dieu créateur », mais « je crois au Dieu libérateur ». Le centre de la tradition d’Israël, la mémoire qu’on se transmet de génération en génération, c’est « Dieu nous a libérés et a fait Alliance avec nous ». Voilà le centre de la foi et de la prière de ce peuple ; ou, plus exactement, ce qui fait d’Israël un peuple, c’est cette foi commune.
    En hébreu, ce mot « Go’el » (que l’on traduit par « rédempteur ») vient d’une racine qui signifie « racheter, revendiquer, mais surtout protéger ». Voici de quoi il s’agit : s’il arrive qu’un Israélite soit obligé de se vendre comme esclave pour payer ses dettes, son plus proche parent sera son « Go’el », son « Rédempteur » ; il ira trouver le créancier pour obtenir la libération de son parent (Lv 25, 47-49). De la même manière, si un Israélite est obligé de vendre son patrimoine, le plus proche parent, le « Go’el » exercera un droit de préemption. Bien sûr, le Go’el devra rembourser le créancier, mais l’aspect financier n’est que secondaire ; l’aspect majeur est celui de la libération du débiteur. Pour la simple raison que, au nom du Dieu libérateur, et parce que le peuple de Dieu doit être fait d’hommes libres, un fils d’Israël ne peut pas tolérer de laisser ses proches réduits en esclavage ; d’où l’institution du « Go’el », le « Rédempteur » ou le « Libérateur ».
    B – Une prière de repentance
    Entre ces deux affirmations que Dieu est notre Père (Is 63, 16 et 64, 7), Isaïe développe toute une prière adressée à Dieu précisément parce qu’Il est Père : « Reviens… Ah ! Si tu déchirais les cieux… ». Des expressions comme celle-là (« Reviens ») sont typiques des prières de pénitence : même si on sait bien que Dieu n’a pas besoin de revenir ! Il ne risque pas de s’être éloigné. En réalité, c’est un aveu, l’aveu que le peuple s’est éloigné, qu’il est retombé dans ses fautes favorites, en particulier l’idolâtrie, sous une forme ou sous une autre. « Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi ». Et pourtant, on sait bien que Dieu est le seul Dieu. « Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul oeil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend ».
    Mais Dieu seul peut nous convertir, au vrai sens du terme, nous faire revenir à lui. « Ah ! Si tu déchirais les cieux… » Quelques siècles plus tard, au Baptême de Jésus, les cieux se sont déchirés et au Calvaire, c’est le voile du temple (symbole du firmament) qui s’est déchiré. Dieu a entendu la prière d’Isaïe ; il est intervenu en son Fils pour nous faire revenir à lui.

    PSAUME – 79 (80)
    2 Berger d’Israël, écoute,
    resplendis au-dessus des Kéroubim !
    3 Réveille ta vaillance
    et viens nous sauver.
    15 Dieu de l’univers, reviens !
    Du haut des cieux, regarde et vois :
    visite cette vigne, protège-là,
    16 celle qu’a plantée ta main puissante.
    18 Que ta main soutienne ton protégé,
    le fils de l’homme qui te doit sa force.
    19 Jamais plus nous n’irons loin de toi :
    fais-nous vivre et invoquer ton nom !

    PSAUME POUR CELEBRATION PENITENTIELLE
    « Jamais plus nous n’irons loin de toi, fais-nous vivre et invoquer ton Nom ». Ce psaume est un véritable cri de détresse : Israël, probablement dans une célébration pénitentielle, lance vers son Dieu une prière de supplication. C’est une prière chantée, très certainement, car elle comprend cinq strophes séparées par des refrains ; les strophes sont construites en alternance : tantôt rappels du passé… tantôt appels au secours pour le présent. Quant aux refrains, ils sont une demande de pardon : « Dieu, fais-nous revenir, que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ». Tout ce psaume, et spécialement son refrain, dit l’impatience de voir s’accomplir enfin définitivement ces promesses de salut de Dieu : « Réveille ta vaillance et viens nous sauver ».
    Pour garder l’espérance, on s’appuie sur les souvenirs du passé. Dieu a prouvé maintes fois son amour pour son peuple… donc il le sauvera encore. Les souvenirs du passé : ce sont, bien sûr, les débuts de ce peuple avec la sortie d’Egypte, l’Exode, l’entrée en Terre promise, l’Alliance de Dieu avec les douze tribus, la conquête progressive de la Terre… et surtout l’irrésistible ascension de ce peuple parti de rien (au début ce n’était qu’une poignée d’esclaves échappés).
    Et cette aventure extraordinaire, ce petit peuple sait bien que c’est à Dieu qu’il la doit, à sa Présence continuelle : c’est lui, réellement, qui a fait naître et grandir son peuple, qui l’a protégé inlassablement au cours du temps.
    Cet amour de Dieu pour son peuple, sa sollicitude qu’on a tant de fois expérimentée, on l’exprime par deux images privilégiées dans la Bible, celle du berger, celle du vigneron. Deux figures qui disent, l’une et l’autre, le soin jaloux dont Dieu entoure son Peuple : comme un vigneron soigne sa vigne ; comme un berger veille sur ses brebis pour n’en perdre aucune. « Berger d’Israël… Toi qui conduis ton troupeau… Visite cette vigne qu’a plantée ta main puissante… Que ta main soutienne ton protégé. »
    LA SOLLICITUDE DU BERGER ET CELLE DU VIGNERON
    Le berger, nous l’avons longuement évoqué la semaine dernière, à l’occasion de la fête du Christ-Roi : nous avons lu en particulier la superbe prédication du prophète Ezékiel : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau… ainsi je veillerai sur mes brebis… La brebis perdue, je la chercherai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. »
    Le vigneron, également, est un bel exemple de sollicitude : car la vigne est réputée pour être une culture exigeante. A tel point que, dans une fameuse chanson de noces, la même attention amoureuse était recommandée au jeune époux envers son épouse. Lorsque, à partir du huitième siècle av. J.-C, les prophètes, à commencer par Osée, commencèrent à considérer l’Alliance entre Dieu et son peuple non plus seulement comme un contrat juridique, mais comme un lien d’amour, alors l’image de la vigne s’imposa d’elle-même : Dieu, comme un vigneron, entoure son peuple de soins constants. La vigne est donc devenue une métaphore privilégiée de l’Alliance : et nous avons entendu récemment la prédication d’Isaïe (c’était à l’occasion du vingt-septième dimanche) : « La vigne du SEIGNEUR de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plan qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda » (Is 5,7). Le raisin, lui aussi, offrait matière à réflexion : bon ou mauvais, il symbolisait le comportement du peuple et de ses chefs. Et les prophètes 
Osée, Isaïe, Jérémie, Ézékiel ont souvent déploré les 
manquements à l’Alliance comme autant
 de mauvais fruits : « Moi pourtant, j’avais fait de toi
 une vigne de raisin vermeil, tout entière d’un cépage de
 qualité. Comment t’es-tu changée pour moi en vigne 
méconnaissable et sauvage ? » disait Jérémie (Jr 2,21).
    Puis vint l’Exil à Babylone, et le peuple fut comparé à une vigne à l’abandon : « La vigne que tu as prise à l’Égypte… Pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent » (c’est l’un des thèmes de notre psaume d’aujourd’hui : Ps 79/80,9-14).
    LES « KEROUBIM », C’EST-A-DIRE LES « CHERUBINS »
    Dernière remarque : je relève un nom curieux dans ces versets : les « Keroubim » ; c’est un mot hébreu qui a donné notre mot « Chérubins ». C’est là encore un rappel des temps heureux. L’Arche d’Alliance était un coffret précieux en bois d’acacia, plaqué d’or, qui mesurait cent vingt-cinq centimètres de long et soixante-quinze centimètres de large. Il renfermait les Tables de la Loi données par Dieu à Moïse au Sinaï. Ce coffret était surmonté d’une plaque d’or (qu’on appelait le propitiatoire), et de deux statues de chérubins en bois d’olivier plaqué d’or. Les chérubins étaient des animaux : à corps et pattes de lion, tête d’homme, et des ailes immenses.
    Leur rôle était de protéger l’Arche de leurs ailes et on les considérait comme le marchepied du trône invisible de Dieu. Tout au long de l’Exode, l’Arche, abritée sous une tente, a accompagné le peuple ; plus tard, le roi Salomon l’a placée dans le temple de Jérusalem. Bien sûr, on n’a jamais pensé enfermer la présence de Dieu dans une tente ou dans un temple, mais l’Arche était le signe visible, le symbole de cette Présence. « Toi qui sièges au-dessus des Keroubim… »
    Ce rappel, ici, évoque non seulement la splendeur de ce Temple magnifique ; il évoque surtout la Présence du Dieu fidèle qui n’a jamais abandonné son peuple.
    ————————–
    COMPLEMENTS
    1- Ce psaume est relativement court, mais très dense ; vingt versets seulement, qui sont un véritable résumé de l’histoire d’Israël : ses heures de gloire, ses heures de peine.
    Les heures de peine, j’en ai parlé plus haut.
    Les heures de gloire : ce sont, bien sûr, les débuts de ce peuple avec la sortie d’Egypte, l’Exode, l’entrée en Terre promise, l’Alliance de Dieu avec les douze tribus, la conquête progressive de la Terre… et surtout l’irrésistible ascension de ce peuple parti de rien (au début ce n’était qu’une poignée d’esclaves échappés). Heures difficiles, certes, mais le temps embellit les souvenirs et puis c’était tellement beau par rapport au présent… et surtout, cette aventure extraordinaire, ce petit peuple sait bien que c’est à Dieu qu’il la doit, à sa Présence continuelle : c’est lui, réellement, qui a fait naître et grandir son peuple, qui l’a protégé avec un soin jaloux. « Berger d’Israël… Toi qui conduis ton troupeau… Visite cette vigne qu’a plantée ta main puissante… Que ta main soutienne ton protégé. »
    2- La Septante (la traduction grecque du troisième siècle av.J.C.), a ajouté un mot au premier verset pour situer l’ennemi : il s’agirait de l’Assyrie. Cela nous reporterait donc historiquement, bien avant l’Exil à Babylone, entre le neuvième et le septième siècles av.J.C. à un moment où l’Assyrie était une formidable puissance en pleine expansion ; c’est elle qui a écrasé le Royaume du Nord (Samarie), en 721… avant d’être écrasée à son tour par Babylone. Mais les commentaires juifs actuels sont d’accord pour attribuer à ce psaume une date beaucoup plus tardive.
    On ne sait pas exactement dans quel contexte historique est né ce psaume : en tout cas, c’est évident, dans une période d’épreuves et de douleur : « SEIGNEUR, Dieu de l’univers, vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple, le nourrir du pain de ses larmes, l’abreuver de larmes sans mesure ? » Cette épreuve, c’est l’occupation étrangère ; le texte est très clair sur ce point, quand il parle de vigne ravagée par des bêtes féroces, de clôture rompue (il s’agit des frontières). Voici quelques versets que nous n’entendons pas ce dimanche : « Tu fais de nous la cible des voisins, nos ennemis ont vraiment de quoi rire ! … La vigne que tu as prise à l’Egypte… pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des champs la ravage et les bêtes des champs la broutent… La voici détruite, incendiée ». C’est peut-être une allusion aux horreurs du siège de Jérusalem par les troupes de Nabuchodonosor, roi de Babylone, en 587.
    3- Le verset 3 cite Ephraïm, Benjamin, Manasse : pourquoi eux ?
    « Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis au-dessus des Keroubim, devant Ephraïm, Benjamin, Manassé ». Ephraïm, Benjamin, Manassé, ce sont les noms de trois tribus d’Israël… trois sur les douze… On peut se demander « pourquoi ces trois-là ? » Et pourquoi est-il question de Joseph, et pas d’un autre ancêtre du peuple, Abraham ou Isaac, par exemple ? Le texte n’en dit pas plus.
    Un petit peu de généalogie va nous le faire comprendre : Jacob a eu douze fils de quatre femmes différentes. Les quatre mères, ce sont d’abord ses deux épouses, Léa et Rachel, les deux soeurs, filles de Laban, puis leurs deux servantes, Bilha et Zilpa. Vous vous souvenez du piège dans lequel était tombé Jacob le jour de son mariage ; il avait demandé Rachel en mariage, celle qu’il aimait d’amour tendre… et le beau-père avait fait semblant d’accepter ; mais la fiancée est voilée jusqu’à la nuit de noces ; et le beau-père soucieux de caser d’abord Léa, la fille aînée, en avait profité pour marier Léa et non Rachel. Cruelle déception sous la tente au petit matin… et Jacob n’avait pu obtenir Rachel qu’en second ! Heureusement que la polygamie existait encore, en un sens ! Rachel a eu deux fils, Joseph et Benjamin ; et Joseph, fils de Rachel, a eu aussi deux fils, Ephraïm et Manassé. Ces quatre noms, Joseph, Benjamin, Ephraïm et Manassé, ce sont donc les descendants nés de l’amour de Jacob et Rachel. Ils sont les fils de la tendresse.

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 1, 3-9
    Frères,
    3 A vous la grâce et la paix,
    de la part de Dieu notre Père
    et du Seigneur Jésus Christ.
    4 Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
    pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
    5 en lui vous avez reçu toutes les richesses,
    toutes celles de la Parole
    et de la connaissance de Dieu.
    6 Car le témoignage rendu au Christ
    s’est établi fermement parmi vous.
    7 Ainsi aucun don de grâce ne vous manque,
    à vous qui attendez
    de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
    8 C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
    et vous serez sans reproche
    au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
    9 Car Dieu est fidèle,
    lui qui vous a appelés à vivre en communion
    avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

    L’AVENT COMME UNE REMISE EN PERSPECTIVE
    En cherchant une image qui puisse nous aider à entrer dans ce texte de Paul, il m’est venu celle de la boussole : quoi qu’il arrive, une boussole digne de ce nom, vous indiquera toujours le Nord ; irrésistiblement, elle y revient toujours ; pour Paul, un chrétien est comme une boussole : il est tourné vers l’Avenir… et il faut écrire A-Venir en deux mots.
    Si Paul prend la plume pour écrire aux Corinthiens, c’est parce qu’ils avaient un peu perdu le Nord sur certains points justement. Alors il leur rappelle ce qui fait à ses yeux la première caractéristique des Chrétiens, l’attente : « Vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ ». Les chrétiens ne sont pas tournés vers le passé mais vers l’avenir.
    Bien sûr, si cette lecture nous est proposée pour le premier dimanche de l’Avent, c’est parce que, précisément, l’Avent est le temps où nous redécouvrons toutes les dimensions de l’Attente chrétienne, où nous nous remettons dans la perspective de l’A-Venir que Dieu nous promet.
    A un premier niveau, l’Avent est d’abord le Temps de préparation à Noël ; nous serons invités à commémorer un événement historique : la venue du Christ dans l’histoire des hommes. L’Avent est le temps de la préparation de cet anniversaire. Et donc, chaque année, à pareille époque, nous relisons dans la Bible les annonces des prophètes, les promesses de Dieu : promesses de salut, c’est-à-dire de bonheur. Le même thème revient sans cesse sous des formes différentes : « Réjouissez-vous… Le Seigneur vient vous sauver »… Parfois, les promesses se précisent : c’est Isaïe qui dit « La Vierge enfantera », ou Jérémie (23, 5) « Je ferai naître chez David un germe de justice »…
    Mais l’histoire du salut ne s’arrête pas à la crèche de Bethléem. Cette attente, nous la vivons encore aujourd’hui pour notre propre compte. Nous venons de célébrer la Fête du Christ-Roi, et nous avons eu raison : oui, le Christ est Roi… DEJA par sa mort et sa Résurrection, car DEJA la vie a vaincu la mort, DEJA l’amour a vaincu l’indifférence et la haine. Mais son Royaume n’est pas encore pleinement réalisé : il suffit de lire les journaux, d’écouter la radio ou de regarder la télévision, ou plus simplement de regarder en nous et autour de nous, pour en être convaincus !
    Le Christ sera pleinement roi lorsque, en chacun de ses frères, l’amour sera roi. C’est cela que nous attendons en même temps que le retour du Christ. Nous attendons la manifestation définitive de sa victoire à la tête de l’humanité : une humanité tout entière enfin libérée de l’esclavage du péché et de la mort. Nous sommes le peuple porteur de cette espérance. Même quand le mal, la haine, la violence, le racisme semblent mener l’histoire du monde, nous croyons, nous sommes sûrs que le Mal n’aura pas le dernier mot. Selon un mot du Père Joseph Templier « La défaite du Mal est programmée et elle est définitive ». Si bien qu’il faut savoir lire les textes de ces dimanches de l’Avent à trois niveaux :
    premier niveau : l’attente du Messie dans le peuple juif, depuis David, jusqu’à la naissance de Jésus à Bethléem.
    deuxième niveau : le salut déjà accompli en Jésus-Christ : celui que Jésus inaugure par sa mort et sa résurrection ; l’humanité est enfin capable dans l’un des siens (Jésus) d’être pleinement accordée à l’Amour et à la volonté du Père ; c’est-à-dire de vivre à plein et exclusivement les valeurs de l’amour, du partage, de la solidarité, de la douceur, du pardon.
    troisième niveau : notre attente du Jour de Dieu, du déploiement définitif et universel de la victoire de Christ, du royaume de Dieu. Ce Jour-là, c’est l’humanité tout entière qui vivra ces valeurs qu’incarnait Jésus-Christ. Et nous savons que ce n’est pas seulement un beau rêve, puisque Jésus nous a montré que cela était possible.
    Par exemple, quand Paul dit à ses frères de Corinthe « A vous la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ », ce n’est pas une simple formule de politesse ni même un souhait affectueux ; il parle comme toujours dans la perspective du projet de Dieu. La « grâce et la paix », c’est une manière de dire le projet de Dieu : la grâce, c’est l’attribut même de Dieu, on pourrait traduire « amour », « don gratuit », présence aimante de Dieu. Etre dans la grâce, c’est être en communion avec Dieu ; la paix en est la conséquence à notre échelle. Or le projet de Dieu, c’est précisément cela : faire entrer définitivement l’humanité tout entière dans la communion d’amour de la Trinité.
    Et Saint Paul, ici, se situe aux trois niveaux dont je parlais tout-à-l’heure : on les lit très clairement dans ce passage :
    LE CHEMIN DE LA GRACE
    premier niveau : ce projet de Dieu, grâce et paix, est prévu de toute éternité ; et tout au long de l’histoire biblique, le peuple élu en a pris de mieux en mieux conscience.
    deuxième niveau : la grâce est déjà donnée, ce projet de Dieu est déjà inauguré en Jésus-Christ ; Saint Paul dit aux Corinthiens « Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée (c’est au passé) dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. »
    troisième niveau : « A vous la grâce et la paix… à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout… » En d’autres termes, il vous aidera à ne pas perdre le Nord, ou à le retrouver si vous l’aviez momentanément perdu. Et pour alimenter le courage de ses Corinthiens (et le nôtre), Paul ajoute : « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur ».
    L’Avent, c’est donc un temps très dynamique ! C’est le moment par excellence où nous nous rappelons sans cesse la fidélité de Dieu à son projet pour y puiser la force de le faire avancer chacun à notre mesure.
    ————————
    Complément
    Au verset 7, le mot qui a été traduit « Vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ » est dans le texte grec « attendant la révélation (apocalupsis) de notre Seigneur Jésus-Christ ».

    EVANGILE – selon saint Marc 13, 33 – 37
    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    33 « Prenez garde, restez éveillés :
    car vous ne savez pas
    quand ce sera le moment.
    34 C’est comme un homme parti en voyage :
    en quittant sa maison,
    il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
    fixé à chacun son travail,
    et demandé au portier de veiller.
    35 Veillez donc,
    car vous ne savez pas
    quand vient le maître de la maison,
    le soir ou à minuit,
    au chant du coq ou le matin.
    36 S’il arrive à l’improviste,
    il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
    37 Ce que je vous dis là,
    je le dis à tous :
    Veillez ! »

    PRENEZ GARDE, VEILLEZ
    Dans le passage qui précède tout juste celui-ci, Jésus vient de parler à ses disciples de ce qu’il appelle « la venue du Fils de l’homme » et il a ajouté « Ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père. » (Mc 13, 32).
    Et il en déduit pour ses disciples ce que nous venons d’entendre : si lui, le Fils, comme il se nomme lui-même, ne connaît pas l’heure de sa venue, nous la connaissons encore moins ; et donc, il ajoute : « Prenez garde, veillez (au sens de « restez éveillés »), car vous ne savez pas quand ce sera le moment ». On a bien l’impression que cela veut dire « vous pourriez vous laisser surprendre ».
    La suite du texte va tout à fait dans ce sens : « Vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin » : le « chant du coq », c’est très probablement une allusion au reniement de Pierre (on sait que Marc était très proche de Pierre) ; cette phrase est une mise en garde : si vous n’êtes pas attentifs au jour le jour, il peut vous arriver de me renier sans y prendre garde.
    Quelques heures avant cette défaillance de Pierre, Jésus, à Gethsémani, avait dit aux trois apôtres qui l’accompagnaient : « Veillez et priez afin de ne pas entrer au pouvoir de la tentation » (Mc 14, 38). Et il avait ajouté : « L’esprit est plein d’ardeur, mais la chair est faible »… Manière de dire à quel point nous sommes perpétuellement écartelés entre les valeurs du Royaume et le retour à l’égoïsme, l’indifférence, la lâcheté. C’est pour cela qu’il faut prier sans cesse, pour ne pas lâcher la main de Dieu.
    Voilà qui éclaire notre texte d’aujourd’hui : « veiller » veut dire « prier » ; non pas prier le Père de réaliser son Royaume lui-même, tout seul, sans nous. Ce n’est pas son projet. Mais prier pour être remplis de son Esprit qui nous fera entrer dans le projet du Père. Alors nous pourrons regarder le monde, qui est la matière première du Royaume, avec les yeux de Dieu si j’ose dire. Et alors, nous deviendrons capables d’agir dans le sens du Royaume.
    Vous connaissez la leçon de Luc sur la prière : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira. Quel père parmi vous, si son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu de poisson ? Ou encore s’il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent. »
    Oui, le Jour et l’heure sont le secret de Dieu… « Nul ne les connaît sinon le Père », comme dit Jésus ; mais ce n’est pas une raison pour s’inquiéter, l’Esprit est avec nous. Encore faut-il le prier, c’est-à-dire le désirer ; il ne nous envahira pas contre notre gré.
    Du coup, cela éclaire en quoi consiste la tentation : « Veillez et priez afin de ne pas entrer au pouvoir de la tentation », dit Jésus ; et dans le texte d’aujourd’hui, il s’est comparé à un maître de maison qui part en voyage : « Il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller. » La tentation, en quelque sorte, c’est de dormir, c’est-à-dire de négliger la maison ; or on est tout à la fin de l’évangile de Marc, à quelques jours de la fête de la Pâque, c’est-à-dire juste avant la Passion ; tout comme la parabole du jugement dernier chez Matthieu, que nous lisions pour la fête du Christ-Roi ; il me semble que la leçon est la même : avec Matthieu, nous avions compris que « veiller » veut dire « veiller sur » nos frères, afin que grandisse le Royaume dans lequel tout homme sera roi. Marc, lui, a pris une autre image : il dit « votre mission, c’est de veiller sur la maison » !
    GARDIENS DE LA MAISON DE DIEU
    Nous voilà promus gardiens de la maison de Dieu ! Nous sommes ces serviteurs, ce portier. Voilà la Bonne Nouvelle extraordinaire qui nous sera répétée tout au long de l’Avent : nos vies, si modestes soient-elles, peuvent contribuer à la gestation de l’humanité nouvelle ; c’est ce qui fait notre grandeur. Il a « fixé à chacun son travail » : cela veut dire que chacun d’entre nous a un rôle à jouer, son rôle. Et un rôle efficace puisqu’en partant « il a donné tout pouvoir à ses serviteurs » !
    C’est peut-être bien l’une des raisons pour lesquelles personne, pas même le Fils (tant qu’il était parmi nous) ne connaît l’heure de l’avènement définitif du Royaume : c’est que nous avons notre part dans sa construction.
    Et il me semble que c’est le message le plus urgent que nous devrions transmettre à nos jeunes ; cela suppose, évidemment, que nous n’attendions pas l’avènement du Royaume de Dieu comme on attend le train, mais que notre attente soit active !
    Mais notre problème, justement, c’est que, bien souvent, nous restons passifs, ou pire, nous oublions que nous attendons quelque chose, ou plutôt Quelqu’un ! Et alors, nous occupons le temps à autre chose ; mais occuper le temps à autre chose, quand il s’agit du Royaume de Dieu, évidemment, c’est grave. Et c’est pour cela que Jésus met ses apôtres en garde. Et Saint Pierre, qui a certainement avoué son reniement à Marc, ne le sait que trop.
    Voilà donc notre raison de vivre : et quel programme ! Portiers de la maison de Dieu : il nous revient d’y faire entrer tous les hommes. Sans oublier la leçon de la parabole des talents : le maître de maison nous fait confiance, il nous confie ses trésors. La seule réponse digne de l’honneur qu’il nous fait consiste à lui faire confiance en retour et à nous retrousser les manches ! Ce n’est pas le moment de nous occuper à autre chose !


  • Homélie du dimanche 3 décembre

    Dimanche 3 décembre 2017
    Premier dimanche de l’Avent

    Références bibliques :
    Lecture du prophète Isaïe. 63. 16 à 64. 7 : « Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice. »
    Psaume 79 : « Jamais plus nous n’irons loin de toi. »
    Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 Cor. 1. 3 à 9 : « Il vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur. »
    Lecture de l’évangile selon saint Marc : « Il peut arriver à l’improviste. »
    ***
    LA LITURGIE DE L’EGLISE
    nous introduit dans le mystère de Dieu.
    Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année liturgique, selon le cycle même dont l’Eglise marque le temps de vivre la grâce reçue dans le mystère de l’Incarnation, dont la Nativité en est la première expression. Puis dans le mystère pascal de la Rédemption, mort et résurrection du Seigneur Jésus.
    De cette manière, nous sommes invités à réactualiser la grâce qui est en nous. Cette « réactualisation » se vit en Eglise, et non pas selon notre cheminement solitaire.
    Notre société sécularisée et déchristianisée témoigne d’ailleurs du besoin, qui subsiste en tout homme, d’être-avec, d’être-avec-autrui, notamment lorsqu’il est en recherche, lorsqu’il est en difficulté, lorsqu’il connaît l’échec.
    L’Eglise est le milieu divino-humain où trouve son achèvement et sa plénitude l’aspiration du cœur humain à la convivialité collective. « Animal social » par nature, l’homme, en tant que personne créée à la réplique du Dieu tri-unique, est fondamentalement un être social et donc, pour tout baptisé, un être ecclésial.
    C’est dans ce sens que nous pouvons rejoindre le mystère de l’Incarnation de ce Dieu unique et trinité dont la « convivialité » s’exprime dans le Père, le Fils et l’Esprit, comme le suggère l’icône d’Andrei Roublev où les trois visiteurs divins sont autour d’une table eucharistique.
    Cette communion, qui a sa plénitude au jour du mystère pascal, l’Eglise nous la fait vivre dans la liturgie au sens plénier du terme. « Fais fructifier en nous l’eucharistie qui nous a rassemblés. » (prière après la communion)
    ALLER AVEC COURAGE
    pour assumer ce que nous sommes.
    Nous sommes invités à partir, à « redémarrer » sans cesse, nous qui piétinons et même parfois reculons.
    En fait, nous ne sommes pas encore arrivés au terme de cette identification dont parle saint Jean et que l’Eglise rappelait dans la liturgie de la Toussaint : « Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3. 2) Ce que saint Paul exprime d’une autre manière : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » (Galates 2. 19-20).
    Il nous faut donc sans cesse nous libérer des habitudes, des autosatisfactions qui reviennent entraver notre liberté d’enfants de Dieu. Il nous faut être conscients de ce que nous sommes, à la fois « un vieil homme », et, dans le même temps selon l’expression de saint Paul, ce « nouvel homme » qui vit déjà en nous par la grâce de notre baptême, nouvel homme dont la force vitale dépasse infiniment les limites du « vieil homme ».
    Pour se libérer de leurs limites humaines, beaucoup de nos contemporains espèrent trouver dans les sagesses de l’Orient le nirvana de salut. Jésus nous invite, lui, à assumer ces limites. Il a assumé nos faiblesses, nos péchés même, lui qui était dans la condition même de Dieu ! « C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout » (Philippiens 2. 5 à 11)
    Pour nous, cela demande du courage, une force et une humilité sans complaisance. Car ce n’est pas chose facile de jeter sur nous-mêmes un regard loyal, sans complaisance, un regard sévère et lucide, un regard qui décape et met à nu toutes les sinuosités compliquées et d’aller jusqu’à se convertir. Le cœur qui se convertit est celui qui décide de ne plus faire écran au regard posé sur lui par le Père des lumières sur chacun de nous qu’il convie à cette « déification. »
    SUR LES CHEMINS DE LA JUSTICE
    pour être en harmonie.
    Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la justice s’entend d’une manière différente de celle qui est exercée sur le plan humain. Certes la justice de ce monde est indispensable, mais elle ne suffit pas dans ce cheminement vers Dieu.
    Dans les Ecritures, elle est mise en correspondance avec la foi, la charité et la vie. (Romains 1. 16 – 1 Jean 2. 29). Cette justice n’est pas une simple « justification » que Dieu nous donne au vu de nos mérites. Elle est l’harmonisation de ce que nous vivons avec la vie même de Dieu, par la grâce et les sacrements de cette grâce.
    Cette justice, nous pouvons d’ailleurs l’exprimer le sens qu’utilise l’ouvrier quand il a ajusté deux pièces avec précision, ou dans le sens qu’utilise le musicien quand il parle d’une note juste lorsqu’il accorde son violon.
    Si nous allons avec courage sur ce chemin de la justice, ce n’est pas pour trouver une récompense ni même une règle de vie, c’est pour rejoindre quelqu’un, et nous ajuster à celui qui est au cœur même de notre attente et de notre vie, le Christ .
    La démarche de toute éthique aboutit à la justification de celui qui la professe, à la satisfaction de connaître la loi, de savoir les vertus et de les pratiquer. Pour le Christ, la figure même de la démarche vers le chemin de la justice, c’est le publicain, le fils prodigue, le larron, tous ceux qui, dans la vérité de leur insuffisance, n’attendent rien d’eux-mêmes, mais recherchent et s’abandonnent à la relation d’amour que Jésus établit.
    LA RENCONTRE DU SEIGNEUR
    Cette démarche est une démarche intérieure et personnelle et non pas grégaire et extérieure à soi-même, ce qui est le risque d’une démarche entraînée par un groupe enthousiaste et communicatif. Elle a pour terme une rencontre personnelle qui est une rencontre de communion. « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils Jésus-Christ notre Seigneur. » (1 Cor 1. 9)
    Ou, selon l’expression du théologien orthodoxe, Vladimir Lossky, « Nous embarquer sur l’Océan sans fond de l’immensité divine à la recherche de l’Amour.
    Durant ce temps de l’Avent, nous retrouverons souvent saint Jean Baptiste. Il est celui qui a mis ses disciples sur le chemin de la rencontre avec Jésus : « Voici l’agneau de Dieu. »
    Ils y répondent par une démarche personnelle et libre, mais c’est lui, Jésus, qui leur donne à voir ce qu’il est, non par des discours ou des sermons. Il les entraîne avec Lui, près de Lui. « Venez et voyez ». Pour saint Jean, c’est un premier pas sur un chemin dont il dira que le terme est au jour où « nous serons semblables à Lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3. 2)
    Cette rencontre l’avait conduit au Christ par une démarche dynamique « à travers la vie de ce monde ». L’existence définitive en Dieu ne sera pas un état statique, mais la continuation, à un plan nouveau, de la route que nous avons suivie durant notre vie et dont le dynamisme sera vécu dans l’infini de la vitalité divine, de la vie trinitaire, de Dieu qui est Amour, « l’amour dont nous t’aimerons éternellement. »
    ***
    A la lumière de ces quelques réflexions, nous pouvons donner tout leur sens aux prières de ce dimanche.
    Celle du début de la messe : «  Donne à tes fidèles d’aller avec courage sur les chemins de la justice à le rencontre du Seigneur… »
    Celle de la communion : »Fais fructifier en nous l’eucharistie qui nous a rassemblés. C’est par elle que tu formes dès maintenant, à travers la vie de ce monde, l’amour dont nous t’aimerons éternellement. »


dimanche 26 novembre 2017

  • Journée de la paix 2018 : les migrants et les réfugiés, en quête de paix
    « Les migrants et les réfugiés : des hommes et des femmes en quête de paix ». C'est le thème du message du pape François pour la Journée mondiale de la paix 2018, qui sera célébrée comme chaque année le 1er janvier. Message du pape François (Texte intégral) Les migrants et les réfugiés : des hommes et des (...)

  • Cinéma : Tout mais pas ça !
    Ciel, mon fils entre dans les ordres ! (La Vie, 22/11/2017) Quand une personne annonce qu'elle entre au séminaire, cela peut faire l'effet d'une bombe dans son entourage. C'est le thème du film Tout mais pas ça ! qui sort en salles. Un soir de printemps 2010, au pub Black Pearl à Laigneville (...)

samedi 25 novembre 2017

  • La Maison Saint-Yves sur France 3

    Dans le cadre de l'émission Midi en France diffusée du lundi au vendredi à 11h15 sur France 3, Saint-Brieuc et les environs seront à l'honneur du 27 novembre au 1er décembre 2017.
    Un des nombreux reportages a été fait sur la Maison Saint-Yves et sa chapelle.

    L'émission Midi en France, diffusée tous les jours, en fin de matinée, sur France 3, s'est installée au port du Légué le mardi 14 novembre.

    Présentée par Vincent Ferniot, cette émission a pour but de montrer les richesses (artistiques, culinaires, patrimoniales) d'une ville. Plusieurs chroniqueurs interviennent pour faire découvrir toutes ces facettes.

    L'émission enregistrée à Plérin sera agrémentée d'une vingtaine de reportages sur la baie de Saint-Brieuc et le Centre-Bretagne, dont deux petits reportages sur la Maison Saint-Yves ; occasion de mettre en avant la réhabilitation de l'ancien Grand Séminaire de St Brieuc et sa chapelle Art déco si singulière.

    Chapelle St Yves - Photo JF Molliere - voir en grand cette image
    Chapelle St Yves - Photo JF Molliere

    L'émission sera diffusée du 27 novembre au 1er décembre à 11h15 sur France 3.

    Vous pourrez la retrouver en replay sur :
    http://www.tv-replay.fr/midi-en-france/


jeudi 23 novembre 2017

mardi 21 novembre 2017

  • Nouveau site internet pour les soeurs Spiritaines
    https://spiritaines.org/ Le Site de la Congrégation des sœurs Spiritaines fait peau neuve. Vous pourrez ainsi mieux les découvrir, connaître leurs Missions, les soutenir, leurs confier vos intentions de prière ou les contacter si vous le souhaitez. En passant par un moteur de recherche : Soeurs (...)

  • L'exposition 'Contemplations' est visible jusqu'au 7 janvier à la chapelle St-Sauveur à St-Malo

    On ne peut qu'encourager nos contemporains à visiter cette exposition extraordinaire qui met à hauteur de notre regard, 26 chefs-d'œuvre des XVIe au XVIIIe siècle. Sept d'entre eux sont d'ailleurs issus de nos églises diocésaines et une toile, représentant Saint Yves entre le riche et le pauvre, est propriété de l'évêché de Saint-Brieuc et Tréguier.

    'Contemplations', tel est le titre de cette exposition organisée par les services de la DRAC mais j'aurais envie de dire plutôt 'contemplatio' comme le 4e temps de la lectio divina, car c'est bel et bien ce que nous sommes invités à vivre grâce à ces toiles qui ouvrent notre esprit, notre cœur et notre âme à l'influence de Dieu.

    Sept toiles représentent Jésus enfant et vous serez surpris par la diversité des propositions faites par ces peintres de la contre-réforme. Plusieurs montrent la nativité, dont la très belle toile de Plounez qui avait fait l'objet d'une émission de radio sur RCF dans « Joie de Croire » en décembre 2016. D'autres œuvres sont plus étonnantes et rares comme cette toile venue de l'église du Vieux-Bourg de Pléhérel représentant l'enfant Jésus avec Joseph servi par les anges. Ou encore ce tableau de l'adoration du Sacré-Cœur par quatre beaux anges agenouillés aux visages d'une douceur infinie.

    Deux autres m'ont également marquées comme « La résurrection » de Nicolas Bertin ou « La Pentecôte » de Nicolas de Plattemontagne.

    Dans toutes ces toiles vous pourrez admirer le travail de la lumière qui resplendit, qui illumine et qui sont chemins vers Dieu. La 'contemplatio', cela consiste à écouter Dieu nous parler. C'est une libération de ses propres pensées, à la fois quotidiennes et saintes. Prenez le temps d'oublier l'heure, regardez, admirez, ouvrez votre esprit et votre cœur et profitez de cette opportunité qui vous est offerte pour 4€ de vous retrouver dans une peinture, dans une œuvre d'art sacré.

    Voir en ligne : Informations pratiques

  • A l'occasion de l'entrée en vigueur de la...
    A l'occasion de l'entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père, la CEF édite un ouvrage collectif, La prière du Notre Père, un regard renouvelé (1), pour aider les fidèles à se réapproprier cette prière. Le 3 décembre, premier dimanche de l'Avent, l'entrée en vigueur dans la liturgie publique (...)

  • Eglise en périphérie 5/6 : " J'étais en prison et vous m'avez visité... "
    Au cœur de l'Yonne, la congrégation des Sœurs de Jeanne Delanoue a répondu à l'appel d'une congrégation dont la communauté devait fermer. En accord avec l'évêque du diocèse de Sens-Auxerre, elle l'a remplacée dans sa mission, en particulier auprès du centre de détention de Joux la Ville. Trois religieuses (...)

lundi 20 novembre 2017

  • Messe des familles du 19 novembre à Sévignac
    Dimanche 19 novembre, messe dans le relais de Sévignac. « Notre trésor est d'avoir rencontré le Christ. Et nous passons notre vie à le faire fructifier » - Paroisse de Broons

  • Le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) fête ses 30 ans

    À l’occasion de la rencontre nationale, à Lyon, des délégués à l’œcuménisme des Églises chrétiennes de France, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) fêtera ses trente ans lors d’une veillée de louange le 22 novembre, animée par le groupe Glorious, en présence du cardinal Barbarin et de deux des trois co-présidents du CÉCEF : le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (président en exercice du CÉCEF) et  Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France .
    Créé en 1987, le CÉCEF est un lieu d’écoute mutuelle, d’initiatives, de dialogue entre les responsables d’Églises chrétiennes en France.
    Lieu d’écoute mutuelle, le CÉCEF permet de partager les évènements et les projets des Églises.
    Lieu d’initiatives, il promeut l’unité des chrétiens, soutenant les rencontres œcuméniques, notamment la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier chaque année.
    Lieu de dialogue, il examine des questions sociétales, notamment à travers la revue Unité des chrétiens et encourage des actions, comme le label « Église verte ».


  • Commentaires du dimanche 26 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 26 novembre 2017
    Fête du Christ-Roi

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre du prophète Ezekiel 34, 11 – 12. 15 – 17
    11 Ainsi parle le SEIGNEUR Dieu.
    Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis,
    et je veillerai sur elles.
    12 Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau
    quand elles sont dispersées,
    ainsi je veillerai sur mes brebis,
    et j’irai les délivrer dans tous les endroits
    où elles ont été dispersées
    un jour de nuages et de sombres nuées.
    15 C’est moi qui ferai paître mon troupeau,
    et c’est moi qui le ferai reposer,
    – oracle du SEIGNEUR Dieu !
    16 La brebis perdue, je la chercherai ;
    l’égarée, je la ramènerai.
    Celle qui est blessée, je la panserai.
    Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.
    Celle qui est grasse et vigoureuse,
    je la garderai, je la ferai paître selon le droit.
    17 Et toi, mon troupeau,
    – ainsi parle le SEIGNEUR Dieu,
    voici que je vais juger entre brebis et brebis,
    entre les béliers et les boucs.

    UN TROUPEAU A LA DEBANDADE
    Imaginez un troupeau de brebis en transhumance et une épaisse nappe de brouillard qui s’abat tout d’un coup sur les prés. Si le berger n’est pas attentif, ce qui était un troupeau n’en sera bientôt plus un : les brebis mal guidées vont se perdre l’une après l’autre, elles seront bientôt toutes dispersées sur la montagne.
    C’est l’image qui vient à l’esprit du prophète Ezékiel à propos du peuple d’Israël au moment de l’Exil à Babylone. On est en pleine tentation de découragement, on risque de penser que le peuple de Dieu n’est plus le peuple de Dieu, et même plus un peuple du tout. Va-t-il être rayé de la carte ?
    Mais notre prophète est un prophète, justement. Et donc il sait que Dieu est fidèle à son Alliance, que Dieu n’abandonne jamais son peuple, son troupeau. « C’est moi qui ferai paître mon troupeau » dit Dieu.
    La première grande annonce de ce texte, la Bonne Nouvelle, est là : « Vous êtes encore le troupeau de Dieu ». Car il reste fidèle à son Alliance en toutes circonstances.
    « J’IRAI MOI-MEME A LA RECHERCHE DE MES BREBIS » DIT DIEU
    Deuxième Bonne Nouvelle qui en découle aussitôt : Dieu va vous rassembler et vous ramener sur votre pâturage : « Je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. » Ezékiel ne vise pas ici la venue du Messie. Une promesse d’avenir très lointain, reportée à la fin du monde, n’aurait dynamisé personne ; il pense d’abord à l’avenir proche, il annonce la fin de l’Exil à Babylone et le retour au pays. Pour quand cette promesse ? Ezékiel ne le dit pas, il ne sait pas le dire de manière précise ; mais il sait que cela arrivera sûrement. « Votre pâturage », c’est Jérusalem, bien sûr, et la Terre Promise ; « les endroits où elles ont été dispersées », c’est Babylone, loin du pâturage natal.
    Suit cette évocation magnifique de la sollicitude du berger : « La brebis perdue, je la chercherai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la ferai paître avec justice ».
    C’est la Troisième Bonne Nouvelle de ce texte, une promesse de bonheur : Dieu va veiller lui-même sur ses brebis à l’avenir. Il se fera lui-même leur berger. Ce qui implique à la fois sollicitude et fermeté : un berger sérieux, digne de ce nom, doit déployer ces deux qualités : c’est avec le même bâton, son bâton de marcheur, qu’il guide et rassemble les brebis qui ont du mal à suivre, mais aussi qu’il éloigne les indésirables, qu’il sépare les brebis des boucs… et qu’il chasse les bêtes sauvages qui menacent le troupeau (1).
    Quand Ezékiel présente Dieu comme le bon berger dont rêve le peuple, il y a une pointe contre les rois qui ont régné sur Israël jusqu’à l’Exil à Babylone. Normalement, en Israël, à cause de l’Alliance, c’est Dieu lui-même et lui seul qui est le roi de son peuple ; et les rois de la terre ne sont là que pour faire régner la justice de Dieu. Dès le début de la royauté, avec le premier roi, Saül, puis avec David, les prophètes rappellent au roi sa mission : une mission de service uniquement. Et pour exercer cette mission, le roi reçoit l’onction d’huile, qui est le signe que désormais il est inspiré directement par Dieu lui-même ; on dit que l’esprit de Dieu fond sur lui.
    Malheureusement, le roi reste libre, bien sûr, de ne pas écouter l’inspiration divine : les rois ne se sont pas privés de cette liberté, malgré toutes leurs belles promesses. Ils ont oublié qu’il n’étaient que les lieu-tenants de Dieu (au sens étymologique de ce mot « tenant lieu »)… Les uns après les autres, ils ont failli à leur mission. Au lieu de veiller sur leur troupeau, ils se sont préoccupés d’eux-mêmes, de leur richesse, de leurs honneurs, de leur grandeur ; et au lieu de faire régner la justice dans le pays, ils ont laissé s’installer l’injustice au profit de l’opulence des uns, au risque de la misère des autres. Les brebis ont presque toutes été dispersées « un jour de de nuages et de sombres nuées. » Et ce jour d’obscurité semble ne jamais devoir finir. Le peuple a-t-il encore un avenir ?
    En Exil à Babylone, on a tout loisir pour méditer sur le passé et sur les fautes des rois successifs, des mauvais bergers d’Israël, sans quoi on n’en serait pas là.
    LE MESSIE, QUAND IL VIENDRA, SERA COMME UN BON BERGER
    Ce qui est surprenant ici, c’est que quand Ezékiel écrit, il n’y a plus de roi (le dernier roi est mort en exil) ; alors Ezékiel explique : Dieu a jugé les mauvais rois, il leur a enlevé la charge du troupeau ; et c’est lui-même, désormais, qui va reprendre la direction des opérations : « C’est moi qui ferai paître mon troupeau ». Bien sûr, le peuple aura encore besoin de gouvernants, mais désormais ils se comporteront en serviteurs, Dieu veillera à ce qu’ils soient de bons bergers.
    Soyons francs, le vrai roi – bon berger annoncé ici par Ezékiel – n’est pas venu plus après qu’avant ; alors, parce que là-bas, on avait la foi, on a continué d’espérer ; un jour, sûrement, il viendra, ce roi idéal, celui qu’on appelle le Messie, qui doit siéger sur le trône de David ; depuis cette promesse d’Ezékiel, on l’imagine sous les traits d’un berger portant sur ses épaules la brebis malade.
    ————————–
    Compléments Ez 34
    1- Par exemple, écoutez David raconter son expérience de berger au roi Saül, il lui dit : « J’étais berger chez mon père. S’il venait un lion, et même un ours, pour enlever une brebis du troupeau, je partais à sa poursuite, je le frappais et la lui arrachais de la gueule. Quand il m’attaquait, je le saisissais par les poils et je le frappais à mort » (1 S 17, 34-35). Et il continue « Tu vois, j’ai su frapper des lions et des ours, je ferai bien mon affaire du géant Goliath ». Dans son idée, un chef de guerre doit avoir les mêmes qualités qu’un berger.
    On dit même que, primitivement, le sceptre des rois était un bâton de berger. Vers 1750 av.J.C., le fameux roi de Babylone, Hamourabi se comparait déjà à un berger et disait « Je suis le berger qui sauve et dont le sceptre est juste ».
    2- Espérons que, du haut du ciel, Samuel a le triomphe modeste ! Il aurait beau jeu de dire « Je vous l’avais bien dit » ; quand les Anciens d’Israël étaient venus le trouver pour lui demander de leur nommer un roi, puisque les peuples voisins avaient chacun le leur, Samuel les avait bien prévenus ; Ah, vous voulez un roi, moi, je vais vous dire ce qui vous attend ; et il leur avait dressé un portrait peu engageant : « Voici comment gouvernera le roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils pour les affecter à ses chars et à sa cavalerie et ils courront devant son char. Il les prendra pour s’en faire des chefs de millier et des chefs de cinquantaine, pour labourer son labour, pour moissonner sa moisson, pour fabriquer ses armes et ses harnais. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs. Il les prendra et les donnera à ses serviteurs. Il lèvera la dîme sur vos grains et sur vos vignes et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, les meilleurs de vos jeunes gens et vos ânes pour les mettre à son service. Il lèvera la dîme sur vos troupeaux. Vous-mêmes enfin, vous deviendrez ses esclaves. Ce jour-là, vous crierez à cause de ce roi que vous vous serez choisi… » (1 S 8, 11-18). On est loin de l’idéal du berger, mais tout près de la réalité.
    Samuel était donc très réticent à l’idée de donner un roi au peuple d’Israël (et l’avenir lui a donné largement raison !)

    PSAUME – 22 ( 23 )
    1 Le SEIGNEUR est mon berger :
    je ne manque de rien.
    2 Sur des prés d’herbe fraîche,
    il me fait reposer.
    Il me mène vers les eaux tranquilles
    3 et me fait revivre ;
    il me conduit par le juste chemin
    pour l’honneur de son nom.
    4 Si je traverse les ravins de la mort,
    je ne crains aucun mal,
    car tu es avec moi,
    ton bâton me guide et me rassure.
    5 Tu prépares la table pour moi
    devant mes ennemis ;
    tu répands le parfum sur ma tête,
    ma coupe est débordante.
    6 Grâce et bonheur m’accompagnent
    tous les jours de ma vie ;
    j’habiterai la maison du SEIGNEUR
    pour la durée de mes jours.

    On croirait que le compositeur du psaume 22/23 était un paroissien d’Ezékiel ! Un paroissien qui a bien compris le sermon avant d’écrire ce chant de la brebis à son berger… ou plus exactement du troupeau à son berger. Parce que, comme toujours, celui qui parle dans ce psaume, c’est le peuple d’Israël tout entier. Israël qui se reconnaît comme le peuple de Dieu, le troupeau de Dieu.
    DIEU, LE BERGER DE SON PEUPLE
    Aujourd’hui, nous ne trouvons peut-être pas très flatteur le terme de troupeau ! Mais il faut nous replacer dans le contexte biblique : à l’époque le troupeau était peut-être la seule richesse ; il n’y a qu’à voir comment le livre de Job décrit l’opulence puis la déchéance de son héros. Cela se chiffre en nombre d’enfants, d’abord, en nombre de bêtes tout de suite après. « Il était une fois, au pays de Ouç, un homme appelé Job. Cet homme, intègre et droit, craignait Dieu et s’écartait du mal. Sept fils et trois filles lui étaient nés. Il avait un troupeau de sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et il possédait un grand nombre de serviteurs. Cet homme était le plus riche de tous les fils de l’Orient. » Et quand on vient annoncer à Job tous les malheurs qui s’abattent sur lui, cela concerne ses enfants et ses troupeaux. Déjà d’Abraham on disait : « Abraham était extrêmement riche en troupeaux, en argent et en or. » (Gn 13,2).
    Mais alors, si les troupeaux sont considérés comme une richesse, nous pouvons oser penser que Dieu nous considère comme une de ses richesses. Ce qui est quand même une belle audace sur le plan théologique ! En écho, le livre des Proverbes dit que la Sagesse de Dieu « trouve ses délices avec les fils des hommes » (Pr 8, 31).
    Pour revenir à notre psaume d’aujourd’hui, il décline l’amour de Dieu pour son peuple dans le vocabulaire du berger : « Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles… » Le verbe « mener » est ce qui caractérise le mieux un berger digne de ce nom. A plusieurs reprises, Ezékiel, pendant l’Exil à Babylone, se plaint des bergers d’Israël (entendez les rois), qui, justement, n’ont pas « mené » le peuple, parce qu’ils étaient avant tout préoccupés de leur intérêt personnel.
    Par exemple : « Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ?… Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages (entendez les nations étrangères, et en particulier Babylone). Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche. » (Ez 34, 2. 5-6). Quand le prophète parle de dispersion, il vise toutes les infidélités à l’Alliance, toutes les idolâtries, tous les cultes qui se sont instaurés partout dans le pays pourtant consacré au Dieu unique ; ce sont autant de fausses pistes qui ont entraîné le malheur actuel du peuple.
    Dans le psaume, la phrase « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son Nom » vise exactement la même chose : en langage biblique, le « chemin » signifie toujours la vie dans l’Alliance avec le Dieu unique, c’est-à-dire l’abandon résolu de toute idolâtrie ; or l’histoire montre que ce n’est jamais gagné et qu’à toute époque l’idolâtrie a été le combat incessant de tous les prophètes ; soit-dit en passant, ils auraient peut-être tout autant à faire aujourd’hui ; une idole, ce n’est pas uniquement une statue de bois ou de plâtre… c’est tout ce qui risque d’accaparer nos pensées au point d’entamer notre liberté. Que ce soit une personne, un bien convoité, ou une idée, Dieu veut nous en délivrer, non pas pour faire de nous ses esclaves, mais pour faire de nous des hommes libres ; c’est cela « l’honneur de son Nom » (verset 3) : le Dieu libérateur veut l’homme libre.
    Pour libérer définitivement l’humanité de toutes ces fausses pistes, Dieu a envoyé son Fils ; et désormais, les Chrétiens ont en tête la phrase de Jésus dans l’évangile de Jean : « Je suis le Bon Pasteur, je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10). Il donne sa vie, au sens vrai du terme. Si bien que nous pouvons chanter à notre tour : « Toi, Seigneur, tu es mon berger…Tu es avec moi, ta croix (ton bâton) me guide et me rassure. »
    LE PSAUME 22 DEVENU FETE DU BAPTEME
    Au début de l’Eglise, ce psaume était devenu naturellement le psaume spécial de la liturgie du Baptême ; les baptisés (je parle au pluriel parce que les baptêmes étaient toujours célébrés communautairement) émergeant de la cuve baptismale, partaient en procession vers le lieu de la Confirmation et de l’Eucharistie. Et l’évocation des eaux tranquilles, vivifiantes, (pour le Baptême), de la table et de la coupe (pour l’Eucharistie), du parfum (pour la Confirmation) nous rappelle évidemment cette triple liturgie. « Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre… Tu prépares la table pour moi… Ma coupe est débordante… tu répands le parfum sur ma tête… »
    Désormais, « grâce et bonheur accompagnent » le baptisé puisque, comme le Christ nous l’a promis, il est avec nous « tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15, 20-26. 28
    Frères,
    20 le Christ est ressuscité d’entre les morts,
    lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
    21 Car, la mort étant venue par un homme,
    c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
    22 En effet, de même que tous les hommes
    meurent en Adam,
    de même c’est dans le Christ
    que tous recevront la vie,
    23 mais chacun à son rang :
    en premier, le Christ,
    et ensuite, lors du retour du Christ,
    ceux qui lui appartiennent.
    24 Alors, tout sera achevé,
    quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
    après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
    toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
    25 Car c’est lui qui doit régner
    jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
    26 Et le dernier ennemi qui sera anéanti,
    c’est la mort.
    28 Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils,
    lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père
    qui lui aura tout soumis,
    et ainsi, Dieu sera tout en tous.

    LES FORCES DU MAL NE L’EMPORTERONT PAS
    Le Ressuscité est apparu un jour à Saül de Tarse en route vers Damas ; ce jour-là, la Royauté du Christ s’est imposée à lui comme une évidence ! Désormais, cette certitude habitera toutes ses paroles, toutes ses pensées. Car, pour lui, il n’y avait plus de doute possible : Jésus-Christ, vainqueur de la mort, l’est également de toutes les forces du mal.
    Et la conviction de Paul, sa foi (qui est donc aussi la nôtre), c’est que le Royaume du Christ grandit irrésistiblement jusqu’à ce que tout soit « achevé », c’est le mot qu’il emploie ici ; « Tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu le Père… » Toute l’histoire de l’humanité s’inscrit dans cette perspective : perspective exaltante pour les croyants qui constatent au jour le jour la victoire de l’amour et du pardon sur la haine, de la vie sur la mort.
    La mort exemplaire et la Résurrection du Christ étaient aux yeux des apôtres le plus beau signe que ce Royaume était en train de naître ; que les forces du mal ne l’emporteront pas, comme l’a dit Jésus à Pierre, qu’elles sont déjà vaincues, comme il l’a dit encore, c’est dans l’évangile de Jean, cette fois : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » (Jn 16, 33).
    Il nous reste à choisir notre camp, si j’ose dire : être du côté du Christ, faire avancer le projet… ou non. Et là Paul oppose deux attitudes, celle d’Adam, celle du Christ. C’est un parallèle que Paul développe souvent, mais cela reste probablement pour nous le passage le plus difficile de ce texte ; en fait, Paul reprend ici un thème extrêmement familier aux lecteurs de l’Ancien Testament, celui du choix indispensable, ce qu’on appelait le thème des deux voies (voie au sens de comportement).
    IMITER ADAM OU IMITER JESUS-CHRIST ?
    Depuis que Paul a rencontré le Christ, tout s’éclaire pour lui. Il sait en quoi consiste le choix : nous conduire à la manière d’Adam ou nous conduire à la manière de Jésus-Christ. Adam, c’est celui qui tourne le dos à Dieu, qui se méfie de Dieu ; le Christ, c’est celui qui fait confiance jusqu’au bout. Quand nous nous conduisons à la manière d’Adam, nous allons vers la mort (spirituelle) ; quand nous nous conduisons à la manière du Christ nous allons vers la Vie. Rappelons-nous en quoi consiste la manière d’Adam : ce que la Bible affirme au sujet d’Adam, c’est qu’il a contrecarré le projet de Dieu ; vous connaissez le récit de la chute (aux chapitres 2 et 3 du livre de la Genèse) : Dieu « fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ; avant la faute, l’arbre de vie n’est pas interdit, il est à la disposition de l’homme ; mais celui-ci est prévenu qu’il ne doit pas manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; sinon il connaîtra la mort.
    Effectivement, après la faute, l’accès à l’arbre de vie lui est fermé. Mal conseillé par le serpent qui le poussait à soupçonner le projet de Dieu, Adam a mangé le fruit de l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux et il a connu le malheur et la mort.
    LA MORT APRES LA FAUTE
    De quelle mort s’agit-il après la faute ? Peut-être le mystère de l’Assomption de Marie peut-il nous aider à entrevoir un peu le projet de Dieu quand l’homme ne l’entrave pas. Marie est pleinement humaine, mais elle n’a jamais agi à la manière d’Adam ; elle connaît le destin que tout homme aurait dû connaître s’il n’y avait pas eu la chute ; or elle a connu, comme tout homme, toute femme, le vieillissement ; et un jour, elle a quitté la vie terrestre, elle a quitté ce monde, tel que nous le connaissons ; elle s’est endormie pour entrer dans un autre mode de vie auprès de Dieu. On parle de la « Dormition » de la Vierge.
    Pour nous, frères d’Adam, il ne s’agit pas seulement de « dormition » comme la Vierge, mais de mort ; Saint Paul dit bien ici, dans sa lettre aux Corinthiens : « la mort est venue par un homme… C’est en Adam que meurent tous les hommes. » Dans la lettre aux Romains, il dit : « Par un seul homme le péché (on pourrait dire le soupçon) est entré dans le monde, et par le péché la mort… » (Rm 5, 12).
    On peut donc affirmer deux choses : Premièrement, notre corps n’a jamais été programmé pour durer tel quel éternellement sur cette terre, et nous pouvons en avoir une idée en regardant Marie ; elle, la toute pure, pleine de grâce, s’est endormie.
    Deuxièmement, Adam a contrecarré le projet de Dieu et la transformation corporelle que nous aurions dû connaître, la « dormition » est devenue mort, avec son cortège de souffrance et de laideur. La mort, telle que nous la connaissons, si douloureusement, est entrée dans le monde par le fait de l’humanité elle-même.
    Mais là où nous avons introduit les forces de mort, Dieu peut redonner la vie ; Jésus a été tué par la haine des hommes, mais Dieu l’a ressuscité ; lui, le premier ressuscité, il nous fait entrer dans la vraie vie, celle où règne l’amour. Il a accepté de subir le pouvoir de haine et de mort des hommes et il ne leur a opposé que douceur et pardon ; là où la faute a abondé, son amour a surabondé, comme dit Paul. Par lui, désormais, Dieu donne à l’humanité tout entière son Esprit d’amour… C’est cela que Jésus est venu faire parmi nous ; il est venu nous rendre la vie et nous apprendre à la donner : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10). Car nous sommes faits pour la vie.
    ————————
    Compléments à 1 Co 15
    Le vocabulaire de Paul est nettement moins imagé que celui d’Ezékiel ou du psaume 22/23, qui sont nos deux premières lectures de ce dimanche, mais le thème est le même. Ezékiel (dans la première lecture) parle de Dieu et nous dit : « Dieu est avec l’homme comme un berger qui mène ses brebis vers les meilleurs pâturages. » Dans le psaume 22/23, c’est la brebis (entendez le peuple d’Israël) qui parle de son berger et s’émerveille de sa sollicitude : « Il me mène vers les eaux tranquilles… Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ».
    Dans ces deux textes (celui d’Ezékiel et le psaume), l’image du berger était une manière de parler de la royauté, et on ne perdait pas de vue que Dieu seul est véritablement le roi d’Israël. Paul, lui, qui a eu la chance, l’honneur de rencontrer le Christ ressuscité, sait désormais que c’est le Christ qui instaure lentement mais sûrement ce Royaume de Dieu sur la terre. Paul dit bien : « C’est lui (le Christ) en effet qui doit régner… et quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis… »
    – Le Ressuscité est, sans hésitation possible, le Messie attendu depuis des siècles. C’est pourquoi, au fil des lettres de Paul, on reconnaît toutes les expressions de l’attente messianique de l’époque. Dans le passage que nous lisons aujourd’hui dans la lettre aux Corinthiens, il y a deux expressions fortes de l’attente d’un Messie-Roi : « Tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. » (sous-entendu après avoir détruit toutes les puissances du mal. » (verset 24)… « Il doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. » (comme l’avait annoncé le psaume 110/109 ; verset 28).
    Il a accepté de subir le pouvoir de haine et de mort des hommes et il ne leur a opposé que douceur et pardon ; là où la faute a abondé, son amour a surabondé, comme dit Paul. Par lui, désormais, Dieu donne à l’humanité tout entière son Esprit d’amour… C’est cela que Jésus est venu faire parmi nous ; il est venu nous rendre la vie et nous apprendre à la donner : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance. » (Jn 10, 10). Car nous sommes faits pour la vie.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 31-46
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
    et tous les anges avec lui,
    alors il siégera sur son trône de gloire.
    32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
    il séparera les hommes les uns des autres,
    comme le berger sépare les brebis des boucs :
    33 il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
    34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
    ‘Venez, les bénis de mon Père,
    recevez en héritage le Royaume
    préparé pour vous depuis la fondation du monde.
    35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
    j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
    j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
    36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
    j’étais malade, et vous m’avez visité ;
    j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
    37 Alors les justes lui répondront :
    ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
    tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
    tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
    38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
    tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
    39 tu étais malade ou en prison…
    Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
    40 Et le Roi leur répondra :
    ‘Amen, je vous le dis :
    chaque fois que vous l’avez fait
    à l’un de ces plus petits de mes frères,
    c’est à moi que vous l’avez fait.’
    41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
    ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
    dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
    42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
    j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
    43 j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
    j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
    j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
    44 Alors ils répondront, eux aussi :
    ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
    avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
    sans nous mettre à ton service ?’
    45 Il leur répondra :
    ‘Amen, je vous le dis :
    chaque fois que vous ne l’avez pas fait
    à l’un de ces plus petits,
    c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’
    46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
    et les justes, à la vie éternelle. »

    NOTRE HERITAGE
    « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » Par cette parabole, Jésus nous révèle notre vocation, le projet que Dieu a sur l’humanité en nous créant : nous sommes faits pour être roi. Et il faut écrire « roi » au singulier ; car c’est l’humanité tout entière qui est créée pour être reine ; « Remplissez la terre et dominez-la » dit Dieu à l’homme au commencement du monde. (Gn 1, 28). L’idée que nous nous faisons d’un roi, entouré, courtisé, bien logé, bien vêtu, bien nourri… c’est très exactement ce que Jésus revendique pour tout homme.
    Le Livre du Deutéronome, déjà, affirmait que si l’on veut vivre l’Alliance avec Dieu, il faut éliminer la pauvreté : « Il n’y aura pas de pauvres parmi vous » (Dt 15, 4) au sens de « Vous ne devez pas tolérer qu’il y ait des malheureux et des pauvres parmi vous ». Jésus s’inscrit dans la droite ligne de cet idéal attribué à Moïse.
    VENEZ, LES BENIS DE MON PERE
    A tous ceux qui auront su avoir des gestes d’amour et de partage le Fils de l’homme dit : « Venez les bénis de mon Père » : ce qui veut dire « vous êtes ses fils, vous lui ressemblez ; vous êtes bien à l’image de ce berger qui prend soin de ses brebis » dont parlait Ezékiel dans la première lecture. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Le jugement porte sur des actes concrets ; curieusement, ce n’est pas l’intention qui compte ! Matthieu avait déjà noté une phrase de Jésus qui allait dans le même sens : « Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur ! qu’on entrera dans le Royaume des cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7, 21).
    BENIS OU MAUDITS ?
    Il reste que ce texte garde un caractère un peu choquant par l’opposition radicale entre les deux catégories d’hommes, les bénis du Père, et les maudits : et d’ailleurs, dans laquelle pourrions-nous être comptés ? Tous, nous avons su, un jour ou l’autre, visiter le malade ou le prisonnier, vêtir celui qui avait froid et nourrir l’affamé… Mais tous aussi, nous avons, un jour ou l’autre, détourné les yeux (ou le porte-monnaie) d’une détresse rencontrée.
    Aucun de nous n’oserait se compter parmi « les bénis du Père » ; aucun non plus ne mérite totalement la condamnation radicale ; Dieu, le juste juge, sait cela mieux que nous. Aussi, quand nous rencontrons dans la Bible l’opposition entre les bons et les méchants, les justes et les pécheurs, il faut savoir que ce sont deux attitudes opposées qui sont visées et non pas deux catégories de personnes : il n’est évidemment pas question de séparer l’humanité en deux catégories, les bons et les justes, d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre ! Nous avons chacun notre face de lumière et notre face de ténèbres.
    Si bien que, contrairement aux apparences, ce n’est pas une parabole sur le jugement que Jésus développe ici : c’est beaucoup plus grave et dérangeant : il s’agit du lien entre tout homme et Jésus : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
    Il est saisissant de resituer ce discours de Jésus dans son contexte : d’après Saint Matthieu, cela se passe juste avant la Passion du Christ, c’est-à-dire que ces ultimes paroles de Jésus prennent valeur de testament. Au moment de quitter ce monde, Celui qui nous fait confiance, comme il nous l’a dit dans la parabole des talents, nous confie ce qu’il a de plus précieux au monde : l’humanité.
    ————————-
    Compléments sur Matthieu 25
    – Il faut quand même une belle audace pour célébrer la fête du Christ-Roi ! Combien de baptisés se rendront-ils dans les églises ce jour-là pour assister aux célébrations du couronnement ?
    – Tous ces derniers dimanches, les évangiles nous proposaient ce que j’appellerais des variations sur la vigilance, sur le mot « veiller » ; ici, une nouvelle variation nous est proposée : « veiller » cela peut vouloir dire « veiller sur ».
    LA POINTE DE LA PARABOLE
    A y regarder de plus près, en définitive, on l’a vu, ce passage de l’évangile de Matthieu ne nous offre pas une parabole sur le jugement.
    – Au passage, nous avons là une définition intéressante de la justice, aux yeux de Dieu : quand nous parlons de justice, nous avons toujours envie de dessiner une balance ; or ce n’est pas du tout dans ces termes-là que Jésus en parle ! Pour lui, être juste, c’est-à-dire être accordé au projet de Dieu, c’est donner à pleines mains à qui est dans le besoin. D’autre part, il n’y a même pas besoin d’en être conscient : « Quand est-ce que nous t’avons vu ? Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »… Nous qui nous demandons parfois si le salut est réservé à une élite, nous avons ici une réponse : visiblement, Jésus ne se préoccupe ici ni des titres ni de la religion de chacun : « Quand les nations seront rassemblées devant lui, il séparera les hommes les uns des autres… » Ce qui veut dire que des non-Chrétiens auront le Royaume en héritage et peuvent être appelés « les bénis de son Père » ! C’est parmi des hommes de toutes races, de toutes cultures, de toutes religions qu’il se vit déjà au jour le jour quelque chose du Royaume. Nous savons bien que nous n’avons pas le monopole de l’amour, mais il n’est pas mauvais de nous l’entendre dire !


  • Un départ … une arrivée …

    Jean Marie Rabin qui était en charge du service des acteurs pastoraux est en retraite depuis le début octobre, après plus de 32 ans au service du diocèse.
    Mylène Duault lui succède depuis le 1er Septembre. Elle est originaire de Pontivy et nous arrive du diocèse de Rennes. Nous l'avons rencontrée.


  • Homélie du dimanche 26 novembre

    Dimanche 26 novembre 2017
    Le Christ, roi de l’univers

    Références bibliques :
    Lectures bibliques : Lecture du livre d’Ezékiel. 34. 11 à 17 : »C’est moi qui ferai paître mon troupeau, c’est moi qui le ferai reposer. »
    Psaume 22 : »Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. »
    Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 or. 15. 20 à 28 : »Il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et ainsi, Dieu sera tout en tous. »
    Evangile selon saint Matthieu. 25. 31 à 46 : »Comme le berger sépare les brebis des chèvres. »
    ***
    L’évangile de ce jour est une parabole et doit lue comme telle et non pas comme une prédiction terrifiante.
    LE BON BERGER
    Jésus l’ouvre par une comparaison qu’il a souvent employée pour nous dire ce qu’il était parmi les hommes et pour les hommes. « Je suis le Bon Pasteur. » Ce qu’il sépare dans son troupeau, n’est pas à prendre dans un sens péjoratif. Il détermine la place de chacun selon ce qu’il est et ce qu’il peut réaliser. Il nous l’avait déjà dit dans la parabole des talents, dimanche dernier, : »A chacun selon ses capacités. » (Matthieu 25. 15)
    En parlant de Dieu, le prophète Ezékiel le présente le vrai pasteur qui reconstitue son troupeau et lui fournit un pacage abondant et sûr. Le psaume nous le redit. Avec lui, il n’y a rien à craindre, même dans les ravins de la mort. Il est avec nous, il nous guide, il nous rassure.
    Le Christ Jésus assumera ce message qui parle de Dieu, parce qu’il est, lui Jésus, le Fils de l’Homme (Matthieu 25. 31) et surtout parce qu’il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Notre Dieu est un Dieu de tendresse et de miséricorde.
    LE ROI.
    Pour certains, ce titre de « roi » signifie pouvoir et puissance absolue. Celui que s’attribue le Christ, est à comprendre dans son acception biblique. Dieu est le Roi du peuple qu’il s’est choisi. Il faudra des siècles pour que le peuple choisi comprenne à la fois la nature de cette royauté et le sens de ses exigences. C’est en Jésus que s’achèvera la révélation. Il manifestera la signification suprême de la royauté selon Dieu en étant sur la croix.
    Condamné pour des prétentions à une royauté humaine, il inaugure le règne de Dieu dans sa victoire sur la mort. « Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi », lui dira le bon larron. (Luc 23. 42)
    Il nous faudrait relire ici, une à une, les paroles du Christ quand il en parle. Il refuse cette royauté humaine aux jours de la tentation comme au jour de la multiplication des pains : »Sachant qu’on allait l’enlever pour le faire roi. » (Jean 6. 5) Il en définit la nature et la mission : »Cherchez le Royaume et sa Justice. » (Matthieu 6. 33) et ceux qui peuvent envisager d’en faire partie : »Le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux. » (Matthieu 19. 14) « Heureux les pauvres de coeur, le royaume des cieux est à eux. » (Matthieu 5. 3)
    Et c’est bien par lui que nous pouvons espérer y parvenir : »Je dispose pour vous du Royaume. » (Luc 22. 29)
    LA SUPREMATIE DE L’AMOUR
    A l’opposé de celle de tous les rois de terre, la suprématie de Dieu, par le Christ Jésus, est celle du don de son amour. Tous les hommes y sont associés, par Lui, avec Lui et en Lui. « Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et, ainsi, Dieu sera tout en tous. » (1 Cor. 15. 28)
    Ceux qui acceptent de mourir au péché et de vivre avec le Christ font déjà partie de ce Royaume qui est « déjà parmi nous. » Il se construit tout au long de l’histoire des hommes, tout au long de la vie de chaque homme, de chacun d’entre nous.
    Si nous nous engageons ainsi, consciemment et dans la confiance, à apprendre comme le Christ à dire « oui » à Dieu et à la vie, à partager avec nos frères, nous accomplissons la charte du Royaume (Matthieu 5. 3 et ss)
    Mais le Royaume »Le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action. » (1ère lettre aux Corinthiens 4. 20) Il se construit dans le coeur de ceux qui servent le Christ dans le service de leurs frères, même s’ils ne le connaissent pas. Car c’est là aussi l’un des sens de l’évangile de ce dimanche. « Quand donc avons-nous pu te voir ? » La mission des chrétiens est de faire connaître à leurs frères la bonne nouvelle qu’ils réalisent aussi le Royaume.
    QUAND SE DECOUVRE LA REALITE.
    Cette parabole du jugement dernier est donc celle de l’heure déterminante qui conclut l’histoire terrestre de chacun des hommes, qui conclut notre propre histoire, au jour où le Christ nous accueille. C’est l’heure où se découvre cette double réalité : la nôtre et celle du Royaume. C’est l’heure où se réalise définitivement ce qu’aura été notre vie et la part que nous avons prise dans son développement.
    Ce jugement définitif est, en effet, à mettre en parallèle avec les Béatitudes qui ouvraient le discours inaugural de l’annonce de l’Evangile. Elles étaient les impératifs de sa réalisation.
    Pour les uns apparaîtra en pleine lumière la vraie dignité de Fils de Dieu qu’ils ont acquise peu à peu dans la conformité de leur vie à la Parole de Dieu. Ils ont su rester pauvres d’eux-mêmes pour ne rechercher que la seule richesse de Dieu. Ils ont construit la paix par la justice, en partageant avec miséricode, fut-ce au prix des larmes et même des persécutions. Ils ont tout donné aux plus pauvres, aux exclus, ax persécutés, aux affamés.
    Pour les autres, apparaîtra, également en pleine lumière, leur refus du Royaume tel que Dieuvoulait qu’ils le réalisent. Les ténèbres dans lesquelles ils sont demeurés ne leur ont pas permis de « voir » où était le Christ, pour accueillir et servir les petits, les pauvres, les affamés, les persécutés, et les exclus.
    ***
    Une nouvelle fois, s’achève le parcours du mystère chrétien que l’Eglise nous a invité à suivre au long de l’année liturgique. Avec l’ouverture d’une nouvelle année liturgique, au premier dimanche de l’Avent, elle nous le propose, comme un renouvellement toujours possible malgré les déserrances que nous avons pu connaître. La grâce de Dieu nous est toujours disponible dans le mystère du Fils qui a partagé notre humanité, dans sa faiblesse, sa croix et la joie de sa Résurrection. Dieu est miséricorde et paix pour les pauvres que nous sommes et qu’il accueille ainsi.


  • Nous espérons le bonheur que tu promets !

    L'abbé Victor Mounier vient d'avoir 100 ans ! Nous étions dans la joie pour le fêter le samedi 21 octobre, à la maison du Cèdre, et pour rendre grâce à Dieu avec lui. Il était beau de voir ses mains rejoindre les miennes pour porter la patène et le calice, le don de toute une vie dans l'unique offrande du Christ.

    Avec beaucoup de respect pour notre nouveau centenaire, j'ai cependant suggéré qu'au regard de « la vie du monde à venir » nous étions à peu près à égalité : tous, quel que soit notre âge, nous sommes en « cours préparatoire » pour le Royaume. Cela peut sembler loin, voire inintéressant. Nous avons connu une longue réaction à la grande trouille que des prédicateurs ont éveillée quand ils promettaient les flammes de l'enfer de façon presque aussi sûre que le paradis. Alors, notre époque a refoulé la réflexion sur les fins dernières et un peu oublié la force de l'espérance chrétienne.

    Mais « c'est vraiment flou, m'avait dit un jour quelqu'un, on ne voit pas bien ! » Oui, c'est comme en photographie : nous avons bien la vitesse - car nous sommes plutôt agités ! - mais nous manquons de lumière pour faire apparaître l'arrière-plan avec une plus grande netteté. C'est ce que l'on appelle la profondeur de champ. En revanche, une prise de vue bien éclairée met en valeur, non seulement le sujet ou le premier plan, mais également le paysage et même l'horizon.

    C'est vers cet horizon de la vie éternelle que nous tourne la fête de Toussaint. Avec la lecture du livre de l'Apocalypse, le rideau se lève. Et c'est une scène d'une merveilleuse grandeur qui nous est dévoilée : auprès de Dieu s'avance une foule immense « de toutes nations, races, peuples et langues ». Le mot « apocalypse » signifie d'ailleurs « lever le voile », dévoiler, révéler. Saint Jean nous dit une chose très importante : à la fin de l'histoire, l'œuvre de Dieu, la création et en particulier l'humanité… réussira ! Une réconciliation de l'humanité, en Dieu, est annoncée, avec tant et tant de gens qui nous disent pourtant que cela va de plus en plus mal.

    Mais nous sommes à l'école du Royaume, en apprentissage de la vie éternelle déjà commencée. Et quel est le programme ? C'est l'appel à la sainteté qui est porté par l'Évangile, dans la personne du Christ. C'est ce que nous demandons au Père, à chaque Eucharistie : « Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions, sanctifie ces offrandes… » (prière eucharistique n° 2)

    Soyons heureux de porter ce témoignage de l'espérance chrétienne dans ce mois de novembre qui est inauguré par la fête de tous les saints. Soyons heureux de porter l'espérance chrétienne « avec un intense goût de vivre, une solide confiance et un mouvement du cœur » (Actes du synode, page 29) suivant l'expression de notre synode diocésain.

    + Denis Moutel
    évêque de Saint-Brieuc et Tréguier


  • L'ermite

    Le mot ermite vient d'un terme grec désignant une personne qui décide d'habiter au désert. L'ermite est un solitaire qui a choisi de se retirer dans un endroit isolé. Dans la tradition chrétienne, les ermites sont apparus dans les premiers siècles de notre ère, poussés par une vocation particulière de solitude et de présence à Dieu. Mais déjà dans la Bible, on trouve des précurseurs aux ermites. Je dirais même que le fait de vivre dans la solitude avec Dieu ne provient pas d'abord d'une tradition ni d'une institution : cela naît avec les humains.

    Rappelons-nous des commencements. Dieu façonne un homme, Adam, de la poussière du sol et puis il le place dans le jardin mirobolant qu'il a planté, afin que cet homme le cultive et le garde. Adam vit donc seul avec Dieu – ce qui n'est pas tout à fait être seul – dans ce jardin par ailleurs inhabité. Voilà notre premier ermite !

    C'est en vivant de manière intime et intense cette relation avec Dieu qu'Adam s'ouvre aux autres relations. De fait, après une première période en solitaire, Dieu lui amène une femme que l'homme accueille avec émerveillement.

    Ce type d'expérience d'ermite, inaugurale chez les humains, on la retrouve à plusieurs reprises dans la Bible. Je n'en donnerai qu'un seul exemple : le prophète Élie. En un temps de famine, Dieu envoie son prophète vers l'est, afin qu'il vive seul, en présence de Dieu, près d'un torrent qui l'abreuve. Des corbeaux viennent matin et soir lui apporter sa nourriture. Élie est une sorte de nouvel Adam, vivant dans la nature, les animaux lui étant soumis. Et bientôt, Dieu l'enverra auprès d'une femme, après ce temps de solitude : la veuve de Sarepta qui l'accueillera malgré sa pauvreté.

    Alors, vivre en ermite, est-ce une expérience étrange, réservée à quelques-uns ? Peut-être au contraire est-ce une expérience fondamentale, proposée d'une manière ou d'une autre à tout un chacun, pour que nous puissions rencontrer Dieu et vivre avec Lui.


vendredi 17 novembre 2017

  • Thème de la Journée mondiale des communications sociales 2018

    La prochaine Journée mondiale des communications sociales, dimanche 13 mai 2018, aura pour thème : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Fausses nouvelles et journalisme de paix.
    Le thème que le pape François a choisi pour la 52ème Journée Mondiale des Communications Sociales 2018 concerne les « fausses nouvelles » ou « fake news », c’est-à-dire les informations dénuées de fondement qui contribuent à générer et à alimenter une forte polarisation des opinions. Il s’agit souvent d’une manipulation des faits, avec de possibles répercussions sur les comportements individuels et collectifs. Dans un contexte où les sociétés de référence des réseaux sociaux et le monde des institutions et de la politique ont commencé à affronter ce phénomène, l’Eglise veut elle aussi offrir sa contribution en proposant une réflexion sur les causes, les logiques et les conséquences de la désinformation dans les médias et en aidant à la promotion d’un journalisme professionnel, qui cherche toujours la vérité, et donc d’un journalisme de paix qui encourage la compréhension entre les personnes.
    La Journée Mondiale des Communications Sociales, seule journée mondiale instituée par le Concile Vatican II (« Inter Mirifica », 1963), est célébrée dans de nombreux pays, sur recommandation des évêques du monde, le dimanche qui précède la Pentecôte (en 2018, le 13 mai).
    Le texte du Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale des Communications Sociales est traditionnellement rendu public à l’occasion de la fête liturgique de Saint François de Sales, patron des journalistes (24 janvier).
    Communiqué du Secrétariat pour la Communication du Saint Siège
    Texte officiel en italien – traduction de Romilda Ferrauto
     


  • La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur le 3 décembre

    >>> Suggestions pour accompagner ce changement :
    Voir la lettre-Info du Service diocésain de liturgie en pièce jointe de cet article !

    Date du changement

    La nouvelle traduction du Notre Père sera adoptée officiellement le premier dimanche de l'Avent, soit le 3 décembre prochain.

    Mot de Mgr Denis Moutel

    Notre Père … ! Dieu avec nous.

    Comme vous le savez, c'est le 1er dimanche de l'Avent, 3 décembre prochain, que La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur.

    Le dossier joint donnera à chaque paroisse les informations utiles pour préparer nos communautés à ce changement, sans l'anticiper mais en nous accordant à la date retenue pour l'ensemble des diocèses de France.

    Ce sera, pour les équipes liturgiques et pour les prédicateurs, l'occasion d'une réflexion sur la tentation. Dans le combat spirituel que nous avons à mener, Dieu n'est pas contre nous  ne nous soumets pas ») mais avec nous et pour nous (« ne nous laisse pas »).

    Nous en faisons l'expérience dans chaque eucharistie en faisant mémoire de Jésus Christ, mort pour notre salut et ressuscité pour notre vie.

    Que nos célébrations et que toute notre vie puissent témoigner toujours plus de la miséricorde de Père.

    + Denis Moutel
    Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

    Ils en parlent

    Contact

    Service Diocésain de Pastorale Liturgique et sacramentelle
    81 rue Mathurin Méheut CS 44224 22042 St-Brieuc Cedex 2
    02 96 68 13 52 / liturgie chez diocese22.fr


jeudi 16 novembre 2017

  • Novembre 2017 à Broons
    Un survol rapide de quelques activités de la Paroisse. - Paroisse de Broons

  • Rencontres préparation au mariage pour 2018
    Préparation au mariage sur BROONS et CAULNES - Baptême, Mariage

  • Le diocèse de Laval recrute son responsable de la Pastorale des Jeunes

    Le Diocèse de Laval recherche son Responsable diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes pour la période de septembre 2017 à juin 2018 du 1er janvier 2018 au 31 juillet 2018. Dépôt des candidatures pour le 15 décembre.

    Institution

    Le diocèse de Laval compte plus de 300 000 habitants et comprend 31 paroisses réparties en 8 doyennés. Il s'inscrit dans le département de la Mayenne, la région des Pays de la Loire et la province Ecclésiale de Rennes.
    Le service de la Pastorale des Jeunes fait partie du « Pôle Jeunes et Vocations », il porte le souci de l'accompagnement des jeunes de 12 à 30 ans.

    Description du poste

    En étroite collaboration avec le vicaire épiscopal pour la Pastorale des Jeunes et des Vocations et dans le cadre de la mission ecclésiale reçue de l'évêque, vous favorisez la coordination entre les différents acteurs de la pastorale des jeunes : paroisses, doyennés, mouvements, monde scolaire et universitaire.

    • Vous encouragez les initiatives. Vous accompagnez les acteurs de la pastorale dans les paroisses, les doyennés, les mouvements et le monde scolaire et universitaire.
    • Vous participez à l'organisation des différents temps forts de l'année : JMJ, pèlerinages diocésains (Lourdes, Taizé), école de prière, rassemblements divers.
    • Vous travaillez en collaboration sur divers projets avec la pastorale des jeunes régionale, provinciale et nationale, la Direction de l'Enseignement Catholique, la Pastorale familiale, l'AEP, etc.
    • Vous animez l'équipe du Service Diocésain de la Pastorale des Jeunes. Vous préparez les ordres du jour, animez les rencontres, réalisez les comptes rendus, transmettez les informations.

    Profils recherchés

    Porteur d'une foi vivante et rayonnante, vous connaissez l'Eglise et avez une expérience de transmission auprès des jeunes.
    Vous savez travailler en équipe et vous insérer dans des réseaux existants.
    Vous maîtrisez les outils bureautiques et les différents moyens de communication. Vous avez une bonne capacité à développer et conduire des projets.

    Candidature

    Le poste est à plein temps, basé à Laval.
    Pour répondre à cette offre, merci d'envoyer lettre de motivation et CV avant le 15 décembre à :
    Recrutement Responsable Diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes
    27, rue du cardinal Suhard
    BP 31225
    53012 LAVAL cedex
    secretariat.eveque chez diocesedelaval.fr


  • Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider

    « Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider » est un article paru sur le site la communauté des paroisses du littoral ouest.

    info document - voir en grand cette image

    "Escale Familles … à la fois un havre de paix de sécurité où les familles peuvent se rencontrer, échanger, partager. Porteur du projet, le Secours Catholique le fait vivre au sein de la Maison St Yves à Saint-Brieuc.

    Voulue par Mgr Moutel, Escale Familles est ouverte depuis début octobre et fonctionne comme un accueil de jour pour toutes les familles grâce à une importante équipe de bénévoles. Rencontre avec Bernard Philippe, directeur du Secours Catholique et Annette Paous, responsable du projet."

    Article en intégralité à retrouver > ici <


image Jésus

image Noel

Bannière denier

Facebook

Agenda

<<

2017

 

<<

Décembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
27282930123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois