Sur le Web, ces 30 derniers jours

vendredi 17 novembre 2017

  • Thème de la Journée mondiale des communications sociales 2018

    La prochaine Journée mondiale des communications sociales, dimanche 13 mai 2018, aura pour thème : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Fausses nouvelles et journalisme de paix.
    Le thème que le pape François a choisi pour la 52ème Journée Mondiale des Communications Sociales 2018 concerne les « fausses nouvelles » ou « fake news », c’est-à-dire les informations dénuées de fondement qui contribuent à générer et à alimenter une forte polarisation des opinions. Il s’agit souvent d’une manipulation des faits, avec de possibles répercussions sur les comportements individuels et collectifs. Dans un contexte où les sociétés de référence des réseaux sociaux et le monde des institutions et de la politique ont commencé à affronter ce phénomène, l’Eglise veut elle aussi offrir sa contribution en proposant une réflexion sur les causes, les logiques et les conséquences de la désinformation dans les médias et en aidant à la promotion d’un journalisme professionnel, qui cherche toujours la vérité, et donc d’un journalisme de paix qui encourage la compréhension entre les personnes.
    La Journée Mondiale des Communications Sociales, seule journée mondiale instituée par le Concile Vatican II (« Inter Mirifica », 1963), est célébrée dans de nombreux pays, sur recommandation des évêques du monde, le dimanche qui précède la Pentecôte (en 2018, le 13 mai).
    Le texte du Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale des Communications Sociales est traditionnellement rendu public à l’occasion de la fête liturgique de Saint François de Sales, patron des journalistes (24 janvier).
    Communiqué du Secrétariat pour la Communication du Saint Siège
    Texte officiel en italien – traduction de Romilda Ferrauto
     


  • La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur le 3 décembre

    >>> Suggestions pour accompagner ce changement :
    Voir la lettre-Info du Service diocésain de liturgie en pièce jointe de cet article !

    Date du changement

    La nouvelle traduction du Notre Père sera adoptée officiellement le premier dimanche de l'Avent, soit le 3 décembre prochain.

    Mot de Mgr Denis Moutel

    Notre Père … ! Dieu avec nous.

    Comme vous le savez, c'est le 1er dimanche de l'Avent, 3 décembre prochain, que La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur.

    Le dossier joint donnera à chaque paroisse les informations utiles pour préparer nos communautés à ce changement, sans l'anticiper mais en nous accordant à la date retenue pour l'ensemble des diocèses de France.

    Ce sera, pour les équipes liturgiques et pour les prédicateurs, l'occasion d'une réflexion sur la tentation. Dans le combat spirituel que nous avons à mener, Dieu n'est pas contre nous  ne nous soumets pas ») mais avec nous et pour nous (« ne nous laisse pas »).

    Nous en faisons l'expérience dans chaque eucharistie en faisant mémoire de Jésus Christ, mort pour notre salut et ressuscité pour notre vie.

    Que nos célébrations et que toute notre vie puissent témoigner toujours plus de la miséricorde de Père.

    + Denis Moutel
    Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

    Ils en parlent

    Contact

    Service Diocésain de Pastorale Liturgique et sacramentelle
    81 rue Mathurin Méheut CS 44224 22042 St-Brieuc Cedex 2
    02 96 68 13 52 / liturgie chez diocese22.fr


jeudi 16 novembre 2017

  • Novembre 2017 à Broons
    Un survol rapide de quelques activités de la Paroisse. - Paroisse de Broons

  • Rencontres préparation au mariage pour 2018
    Préparation au mariage sur BROONS et CAULNES - Baptême, Mariage

  • Le diocèse de Laval recrute son responsable de la Pastorale des Jeunes

    Le Diocèse de Laval recherche son Responsable diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes pour la période de septembre 2017 à juin 2018 du 1er janvier 2018 au 31 juillet 2018. Dépôt des candidatures pour le 15 décembre.

    Institution

    Le diocèse de Laval compte plus de 300 000 habitants et comprend 31 paroisses réparties en 8 doyennés. Il s'inscrit dans le département de la Mayenne, la région des Pays de la Loire et la province Ecclésiale de Rennes.
    Le service de la Pastorale des Jeunes fait partie du « Pôle Jeunes et Vocations », il porte le souci de l'accompagnement des jeunes de 12 à 30 ans.

    Description du poste

    En étroite collaboration avec le vicaire épiscopal pour la Pastorale des Jeunes et des Vocations et dans le cadre de la mission ecclésiale reçue de l'évêque, vous favorisez la coordination entre les différents acteurs de la pastorale des jeunes : paroisses, doyennés, mouvements, monde scolaire et universitaire.

    • Vous encouragez les initiatives. Vous accompagnez les acteurs de la pastorale dans les paroisses, les doyennés, les mouvements et le monde scolaire et universitaire.
    • Vous participez à l'organisation des différents temps forts de l'année : JMJ, pèlerinages diocésains (Lourdes, Taizé), école de prière, rassemblements divers.
    • Vous travaillez en collaboration sur divers projets avec la pastorale des jeunes régionale, provinciale et nationale, la Direction de l'Enseignement Catholique, la Pastorale familiale, l'AEP, etc.
    • Vous animez l'équipe du Service Diocésain de la Pastorale des Jeunes. Vous préparez les ordres du jour, animez les rencontres, réalisez les comptes rendus, transmettez les informations.

    Profils recherchés

    Porteur d'une foi vivante et rayonnante, vous connaissez l'Eglise et avez une expérience de transmission auprès des jeunes.
    Vous savez travailler en équipe et vous insérer dans des réseaux existants.
    Vous maîtrisez les outils bureautiques et les différents moyens de communication. Vous avez une bonne capacité à développer et conduire des projets.

    Candidature

    Le poste est à plein temps, basé à Laval.
    Pour répondre à cette offre, merci d'envoyer lettre de motivation et CV avant le 15 décembre à :
    Recrutement Responsable Diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes
    27, rue du cardinal Suhard
    BP 31225
    53012 LAVAL cedex
    secretariat.eveque chez diocesedelaval.fr


  • Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider

    « Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider » est un article paru sur le site la communauté des paroisses du littoral ouest.

    info document - voir en grand cette image

    "Escale Familles … à la fois un havre de paix de sécurité où les familles peuvent se rencontrer, échanger, partager. Porteur du projet, le Secours Catholique le fait vivre au sein de la Maison St Yves à Saint-Brieuc.

    Voulue par Mgr Moutel, Escale Familles est ouverte depuis début octobre et fonctionne comme un accueil de jour pour toutes les familles grâce à une importante équipe de bénévoles. Rencontre avec Bernard Philippe, directeur du Secours Catholique et Annette Paous, responsable du projet."

    Article en intégralité à retrouver > ici <


mercredi 15 novembre 2017

  • Mgr Nicolas Souchu, nommé évêque d’Aire et Dax

    Le Pape François a nommé ce mercredi 15 novembre, Mgr Nicolas Souchu évêque du diocèse d’Aire et Dax, il était jusqu’à présent évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo. Mgr Bernard Charrier demeure administrateur apostolique du diocèse d’Aire et Dax jusqu’à la prise possession de Mgr Souchu.
    Ordonné en 1986 pour le diocèse d’Orléans, Mgr Nicolas Souchu fut vicaire à Gien (1986-1992) puis curé in solidum d’Orléans Ouest (1992-1995). Entre 1993 et 1995, Mgr Souchu, fut membre de l’équipe animatrice du séminaire d’Orléans et directeur du premier cycle. Puis, de 1995 à 1999, il fut responsable adjoint de la formation permanente du diocèse d’Orléans ; aumônier régional des Groupes de formation universitaire et responsable de la formation des jeunes prêtres de la région apostolique du Centre. En 1999, Mgr Souchu devint curé de Saint-Marceau et Saint-Jean-le-Blanc et Vicaire épiscopal pour l’agglomération d’Orléans. De 2000 à 2008, il fut vicaire général du diocèse d’Orléans puis entre 2002 et 2008, secrétaire de la Commission épiscopale des ministères ordonnées (CEMIOR). De 2004 à 2006, Mgr Souchu fut modérateur de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc d’Orléans ; secrétaire des évêques de la Province de Tours (2003-2008) ; administrateur de la paroisse de Saint-Jean de Braye (2006-2007) et membre de l’équipe d’aumônerie de la Maison d’arrêt d’Orléans (octobre 2008). En novembre 2008, Mgr Souchu fut nommé évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo.
    Au sein de la Conférence des évêques de France, il fut membre du Conseil pour la pastorale des enfants et de jeunes de 2010 à 2016. Depuis 2016, il est membre de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale.
    Une rencontre avec la presse est prévue le mardi 21 novembre à 11h à l’évêché de Dax, 100 avenue Francis Planté, 40100 Dax. Une messe d’au revoir au diocèse de Rennes aura lieu le dimanche 26 novembre à 18h en la cathédrale de Rennes.
    L’installation de Mgr Nicolas Souchu aura lieu le dimanche 17 décembre à 15h30 en la cathédrale de Dax.
    Ci-joint quelques détails biographiques de Mgr Nicolas Souchu.

    Contacts presse
    Diocèse d’Aire et Dax :  P.Denis Cazaux – 06 16 43 20 30
    denis.cazaux@laposte.net
    Diocèse de Rennes : P. Nicolas Guillou –  06 03 22 23 67
    communication@diocese35.fr


  • Nouvelle traduction du Notre Père

    Le 3 décembre 2017, premier dimanche de l’Avent, une nouvelle traduction du Notre-Père entrera en vigueur dans toute forme de liturgie. Les fidèles catholiques ne diront plus désormais : « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
    La nouvelle traduction de la sixième demande du Notre Père a été confirmée par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements le 12 juin 2013, avec l’ensemble de la nouvelle traduction liturgique de la Bible, dont elle fait partie. Les évêques de France ont décidé, à lors de leur dernière assemblée plénière de printemps (28-31 mars 2017), d’une entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père le 3 décembre 2017. Ce jour qui est le premier dimanche de l’Avent marque en effet le début de la nouvelle année liturgique.
    Le dossier de presse est disponible en téléchargement en PDF en bas de page.


mardi 14 novembre 2017

  • Thérèse de Lisieux ; le chemin vers la colonisation
    Stéphanie Couriaud (Auteur) Éditions Sutton Le 30 septembre 1897, soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face meurt au carmel de Lisieux à l'âge de 24 ans. Un an plus tard paraît Histoire d'une Âme, récit autobiographique de la jeune carmélite. Cet ouvrage connaît un très grand succès populaire (...)

  • "Nouvelles formes de vie religieuse" (CRVR)
    La brochure "Nouvelles formes de vie religieuse" vient d'être publiée par le Centre de recherche sur la vie religieuse (CRVR). La brochure "Nouvelles formes de vie religieuse" est disponible. Elle peut être commandée par mail (jcalavigne@gmail.com) au prix de 9 euros (prix lié au coût (...)

  • Eglise en périphérie 4/6 : Des religieuses pour faire tomber les murs des exclusions
    Tour à tour école-atelier pour des jeunes filles de condition très populaire, école primaire puis maison de famille pour des jeunes filles de province qui venaient travailler au « Bon Marché », maison d'accueil pour des sessions, la maison mère des Sœurs de l'Enfant Jésus Nicolas Barré, dans le 6ème (...)

lundi 13 novembre 2017

  • Décès du cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille

    Le cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite du diocèse de Marseille, est décédé dans sa 87ème année le dimanche 12 novembre 2017. Ses obsèques seront célébrées en la cathédrale Notre-Dame de la Major à Marseille, le vendredi 17 novembre à 15 heures. 
    Mgr Bernard Panafieu est né à Châtellerault (Vienne) le 26 janvier 1931. Après des études au séminaire d’Issy-les-Moulineaux et à l’Institut d’Études sociales, il est ordonné prêtre le 22 avril 1956 en la basilique Notre-Dame de Paris pour le diocèse d’Albi.
    Vicaire à la paroisse Saint-Sauveur de Mazamet (1956-1962), aumônier de lycée à Albi (1962-1967), aumônier des étudiants de Toulouse (1967-1970), après des études à Paris à l’Institut catholique (1971), il sera ensuite curé doyen de Brassac (1971-1974) et secrétaire du Presbyterium d’Albi (1972).
    Mgr Panafieu est ordonné évêque auxiliaire d’Annecy le 9 juin 1974, puis nommé archevêque d’Aix-en-Provence et Arles le 3 décembre 1978. En août 1994, le pape Jean-Paul II le nomme archevêque-coadjuteur du cardinal Coffy à Marseille, à qui il succède comme archevêque métropolitain de Marseille en 1995.
    Mgr Bernard Panafieu a été successivement, président du Comité épiscopal France-Amérique Latine, membre du Conseil permanent des évêques de France, président de la Commission épiscopale du monde scolaire et universitaire, membre de la Commission sociale de l’épiscopat français et président du Comité épiscopal pour les relations avec l’islam.
    Au cours du consistoire du 21 octobre 2003, il a été créé cardinal par le pape Jean-Paul II. Il a été nommé membre du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et du Conseil pontifical Justice et Paix.
    Commandeur de la Légion d’honneur et de l’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre, il a été élu, en avril 1996, membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille.
    En mai 2006, le cardinal Panafieu s’était retiré à Venasque (84).

    Message de Mgr Georges Pontier
    Chers amis, chers frères et sœurs,
    Le cardinal Bernard Panafieu est décédé cette nuit après une longue fin de vie difficile. Je vous invite à rendre grâce pour sa vie, sa foi, son ministère au service de l’Église qui est à Marseille particulièrement.
    La messe de sépulture aura lieu à la cathédrale de La Major ce vendredi 17 novembre à 15 heures.
    Confions-le à la miséricorde de Dieu. Qu’Il le comble de sa présence et de son amour.
    Que Notre Dame de La Garde le conduise à son Fils bien-aimé.
    + Georges Pontier
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France
     

     Message du Pape François

     
    Ayant appris avec peine le décès du Cardinal Bernard Panafieu, Archevêque émérite de Marseille, je vous adresse mes vives condoléances ainsi qu’à sa famille, à ses anciens diocésains et à la Communauté de Notre-Dame de Vie qui l’a entouré pendant ses dernières années. Je demande au Père de toute miséricorde d’accueillir dans sa paix et dans sa lumière ce Pasteur sage qui a su manifester la bonté et l’amour de Dieu au peuple qui lui avait été confié, d’abord comme Évêque auxiliaire d’Annecy, puis comme Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles, et enfin de Marseille. Attentif aux situations de précarité et à la diversité de la population de son diocèse, il apporta une éminente contribution au dialogue entre les cultures et entre les religions, favorisant ainsi une coexistence paisible entre tous. En gage de réconfort, je vous adresse, Excellence, la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à votre Auxiliaire, à la famille du Cardinal défunt et à ses proches, à ses anciens diocésains, ainsi qu’à toutes les personnes qui prendront part à la célébration des obsèques.
     Pape François
     

     

     

     

     

     


  • Appel à bénévole

    Le service de la Mission Universelle recherche une personne disponible pour rejoindre l'équipe diocésaine.
    Compétences requises :

    • Intérêt pour la vie de l'Église universelle, pour les relations que notre diocèse entretient avec les missionnaires originaires d'ici et les prêtres et religieuses venus d'ailleurs.
    • Compétences pour alimenter le site internet du diocèse.
    • Disponibilité pour éveiller les jeunes scolaires, ados ou grands jeunes à leur vocation de « disciples missionnaires ».

    Contact :
    F. Denis Chamaret, Délégué épiscopal.
    mobile 06 12 91 53 09
    denis_chamaret2 chez yahoo.fr

    Voir en ligne : Mission universelle

  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


vendredi 10 novembre 2017

  • Journée mondiale des pauvres : le diocèse de Saint-Brieuc se mobilise

    « À la lumière du “Jubilé des personnes socialement exclues”, alors que dans toutes les cathédrales et dans les sanctuaires du monde les Portes de la Miséricorde se fermaient, j'ai eu l'intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l'Église, le XXXIIIe dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l'Univers, qui s'est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31-46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l'Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. »
    Pape François

    Au niveau diocésain

    Jeudi 16 novembre

    Thème : « Vivons des actes pour nous nourrir des expériences des uns et des autres » à la Maison Saint-Yves

    Après un dîner partagé pris au sein de la Maison Saint-Yves, les personnes présentes se sont réunies pour visionner des petits films préparées par le groupe de la Diaconie du diocèse de Saint-Brieuc sur la Fraternité Pierre d'Angle, le pèlerinage Fratello, le Village Saint-Joseph, l'Escale Familles et le groupe accueil des migrants de Guingamp. Entre chaque diffusion, la quarantaine de participants s'est divisée en petits groupes de partage d'expérience avec la consigne de faire remonter un point essentiel au terme de leurs échanges.

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    Sur le thème de la "Fraternité", plusieurs expressions ont été soulignées : "accepter nos pauvretés", "s'engager dans le temps" ou encore "tendre la main". Concernant le volet "Célébrer", les participants ont noté "trouver sa place dans la communauté", "inviter et aller chercher" mais aussi "donner envie de s'investir". Enfin, sur la partie "Prendre soin de l'autre", il a été question de « s'investir avec la personne », "faire confiance", "se respecter mutuellement", "se mettre au service" et "prier pour les autres".

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    Durant la soirée, Jean-Claude Lemercier, diacre pour la Diaconie de l'Église dans le diocèse de Saint-Brieuc a pris la parole pour souligner que "le pauvre est celui que l'on attend pas, que l'on entend pas. Pour un chrétien, la solidarité est la traduction d'une exigence évangélique.
    La Diaconie est la mise en œuvre de l'Évangile au service des personnes, notamment les plus pauvres. La Diaconie nous fait revisiter les fondements théologiques de l'action solidaire. La première diaconie que Dieu nous offre, c'est Jésus dans notre humanité.
    Nous avons à nous entraider en prenant soin et pour vivre en actes, il nous faut faut nous mettre en équipe et ne jamais rester seul. 'Diaconia 2013' nous a appris que nul n'est trop pauvre pour n'avoir rien à partager.

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    En fin de débats, Mgr Denis Moutel a conclu les échanges. "J'ai retenu une phrase du Pape François lorsqu'il demande pardon quand nous avons détourné le regard [des pauvres]. Le Pape accepte de rentrer dans cette relation profondément humaine, il prend le temps, il se laisse toucher.
    Moi aussi, je me sens appelé. Il faut accepter cette relation sans toujours savoir où cela va nous conduire. Osons la rencontre sans avoir tout programmé. On ne sais pas tout à l'avance ! Chacun a quelque chose à donner. Nous avons peut-être à progresser d'un 'faire pour vers un 'être avec'.
    Ce soir, nous avons entendu de belles interpellations. Il ne s'agit pas de s'inquiéter de ce que nous pourrions faire davantage pour les pauvres mais d'abord consentir à entrer en relation avec telle ou telle personne. Cet engagement est n'est pas constitutif mais bien consubstantiel de la foi chrétienne.

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    Jusqu'au 21 novembre

    Exposition : « Que faire pour que ça change ? », visible à la salle d'exposition de la Maison Saint-Yves, aux heures d'ouverture habituelles.

    Lieu : Maison Saint-Yves
    81 rue Mathurin Méheut, 22000 Saint-Brieuc

    Au niveau paroissial

    Dimanche 19 novembre

    En réponse à l'appel du Pape François, vivons et servons la Fraternité en ce dimanche 19 novembre 2017.
    Rendez-vous au self des élèves de l'école Notre-Dame à Gouarec à partir de midi pour un pique-nique tiré du sac. Le dessert sera mis en commun.
    Après-midi, échanges, témoignages, danses…

    OUVERT A TOUS
    N'hésitez pas à en parler autour de vous !

    Loi synodale n°21 : Créer du lien
    Deux ou trois membres de l'EAP seront chargés de porter le souci d'une véritable communauté de proximité, fraternelle et chaleureuse. Les EAP organiseront, de temps à autre, un moment de convivialité par exemple un pot après la messe. Elles repèreront les personnes nouvelles fréquentant nos assemblées dominicales ou celles qui paraissent isolées dans l'assemblée. Elles prendront contact, inviteront à un temps de rencontre et présenteront la vie de la paroisse. Un trombinoscope des divers responsables pourra être remis pour faciliter l'intégration.

    Lieu : École Notre-Dame
    4 rue Saint-Gilles, 22570 Gouarec


  • Offre d'emploi - Poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital psychiatrique de Bégard

    Le service des aumôneries catholiques des hôpitaux recherche une personne disponible pour un poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital psychiatrique de Bégard. Ce poste est à pourvoir en avril 2018.
    Compétences & qualités requises : expériences humaines auprès des personnes fragiles, ancrage ecclésial, sens de l'écoute et de la confidentialité, capacité à travailler en équipe, sens de l'organisation, compétences administratives (utilisation de Word, Excel, Internet)

    Accompagnement et formations assurés.

    Les candidatures sont à envoyer à la responsable diocésaine des aumôneries d'hôpitaux :
    Gratiane Louvet, RDAH
    rdah chez diocese22.fr
    tel 02.96.68.13.42


jeudi 9 novembre 2017

  • #Synod2018 - Synthèse des contributions françaises
    Dans le cadre de la préparation du synode des évêques en octobre 2018 sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations » concernant les 16-29 ans, une large consultation des responsables pastoraux des diocèses, mouvements et communautés a été lancée après parution du document préparatoire. 110 (...)

  • RCF Côtes d'Armor fête ses 25 ans ! Après-midi spécial le 12 décembre.


    Pour fêter ses 25 ans, RCF Côtes d'Armor, Radio Chrétienne Francophone, a la joie d'inviter ses amis à une réception dans ses nouveaux studios de la maison Saint-Yves, 81 rue Mathurin Méheut, Saint-Brieuc, Mardi 12 Décembre 2017 de 17h à 20h, en présence de Mgr Denis Moutel.

    Programme

    • 17h : accueil, visite guidée, moment musical
    • 18h15 : émission en direct
    • 19h : cocktail

    Venez découvrir votre nouvelle radio et célébrer notre anniversaire !

    Rendez-vous : Maison Saint-Yves, 81 rue Mathurin Méheut, 22000 Saint-Brieuc

    Contact  : 02 96 62 05 71

    Twitter : @RCFcotesdarmor
    Site web : https://rcf.fr/

    Fréquences :

    • Saint-Brieuc : 100.6
    • Guingamp : 98.8
    • Lannion : 102.1

mercredi 8 novembre 2017

  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
    Voir la vidéo

     


  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
    Voir la vidéo

     


  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
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  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • 50 ans du Renouveau à Josselin

    Plus de 800 personnes ont participé, le dimanche 8 octobre, à Josselin, au rassemblement jubilaire des groupes de prière du Renouveau charismatique et des communautés nouvelles de Bretagne et de Vendée.

    8 événement
    8 événement

    « Pour tous ceux qui n'ont pu aller à Rome, en juin, au rassemblement international autour du pape, nous fêtons ici les 50 ans de ce « courant de grâce » comme l'appelle le pape François », annonce le père Jean-Baptiste Alsac, modérateur du Verbe de Vie de la Maison de Josselin, responsable de l'organisation du rassemblement des groupes du Renouveau charismatique, le 8 octobre.
    Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, assistait dès le matin aux témoignages, puis il a célébré la messe. « Alors que nous sommes réunis pour célébrer le jubilé des 50 ans du Renouveau charismatique, nous voulons rendre grâce au Seigneur, le remercier pour ses dons, lui demander de venir en nos cœurs. » Le vicaire général de Quimper, l'abbé Alain Guellec, représentait son évêque, Mgr Laurent Dognin : « Le Renouveau fait partie des groupes d'Église qu'on accompagne et encourage, car il participe à la mission de l'Église, qui est de permettre à des personnes loin de la Foi de découvrir le Christ. On ne peut que se réjouir. Le Renouveau met la grâce au service de tous. »

    Laurent Gay, « rescapé de Dieu », ancien drogué devenu missionnaire au service des établissements scolaires et de tous ceux qui l'appellent, a apporté son témoignage de vie. Aujourd'hui marié et père de deux enfants, il sillonne la France pour porter le message d'espérance, de foi, d'amour de Dieu et faire de la prévention auprès des jeunes. « Dieu m'a sauvé la vie. Depuis, j'ai de la compassion pour ceux qui ne Le connaissent pas. Je veux les aider à découvrir l'amour de Dieu, les aider à découvrir les rêves que Dieu va leur permettre d'accomplir. »
    Parmi les Costarmoricains, les communautés du Chemin neuf, de l'Emmanuel, le Village Saint-Joseph et les groupes de prière du Renouveau de Lannion, d'Yffiniac, de Dinan… sont venus en nombre. 70 membres du foyer de charité de Tressaint (sur 81 !) ont fait le déplacement : « Comme foyer de charité, nous faisons partie de ceux qui ont expérimenté la grâce de l'Esprit-Saint avant le Renouveau, puisque nous avons été fondés en 1936, avec Marthe Robin. Notre identité, c'est la vie dans l'Esprit qui nous a renouvelés et qui renouvelle notre vie communautaire. Marthe nous a apporté une nouvelle Pentecôte d'amour », explique Honorine Grasset. Pour l'occasion, des membres du Village Saint-Joseph ont même vendu des objets de leur artisanat.

    Isabelle Claquin,
    pour Église en Morbihan

    Légende photo : L'animation musicale était assurée, le matin, par le groupe de prière de Lannion.


mardi 7 novembre 2017

  • Eglise en Côtes d'Armor - Novembre 2017

    Éditorial [1]

    Calendrier de Mgr Denis Moutel

    Infos officielles

    • Nominations
      Par décision de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, à partir du 1er octobre 2017, l'abbé Albert Wanso - avec l'accord de Mgr Barthélémy Yaouda Hourgo, évêque de Yagoua (Cameroun) - est nommé comme prêtre « Fidei Donum » au service des paroisses de Lannion et Pleumeur-Bodou.

    Dans le souffle du synode

    Événement

    • Benoît Rault, nouveau diacre à Lannion
    • Journée mondiale des pauvres
    • Jubilé du Renouveau
    • Découvrir Madeleine Delbrel
    • Consacrés et engagés Sœur Anne-Cécile Madohonan
    • Réenchanter l'école : Soigner le climat scolaire

    Témoignage

    • Philippe Mac Leod, écrivain et poète

    La vie dans le diocèse

    Dossier

    • Église et crémation

    Zoom

    • Lexique des termes ecclésiaux
    • Les fêtes chrétiennes
    • La mémoire des défunts

    Mémoire

    • Le monument aux morts de Pleumeur-Bodou

    Infos, intentions,


    [1] en ligne à partir du 20 novembre


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Eglise en périphérie 3/6 : Salvert, cela veut dire sauvé !
    Salvert est une communauté qui tisse du lien en périphérie. Et quel tissage ! Le hameau de Salvert abrite en effet 20 hectares d'une belle diversité : une communauté de 27 religieuses, une maison d'enfants à caractère social, une école Montessori, des mineurs étrangers isolés, et au « Château » des (...)

  • Action de communication nationale sur le Denier

    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
    Sous l’impulsion des évêques, l’action nationale de communication qui commencera dès la fin décembre 2017 est le fruit d’un travail engagé depuis 4 ans. Elle est le résultat d’une action concertée et validée pas à pas.


  • Action de communication nationale sur le Denier

    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
    Sous l’impulsion des évêques, l’action nationale de communication qui commencera dès la fin décembre 2017 est le fruit d’un travail engagé depuis 4 ans. Elle est le résultat d’une action concertée et validée pas à pas.


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    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
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  • Vient de paraître : "Pour une existence spirituelle" - Henri Laux, sj
    Éditions Facultés Jésuites de Paris (novembre 2017) C'est toute l'existence qui est appelée à devenir spirituelle. Telle est la proposition de ce livre. Le spirituel caractérise une manière d'être dans la durée, celle qui recherche la décision libre, la justesse de l'action et de la relation, l'ouverture (...)

lundi 6 novembre 2017

  • Formation des nouveaux responsables pasto jeunes et vocations : 30 novembre 2017
    Une journée nationale de formation est proposée aux nouveaux responsables de pastorale des jeunes et/ou vocations des diocèses, communautés, mouvements ainsi qu'aux nouveaux membres de leurs équipes : Jeudi 30 novembre 2017 de 9h à 18h, à la Conférence des évêques de France - 58 avenue de Breteuil – (...)

  • Participez aux Journées mondiales des familles à Dublin en août !

    Vous désirez y participer ?

    • Inscrivez-vous >> ici <<
    • Ou téléphonez au Service des pèlerinages au 02 96 68 13 50

    Une question ? Contactez Isabelle et Benoît Gosselin au 06 42 31 13 70

    Besoin d'info ? Allez visiter le site de la Maison Anne et Joachim

    Cette année, la Journée mondiales des familles se déroule à Dublin du 22 au 26 août 2018 dans une expérience unique de formation, de fête et de fraternité dans l'universel.

    Une délégation conduite par Mgr Denis Moutel se prépare à y participer avec l'aide du Service diocésain des pèlerinages.

    A Milan en 2012, Philadelphie en 2015, la Pastorale des familles du diocèse de Saint-Brieuc a rencontré des familles avec enfants, parents, grands-parents de toutes conditions et de tous les âges. L'équivalent des Journées Mondiales de la Jeunesses pour les familles, pour toutes les familles !

    Le programme

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    4 moments clés

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    Hymne officiel


  • Commentaires du dimanche 12 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre de la Sagesse 6, 12 – 16
    12 La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas.
    Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment,
    elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
    13 Elle devance leurs désirs
    en se faisant connaître la première.
    14 Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas :
    il la trouvera assise à sa porte.
    15 Penser à elle est la perfection du discernement,
    et celui qui veille à cause d’elle
    sera bientôt délivré du souci.
    16 Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ;
    au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ;
    dans chacune de leurs pensées,
    elle vient à leur rencontre.

    Avec Aragon, les amoureux chantent « Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ? » : les croyants le chantent encore plus ; la foi est bien l’histoire d’une rencontre. Dans ce texte du livre de la Sagesse, comme dans toute la Bible, il s’agit de la foi d’Israël, de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Car l’auteur du livre de la Sagesse est un croyant ! Je dis « l’auteur » à défaut de pouvoir être plus précise ! On ne sait pas qui il est : une seule chose est sûre : ce livre intitulé « Livre de la sagesse de Salomon » n’est très certainement pas du grand roi Salomon, le fils de David, qui a régné vers 950 av.J.C. Ce Livre a été écrit en grec (et non en hébreu) par un Juif anonyme, à Alexandrie en Egypte, environ cinquante ans seulement, peut-être moins, avant la naissance de Jésus-Christ. Le passage que la liturgie nous offre ici fait partie de tout un ensemble de recommandations aux rois ; évidemment, l’attribution du livre au roi dont la Sagesse était proverbiale donnait toute latitude à l’auteur pour donner des conseils.
    Le chapitre 6 commence par : « Or donc, rois, écoutez et comprenez, laissez-vous instruire, vous dont la juridiction s’étend à toute la terre… C’est à vous, ô princes, que vont mes paroles, afin que vous appreniez la Sagesse et ne trébuchiez pas ». Son discours tient en trois points :
    Premièrement, la Sagesse est la chose la plus précieuse du monde : et là, ce livre au titre trop sérieux recèle des envolées littéraires auxquelles on ne s’attendait pas : « La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas ». Ou encore : « Elle est un effluve de la puissance de Dieu, une pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant… elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu et une image de sa bonté. » (Sg 4, 25-26). Elle est tellement précieuse qu’on la compare à la plus désirable des femmes : « Elle est plus radieuse que le soleil et surpasse toute constellation. Comparée à la lumière, sa supériorité éclate : la nuit succède à la lumière, mais le mal ne prévaut pas sur la Sagesse. » (Sg 7, 29-30). « C’est elle que j’ai aimée et recherchée dès ma jeunesse, j’ai cherché à en faire mon épouse et je suis devenu l’amant de sa beauté. » (Sg 8, 2).
    Deuxièmement, la Sagesse est à notre portée, ou, plus exactement, elle se met à notre portée : « Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment… elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. » Au passage, il faut admirer ce style très balancé que nous trouvons si souvent dans la Bible, en particulier chez les prophètes et dans les psaumes. Mais surtout, il y a dans ces deux phrases parallèles une affirmation fondamentale : c’est qu’il n’y a pas de conditions pour rencontrer Dieu ; pas de conditions d’intelligence, de mérite ou de valeur personnelle… Jésus le redira sous une autre forme : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira… Quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira. » (Mt 7, 7-9).
    Et l’auteur attribue au roi Salomon cette confidence : « J’ai prié et le discernement m’a été donné, j’ai imploré et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. » (Sg 7,7). Il nous suffit de la désirer : la seule condition, évidemment, la chercher, la désirer ardemment : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » dit le psaume. « Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte » ; toujours cette affirmation qu’elle est tout près de nous, et qu’il nous suffit de la chercher… manière aussi de dire que nous sommes libres ; Dieu ne nous force jamais la main.
    Troisièmement, non seulement, elle répond à notre attente, mais elle-même nous recherche, elle nous devance ! Et là, il faut quand même de l’audace… Pourtant, l’auteur le dit en toutes lettres : « Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première »… « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle. » Dieu prend l’initiative de se révéler à l’homme ; car, on l’a deviné, la Sagesse n’est autre que Dieu lui-même inspirant notre conduite. Plus tard, Saint Paul dira de Jésus-Christ qu’il est la Sagesse de Dieu : « Il est Christ, Puissance de Dieu, Sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24 – 30). « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle » : de nous-mêmes, nous ne pourrions pas atteindre Dieu. Et la dignité dont il est question ici, c’est seulement ce désir de Dieu : la seule dignité qui nous est demandée, c’est d’avoir un coeur qui cherche Dieu. Serait-ce cela la « robe des noces » de la parabole ?
    Et voilà pourquoi il peut y avoir rencontre, Alliance : on sait bien que, pour qu’il y ait vraiment rencontre intime entre deux êtres, il faut que les deux le désirent ; et c’est ce que nous dit le passage d’aujourd’hui : Dieu est à la recherche de l’homme ; il faut et il suffit que l’homme soit à la recherche de Dieu : « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre ».
    On peut se poser la question : sur quels critères peut-on juger qu’un roi (ou quiconque) aura été sage ou non ? Voici ce qu’en dit Jérémie : « Que le sage ne se vante pas de sa sagesse, que le vaillant ne se vante pas de sa vaillance, que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Mais qui veut se vanter, qu’il se vante de ceci : avoir de l’intelligence et me connaître, car je suis le SEIGNEUR qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me complaît, oracle du SEIGNEUR ! » (Jr 9, 22-23). Voilà donc les critères de la vraie sagesse : celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice.
    Notre auteur dit quelque chose d’équivalent : « C’est lui (le Très-Haut) qui examinera vos actes… Si vous, les ministres de sa royauté n’avez pas jugé selon le droit, ni respecté la loi, ni agi selon la volonté de Dieu… (sous-entendu « il vous jugera ») » (Sg 6, 3-4). Décidément, où qu’on se tourne dans la Bible, cela revient toujours au même : la seule chose qui nous est demandée, c’est d’agir selon la volonté de Dieu : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’, mais ceux qui font la volonté de mon Père… » et le prophète Michée précise : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR attend de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu (d’autres traductions disent « la vigilance » dans la marche avec ton Dieu) (Mi 6, 8). Toutes les autres lectures de ce trente-deuxième dimanche nous parleront de cette vigilance.

    PSAUME – 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 7-8
    2 Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
    mon âme a soif de toi ;
    après toi languit ma chair,
    terre aride, altérée, sans eau.
    3 Je t’ai contemplé au sanctuaire,
    j’ai vu ta force et ta gloire.
    4 Ton amour vaut mieux que la vie :
    tu seras la louange de mes lèvres !
    5 Toute ma vie je vais te bénir,
    lever les mains en invoquant ton nom.
    6 Comme par un festin je serai rassasié :
    la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
    7 Dans la nuit, je me souviens de toi
    et je reste des heures à te parler.
    8 Oui, tu es venu à mon secours :
    je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

    « Je crie de joie à l’ombre de tes ailes » : c’est beau, mais c’est quand même étonnant ! En fait, il faut se transporter en pensée, à l’intérieur du Temple de Jérusalem (avant sa destruction, bien sûr, en 587 av.J.C. par Nabuchodonosor)… et supposer que nous sommes prêtres ou lévites. Là, dans le lieu le plus sacré, le « Saint des Saints », se trouvait l’Arche d’Alliance : attention, quand nous disons Arche aujourd’hui, nous risquons de penser à une oeuvre architecturale imposante : les Parisiens penseront peut-être à ce qu’ils appellent la Grande Arche de la Défense… Pour Israël, c’est tout autre chose ! Il s’agit de ce qu’ils avaient de plus sacré1 : un petit coffret de bois précieux, recouvert d’or, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui abritait les tables de la Loi. Sur ce coffret, veillaient deux énormes statues de chérubins.
    Les « Chérubins » n’ont pas été inventés par Israël : le mot vient de Mésopotamie. C’étaient des êtres célestes, à corps de lion, et face d’homme, et surtout des ailes immenses. En Mésopotamie, ils étaient honorés comme des divinités… En Israël au contraire, on prend bien soin de montrer qu’ils ne sont que des créatures : ils sont représentés comme des protecteurs de l’Arche, mais leurs ailes déployées sont considérées comme le marchepied du trône de Dieu. Ici, un prêtre en prière dans le Temple, à l’ombre des ailes des chérubins se sent enveloppé de la tendresse de son Dieu depuis l’aube jusqu’à la nuit.2
    Les autres images de ce psaume sont toutes également empruntées au vocabulaire des lévites : « Je t’ai contemplé au sanctuaire » : ils étaient les seuls à pénétrer dans la partie sainte du Temple… « toute ma vie, je vais te bénir » : effectivement toute leur vie était consacrée à la louange de Dieu… « lever les mains en invoquant ton nom » : là nous voyons le lévite en prière, les mains levées… « Comme par un festin je serai rassasié », c’est une allusion à certains sacrifices qui étaient suivis d’un repas de communion pour tous les assistants, et d’autre part, on sait que les lévites recevaient pour leur nourriture une part de la viande des sacrifices… « Dans la nuit, je me souviens de toi, je reste des heures à te parler » : lorsqu’ils étaient de service à Jérusalem, leur vie entière se déroulait dans l’enceinte du Temple.
    En fait, ce psaume est une métaphore : ce lévite, c’est Israël tout entier qui, depuis l’aube de son histoire et jusqu’à la fin des temps, s’émerveille de l’intimité que Dieu lui propose : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi… » Et quand il dit « dès l’aube », il veut dire depuis l’aube des temps : depuis toujours le peuple d’Israël est en quête de son Dieu. « Mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » : en Israël, ces expressions sont très réalistes : la terre désertique, assoiffée, qui n’attend que la pluie pour revivre, c’est une expérience habituelle, très suggestive.
    Depuis l’aube de son histoire, Israël a soif de son Dieu, une soif d’autant plus grande qu’il a expérimenté la présence, l’intimité proposée par Dieu. Et donc, à un deuxième niveau, c’est l’expérience du peuple qui affleure dans ce psaume : par exemple « mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » est certainement une allusion au séjour dans le désert après la sortie d’Egypte et à l’expérience terrible de la soif à Massa et Meriba (Ex 17). La plus belle prière est certainement celle qui jaillit de notre pauvreté spirituelle, comme la plainte du déshydraté : « J’ai soif ».
    « Je t’ai contemplé au sanctuaire » est une allusion aux manifestations de Dieu au Sinaï, le lieu sacré où le peuple a contemplé son Dieu qui lui offrait l’Alliance. « J’ai vu ta force et ta gloire », dans la mémoire d’Israël, cela évoque les prodiges de l’Exode pour libérer son peuple de l’esclavage en Egypte. Tout autant que la formule « Tu es venu à mon secours » : on n’oubliera jamais, de mémoire d’homme, en Israël, cette phrase de Dieu à Moïse : « Oui, vraiment, j’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. » (Ex 3, 7).
    Quand on méditait sur cette libération apportée par Dieu, on comparait parfois celui-ci à un aigle apprenant à ses petits à voler : « Il est comme l’aigle qui encourage sa nichée : il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses ailes. » (Dt 32, 11). En écho on lit dans le livre de l’Exode, au moment de la célébration de l’Alliance : « Tu diras ceci à la maison de Jacob… Vous avez vu vous-mêmes comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai fait arriver jusqu’à moi. » (Ex 19, 4). Si bien que les ailes des chérubins dans le Temple prenaient encore une autre signification. Elles sont les ailes protectrices de celui qui apprend à Israël le chemin de la liberté.
    Toutes ces évocations d’une vie d’Alliance, d’intimité sans ombre sont peut-être la preuve que ce psaume a été écrit dans une période moins lumineuse ! Où l’on a bien besoin de s’accrocher aux souvenirs du passé. Tout n’est pas si rose et les derniers versets (que la liturgie ne nous fait pas chanter), disent fortement, violemment même l’attente de la disparition du mal sur la terre, par exemple : « Ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent aux profondeurs de la terre »… Israël attend la pleine réalisation des promesses de Dieu, les cieux nouveaux, la terre nouvelle, et la délivrance de tout mal et de toute persécution.
    L’expression « je te cherche dès l’aube… mon âme a soif » dit aussi que cette quête n’est pas encore comblée : Israël est le peuple de l’attente, de l’espérance : « Mon âme attend le Seigneur, plus sûrement qu’un veilleur n’attend l’aurore. » (Ps 129/130, 6). Quand Jésus parle de veille, de vigilance dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (qui sera notre évangile de ce trente-deuxième dimanche), c’est à cela qu’il pense : une recherche permanente de Dieu.
    Aujourd’hui à la suite du peuple juif, le peuple chrétien reprend à son compte cette prière, cette soif, cette attente : le psaume 62/63 fait partie de la prière des Heures du dimanche matin de la première semaine. Car dans la liturgie chrétienne, le dimanche, jour de la Résurrection du Christ, est le jour privilégié où nous célébrons la totalité du mystère de l’Alliance de Dieu avec son peuple, depuis l’aube de son histoire, dans l’attente de l’avènement définitif de son Royaume.
    ——————————-
    Note
    L’Arche d’Alliance est perdue depuis l’Exil à Babylone et personne ne sait ce qu’elle est devenue.

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 4, 13-18
    13 Frères,
    nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance
    au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ;
    il ne faut pas que vous soyez abattus
    comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
    14 Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ;
    de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis,
    Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
    15 Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci :
    nous les vivants,
    nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur,
    nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
    16 Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine,
    le Seigneur lui-même descendra du ciel,
    et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord.
    17 Ensuite, nous les vivants,
    nous qui sommes encore là,
    nous serons emportés sur les nuées du ciel,
    en même temps qu’eux,
    à la rencontre du Seigneur.
    Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
    18 Réconfortez-vous donc les uns les autres
    avec ce que je viens de dire.

    On se demande souvent ce que les Chrétiens ont de plus que les autres ; Saint Paul vient de nous donner une réponse : nous avons reçu en cadeau l’espérance ! D’après lui, c’est ce qui nous distingue : « Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance ». Une espérance qui ne repose ni sur des raisonnements, ni sur des convictions, ni sur de quelconques prédictions… mais sur un événement qui est le socle de notre foi : à savoir la Résurrection de Jésus-Christ.
    Dans la première lettre aux Corinthiens, Paul va jusqu’à dire : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14). De deux choses l’une : ou bien Christ est ressuscité ou bien il ne l’est pas. S’il n’est pas ressuscité, alors notre foi est un château de cartes qui ne peut que s’écrouler. « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire… Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Co 15, 17-19). Si c’est cela, nous avons été trompés et l’avenir est bouché.
    Mais, bien sûr, Paul continue, toujours dans cette lettre aux Corinthiens : « Mais non : Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. » (1 Co 15, 20). « Prémices », c’est-à-dire premier-né de l’humanité vivante. Paul fait allusion, ici, à la coutume de l’offrande des prémices dans l’Ancien Testament : lorsqu’on offrait à Dieu la première gerbe de la récolte, ou l’animal premier-né du troupeau, ces offrandes (ces « prémices ») représentaient la totalité de la récolte, l’ensemble du troupeau. De la même manière, Jésus ressuscité est « prémices » de toute l’humanité.
    Et alors nous pouvons contempler ce projet de Dieu : le Dieu vivant a conçu un peuple de vivants ; et c’est pour cela que nous sommes le peuple de l’espérance ; rappelons-nous la discussion de Jésus avec les Sadducéens (Mt 22, 23s) : à l’époque du Christ, la foi en la Résurrection était un progrès tout récent de la théologie juive ; les Pharisiens y croyaient, mais pas encore les Sadducéens : ils donnaient pour argument la complexité des rapports dans l’au-delà pour une femme qui aurait eu sur terre successivement sept maris : « A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme, puisque tous l’ont eue pour femme ? » Jésus leur répond, d’abord, qu’il ne faut pas envisager la Résurrection comme une copie de notre vie sur la terre, la perspective de la mort en moins ; mais surtout, il affirme la Résurrection : « Pour ce qui est de la Résurrection des morts, n’avez-vous pas lu la parole que Dieu vous a dite : ‘Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob’ ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ».
    Cette parole-là lui a permis, à lui, Jésus, le premier, d’affronter la mort. Quand il annonce sa Passion à ses disciples, il annonce toujours en même temps sa Résurrection (Mt 16, 16 par ex) ; cette parole-là doit nous permettre à notre tour d’affronter la vie sans angoisse excessive à la pensée de son terme inéluctable, et d’affronter la mort, le jour venu. Comme dit Paul encore : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu … elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Rm 8, 17-23).
    Cet enfantement, c’est celui du dessein bienveillant de Dieu : s’il y a un moment où nous devons nous souvenir à tout prix que le dessein de Dieu est bienveillant, c’est quand nous envisageons notre mort ; et alors, il ne nous reste plus qu’à nous laisser faire puisque sa volonté est bonne pour nous : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. » (Ep 1, 9-10).
    Ce projet de Dieu, c’est donc un peuple de vivants qui ne font qu’un en Jésus-Christ, comme un seul homme. Au fond, ce qui nous est le plus difficile à imaginer, c’est ce projet d’union : « Réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ ». C’est certainement à cela que Paul pensait lorsqu’il écrivait : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ?… Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rm 8, 35-39).
    Rien ne pourra nous séparer de lui, rien, pas même la mort biologique : c’est pour cela que Paul emploie l’image du sommeil ; quelqu’un qui dort est bien vivant ! Et donc ceux qui nous ont quittés ne seront pas séparés du Christ. Comme dit Paul dans notre texte d’aujourd’hui : « Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Voilà qui devrait nous permettre de nous réconforter mutuellement. Paul lui-même en a eu peut-être parfois besoin puisqu’il dit dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d’un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. » (2 Co 4, 16-17) ; et dans la lettre aux Philippiens : « Notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre à son pouvoir. » (Phi 3, 20-21).
    Pour terminer, imaginons le dernier jour, celui que Jésus appelle « l’avènement du Fils de l’Homme » : le journaliste de service écrira « Ils se sont tous levés comme un seul homme » !

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 1 – 13
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    1 « Le royaume des Cieux sera comparable
    à dix jeunes filles invitées à des noces,
    qui prirent leur lampe
    pour sortir à la rencontre de l’époux.
    2 Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
    et cinq étaient prévoyantes :
    3 les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
    4 tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
    des flacons d’huile.
    5 Comme l’époux tardait,
    elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
    6 Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
    ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
    7 Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
    et se mirent à préparer leur lampe.
    8 Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
    ‘Donnez-nous de votre huile,
    car nos lampes s’éteignent.’
    9 Les prévoyantes leur répondirent :
    ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
    allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
    10 Pendant qu’elles allaient en acheter,
    l’époux arriva.
    Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
    et la porte fut fermée.
    11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
    ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
    12 Il leur répondit :
    ‘Amen, je vous le dis :
    je ne vous connais pas.’
    13 Veillez donc,
    car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

    « Le Royaume des cieux est semblable à dix jeunes filles invitées à des noces … » Cette comparaison très positive avec des noces prouve bien que Jésus n’a pas imaginé cette parabole pour nous inquiéter ; il nous invite à nous transporter déjà au terme du voyage, quand le Royaume sera accompli et il nous dit « Ce sera comme un soir de noce » : d’entrée de jeu, on peut donc déjà déduire que même la dernière parole « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » ne doit pas nous faire peur, ce n’est jamais le but de Jésus. A nous de déchiffrer ce qu’elle veut dire.
    C’est une parabole, c’est-à-dire que c’est la leçon finale qui compte. Ce n’est pas une allégorie, il n’y a donc pas à chercher des correspondances entre chaque détail de l’histoire et des situations ou des personnes concrètes. Enfin, ne nous scandalisons pas de ces prévoyantes qui refusent de partager, ce n’est pas une parabole sur le partage.
    Toutes ces précautions prises, il reste à découvrir ce que peut vouloir dire cette fameuse dernière phrase « Veillez donc ». Pour commencer, reprenons les éléments de la parabole : des noces, une invitation ; dix jeunes filles, cinq d’entre elles sont insouciantes, cinq sont prévoyantes ; les prévoyantes ont de l’huile en réserve, les insouciantes ont pris leur lampe sans emporter d’huile… or il est vrai qu’une lampe à huile sans huile n’est plus une lampe à huile… C’est aussi insensé que de mettre une lampe sous le boisseau : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. » (Mt 5, 15).
    L’époux tarde à venir et tout notre petit monde s’endort, les prévoyantes comme les autres : on peut noter au passage que ce sommeil ne leur est pas reproché, ce qui prouve que le mot de la fin « Veillez » n’interdit pas de dormir, ce qui est pour le moins paradoxal ! L’époux finit quand même par arriver et l’on connaît la suite : les prévoyantes entrent dans la salle de noces, les insouciantes se voient fermer la porte avec cette phrase dont on ne sait pas dire si elle est dure ou attristée « Je ne vous connais pas » leur dit l’époux. Et cette fameuse conclusion : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
    Chose curieuse, Jésus a déjà traité à peu près le même thème dans une autre parabole, celle des deux maisons : l’une est bâtie sur le roc, l’autre sur le sable. « La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé » : l’une des deux a résisté, l’autre s’est écroulée ; jusque-là rien de surprenant, on aurait pu s’en douter ; mais voici que Jésus s’explique : celui qui a bâti sur le roc, c’est « tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique… » ; que sont ces fameuses « paroles qu’il vient de dire » ? Nous sommes au chapitre 7 de Saint Matthieu ; quelques lignes auparavant, on a pu lire : « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur’, qu’on entrera dans le royaume des Cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?’ Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Ecartez-vous de moi, vous qui commettez le mal. » (Mt 7, 21-27).
    Et Jésus continue : « Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique, est comparable à un homme prévoyant* qui a construit sa maison sur le roc… ». Dans la parabole des deux maisons, le lien est donc clair : « Je ne vous connais pas, car vous commettez le mal » ; en d’autres termes, « vous faites de très belles choses (prophéties, miracles…) mais vous n’aimez pas vos frères » ; ici, dans la parabole des dix vierges, cela revient au même : c’est « Je ne vous connais pas, vous n’êtes pas la lumière du monde… vous êtes appelées à l’être, mais il n’y a pas d’huile dans vos lampes ».
    Les deux fois, Jésus emploie cette même formule « Je ne vous connais pas » : ce n’est pas un verdict sans appel, c’est un constat triste : « Je ne vous connais pas encore », « Vous n’êtes pas encore prêts pour le Royaume, vous n’êtes pas prêts pour les noces » ; il faut sans doute l’entendre au sens de « Je ne vous reconnais pas » : vous ne me ressemblez pas, vous n’êtes pas en communion avec moi.
    Le rapprochement avec la parabole des deux maisons peut encore nous éclairer : celle-ci était la conclusion du discours sur la montagne dans lequel Jésus proclamait « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes…Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 43-48).
    « Veiller », c’est donc vivre au jour le jour cette ressemblance avec le Père pour laquelle nous sommes faits : c’est aimer comme lui ; chose impossible, sommes-nous tentés de dire… heureusement cette ressemblance d’amour est cadeau ; comme nous l’ont dit les autres lectures de ce dimanche, il nous suffit de la désirer ; de le chercher, comme dit le psaume « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » ; d’aller à la rencontre de cette Sagesse dont nous parlait la première lecture, celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice. Veiller, en fin de compte, c’est être toujours prêt à le recevoir. Cette rencontre de l’époux se fait non pas au bout du temps, à la fin de l’histoire terrestre de chacun, mais à chaque jour du temps ; c’est à chaque jour du temps qu’il nous modèle à son image.
    —————————–
    *Le mot grec qui a été traduit en français par « prévoyant » est bien le même dans les deux paraboles (Mt 7,24 // Mt 25,2).
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    Compléments
    – Il y a plusieurs manières d’envisager le temps qui passe ; pour un Chrétien, elle ne peut être que positive : c’est le temps qui prépare la venue du Seigneur, « l’avènement du Fils de l’Homme ». Jean-Sébastien Bach a traité ce thème dans un choral intitulé « Le choral du veilleur » et qui est en fait une variation sur la parabole des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes ; il commence par un pas de danse très gai sur un registre un peu haut : vous les avez reconnues, ce sont les jeunes filles insouciantes ; puis, plus bas, intervient gravement la musique du cantique « Adoro te devote » : ce sont les vierges prévoyantes en train de méditer ; enfin au pédalier, s’installe un rythme régulier, appuyé, qui symbolise le temps qui s’écoule.
    – « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » : Personne ne peut remplir ma lampe à ma place. Il y va de ma liberté et de ma responsabilité.


  • Commentaires du dimanche 12 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre de la Sagesse 6, 12 – 16
    12 La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas.
    Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment,
    elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
    13 Elle devance leurs désirs
    en se faisant connaître la première.
    14 Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas :
    il la trouvera assise à sa porte.
    15 Penser à elle est la perfection du discernement,
    et celui qui veille à cause d’elle
    sera bientôt délivré du souci.
    16 Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ;
    au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ;
    dans chacune de leurs pensées,
    elle vient à leur rencontre.

    Avec Aragon, les amoureux chantent « Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ? » : les croyants le chantent encore plus ; la foi est bien l’histoire d’une rencontre. Dans ce texte du livre de la Sagesse, comme dans toute la Bible, il s’agit de la foi d’Israël, de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Car l’auteur du livre de la Sagesse est un croyant ! Je dis « l’auteur » à défaut de pouvoir être plus précise ! On ne sait pas qui il est : une seule chose est sûre : ce livre intitulé « Livre de la sagesse de Salomon » n’est très certainement pas du grand roi Salomon, le fils de David, qui a régné vers 950 av.J.C. Ce Livre a été écrit en grec (et non en hébreu) par un Juif anonyme, à Alexandrie en Egypte, environ cinquante ans seulement, peut-être moins, avant la naissance de Jésus-Christ. Le passage que la liturgie nous offre ici fait partie de tout un ensemble de recommandations aux rois ; évidemment, l’attribution du livre au roi dont la Sagesse était proverbiale donnait toute latitude à l’auteur pour donner des conseils.
    Le chapitre 6 commence par : « Or donc, rois, écoutez et comprenez, laissez-vous instruire, vous dont la juridiction s’étend à toute la terre… C’est à vous, ô princes, que vont mes paroles, afin que vous appreniez la Sagesse et ne trébuchiez pas ». Son discours tient en trois points :
    Premièrement, la Sagesse est la chose la plus précieuse du monde : et là, ce livre au titre trop sérieux recèle des envolées littéraires auxquelles on ne s’attendait pas : « La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas ». Ou encore : « Elle est un effluve de la puissance de Dieu, une pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant… elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu et une image de sa bonté. » (Sg 4, 25-26). Elle est tellement précieuse qu’on la compare à la plus désirable des femmes : « Elle est plus radieuse que le soleil et surpasse toute constellation. Comparée à la lumière, sa supériorité éclate : la nuit succède à la lumière, mais le mal ne prévaut pas sur la Sagesse. » (Sg 7, 29-30). « C’est elle que j’ai aimée et recherchée dès ma jeunesse, j’ai cherché à en faire mon épouse et je suis devenu l’amant de sa beauté. » (Sg 8, 2).
    Deuxièmement, la Sagesse est à notre portée, ou, plus exactement, elle se met à notre portée : « Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment… elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. » Au passage, il faut admirer ce style très balancé que nous trouvons si souvent dans la Bible, en particulier chez les prophètes et dans les psaumes. Mais surtout, il y a dans ces deux phrases parallèles une affirmation fondamentale : c’est qu’il n’y a pas de conditions pour rencontrer Dieu ; pas de conditions d’intelligence, de mérite ou de valeur personnelle… Jésus le redira sous une autre forme : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira… Quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira. » (Mt 7, 7-9).
    Et l’auteur attribue au roi Salomon cette confidence : « J’ai prié et le discernement m’a été donné, j’ai imploré et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. » (Sg 7,7). Il nous suffit de la désirer : la seule condition, évidemment, la chercher, la désirer ardemment : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » dit le psaume. « Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte » ; toujours cette affirmation qu’elle est tout près de nous, et qu’il nous suffit de la chercher… manière aussi de dire que nous sommes libres ; Dieu ne nous force jamais la main.
    Troisièmement, non seulement, elle répond à notre attente, mais elle-même nous recherche, elle nous devance ! Et là, il faut quand même de l’audace… Pourtant, l’auteur le dit en toutes lettres : « Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première »… « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle. » Dieu prend l’initiative de se révéler à l’homme ; car, on l’a deviné, la Sagesse n’est autre que Dieu lui-même inspirant notre conduite. Plus tard, Saint Paul dira de Jésus-Christ qu’il est la Sagesse de Dieu : « Il est Christ, Puissance de Dieu, Sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24 – 30). « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle » : de nous-mêmes, nous ne pourrions pas atteindre Dieu. Et la dignité dont il est question ici, c’est seulement ce désir de Dieu : la seule dignité qui nous est demandée, c’est d’avoir un coeur qui cherche Dieu. Serait-ce cela la « robe des noces » de la parabole ?
    Et voilà pourquoi il peut y avoir rencontre, Alliance : on sait bien que, pour qu’il y ait vraiment rencontre intime entre deux êtres, il faut que les deux le désirent ; et c’est ce que nous dit le passage d’aujourd’hui : Dieu est à la recherche de l’homme ; il faut et il suffit que l’homme soit à la recherche de Dieu : « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre ».
    On peut se poser la question : sur quels critères peut-on juger qu’un roi (ou quiconque) aura été sage ou non ? Voici ce qu’en dit Jérémie : « Que le sage ne se vante pas de sa sagesse, que le vaillant ne se vante pas de sa vaillance, que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Mais qui veut se vanter, qu’il se vante de ceci : avoir de l’intelligence et me connaître, car je suis le SEIGNEUR qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me complaît, oracle du SEIGNEUR ! » (Jr 9, 22-23). Voilà donc les critères de la vraie sagesse : celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice.
    Notre auteur dit quelque chose d’équivalent : « C’est lui (le Très-Haut) qui examinera vos actes… Si vous, les ministres de sa royauté n’avez pas jugé selon le droit, ni respecté la loi, ni agi selon la volonté de Dieu… (sous-entendu « il vous jugera ») » (Sg 6, 3-4). Décidément, où qu’on se tourne dans la Bible, cela revient toujours au même : la seule chose qui nous est demandée, c’est d’agir selon la volonté de Dieu : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’, mais ceux qui font la volonté de mon Père… » et le prophète Michée précise : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR attend de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu (d’autres traductions disent « la vigilance » dans la marche avec ton Dieu) (Mi 6, 8). Toutes les autres lectures de ce trente-deuxième dimanche nous parleront de cette vigilance.

    PSAUME – 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 7-8
    2 Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
    mon âme a soif de toi ;
    après toi languit ma chair,
    terre aride, altérée, sans eau.
    3 Je t’ai contemplé au sanctuaire,
    j’ai vu ta force et ta gloire.
    4 Ton amour vaut mieux que la vie :
    tu seras la louange de mes lèvres !
    5 Toute ma vie je vais te bénir,
    lever les mains en invoquant ton nom.
    6 Comme par un festin je serai rassasié :
    la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
    7 Dans la nuit, je me souviens de toi
    et je reste des heures à te parler.
    8 Oui, tu es venu à mon secours :
    je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

    « Je crie de joie à l’ombre de tes ailes » : c’est beau, mais c’est quand même étonnant ! En fait, il faut se transporter en pensée, à l’intérieur du Temple de Jérusalem (avant sa destruction, bien sûr, en 587 av.J.C. par Nabuchodonosor)… et supposer que nous sommes prêtres ou lévites. Là, dans le lieu le plus sacré, le « Saint des Saints », se trouvait l’Arche d’Alliance : attention, quand nous disons Arche aujourd’hui, nous risquons de penser à une oeuvre architecturale imposante : les Parisiens penseront peut-être à ce qu’ils appellent la Grande Arche de la Défense… Pour Israël, c’est tout autre chose ! Il s’agit de ce qu’ils avaient de plus sacré1 : un petit coffret de bois précieux, recouvert d’or, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui abritait les tables de la Loi. Sur ce coffret, veillaient deux énormes statues de chérubins.
    Les « Chérubins » n’ont pas été inventés par Israël : le mot vient de Mésopotamie. C’étaient des êtres célestes, à corps de lion, et face d’homme, et surtout des ailes immenses. En Mésopotamie, ils étaient honorés comme des divinités… En Israël au contraire, on prend bien soin de montrer qu’ils ne sont que des créatures : ils sont représentés comme des protecteurs de l’Arche, mais leurs ailes déployées sont considérées comme le marchepied du trône de Dieu. Ici, un prêtre en prière dans le Temple, à l’ombre des ailes des chérubins se sent enveloppé de la tendresse de son Dieu depuis l’aube jusqu’à la nuit.2
    Les autres images de ce psaume sont toutes également empruntées au vocabulaire des lévites : « Je t’ai contemplé au sanctuaire » : ils étaient les seuls à pénétrer dans la partie sainte du Temple… « toute ma vie, je vais te bénir » : effectivement toute leur vie était consacrée à la louange de Dieu… « lever les mains en invoquant ton nom » : là nous voyons le lévite en prière, les mains levées… « Comme par un festin je serai rassasié », c’est une allusion à certains sacrifices qui étaient suivis d’un repas de communion pour tous les assistants, et d’autre part, on sait que les lévites recevaient pour leur nourriture une part de la viande des sacrifices… « Dans la nuit, je me souviens de toi, je reste des heures à te parler » : lorsqu’ils étaient de service à Jérusalem, leur vie entière se déroulait dans l’enceinte du Temple.
    En fait, ce psaume est une métaphore : ce lévite, c’est Israël tout entier qui, depuis l’aube de son histoire et jusqu’à la fin des temps, s’émerveille de l’intimité que Dieu lui propose : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi… » Et quand il dit « dès l’aube », il veut dire depuis l’aube des temps : depuis toujours le peuple d’Israël est en quête de son Dieu. « Mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » : en Israël, ces expressions sont très réalistes : la terre désertique, assoiffée, qui n’attend que la pluie pour revivre, c’est une expérience habituelle, très suggestive.
    Depuis l’aube de son histoire, Israël a soif de son Dieu, une soif d’autant plus grande qu’il a expérimenté la présence, l’intimité proposée par Dieu. Et donc, à un deuxième niveau, c’est l’expérience du peuple qui affleure dans ce psaume : par exemple « mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » est certainement une allusion au séjour dans le désert après la sortie d’Egypte et à l’expérience terrible de la soif à Massa et Meriba (Ex 17). La plus belle prière est certainement celle qui jaillit de notre pauvreté spirituelle, comme la plainte du déshydraté : « J’ai soif ».
    « Je t’ai contemplé au sanctuaire » est une allusion aux manifestations de Dieu au Sinaï, le lieu sacré où le peuple a contemplé son Dieu qui lui offrait l’Alliance. « J’ai vu ta force et ta gloire », dans la mémoire d’Israël, cela évoque les prodiges de l’Exode pour libérer son peuple de l’esclavage en Egypte. Tout autant que la formule « Tu es venu à mon secours » : on n’oubliera jamais, de mémoire d’homme, en Israël, cette phrase de Dieu à Moïse : « Oui, vraiment, j’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. » (Ex 3, 7).
    Quand on méditait sur cette libération apportée par Dieu, on comparait parfois celui-ci à un aigle apprenant à ses petits à voler : « Il est comme l’aigle qui encourage sa nichée : il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses ailes. » (Dt 32, 11). En écho on lit dans le livre de l’Exode, au moment de la célébration de l’Alliance : « Tu diras ceci à la maison de Jacob… Vous avez vu vous-mêmes comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai fait arriver jusqu’à moi. » (Ex 19, 4). Si bien que les ailes des chérubins dans le Temple prenaient encore une autre signification. Elles sont les ailes protectrices de celui qui apprend à Israël le chemin de la liberté.
    Toutes ces évocations d’une vie d’Alliance, d’intimité sans ombre sont peut-être la preuve que ce psaume a été écrit dans une période moins lumineuse ! Où l’on a bien besoin de s’accrocher aux souvenirs du passé. Tout n’est pas si rose et les derniers versets (que la liturgie ne nous fait pas chanter), disent fortement, violemment même l’attente de la disparition du mal sur la terre, par exemple : « Ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent aux profondeurs de la terre »… Israël attend la pleine réalisation des promesses de Dieu, les cieux nouveaux, la terre nouvelle, et la délivrance de tout mal et de toute persécution.
    L’expression « je te cherche dès l’aube… mon âme a soif » dit aussi que cette quête n’est pas encore comblée : Israël est le peuple de l’attente, de l’espérance : « Mon âme attend le Seigneur, plus sûrement qu’un veilleur n’attend l’aurore. » (Ps 129/130, 6). Quand Jésus parle de veille, de vigilance dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (qui sera notre évangile de ce trente-deuxième dimanche), c’est à cela qu’il pense : une recherche permanente de Dieu.
    Aujourd’hui à la suite du peuple juif, le peuple chrétien reprend à son compte cette prière, cette soif, cette attente : le psaume 62/63 fait partie de la prière des Heures du dimanche matin de la première semaine. Car dans la liturgie chrétienne, le dimanche, jour de la Résurrection du Christ, est le jour privilégié où nous célébrons la totalité du mystère de l’Alliance de Dieu avec son peuple, depuis l’aube de son histoire, dans l’attente de l’avènement définitif de son Royaume.
    ——————————-
    Note
    L’Arche d’Alliance est perdue depuis l’Exil à Babylone et personne ne sait ce qu’elle est devenue.

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 4, 13-18
    13 Frères,
    nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance
    au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ;
    il ne faut pas que vous soyez abattus
    comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
    14 Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ;
    de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis,
    Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
    15 Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci :
    nous les vivants,
    nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur,
    nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
    16 Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine,
    le Seigneur lui-même descendra du ciel,
    et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord.
    17 Ensuite, nous les vivants,
    nous qui sommes encore là,
    nous serons emportés sur les nuées du ciel,
    en même temps qu’eux,
    à la rencontre du Seigneur.
    Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
    18 Réconfortez-vous donc les uns les autres
    avec ce que je viens de dire.

    On se demande souvent ce que les Chrétiens ont de plus que les autres ; Saint Paul vient de nous donner une réponse : nous avons reçu en cadeau l’espérance ! D’après lui, c’est ce qui nous distingue : « Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance ». Une espérance qui ne repose ni sur des raisonnements, ni sur des convictions, ni sur de quelconques prédictions… mais sur un événement qui est le socle de notre foi : à savoir la Résurrection de Jésus-Christ.
    Dans la première lettre aux Corinthiens, Paul va jusqu’à dire : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14). De deux choses l’une : ou bien Christ est ressuscité ou bien il ne l’est pas. S’il n’est pas ressuscité, alors notre foi est un château de cartes qui ne peut que s’écrouler. « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire… Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Co 15, 17-19). Si c’est cela, nous avons été trompés et l’avenir est bouché.
    Mais, bien sûr, Paul continue, toujours dans cette lettre aux Corinthiens : « Mais non : Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. » (1 Co 15, 20). « Prémices », c’est-à-dire premier-né de l’humanité vivante. Paul fait allusion, ici, à la coutume de l’offrande des prémices dans l’Ancien Testament : lorsqu’on offrait à Dieu la première gerbe de la récolte, ou l’animal premier-né du troupeau, ces offrandes (ces « prémices ») représentaient la totalité de la récolte, l’ensemble du troupeau. De la même manière, Jésus ressuscité est « prémices » de toute l’humanité.
    Et alors nous pouvons contempler ce projet de Dieu : le Dieu vivant a conçu un peuple de vivants ; et c’est pour cela que nous sommes le peuple de l’espérance ; rappelons-nous la discussion de Jésus avec les Sadducéens (Mt 22, 23s) : à l’époque du Christ, la foi en la Résurrection était un progrès tout récent de la théologie juive ; les Pharisiens y croyaient, mais pas encore les Sadducéens : ils donnaient pour argument la complexité des rapports dans l’au-delà pour une femme qui aurait eu sur terre successivement sept maris : « A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme, puisque tous l’ont eue pour femme ? » Jésus leur répond, d’abord, qu’il ne faut pas envisager la Résurrection comme une copie de notre vie sur la terre, la perspective de la mort en moins ; mais surtout, il affirme la Résurrection : « Pour ce qui est de la Résurrection des morts, n’avez-vous pas lu la parole que Dieu vous a dite : ‘Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob’ ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ».
    Cette parole-là lui a permis, à lui, Jésus, le premier, d’affronter la mort. Quand il annonce sa Passion à ses disciples, il annonce toujours en même temps sa Résurrection (Mt 16, 16 par ex) ; cette parole-là doit nous permettre à notre tour d’affronter la vie sans angoisse excessive à la pensée de son terme inéluctable, et d’affronter la mort, le jour venu. Comme dit Paul encore : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu … elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Rm 8, 17-23).
    Cet enfantement, c’est celui du dessein bienveillant de Dieu : s’il y a un moment où nous devons nous souvenir à tout prix que le dessein de Dieu est bienveillant, c’est quand nous envisageons notre mort ; et alors, il ne nous reste plus qu’à nous laisser faire puisque sa volonté est bonne pour nous : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. » (Ep 1, 9-10).
    Ce projet de Dieu, c’est donc un peuple de vivants qui ne font qu’un en Jésus-Christ, comme un seul homme. Au fond, ce qui nous est le plus difficile à imaginer, c’est ce projet d’union : « Réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ ». C’est certainement à cela que Paul pensait lorsqu’il écrivait : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ?… Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rm 8, 35-39).
    Rien ne pourra nous séparer de lui, rien, pas même la mort biologique : c’est pour cela que Paul emploie l’image du sommeil ; quelqu’un qui dort est bien vivant ! Et donc ceux qui nous ont quittés ne seront pas séparés du Christ. Comme dit Paul dans notre texte d’aujourd’hui : « Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Voilà qui devrait nous permettre de nous réconforter mutuellement. Paul lui-même en a eu peut-être parfois besoin puisqu’il dit dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d’un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. » (2 Co 4, 16-17) ; et dans la lettre aux Philippiens : « Notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre à son pouvoir. » (Phi 3, 20-21).
    Pour terminer, imaginons le dernier jour, celui que Jésus appelle « l’avènement du Fils de l’Homme » : le journaliste de service écrira « Ils se sont tous levés comme un seul homme » !

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 1 – 13
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    1 « Le royaume des Cieux sera comparable
    à dix jeunes filles invitées à des noces,
    qui prirent leur lampe
    pour sortir à la rencontre de l’époux.
    2 Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
    et cinq étaient prévoyantes :
    3 les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
    4 tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
    des flacons d’huile.
    5 Comme l’époux tardait,
    elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
    6 Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
    ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
    7 Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
    et se mirent à préparer leur lampe.
    8 Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
    ‘Donnez-nous de votre huile,
    car nos lampes s’éteignent.’
    9 Les prévoyantes leur répondirent :
    ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
    allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
    10 Pendant qu’elles allaient en acheter,
    l’époux arriva.
    Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
    et la porte fut fermée.
    11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
    ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
    12 Il leur répondit :
    ‘Amen, je vous le dis :
    je ne vous connais pas.’
    13 Veillez donc,
    car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

    « Le Royaume des cieux est semblable à dix jeunes filles invitées à des noces … » Cette comparaison très positive avec des noces prouve bien que Jésus n’a pas imaginé cette parabole pour nous inquiéter ; il nous invite à nous transporter déjà au terme du voyage, quand le Royaume sera accompli et il nous dit « Ce sera comme un soir de noce » : d’entrée de jeu, on peut donc déjà déduire que même la dernière parole « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » ne doit pas nous faire peur, ce n’est jamais le but de Jésus. A nous de déchiffrer ce qu’elle veut dire.
    C’est une parabole, c’est-à-dire que c’est la leçon finale qui compte. Ce n’est pas une allégorie, il n’y a donc pas à chercher des correspondances entre chaque détail de l’histoire et des situations ou des personnes concrètes. Enfin, ne nous scandalisons pas de ces prévoyantes qui refusent de partager, ce n’est pas une parabole sur le partage.
    Toutes ces précautions prises, il reste à découvrir ce que peut vouloir dire cette fameuse dernière phrase « Veillez donc ». Pour commencer, reprenons les éléments de la parabole : des noces, une invitation ; dix jeunes filles, cinq d’entre elles sont insouciantes, cinq sont prévoyantes ; les prévoyantes ont de l’huile en réserve, les insouciantes ont pris leur lampe sans emporter d’huile… or il est vrai qu’une lampe à huile sans huile n’est plus une lampe à huile… C’est aussi insensé que de mettre une lampe sous le boisseau : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. » (Mt 5, 15).
    L’époux tarde à venir et tout notre petit monde s’endort, les prévoyantes comme les autres : on peut noter au passage que ce sommeil ne leur est pas reproché, ce qui prouve que le mot de la fin « Veillez » n’interdit pas de dormir, ce qui est pour le moins paradoxal ! L’époux finit quand même par arriver et l’on connaît la suite : les prévoyantes entrent dans la salle de noces, les insouciantes se voient fermer la porte avec cette phrase dont on ne sait pas dire si elle est dure ou attristée « Je ne vous connais pas » leur dit l’époux. Et cette fameuse conclusion : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
    Chose curieuse, Jésus a déjà traité à peu près le même thème dans une autre parabole, celle des deux maisons : l’une est bâtie sur le roc, l’autre sur le sable. « La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé » : l’une des deux a résisté, l’autre s’est écroulée ; jusque-là rien de surprenant, on aurait pu s’en douter ; mais voici que Jésus s’explique : celui qui a bâti sur le roc, c’est « tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique… » ; que sont ces fameuses « paroles qu’il vient de dire » ? Nous sommes au chapitre 7 de Saint Matthieu ; quelques lignes auparavant, on a pu lire : « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur’, qu’on entrera dans le royaume des Cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?’ Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Ecartez-vous de moi, vous qui commettez le mal. » (Mt 7, 21-27).
    Et Jésus continue : « Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique, est comparable à un homme prévoyant* qui a construit sa maison sur le roc… ». Dans la parabole des deux maisons, le lien est donc clair : « Je ne vous connais pas, car vous commettez le mal » ; en d’autres termes, « vous faites de très belles choses (prophéties, miracles…) mais vous n’aimez pas vos frères » ; ici, dans la parabole des dix vierges, cela revient au même : c’est « Je ne vous connais pas, vous n’êtes pas la lumière du monde… vous êtes appelées à l’être, mais il n’y a pas d’huile dans vos lampes ».
    Les deux fois, Jésus emploie cette même formule « Je ne vous connais pas » : ce n’est pas un verdict sans appel, c’est un constat triste : « Je ne vous connais pas encore », « Vous n’êtes pas encore prêts pour le Royaume, vous n’êtes pas prêts pour les noces » ; il faut sans doute l’entendre au sens de « Je ne vous reconnais pas » : vous ne me ressemblez pas, vous n’êtes pas en communion avec moi.
    Le rapprochement avec la parabole des deux maisons peut encore nous éclairer : celle-ci était la conclusion du discours sur la montagne dans lequel Jésus proclamait « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes…Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 43-48).
    « Veiller », c’est donc vivre au jour le jour cette ressemblance avec le Père pour laquelle nous sommes faits : c’est aimer comme lui ; chose impossible, sommes-nous tentés de dire… heureusement cette ressemblance d’amour est cadeau ; comme nous l’ont dit les autres lectures de ce dimanche, il nous suffit de la désirer ; de le chercher, comme dit le psaume « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » ; d’aller à la rencontre de cette Sagesse dont nous parlait la première lecture, celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice. Veiller, en fin de compte, c’est être toujours prêt à le recevoir. Cette rencontre de l’époux se fait non pas au bout du temps, à la fin de l’histoire terrestre de chacun, mais à chaque jour du temps ; c’est à chaque jour du temps qu’il nous modèle à son image.
    —————————–
    *Le mot grec qui a été traduit en français par « prévoyant » est bien le même dans les deux paraboles (Mt 7,24 // Mt 25,2).
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    Compléments
    – Il y a plusieurs manières d’envisager le temps qui passe ; pour un Chrétien, elle ne peut être que positive : c’est le temps qui prépare la venue du Seigneur, « l’avènement du Fils de l’Homme ». Jean-Sébastien Bach a traité ce thème dans un choral intitulé « Le choral du veilleur » et qui est en fait une variation sur la parabole des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes ; il commence par un pas de danse très gai sur un registre un peu haut : vous les avez reconnues, ce sont les jeunes filles insouciantes ; puis, plus bas, intervient gravement la musique du cantique « Adoro te devote » : ce sont les vierges prévoyantes en train de méditer ; enfin au pédalier, s’installe un rythme régulier, appuyé, qui symbolise le temps qui s’écoule.
    – « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » : Personne ne peut remplir ma lampe à ma place. Il y va de ma liberté et de ma responsabilité.


  • Commentaires du dimanche 12 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre de la Sagesse 6, 12 – 16
    12 La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas.
    Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment,
    elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
    13 Elle devance leurs désirs
    en se faisant connaître la première.
    14 Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas :
    il la trouvera assise à sa porte.
    15 Penser à elle est la perfection du discernement,
    et celui qui veille à cause d’elle
    sera bientôt délivré du souci.
    16 Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ;
    au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ;
    dans chacune de leurs pensées,
    elle vient à leur rencontre.

    Avec Aragon, les amoureux chantent « Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ? » : les croyants le chantent encore plus ; la foi est bien l’histoire d’une rencontre. Dans ce texte du livre de la Sagesse, comme dans toute la Bible, il s’agit de la foi d’Israël, de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Car l’auteur du livre de la Sagesse est un croyant ! Je dis « l’auteur » à défaut de pouvoir être plus précise ! On ne sait pas qui il est : une seule chose est sûre : ce livre intitulé « Livre de la sagesse de Salomon » n’est très certainement pas du grand roi Salomon, le fils de David, qui a régné vers 950 av.J.C. Ce Livre a été écrit en grec (et non en hébreu) par un Juif anonyme, à Alexandrie en Egypte, environ cinquante ans seulement, peut-être moins, avant la naissance de Jésus-Christ. Le passage que la liturgie nous offre ici fait partie de tout un ensemble de recommandations aux rois ; évidemment, l’attribution du livre au roi dont la Sagesse était proverbiale donnait toute latitude à l’auteur pour donner des conseils.
    Le chapitre 6 commence par : « Or donc, rois, écoutez et comprenez, laissez-vous instruire, vous dont la juridiction s’étend à toute la terre… C’est à vous, ô princes, que vont mes paroles, afin que vous appreniez la Sagesse et ne trébuchiez pas ». Son discours tient en trois points :
    Premièrement, la Sagesse est la chose la plus précieuse du monde : et là, ce livre au titre trop sérieux recèle des envolées littéraires auxquelles on ne s’attendait pas : « La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas ». Ou encore : « Elle est un effluve de la puissance de Dieu, une pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant… elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu et une image de sa bonté. » (Sg 4, 25-26). Elle est tellement précieuse qu’on la compare à la plus désirable des femmes : « Elle est plus radieuse que le soleil et surpasse toute constellation. Comparée à la lumière, sa supériorité éclate : la nuit succède à la lumière, mais le mal ne prévaut pas sur la Sagesse. » (Sg 7, 29-30). « C’est elle que j’ai aimée et recherchée dès ma jeunesse, j’ai cherché à en faire mon épouse et je suis devenu l’amant de sa beauté. » (Sg 8, 2).
    Deuxièmement, la Sagesse est à notre portée, ou, plus exactement, elle se met à notre portée : « Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment… elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. » Au passage, il faut admirer ce style très balancé que nous trouvons si souvent dans la Bible, en particulier chez les prophètes et dans les psaumes. Mais surtout, il y a dans ces deux phrases parallèles une affirmation fondamentale : c’est qu’il n’y a pas de conditions pour rencontrer Dieu ; pas de conditions d’intelligence, de mérite ou de valeur personnelle… Jésus le redira sous une autre forme : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira… Quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira. » (Mt 7, 7-9).
    Et l’auteur attribue au roi Salomon cette confidence : « J’ai prié et le discernement m’a été donné, j’ai imploré et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. » (Sg 7,7). Il nous suffit de la désirer : la seule condition, évidemment, la chercher, la désirer ardemment : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » dit le psaume. « Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte » ; toujours cette affirmation qu’elle est tout près de nous, et qu’il nous suffit de la chercher… manière aussi de dire que nous sommes libres ; Dieu ne nous force jamais la main.
    Troisièmement, non seulement, elle répond à notre attente, mais elle-même nous recherche, elle nous devance ! Et là, il faut quand même de l’audace… Pourtant, l’auteur le dit en toutes lettres : « Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première »… « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle. » Dieu prend l’initiative de se révéler à l’homme ; car, on l’a deviné, la Sagesse n’est autre que Dieu lui-même inspirant notre conduite. Plus tard, Saint Paul dira de Jésus-Christ qu’il est la Sagesse de Dieu : « Il est Christ, Puissance de Dieu, Sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24 – 30). « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle » : de nous-mêmes, nous ne pourrions pas atteindre Dieu. Et la dignité dont il est question ici, c’est seulement ce désir de Dieu : la seule dignité qui nous est demandée, c’est d’avoir un coeur qui cherche Dieu. Serait-ce cela la « robe des noces » de la parabole ?
    Et voilà pourquoi il peut y avoir rencontre, Alliance : on sait bien que, pour qu’il y ait vraiment rencontre intime entre deux êtres, il faut que les deux le désirent ; et c’est ce que nous dit le passage d’aujourd’hui : Dieu est à la recherche de l’homme ; il faut et il suffit que l’homme soit à la recherche de Dieu : « Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre ».
    On peut se poser la question : sur quels critères peut-on juger qu’un roi (ou quiconque) aura été sage ou non ? Voici ce qu’en dit Jérémie : « Que le sage ne se vante pas de sa sagesse, que le vaillant ne se vante pas de sa vaillance, que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Mais qui veut se vanter, qu’il se vante de ceci : avoir de l’intelligence et me connaître, car je suis le SEIGNEUR qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me complaît, oracle du SEIGNEUR ! » (Jr 9, 22-23). Voilà donc les critères de la vraie sagesse : celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice.
    Notre auteur dit quelque chose d’équivalent : « C’est lui (le Très-Haut) qui examinera vos actes… Si vous, les ministres de sa royauté n’avez pas jugé selon le droit, ni respecté la loi, ni agi selon la volonté de Dieu… (sous-entendu « il vous jugera ») » (Sg 6, 3-4). Décidément, où qu’on se tourne dans la Bible, cela revient toujours au même : la seule chose qui nous est demandée, c’est d’agir selon la volonté de Dieu : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’, mais ceux qui font la volonté de mon Père… » et le prophète Michée précise : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR attend de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu (d’autres traductions disent « la vigilance » dans la marche avec ton Dieu) (Mi 6, 8). Toutes les autres lectures de ce trente-deuxième dimanche nous parleront de cette vigilance.

    PSAUME – 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 7-8
    2 Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
    mon âme a soif de toi ;
    après toi languit ma chair,
    terre aride, altérée, sans eau.
    3 Je t’ai contemplé au sanctuaire,
    j’ai vu ta force et ta gloire.
    4 Ton amour vaut mieux que la vie :
    tu seras la louange de mes lèvres !
    5 Toute ma vie je vais te bénir,
    lever les mains en invoquant ton nom.
    6 Comme par un festin je serai rassasié :
    la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
    7 Dans la nuit, je me souviens de toi
    et je reste des heures à te parler.
    8 Oui, tu es venu à mon secours :
    je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

    « Je crie de joie à l’ombre de tes ailes » : c’est beau, mais c’est quand même étonnant ! En fait, il faut se transporter en pensée, à l’intérieur du Temple de Jérusalem (avant sa destruction, bien sûr, en 587 av.J.C. par Nabuchodonosor)… et supposer que nous sommes prêtres ou lévites. Là, dans le lieu le plus sacré, le « Saint des Saints », se trouvait l’Arche d’Alliance : attention, quand nous disons Arche aujourd’hui, nous risquons de penser à une oeuvre architecturale imposante : les Parisiens penseront peut-être à ce qu’ils appellent la Grande Arche de la Défense… Pour Israël, c’est tout autre chose ! Il s’agit de ce qu’ils avaient de plus sacré1 : un petit coffret de bois précieux, recouvert d’or, à l’intérieur comme à l’extérieur, qui abritait les tables de la Loi. Sur ce coffret, veillaient deux énormes statues de chérubins.
    Les « Chérubins » n’ont pas été inventés par Israël : le mot vient de Mésopotamie. C’étaient des êtres célestes, à corps de lion, et face d’homme, et surtout des ailes immenses. En Mésopotamie, ils étaient honorés comme des divinités… En Israël au contraire, on prend bien soin de montrer qu’ils ne sont que des créatures : ils sont représentés comme des protecteurs de l’Arche, mais leurs ailes déployées sont considérées comme le marchepied du trône de Dieu. Ici, un prêtre en prière dans le Temple, à l’ombre des ailes des chérubins se sent enveloppé de la tendresse de son Dieu depuis l’aube jusqu’à la nuit.2
    Les autres images de ce psaume sont toutes également empruntées au vocabulaire des lévites : « Je t’ai contemplé au sanctuaire » : ils étaient les seuls à pénétrer dans la partie sainte du Temple… « toute ma vie, je vais te bénir » : effectivement toute leur vie était consacrée à la louange de Dieu… « lever les mains en invoquant ton nom » : là nous voyons le lévite en prière, les mains levées… « Comme par un festin je serai rassasié », c’est une allusion à certains sacrifices qui étaient suivis d’un repas de communion pour tous les assistants, et d’autre part, on sait que les lévites recevaient pour leur nourriture une part de la viande des sacrifices… « Dans la nuit, je me souviens de toi, je reste des heures à te parler » : lorsqu’ils étaient de service à Jérusalem, leur vie entière se déroulait dans l’enceinte du Temple.
    En fait, ce psaume est une métaphore : ce lévite, c’est Israël tout entier qui, depuis l’aube de son histoire et jusqu’à la fin des temps, s’émerveille de l’intimité que Dieu lui propose : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi… » Et quand il dit « dès l’aube », il veut dire depuis l’aube des temps : depuis toujours le peuple d’Israël est en quête de son Dieu. « Mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » : en Israël, ces expressions sont très réalistes : la terre désertique, assoiffée, qui n’attend que la pluie pour revivre, c’est une expérience habituelle, très suggestive.
    Depuis l’aube de son histoire, Israël a soif de son Dieu, une soif d’autant plus grande qu’il a expérimenté la présence, l’intimité proposée par Dieu. Et donc, à un deuxième niveau, c’est l’expérience du peuple qui affleure dans ce psaume : par exemple « mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau » est certainement une allusion au séjour dans le désert après la sortie d’Egypte et à l’expérience terrible de la soif à Massa et Meriba (Ex 17). La plus belle prière est certainement celle qui jaillit de notre pauvreté spirituelle, comme la plainte du déshydraté : « J’ai soif ».
    « Je t’ai contemplé au sanctuaire » est une allusion aux manifestations de Dieu au Sinaï, le lieu sacré où le peuple a contemplé son Dieu qui lui offrait l’Alliance. « J’ai vu ta force et ta gloire », dans la mémoire d’Israël, cela évoque les prodiges de l’Exode pour libérer son peuple de l’esclavage en Egypte. Tout autant que la formule « Tu es venu à mon secours » : on n’oubliera jamais, de mémoire d’homme, en Israël, cette phrase de Dieu à Moïse : « Oui, vraiment, j’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. » (Ex 3, 7).
    Quand on méditait sur cette libération apportée par Dieu, on comparait parfois celui-ci à un aigle apprenant à ses petits à voler : « Il est comme l’aigle qui encourage sa nichée : il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses ailes. » (Dt 32, 11). En écho on lit dans le livre de l’Exode, au moment de la célébration de l’Alliance : « Tu diras ceci à la maison de Jacob… Vous avez vu vous-mêmes comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai fait arriver jusqu’à moi. » (Ex 19, 4). Si bien que les ailes des chérubins dans le Temple prenaient encore une autre signification. Elles sont les ailes protectrices de celui qui apprend à Israël le chemin de la liberté.
    Toutes ces évocations d’une vie d’Alliance, d’intimité sans ombre sont peut-être la preuve que ce psaume a été écrit dans une période moins lumineuse ! Où l’on a bien besoin de s’accrocher aux souvenirs du passé. Tout n’est pas si rose et les derniers versets (que la liturgie ne nous fait pas chanter), disent fortement, violemment même l’attente de la disparition du mal sur la terre, par exemple : « Ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent aux profondeurs de la terre »… Israël attend la pleine réalisation des promesses de Dieu, les cieux nouveaux, la terre nouvelle, et la délivrance de tout mal et de toute persécution.
    L’expression « je te cherche dès l’aube… mon âme a soif » dit aussi que cette quête n’est pas encore comblée : Israël est le peuple de l’attente, de l’espérance : « Mon âme attend le Seigneur, plus sûrement qu’un veilleur n’attend l’aurore. » (Ps 129/130, 6). Quand Jésus parle de veille, de vigilance dans la parabole des vierges sages et des vierges folles (qui sera notre évangile de ce trente-deuxième dimanche), c’est à cela qu’il pense : une recherche permanente de Dieu.
    Aujourd’hui à la suite du peuple juif, le peuple chrétien reprend à son compte cette prière, cette soif, cette attente : le psaume 62/63 fait partie de la prière des Heures du dimanche matin de la première semaine. Car dans la liturgie chrétienne, le dimanche, jour de la Résurrection du Christ, est le jour privilégié où nous célébrons la totalité du mystère de l’Alliance de Dieu avec son peuple, depuis l’aube de son histoire, dans l’attente de l’avènement définitif de son Royaume.
    ——————————-
    Note
    L’Arche d’Alliance est perdue depuis l’Exil à Babylone et personne ne sait ce qu’elle est devenue.

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 4, 13-18
    13 Frères,
    nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance
    au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ;
    il ne faut pas que vous soyez abattus
    comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
    14 Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ;
    de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis,
    Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
    15 Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci :
    nous les vivants,
    nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur,
    nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
    16 Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine,
    le Seigneur lui-même descendra du ciel,
    et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord.
    17 Ensuite, nous les vivants,
    nous qui sommes encore là,
    nous serons emportés sur les nuées du ciel,
    en même temps qu’eux,
    à la rencontre du Seigneur.
    Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
    18 Réconfortez-vous donc les uns les autres
    avec ce que je viens de dire.

    On se demande souvent ce que les Chrétiens ont de plus que les autres ; Saint Paul vient de nous donner une réponse : nous avons reçu en cadeau l’espérance ! D’après lui, c’est ce qui nous distingue : « Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance ». Une espérance qui ne repose ni sur des raisonnements, ni sur des convictions, ni sur de quelconques prédictions… mais sur un événement qui est le socle de notre foi : à savoir la Résurrection de Jésus-Christ.
    Dans la première lettre aux Corinthiens, Paul va jusqu’à dire : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14). De deux choses l’une : ou bien Christ est ressuscité ou bien il ne l’est pas. S’il n’est pas ressuscité, alors notre foi est un château de cartes qui ne peut que s’écrouler. « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire… Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Co 15, 17-19). Si c’est cela, nous avons été trompés et l’avenir est bouché.
    Mais, bien sûr, Paul continue, toujours dans cette lettre aux Corinthiens : « Mais non : Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. » (1 Co 15, 20). « Prémices », c’est-à-dire premier-né de l’humanité vivante. Paul fait allusion, ici, à la coutume de l’offrande des prémices dans l’Ancien Testament : lorsqu’on offrait à Dieu la première gerbe de la récolte, ou l’animal premier-né du troupeau, ces offrandes (ces « prémices ») représentaient la totalité de la récolte, l’ensemble du troupeau. De la même manière, Jésus ressuscité est « prémices » de toute l’humanité.
    Et alors nous pouvons contempler ce projet de Dieu : le Dieu vivant a conçu un peuple de vivants ; et c’est pour cela que nous sommes le peuple de l’espérance ; rappelons-nous la discussion de Jésus avec les Sadducéens (Mt 22, 23s) : à l’époque du Christ, la foi en la Résurrection était un progrès tout récent de la théologie juive ; les Pharisiens y croyaient, mais pas encore les Sadducéens : ils donnaient pour argument la complexité des rapports dans l’au-delà pour une femme qui aurait eu sur terre successivement sept maris : « A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme, puisque tous l’ont eue pour femme ? » Jésus leur répond, d’abord, qu’il ne faut pas envisager la Résurrection comme une copie de notre vie sur la terre, la perspective de la mort en moins ; mais surtout, il affirme la Résurrection : « Pour ce qui est de la Résurrection des morts, n’avez-vous pas lu la parole que Dieu vous a dite : ‘Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob’ ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ».
    Cette parole-là lui a permis, à lui, Jésus, le premier, d’affronter la mort. Quand il annonce sa Passion à ses disciples, il annonce toujours en même temps sa Résurrection (Mt 16, 16 par ex) ; cette parole-là doit nous permettre à notre tour d’affronter la vie sans angoisse excessive à la pensée de son terme inéluctable, et d’affronter la mort, le jour venu. Comme dit Paul encore : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la Création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu … elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Rm 8, 17-23).
    Cet enfantement, c’est celui du dessein bienveillant de Dieu : s’il y a un moment où nous devons nous souvenir à tout prix que le dessein de Dieu est bienveillant, c’est quand nous envisageons notre mort ; et alors, il ne nous reste plus qu’à nous laisser faire puisque sa volonté est bonne pour nous : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. » (Ep 1, 9-10).
    Ce projet de Dieu, c’est donc un peuple de vivants qui ne font qu’un en Jésus-Christ, comme un seul homme. Au fond, ce qui nous est le plus difficile à imaginer, c’est ce projet d’union : « Réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ ». C’est certainement à cela que Paul pensait lorsqu’il écrivait : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ?… Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rm 8, 35-39).
    Rien ne pourra nous séparer de lui, rien, pas même la mort biologique : c’est pour cela que Paul emploie l’image du sommeil ; quelqu’un qui dort est bien vivant ! Et donc ceux qui nous ont quittés ne seront pas séparés du Christ. Comme dit Paul dans notre texte d’aujourd’hui : « Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Voilà qui devrait nous permettre de nous réconforter mutuellement. Paul lui-même en a eu peut-être parfois besoin puisqu’il dit dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d’un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. » (2 Co 4, 16-17) ; et dans la lettre aux Philippiens : « Notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre à son pouvoir. » (Phi 3, 20-21).
    Pour terminer, imaginons le dernier jour, celui que Jésus appelle « l’avènement du Fils de l’Homme » : le journaliste de service écrira « Ils se sont tous levés comme un seul homme » !

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 1 – 13
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    1 « Le royaume des Cieux sera comparable
    à dix jeunes filles invitées à des noces,
    qui prirent leur lampe
    pour sortir à la rencontre de l’époux.
    2 Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
    et cinq étaient prévoyantes :
    3 les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
    4 tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
    des flacons d’huile.
    5 Comme l’époux tardait,
    elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
    6 Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
    ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
    7 Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
    et se mirent à préparer leur lampe.
    8 Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
    ‘Donnez-nous de votre huile,
    car nos lampes s’éteignent.’
    9 Les prévoyantes leur répondirent :
    ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
    allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
    10 Pendant qu’elles allaient en acheter,
    l’époux arriva.
    Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
    et la porte fut fermée.
    11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
    ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
    12 Il leur répondit :
    ‘Amen, je vous le dis :
    je ne vous connais pas.’
    13 Veillez donc,
    car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

    « Le Royaume des cieux est semblable à dix jeunes filles invitées à des noces … » Cette comparaison très positive avec des noces prouve bien que Jésus n’a pas imaginé cette parabole pour nous inquiéter ; il nous invite à nous transporter déjà au terme du voyage, quand le Royaume sera accompli et il nous dit « Ce sera comme un soir de noce » : d’entrée de jeu, on peut donc déjà déduire que même la dernière parole « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » ne doit pas nous faire peur, ce n’est jamais le but de Jésus. A nous de déchiffrer ce qu’elle veut dire.
    C’est une parabole, c’est-à-dire que c’est la leçon finale qui compte. Ce n’est pas une allégorie, il n’y a donc pas à chercher des correspondances entre chaque détail de l’histoire et des situations ou des personnes concrètes. Enfin, ne nous scandalisons pas de ces prévoyantes qui refusent de partager, ce n’est pas une parabole sur le partage.
    Toutes ces précautions prises, il reste à découvrir ce que peut vouloir dire cette fameuse dernière phrase « Veillez donc ». Pour commencer, reprenons les éléments de la parabole : des noces, une invitation ; dix jeunes filles, cinq d’entre elles sont insouciantes, cinq sont prévoyantes ; les prévoyantes ont de l’huile en réserve, les insouciantes ont pris leur lampe sans emporter d’huile… or il est vrai qu’une lampe à huile sans huile n’est plus une lampe à huile… C’est aussi insensé que de mettre une lampe sous le boisseau : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. » (Mt 5, 15).
    L’époux tarde à venir et tout notre petit monde s’endort, les prévoyantes comme les autres : on peut noter au passage que ce sommeil ne leur est pas reproché, ce qui prouve que le mot de la fin « Veillez » n’interdit pas de dormir, ce qui est pour le moins paradoxal ! L’époux finit quand même par arriver et l’on connaît la suite : les prévoyantes entrent dans la salle de noces, les insouciantes se voient fermer la porte avec cette phrase dont on ne sait pas dire si elle est dure ou attristée « Je ne vous connais pas » leur dit l’époux. Et cette fameuse conclusion : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
    Chose curieuse, Jésus a déjà traité à peu près le même thème dans une autre parabole, celle des deux maisons : l’une est bâtie sur le roc, l’autre sur le sable. « La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé » : l’une des deux a résisté, l’autre s’est écroulée ; jusque-là rien de surprenant, on aurait pu s’en douter ; mais voici que Jésus s’explique : celui qui a bâti sur le roc, c’est « tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique… » ; que sont ces fameuses « paroles qu’il vient de dire » ? Nous sommes au chapitre 7 de Saint Matthieu ; quelques lignes auparavant, on a pu lire : « Ce n’est pas en me disant ‘Seigneur, Seigneur’, qu’on entrera dans le royaume des Cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?’ Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Ecartez-vous de moi, vous qui commettez le mal. » (Mt 7, 21-27).
    Et Jésus continue : « Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique, est comparable à un homme prévoyant* qui a construit sa maison sur le roc… ». Dans la parabole des deux maisons, le lien est donc clair : « Je ne vous connais pas, car vous commettez le mal » ; en d’autres termes, « vous faites de très belles choses (prophéties, miracles…) mais vous n’aimez pas vos frères » ; ici, dans la parabole des dix vierges, cela revient au même : c’est « Je ne vous connais pas, vous n’êtes pas la lumière du monde… vous êtes appelées à l’être, mais il n’y a pas d’huile dans vos lampes ».
    Les deux fois, Jésus emploie cette même formule « Je ne vous connais pas » : ce n’est pas un verdict sans appel, c’est un constat triste : « Je ne vous connais pas encore », « Vous n’êtes pas encore prêts pour le Royaume, vous n’êtes pas prêts pour les noces » ; il faut sans doute l’entendre au sens de « Je ne vous reconnais pas » : vous ne me ressemblez pas, vous n’êtes pas en communion avec moi.
    Le rapprochement avec la parabole des deux maisons peut encore nous éclairer : celle-ci était la conclusion du discours sur la montagne dans lequel Jésus proclamait « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes…Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 43-48).
    « Veiller », c’est donc vivre au jour le jour cette ressemblance avec le Père pour laquelle nous sommes faits : c’est aimer comme lui ; chose impossible, sommes-nous tentés de dire… heureusement cette ressemblance d’amour est cadeau ; comme nous l’ont dit les autres lectures de ce dimanche, il nous suffit de la désirer ; de le chercher, comme dit le psaume « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube » ; d’aller à la rencontre de cette Sagesse dont nous parlait la première lecture, celle qui se traduit par la bonté, le droit, la justice. Veiller, en fin de compte, c’est être toujours prêt à le recevoir. Cette rencontre de l’époux se fait non pas au bout du temps, à la fin de l’histoire terrestre de chacun, mais à chaque jour du temps ; c’est à chaque jour du temps qu’il nous modèle à son image.
    —————————–
    *Le mot grec qui a été traduit en français par « prévoyant » est bien le même dans les deux paraboles (Mt 7,24 // Mt 25,2).
    —————————–
    Compléments
    – Il y a plusieurs manières d’envisager le temps qui passe ; pour un Chrétien, elle ne peut être que positive : c’est le temps qui prépare la venue du Seigneur, « l’avènement du Fils de l’Homme ». Jean-Sébastien Bach a traité ce thème dans un choral intitulé « Le choral du veilleur » et qui est en fait une variation sur la parabole des jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes ; il commence par un pas de danse très gai sur un registre un peu haut : vous les avez reconnues, ce sont les jeunes filles insouciantes ; puis, plus bas, intervient gravement la musique du cantique « Adoro te devote » : ce sont les vierges prévoyantes en train de méditer ; enfin au pédalier, s’installe un rythme régulier, appuyé, qui symbolise le temps qui s’écoule.
    – « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » : Personne ne peut remplir ma lampe à ma place. Il y va de ma liberté et de ma responsabilité.


  • Homélie du dimanche 12 novembre

    Dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du Livre de la Sagesse : 6. 12 à 16 : »Elle se laisse aisément contempler. »
    Psaume 62 : « Comme par un festin, je serai rassasié. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes.4. 13 à 18 : »Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 1 à 13 : »Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui. »
    ***
    Les lectures dominicales de ce mois de novembre sont toutes orientées vers notre rencontre de Dieu par le Christ Jésus et par la responsabilité qui est la nôtre dans cette démarche en vue de participer à la vie du Royaume, au jour où il viendra nous y appeler à le rejoindre.
    UNE ATTENTE
    Dans la parabole des dix jeunes filles, Jésus nous propose une réflexion sur la vigilance qui doit être l’attitude spirituelle fondamentale de tout croyant qui se prépare au banquet des noces éternelles. Dieu peut nous sembler lointain, si lointain même parfois, qu’il nous paraît absent.
    Si la réalité de cette présence peut nous paraître irréelle en effet, ou du moins irréalisable, elle n’en reste pas moins réelle et réalisable. Tout priant, tous ceux qui oeuvrent pour la justice et pour la paix, tous ceux en qui brûle le feu d’un amour offert aux autres et à Dieu, tous ceux-là irriguent la terre et rejoignent le Christ en sa sainteté. Ils le rejoignent parce qu’unis à l’offrande de sa vie, ils participent ainsi au salut du monde et à la Résurrection du Seigneur.
    UNE ATTENTE VIGILANTE
    Elle ne peut être une attente angoissée ou fiévreuse. Pour en saisir toute la richesse, il nous faut apprendre à maîtriser nos impressions qui sont faites de crainte vis-à-vis de Dieu. Le message évangélique ne doit pas générer en nous l’idée d’une catastrophe finale au seuil de la vie éternelle qui nous est offerte. Nous savons qu’il est amour, tendresse et miséricorde.
    Cette perspective devient source de notre joie, au travers des contradictions nées de nos faiblesses et de nos fautes, car il nous invite à une toute autre attitude. Partant de l’exemple tout simple et de bon sens du devoir de prévoyance dans les affaires matérielles, Jésus nous montre bien que l’angoisse et l’affolement sont le propre des insensées, des imprévoyantes qui sont surprises et désemparées devant l’événement. Celles qui surent prévoir, se sont aussi endormies, non dans l’insouciance, mais dans la paix et la sérénité. L’assurance de n’être pas prises au dépourvu leur donne le calme au moment du réveil.
    UNE ATTENTE D’AMOUR
    Nous vivons déjà en lui, par lui et avec lui les activités quotidiennes de notre vie humaine et spirituelle. La préparation de la rencontre dernière et définitive est d’un autre ordre que l’acquisition d’assurances, puisqu’elle est dictée par une attente d’amour, de fête et de joie à venir. L’important est d’être prêt. Nous avons donné à notre vie une orientation qui corresponde à l’Evangile. Attendre avec nos lampes allumées, cela veut dire : vivre une authentique relation à Dieu en le servant chaque jour, en l’accueillant dans le service de nos frères.
    D’autres que nous, en vivant pleinement leur vocation d’homme, vivent aussi l’Evangile sans le savoir, sans en avoir conscience, sans avoir reçu la grâce de la lumière. « Rappelle-toi, Seigneur qui cherchent avec droiture… ceux dont toi seul connais la foi. » Le Fils de l’Homme reconnaîtra comme siens ceux qui l’ont servi à travers leurs frères (Evangile du dimanche 21 novembre).
    UNE ATTENTE FIDELE
    Ce service quotidien n’implique donc pas la peur puisqu’il est fait d’une fidélité à notre vocation, telle que Dieu nous demande de la réaliser. La vigilance, c’est de prendre en compte ce que nous sommes et d’en assumer les responsabilités. On ne prépare le ciel qu’en étant attentif à ce que nous avons à vivre sur la terre.
    Ceux qui sont passés à côté du prochain sur le chemin de Jéricho à Jérusalem, qui est la Cité de Dieu (Luc 10. 33) , sont ainsi passés à côté de Dieu sans le reconnaître et sans l’accueillir malgré toutes ses invitations. Ils n’ont pas partagé, dans leurs attitudes, l’essentiel de l’attitude de Dieu à l’égard de leurs frères.
    Si nous l’avons partagée, nous devenons icône du Christ « qui a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la Bonne Nouvelle du salut, aux captifs la délivrance, aux affligés la joie. »(prière eucharistique n°4)
    Nous y trouverons la paix intérieure et la joie, accueillant le Maître à son retour, sans avoir laissé s’éteindre la flamme de l’amour. Le Père nous introduira en sa demeure, reconnaissant en nous l’icône de son Fils.
    ***
    « A nous qui sommes tes enfants, accorde l’héritage de la vie éternelle, où nous pourrons, avec la création toute entière, enfin libérée du péché et de la mort, te glorifier par le Christ notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien. » (prière eucharistique n°4)
    « Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave ni d’esprit ni de corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté. » (Prière d’ouverture de ce dimanche)

     


  • Homélie du dimanche 12 novembre

    Dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du Livre de la Sagesse : 6. 12 à 16 : »Elle se laisse aisément contempler. »
    Psaume 62 : « Comme par un festin, je serai rassasié. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes.4. 13 à 18 : »Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 1 à 13 : »Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui. »
    ***
    Les lectures dominicales de ce mois de novembre sont toutes orientées vers notre rencontre de Dieu par le Christ Jésus et par la responsabilité qui est la nôtre dans cette démarche en vue de participer à la vie du Royaume, au jour où il viendra nous y appeler à le rejoindre.
    UNE ATTENTE
    Dans la parabole des dix jeunes filles, Jésus nous propose une réflexion sur la vigilance qui doit être l’attitude spirituelle fondamentale de tout croyant qui se prépare au banquet des noces éternelles. Dieu peut nous sembler lointain, si lointain même parfois, qu’il nous paraît absent.
    Si la réalité de cette présence peut nous paraître irréelle en effet, ou du moins irréalisable, elle n’en reste pas moins réelle et réalisable. Tout priant, tous ceux qui oeuvrent pour la justice et pour la paix, tous ceux en qui brûle le feu d’un amour offert aux autres et à Dieu, tous ceux-là irriguent la terre et rejoignent le Christ en sa sainteté. Ils le rejoignent parce qu’unis à l’offrande de sa vie, ils participent ainsi au salut du monde et à la Résurrection du Seigneur.
    UNE ATTENTE VIGILANTE
    Elle ne peut être une attente angoissée ou fiévreuse. Pour en saisir toute la richesse, il nous faut apprendre à maîtriser nos impressions qui sont faites de crainte vis-à-vis de Dieu. Le message évangélique ne doit pas générer en nous l’idée d’une catastrophe finale au seuil de la vie éternelle qui nous est offerte. Nous savons qu’il est amour, tendresse et miséricorde.
    Cette perspective devient source de notre joie, au travers des contradictions nées de nos faiblesses et de nos fautes, car il nous invite à une toute autre attitude. Partant de l’exemple tout simple et de bon sens du devoir de prévoyance dans les affaires matérielles, Jésus nous montre bien que l’angoisse et l’affolement sont le propre des insensées, des imprévoyantes qui sont surprises et désemparées devant l’événement. Celles qui surent prévoir, se sont aussi endormies, non dans l’insouciance, mais dans la paix et la sérénité. L’assurance de n’être pas prises au dépourvu leur donne le calme au moment du réveil.
    UNE ATTENTE D’AMOUR
    Nous vivons déjà en lui, par lui et avec lui les activités quotidiennes de notre vie humaine et spirituelle. La préparation de la rencontre dernière et définitive est d’un autre ordre que l’acquisition d’assurances, puisqu’elle est dictée par une attente d’amour, de fête et de joie à venir. L’important est d’être prêt. Nous avons donné à notre vie une orientation qui corresponde à l’Evangile. Attendre avec nos lampes allumées, cela veut dire : vivre une authentique relation à Dieu en le servant chaque jour, en l’accueillant dans le service de nos frères.
    D’autres que nous, en vivant pleinement leur vocation d’homme, vivent aussi l’Evangile sans le savoir, sans en avoir conscience, sans avoir reçu la grâce de la lumière. « Rappelle-toi, Seigneur qui cherchent avec droiture… ceux dont toi seul connais la foi. » Le Fils de l’Homme reconnaîtra comme siens ceux qui l’ont servi à travers leurs frères (Evangile du dimanche 21 novembre).
    UNE ATTENTE FIDELE
    Ce service quotidien n’implique donc pas la peur puisqu’il est fait d’une fidélité à notre vocation, telle que Dieu nous demande de la réaliser. La vigilance, c’est de prendre en compte ce que nous sommes et d’en assumer les responsabilités. On ne prépare le ciel qu’en étant attentif à ce que nous avons à vivre sur la terre.
    Ceux qui sont passés à côté du prochain sur le chemin de Jéricho à Jérusalem, qui est la Cité de Dieu (Luc 10. 33) , sont ainsi passés à côté de Dieu sans le reconnaître et sans l’accueillir malgré toutes ses invitations. Ils n’ont pas partagé, dans leurs attitudes, l’essentiel de l’attitude de Dieu à l’égard de leurs frères.
    Si nous l’avons partagée, nous devenons icône du Christ « qui a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la Bonne Nouvelle du salut, aux captifs la délivrance, aux affligés la joie. »(prière eucharistique n°4)
    Nous y trouverons la paix intérieure et la joie, accueillant le Maître à son retour, sans avoir laissé s’éteindre la flamme de l’amour. Le Père nous introduira en sa demeure, reconnaissant en nous l’icône de son Fils.
    ***
    « A nous qui sommes tes enfants, accorde l’héritage de la vie éternelle, où nous pourrons, avec la création toute entière, enfin libérée du péché et de la mort, te glorifier par le Christ notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien. » (prière eucharistique n°4)
    « Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave ni d’esprit ni de corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté. » (Prière d’ouverture de ce dimanche)

     


  • Homélie du dimanche 12 novembre

    Dimanche 12 novembre 2017
    32éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du Livre de la Sagesse : 6. 12 à 16 : »Elle se laisse aisément contempler. »
    Psaume 62 : « Comme par un festin, je serai rassasié. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes.4. 13 à 18 : »Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 1 à 13 : »Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui. »
    ***
    Les lectures dominicales de ce mois de novembre sont toutes orientées vers notre rencontre de Dieu par le Christ Jésus et par la responsabilité qui est la nôtre dans cette démarche en vue de participer à la vie du Royaume, au jour où il viendra nous y appeler à le rejoindre.
    UNE ATTENTE
    Dans la parabole des dix jeunes filles, Jésus nous propose une réflexion sur la vigilance qui doit être l’attitude spirituelle fondamentale de tout croyant qui se prépare au banquet des noces éternelles. Dieu peut nous sembler lointain, si lointain même parfois, qu’il nous paraît absent.
    Si la réalité de cette présence peut nous paraître irréelle en effet, ou du moins irréalisable, elle n’en reste pas moins réelle et réalisable. Tout priant, tous ceux qui oeuvrent pour la justice et pour la paix, tous ceux en qui brûle le feu d’un amour offert aux autres et à Dieu, tous ceux-là irriguent la terre et rejoignent le Christ en sa sainteté. Ils le rejoignent parce qu’unis à l’offrande de sa vie, ils participent ainsi au salut du monde et à la Résurrection du Seigneur.
    UNE ATTENTE VIGILANTE
    Elle ne peut être une attente angoissée ou fiévreuse. Pour en saisir toute la richesse, il nous faut apprendre à maîtriser nos impressions qui sont faites de crainte vis-à-vis de Dieu. Le message évangélique ne doit pas générer en nous l’idée d’une catastrophe finale au seuil de la vie éternelle qui nous est offerte. Nous savons qu’il est amour, tendresse et miséricorde.
    Cette perspective devient source de notre joie, au travers des contradictions nées de nos faiblesses et de nos fautes, car il nous invite à une toute autre attitude. Partant de l’exemple tout simple et de bon sens du devoir de prévoyance dans les affaires matérielles, Jésus nous montre bien que l’angoisse et l’affolement sont le propre des insensées, des imprévoyantes qui sont surprises et désemparées devant l’événement. Celles qui surent prévoir, se sont aussi endormies, non dans l’insouciance, mais dans la paix et la sérénité. L’assurance de n’être pas prises au dépourvu leur donne le calme au moment du réveil.
    UNE ATTENTE D’AMOUR
    Nous vivons déjà en lui, par lui et avec lui les activités quotidiennes de notre vie humaine et spirituelle. La préparation de la rencontre dernière et définitive est d’un autre ordre que l’acquisition d’assurances, puisqu’elle est dictée par une attente d’amour, de fête et de joie à venir. L’important est d’être prêt. Nous avons donné à notre vie une orientation qui corresponde à l’Evangile. Attendre avec nos lampes allumées, cela veut dire : vivre une authentique relation à Dieu en le servant chaque jour, en l’accueillant dans le service de nos frères.
    D’autres que nous, en vivant pleinement leur vocation d’homme, vivent aussi l’Evangile sans le savoir, sans en avoir conscience, sans avoir reçu la grâce de la lumière. « Rappelle-toi, Seigneur qui cherchent avec droiture… ceux dont toi seul connais la foi. » Le Fils de l’Homme reconnaîtra comme siens ceux qui l’ont servi à travers leurs frères (Evangile du dimanche 21 novembre).
    UNE ATTENTE FIDELE
    Ce service quotidien n’implique donc pas la peur puisqu’il est fait d’une fidélité à notre vocation, telle que Dieu nous demande de la réaliser. La vigilance, c’est de prendre en compte ce que nous sommes et d’en assumer les responsabilités. On ne prépare le ciel qu’en étant attentif à ce que nous avons à vivre sur la terre.
    Ceux qui sont passés à côté du prochain sur le chemin de Jéricho à Jérusalem, qui est la Cité de Dieu (Luc 10. 33) , sont ainsi passés à côté de Dieu sans le reconnaître et sans l’accueillir malgré toutes ses invitations. Ils n’ont pas partagé, dans leurs attitudes, l’essentiel de l’attitude de Dieu à l’égard de leurs frères.
    Si nous l’avons partagée, nous devenons icône du Christ « qui a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la Bonne Nouvelle du salut, aux captifs la délivrance, aux affligés la joie. »(prière eucharistique n°4)
    Nous y trouverons la paix intérieure et la joie, accueillant le Maître à son retour, sans avoir laissé s’éteindre la flamme de l’amour. Le Père nous introduira en sa demeure, reconnaissant en nous l’icône de son Fils.
    ***
    « A nous qui sommes tes enfants, accorde l’héritage de la vie éternelle, où nous pourrons, avec la création toute entière, enfin libérée du péché et de la mort, te glorifier par le Christ notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien. » (prière eucharistique n°4)
    « Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave ni d’esprit ni de corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté. » (Prière d’ouverture de ce dimanche)

     


  • Le vêtement

    « L'habit ne fait pas le moine ». Voilà un proverbe qui éclaire bien des textes bibliques. Avez-vous remarqué que dans la Bible on se déguise souvent ?

    Dans la Genèse, Jacob se revêt des vêtements de son jumeau Ésaü et il se met sur les bras la toison de chevreaux pour paraître aussi velu que son frère. Son vieux père Isaac, qui n'y voit plus, tâte ces poils postiches, sent l'odeur des habits d'Ésaü et s'imagine que c'est bien Ésaü qui est devant lui. Il donne alors sa bénédiction à Jacob en pensant bénir Ésaü. C'est le vêtement qui trompe.

    Je voudrais mentionner un épisode où le mouvement est inverse : un personnage fameux, David, enlève ses habits royaux qu'il porte pourtant à juste titre. Quand David monte enfin sur le trône d'Israël, il décide de faire venir à Jérusalem l'arche d'alliance, ce coffre qui contient les tables de la Loi et qui est le support visible de la présence invisible de Dieu. Or, quand l'arche arrive dans la ville, David qui est en grand apparat, quitte tous ses vêtements, et, vêtu seulement d'un pagne de lin, il danse devant l'arche. Apparemment l'habit ne fait pas le roi. Sans costume de cérémonie, David est toujours autant roi. Sa royauté est plus profonde que tous les signes extérieurs parce qu'elle lui vient de Dieu.

    Quand on enlève à Jésus ses vêtements pour le crucifier, c'est bien sûr un geste violent qui cherche à l'humilier, à le déposséder de tout. Pourtant la tradition chrétienne s'est plu à voir dans ce Christ sans vêtement le roi glorieux, revêtu de l'amour du Père. Cet amour, voilà le vêtement dont parle la Bible depuis le commencement ; un vêtement qui ne trompe jamais et qui enveloppe de gloire même les corps les plus abandonnés.


dimanche 5 novembre 2017

  • Homélie de Mgr Georges Pontier, dimanche 5 novembre

    Comme chaque année, la messe qui a lieu lors de l’Assemblée plénière des évêques, est filmée dans le cadre de l’émission du Jour du Seigneur. Retrouvez ici le texte de l’homélie prononcée ce dimanche 5 novembre par Mgr Georges Pontier.
    Chers Frères et Sœurs, chers téléspectateurs,
    Les propos de Jésus adressés aux foules et à ses disciples sont rudes. Ils sont accusateurs à l’égard des scribes et des pharisiens qui enseignent dans la chaire de Moïse : « Ils disent et ne font pas. » Ils enseignent et ne mettent pas en pratique. « Faites et observez ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas d’après leurs actes car ils disent et ne font pas ! » Nous autres évêques qui sommes réunis à Lourdes, nous avons envie de nous faire tout petits en entendant cela. Nous sommes chargés d’enseigner et il nous arrive de ne pas vivre toujours ce que nous enseignons. Jésus a le don de mettre à jour les contradictions, les inconséquences, les orgueils déplacés.
    Pour guérir de cela Jésus invite à l’humilité, à la confiance, au service. Il cherche la guérison de nos cœurs et le salut de nos âmes. Nous sommes tous à des moments ou à d’autres en responsabilité. Les enfants savent faire remarquer à leurs parents les failles dans leurs comportements et les jeunes ne s’en privent pas face à leurs éducateurs. Nous sommes tous tentés de nous faire des donneurs de leçons ou pire de faire peser sur les autres des charges qu’ils ne peuvent pas porter. Nous ne sommes pas chargés d’alourdir la marche des autres, mais de les accompagner avec d’autant plus de bienveillance, de patience et de délicatesse que la route se fait dure pour eux. L’humilité dans les propos comme dans les postures est une bonne compagne. Elle évite cette recherche vaine du désir de se faire remarquer ou de celui de se prendre pour le sauveur des hommes. Les titres ou les costumes ne contribuent pas toujours à demeurer dans l’attitude humble du serviteur.
    Il nous est bon une fois encore de contempler le Christ Jésus. Il est le fils de Dieu fait homme et pourtant il se fait semblable à nous en toute chose à l’exception du péché. Il est venu montrer le chemin du serviteur et lave les pieds de ses disciples. Il appelle à la confiance en Dieu et à l’amour des ennemis et voilà qu’il s’abandonne au Père et implore le pardon. Sa manière d’être et de vivre ont confirmé ses paroles. C’est en voyant sa façon de mourir que le centurion romain proclame : « Vraiment cet homme était fils de Dieu. » Oui, Lui qui s’est abaissé, il a été élevé. Élevé sur la Croix, élevé jusqu’auprès de son Père.
    Nous voilà remis en ce jour devant l’authenticité de notre parole de chrétiens en ce monde d’aujourd’hui. Elle ne peut pas être enfermée dans la proclamation de slogans ou la seule dénonciation de dérives diverses. Elle ne sera recevable que si elle est donnée à travers des témoignages de vie, des choix faits effectivement au nom du Christ et de l’Évangile. Sans cesse nous devons nous demander si nos vies concrètes ne démentent pas ce que nous annonçons. Je pense en particulier au choix de cette sobriété de vie dont parle souvent le Pape François ou encore à nos actes en faveur de l’accueil des enfants handicapés, des vieillards, des étrangers.
    Au fond chers Amis, rappelons-nous ce que dit encore Jésus dans ce passage : « Vous êtes tous frères. Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel ». Il a souvent repris cet enseignement qui nous libère de l’orgueil et du désespoir, de la violence et du chacun pour soi.
    Puissions-nous vivre les uns pour les autres, dans l’humilité, la confiance et le service.
    + Mgr Georges Pontier
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France

    Dans les coulisses de la messe télévisée

    Assemblée plénière : dans les coulisses de la messe télévisée from tv.catholique.fr on Vimeo.
    La messe télévisée du "Jour du Seigneur" est une institution.
    Retransmise en direct sur France 2 depuis plus de 60 ans, elle est diffusée chaque dimanche, dans une paroisse différente, pour rendre compte des différents lieux et traditions de l’Eglise catholique en France. Certains dispositifs exceptionnels, nécessitent des moyens logistiques importants. C’est le cas de la messe de Lourdes, en novembre, avec les évêques de France réunis en assemblée plénière.
    Deux jours d’installation, de préparation et de répétitions sont nécessaires pour la préparer.


  • Homélie de Mgr Georges Pontier, dimanche 5 novembre

    Comme chaque année, la messe qui a lieu lors de l’Assemblée plénière des évêques, est filmée dans le cadre de l’émission du Jour du Seigneur. Retrouvez ici le texte de l’homélie prononcée ce dimanche 5 novembre par Mgr Georges Pontier.
    Chers Frères et Sœurs, chers téléspectateurs,
    Les propos de Jésus adressés aux foules et à ses disciples sont rudes. Ils sont accusateurs à l’égard des scribes et des pharisiens qui enseignent dans la chaire de Moïse : « Ils disent et ne font pas. » Ils enseignent et ne mettent pas en pratique. « Faites et observez ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas d’après leurs actes car ils disent et ne font pas ! » Nous autres évêques qui sommes réunis à Lourdes, nous avons envie de nous faire tout petits en entendant cela. Nous sommes chargés d’enseigner et il nous arrive de ne pas vivre toujours ce que nous enseignons. Jésus a le don de mettre à jour les contradictions, les inconséquences, les orgueils déplacés.
    Pour guérir de cela Jésus invite à l’humilité, à la confiance, au service. Il cherche la guérison de nos cœurs et le salut de nos âmes. Nous sommes tous à des moments ou à d’autres en responsabilité. Les enfants savent faire remarquer à leurs parents les failles dans leurs comportements et les jeunes ne s’en privent pas face à leurs éducateurs. Nous sommes tous tentés de nous faire des donneurs de leçons ou pire de faire peser sur les autres des charges qu’ils ne peuvent pas porter. Nous ne sommes pas chargés d’alourdir la marche des autres, mais de les accompagner avec d’autant plus de bienveillance, de patience et de délicatesse que la route se fait dure pour eux. L’humilité dans les propos comme dans les postures est une bonne compagne. Elle évite cette recherche vaine du désir de se faire remarquer ou de celui de se prendre pour le sauveur des hommes. Les titres ou les costumes ne contribuent pas toujours à demeurer dans l’attitude humble du serviteur.
    Il nous est bon une fois encore de contempler le Christ Jésus. Il est le fils de Dieu fait homme et pourtant il se fait semblable à nous en toute chose à l’exception du péché. Il est venu montrer le chemin du serviteur et lave les pieds de ses disciples. Il appelle à la confiance en Dieu et à l’amour des ennemis et voilà qu’il s’abandonne au Père et implore le pardon. Sa manière d’être et de vivre ont confirmé ses paroles. C’est en voyant sa façon de mourir que le centurion romain proclame : « Vraiment cet homme était fils de Dieu. » Oui, Lui qui s’est abaissé, il a été élevé. Élevé sur la Croix, élevé jusqu’auprès de son Père.
    Nous voilà remis en ce jour devant l’authenticité de notre parole de chrétiens en ce monde d’aujourd’hui. Elle ne peut pas être enfermée dans la proclamation de slogans ou la seule dénonciation de dérives diverses. Elle ne sera recevable que si elle est donnée à travers des témoignages de vie, des choix faits effectivement au nom du Christ et de l’Évangile. Sans cesse nous devons nous demander si nos vies concrètes ne démentent pas ce que nous annonçons. Je pense en particulier au choix de cette sobriété de vie dont parle souvent le Pape François ou encore à nos actes en faveur de l’accueil des enfants handicapés, des vieillards, des étrangers.
    Au fond chers Amis, rappelons-nous ce que dit encore Jésus dans ce passage : « Vous êtes tous frères. Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel ». Il a souvent repris cet enseignement qui nous libère de l’orgueil et du désespoir, de la violence et du chacun pour soi.
    Puissions-nous vivre les uns pour les autres, dans l’humilité, la confiance et le service.
    + Mgr Georges Pontier
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France

    Dans les coulisses de la messe télévisée

    Assemblée plénière : dans les coulisses de la messe télévisée from tv.catholique.fr on Vimeo.
    La messe télévisée du "Jour du Seigneur" est une institution.
    Retransmise en direct sur France 2 depuis plus de 60 ans, elle est diffusée chaque dimanche, dans une paroisse différente, pour rendre compte des différents lieux et traditions de l’Eglise catholique en France. Certains dispositifs exceptionnels, nécessitent des moyens logistiques importants. C’est le cas de la messe de Lourdes, en novembre, avec les évêques de France réunis en assemblée plénière.
    Deux jours d’installation, de préparation et de répétitions sont nécessaires pour la préparer.


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