Sur le Web, ces 30 derniers jours

mardi 21 novembre 2017

  • Nouveau site internet pour les soeurs Spiritaines
    https://spiritaines.org/ Le Site de la Congrégation des sœurs Spiritaines fait peau neuve. Vous pourrez ainsi mieux les découvrir, connaître leurs Missions, les soutenir, leurs confier vos intentions de prière ou les contacter si vous le souhaitez. En passant par un moteur de recherche : Soeurs (...)

  • L'exposition 'Contemplations' est visible jusqu'au 7 janvier à la chapelle St-Sauveur à St-Malo

    On ne peut qu'encourager nos contemporains à visiter cette exposition extraordinaire qui met à hauteur de notre regard, 26 chefs-d'œuvre des XVIe au XVIIIe siècle. Sept d'entre eux sont d'ailleurs issus de nos églises diocésaines et une toile, représentant Saint Yves entre le riche et le pauvre, est propriété de l'évêché de Saint-Brieuc et Tréguier.

    'Contemplations', tel est le titre de cette exposition organisée par les services de la DRAC mais j'aurais envie de dire plutôt 'contemplatio' comme le 4e temps de la lectio divina, car c'est bel et bien ce que nous sommes invités à vivre grâce à ces toiles qui ouvrent notre esprit, notre cœur et notre âme à l'influence de Dieu.

    Sept toiles représentent Jésus enfant et vous serez surpris par la diversité des propositions faites par ces peintres de la contre-réforme. Plusieurs montrent la nativité, dont la très belle toile de Plounez qui avait fait l'objet d'une émission de radio sur RCF dans « Joie de Croire » en décembre 2016. D'autres œuvres sont plus étonnantes et rares comme cette toile venue de l'église du Vieux-Bourg de Pléhérel représentant l'enfant Jésus avec Joseph servi par les anges. Ou encore ce tableau de l'adoration du Sacré-Cœur par quatre beaux anges agenouillés aux visages d'une douceur infinie.

    Deux autres m'ont également marquées comme « La résurrection » de Nicolas Bertin ou « La Pentecôte » de Nicolas de Plattemontagne.

    Dans toutes ces toiles vous pourrez admirer le travail de la lumière qui resplendit, qui illumine et qui sont chemins vers Dieu. La 'contemplatio', cela consiste à écouter Dieu nous parler. C'est une libération de ses propres pensées, à la fois quotidiennes et saintes. Prenez le temps d'oublier l'heure, regardez, admirez, ouvrez votre esprit et votre cœur et profitez de cette opportunité qui vous est offerte pour 4€ de vous retrouver dans une peinture, dans une œuvre d'art sacré.

    Voir en ligne : Informations pratiques

  • A l'occasion de l'entrée en vigueur de la...
    A l'occasion de l'entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père, la CEF édite un ouvrage collectif, La prière du Notre Père, un regard renouvelé (1), pour aider les fidèles à se réapproprier cette prière. Le 3 décembre, premier dimanche de l'Avent, l'entrée en vigueur dans la liturgie publique (...)

  • Eglise en périphérie 5/6 : " J'étais en prison et vous m'avez visité... "
    Au cœur de l'Yonne, la congrégation des Sœurs de Jeanne Delanoue a répondu à l'appel d'une congrégation dont la communauté devait fermer. En accord avec l'évêque du diocèse de Sens-Auxerre, elle l'a remplacée dans sa mission, en particulier auprès du centre de détention de Joux la Ville. Trois religieuses (...)

lundi 20 novembre 2017

  • Messe des familles du 19 novembre à Sévignac
    Dimanche 19 novembre, messe dans le relais de Sévignac. « Notre trésor est d'avoir rencontré le Christ. Et nous passons notre vie à le faire fructifier » - Paroisse de Broons

  • Le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) fête ses 30 ans

    À l’occasion de la rencontre nationale, à Lyon, des délégués à l’œcuménisme des Églises chrétiennes de France, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) fêtera ses trente ans lors d’une veillée de louange le 22 novembre, animée par le groupe Glorious, en présence du cardinal Barbarin et de deux des trois co-présidents du CÉCEF : le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (président en exercice du CÉCEF) et  Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France .
    Créé en 1987, le CÉCEF est un lieu d’écoute mutuelle, d’initiatives, de dialogue entre les responsables d’Églises chrétiennes en France.
    Lieu d’écoute mutuelle, le CÉCEF permet de partager les évènements et les projets des Églises.
    Lieu d’initiatives, il promeut l’unité des chrétiens, soutenant les rencontres œcuméniques, notamment la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier chaque année.
    Lieu de dialogue, il examine des questions sociétales, notamment à travers la revue Unité des chrétiens et encourage des actions, comme le label « Église verte ».


  • Commentaires du dimanche 26 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 26 novembre 2017
    Fête du Christ-Roi

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre du prophète Ezekiel 34, 11 – 12. 15 – 17
    11 Ainsi parle le SEIGNEUR Dieu.
    Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis,
    et je veillerai sur elles.
    12 Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau
    quand elles sont dispersées,
    ainsi je veillerai sur mes brebis,
    et j’irai les délivrer dans tous les endroits
    où elles ont été dispersées
    un jour de nuages et de sombres nuées.
    15 C’est moi qui ferai paître mon troupeau,
    et c’est moi qui le ferai reposer,
    – oracle du SEIGNEUR Dieu !
    16 La brebis perdue, je la chercherai ;
    l’égarée, je la ramènerai.
    Celle qui est blessée, je la panserai.
    Celle qui est malade, je lui rendrai des forces.
    Celle qui est grasse et vigoureuse,
    je la garderai, je la ferai paître selon le droit.
    17 Et toi, mon troupeau,
    – ainsi parle le SEIGNEUR Dieu,
    voici que je vais juger entre brebis et brebis,
    entre les béliers et les boucs.

    UN TROUPEAU A LA DEBANDADE
    Imaginez un troupeau de brebis en transhumance et une épaisse nappe de brouillard qui s’abat tout d’un coup sur les prés. Si le berger n’est pas attentif, ce qui était un troupeau n’en sera bientôt plus un : les brebis mal guidées vont se perdre l’une après l’autre, elles seront bientôt toutes dispersées sur la montagne.
    C’est l’image qui vient à l’esprit du prophète Ezékiel à propos du peuple d’Israël au moment de l’Exil à Babylone. On est en pleine tentation de découragement, on risque de penser que le peuple de Dieu n’est plus le peuple de Dieu, et même plus un peuple du tout. Va-t-il être rayé de la carte ?
    Mais notre prophète est un prophète, justement. Et donc il sait que Dieu est fidèle à son Alliance, que Dieu n’abandonne jamais son peuple, son troupeau. « C’est moi qui ferai paître mon troupeau » dit Dieu.
    La première grande annonce de ce texte, la Bonne Nouvelle, est là : « Vous êtes encore le troupeau de Dieu ». Car il reste fidèle à son Alliance en toutes circonstances.
    « J’IRAI MOI-MEME A LA RECHERCHE DE MES BREBIS » DIT DIEU
    Deuxième Bonne Nouvelle qui en découle aussitôt : Dieu va vous rassembler et vous ramener sur votre pâturage : « Je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. » Ezékiel ne vise pas ici la venue du Messie. Une promesse d’avenir très lointain, reportée à la fin du monde, n’aurait dynamisé personne ; il pense d’abord à l’avenir proche, il annonce la fin de l’Exil à Babylone et le retour au pays. Pour quand cette promesse ? Ezékiel ne le dit pas, il ne sait pas le dire de manière précise ; mais il sait que cela arrivera sûrement. « Votre pâturage », c’est Jérusalem, bien sûr, et la Terre Promise ; « les endroits où elles ont été dispersées », c’est Babylone, loin du pâturage natal.
    Suit cette évocation magnifique de la sollicitude du berger : « La brebis perdue, je la chercherai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la ferai paître avec justice ».
    C’est la Troisième Bonne Nouvelle de ce texte, une promesse de bonheur : Dieu va veiller lui-même sur ses brebis à l’avenir. Il se fera lui-même leur berger. Ce qui implique à la fois sollicitude et fermeté : un berger sérieux, digne de ce nom, doit déployer ces deux qualités : c’est avec le même bâton, son bâton de marcheur, qu’il guide et rassemble les brebis qui ont du mal à suivre, mais aussi qu’il éloigne les indésirables, qu’il sépare les brebis des boucs… et qu’il chasse les bêtes sauvages qui menacent le troupeau (1).
    Quand Ezékiel présente Dieu comme le bon berger dont rêve le peuple, il y a une pointe contre les rois qui ont régné sur Israël jusqu’à l’Exil à Babylone. Normalement, en Israël, à cause de l’Alliance, c’est Dieu lui-même et lui seul qui est le roi de son peuple ; et les rois de la terre ne sont là que pour faire régner la justice de Dieu. Dès le début de la royauté, avec le premier roi, Saül, puis avec David, les prophètes rappellent au roi sa mission : une mission de service uniquement. Et pour exercer cette mission, le roi reçoit l’onction d’huile, qui est le signe que désormais il est inspiré directement par Dieu lui-même ; on dit que l’esprit de Dieu fond sur lui.
    Malheureusement, le roi reste libre, bien sûr, de ne pas écouter l’inspiration divine : les rois ne se sont pas privés de cette liberté, malgré toutes leurs belles promesses. Ils ont oublié qu’il n’étaient que les lieu-tenants de Dieu (au sens étymologique de ce mot « tenant lieu »)… Les uns après les autres, ils ont failli à leur mission. Au lieu de veiller sur leur troupeau, ils se sont préoccupés d’eux-mêmes, de leur richesse, de leurs honneurs, de leur grandeur ; et au lieu de faire régner la justice dans le pays, ils ont laissé s’installer l’injustice au profit de l’opulence des uns, au risque de la misère des autres. Les brebis ont presque toutes été dispersées « un jour de de nuages et de sombres nuées. » Et ce jour d’obscurité semble ne jamais devoir finir. Le peuple a-t-il encore un avenir ?
    En Exil à Babylone, on a tout loisir pour méditer sur le passé et sur les fautes des rois successifs, des mauvais bergers d’Israël, sans quoi on n’en serait pas là.
    LE MESSIE, QUAND IL VIENDRA, SERA COMME UN BON BERGER
    Ce qui est surprenant ici, c’est que quand Ezékiel écrit, il n’y a plus de roi (le dernier roi est mort en exil) ; alors Ezékiel explique : Dieu a jugé les mauvais rois, il leur a enlevé la charge du troupeau ; et c’est lui-même, désormais, qui va reprendre la direction des opérations : « C’est moi qui ferai paître mon troupeau ». Bien sûr, le peuple aura encore besoin de gouvernants, mais désormais ils se comporteront en serviteurs, Dieu veillera à ce qu’ils soient de bons bergers.
    Soyons francs, le vrai roi – bon berger annoncé ici par Ezékiel – n’est pas venu plus après qu’avant ; alors, parce que là-bas, on avait la foi, on a continué d’espérer ; un jour, sûrement, il viendra, ce roi idéal, celui qu’on appelle le Messie, qui doit siéger sur le trône de David ; depuis cette promesse d’Ezékiel, on l’imagine sous les traits d’un berger portant sur ses épaules la brebis malade.
    ————————–
    Compléments Ez 34
    1- Par exemple, écoutez David raconter son expérience de berger au roi Saül, il lui dit : « J’étais berger chez mon père. S’il venait un lion, et même un ours, pour enlever une brebis du troupeau, je partais à sa poursuite, je le frappais et la lui arrachais de la gueule. Quand il m’attaquait, je le saisissais par les poils et je le frappais à mort » (1 S 17, 34-35). Et il continue « Tu vois, j’ai su frapper des lions et des ours, je ferai bien mon affaire du géant Goliath ». Dans son idée, un chef de guerre doit avoir les mêmes qualités qu’un berger.
    On dit même que, primitivement, le sceptre des rois était un bâton de berger. Vers 1750 av.J.C., le fameux roi de Babylone, Hamourabi se comparait déjà à un berger et disait « Je suis le berger qui sauve et dont le sceptre est juste ».
    2- Espérons que, du haut du ciel, Samuel a le triomphe modeste ! Il aurait beau jeu de dire « Je vous l’avais bien dit » ; quand les Anciens d’Israël étaient venus le trouver pour lui demander de leur nommer un roi, puisque les peuples voisins avaient chacun le leur, Samuel les avait bien prévenus ; Ah, vous voulez un roi, moi, je vais vous dire ce qui vous attend ; et il leur avait dressé un portrait peu engageant : « Voici comment gouvernera le roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils pour les affecter à ses chars et à sa cavalerie et ils courront devant son char. Il les prendra pour s’en faire des chefs de millier et des chefs de cinquantaine, pour labourer son labour, pour moissonner sa moisson, pour fabriquer ses armes et ses harnais. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs. Il les prendra et les donnera à ses serviteurs. Il lèvera la dîme sur vos grains et sur vos vignes et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, les meilleurs de vos jeunes gens et vos ânes pour les mettre à son service. Il lèvera la dîme sur vos troupeaux. Vous-mêmes enfin, vous deviendrez ses esclaves. Ce jour-là, vous crierez à cause de ce roi que vous vous serez choisi… » (1 S 8, 11-18). On est loin de l’idéal du berger, mais tout près de la réalité.
    Samuel était donc très réticent à l’idée de donner un roi au peuple d’Israël (et l’avenir lui a donné largement raison !)

    PSAUME – 22 ( 23 )
    1 Le SEIGNEUR est mon berger :
    je ne manque de rien.
    2 Sur des prés d’herbe fraîche,
    il me fait reposer.
    Il me mène vers les eaux tranquilles
    3 et me fait revivre ;
    il me conduit par le juste chemin
    pour l’honneur de son nom.
    4 Si je traverse les ravins de la mort,
    je ne crains aucun mal,
    car tu es avec moi,
    ton bâton me guide et me rassure.
    5 Tu prépares la table pour moi
    devant mes ennemis ;
    tu répands le parfum sur ma tête,
    ma coupe est débordante.
    6 Grâce et bonheur m’accompagnent
    tous les jours de ma vie ;
    j’habiterai la maison du SEIGNEUR
    pour la durée de mes jours.

    On croirait que le compositeur du psaume 22/23 était un paroissien d’Ezékiel ! Un paroissien qui a bien compris le sermon avant d’écrire ce chant de la brebis à son berger… ou plus exactement du troupeau à son berger. Parce que, comme toujours, celui qui parle dans ce psaume, c’est le peuple d’Israël tout entier. Israël qui se reconnaît comme le peuple de Dieu, le troupeau de Dieu.
    DIEU, LE BERGER DE SON PEUPLE
    Aujourd’hui, nous ne trouvons peut-être pas très flatteur le terme de troupeau ! Mais il faut nous replacer dans le contexte biblique : à l’époque le troupeau était peut-être la seule richesse ; il n’y a qu’à voir comment le livre de Job décrit l’opulence puis la déchéance de son héros. Cela se chiffre en nombre d’enfants, d’abord, en nombre de bêtes tout de suite après. « Il était une fois, au pays de Ouç, un homme appelé Job. Cet homme, intègre et droit, craignait Dieu et s’écartait du mal. Sept fils et trois filles lui étaient nés. Il avait un troupeau de sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents ânesses, et il possédait un grand nombre de serviteurs. Cet homme était le plus riche de tous les fils de l’Orient. » Et quand on vient annoncer à Job tous les malheurs qui s’abattent sur lui, cela concerne ses enfants et ses troupeaux. Déjà d’Abraham on disait : « Abraham était extrêmement riche en troupeaux, en argent et en or. » (Gn 13,2).
    Mais alors, si les troupeaux sont considérés comme une richesse, nous pouvons oser penser que Dieu nous considère comme une de ses richesses. Ce qui est quand même une belle audace sur le plan théologique ! En écho, le livre des Proverbes dit que la Sagesse de Dieu « trouve ses délices avec les fils des hommes » (Pr 8, 31).
    Pour revenir à notre psaume d’aujourd’hui, il décline l’amour de Dieu pour son peuple dans le vocabulaire du berger : « Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles… » Le verbe « mener » est ce qui caractérise le mieux un berger digne de ce nom. A plusieurs reprises, Ezékiel, pendant l’Exil à Babylone, se plaint des bergers d’Israël (entendez les rois), qui, justement, n’ont pas « mené » le peuple, parce qu’ils étaient avant tout préoccupés de leur intérêt personnel.
    Par exemple : « Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ?… Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages (entendez les nations étrangères, et en particulier Babylone). Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche. » (Ez 34, 2. 5-6). Quand le prophète parle de dispersion, il vise toutes les infidélités à l’Alliance, toutes les idolâtries, tous les cultes qui se sont instaurés partout dans le pays pourtant consacré au Dieu unique ; ce sont autant de fausses pistes qui ont entraîné le malheur actuel du peuple.
    Dans le psaume, la phrase « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son Nom » vise exactement la même chose : en langage biblique, le « chemin » signifie toujours la vie dans l’Alliance avec le Dieu unique, c’est-à-dire l’abandon résolu de toute idolâtrie ; or l’histoire montre que ce n’est jamais gagné et qu’à toute époque l’idolâtrie a été le combat incessant de tous les prophètes ; soit-dit en passant, ils auraient peut-être tout autant à faire aujourd’hui ; une idole, ce n’est pas uniquement une statue de bois ou de plâtre… c’est tout ce qui risque d’accaparer nos pensées au point d’entamer notre liberté. Que ce soit une personne, un bien convoité, ou une idée, Dieu veut nous en délivrer, non pas pour faire de nous ses esclaves, mais pour faire de nous des hommes libres ; c’est cela « l’honneur de son Nom » (verset 3) : le Dieu libérateur veut l’homme libre.
    Pour libérer définitivement l’humanité de toutes ces fausses pistes, Dieu a envoyé son Fils ; et désormais, les Chrétiens ont en tête la phrase de Jésus dans l’évangile de Jean : « Je suis le Bon Pasteur, je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10). Il donne sa vie, au sens vrai du terme. Si bien que nous pouvons chanter à notre tour : « Toi, Seigneur, tu es mon berger…Tu es avec moi, ta croix (ton bâton) me guide et me rassure. »
    LE PSAUME 22 DEVENU FETE DU BAPTEME
    Au début de l’Eglise, ce psaume était devenu naturellement le psaume spécial de la liturgie du Baptême ; les baptisés (je parle au pluriel parce que les baptêmes étaient toujours célébrés communautairement) émergeant de la cuve baptismale, partaient en procession vers le lieu de la Confirmation et de l’Eucharistie. Et l’évocation des eaux tranquilles, vivifiantes, (pour le Baptême), de la table et de la coupe (pour l’Eucharistie), du parfum (pour la Confirmation) nous rappelle évidemment cette triple liturgie. « Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre… Tu prépares la table pour moi… Ma coupe est débordante… tu répands le parfum sur ma tête… »
    Désormais, « grâce et bonheur accompagnent » le baptisé puisque, comme le Christ nous l’a promis, il est avec nous « tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15, 20-26. 28
    Frères,
    20 le Christ est ressuscité d’entre les morts,
    lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
    21 Car, la mort étant venue par un homme,
    c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
    22 En effet, de même que tous les hommes
    meurent en Adam,
    de même c’est dans le Christ
    que tous recevront la vie,
    23 mais chacun à son rang :
    en premier, le Christ,
    et ensuite, lors du retour du Christ,
    ceux qui lui appartiennent.
    24 Alors, tout sera achevé,
    quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père,
    après avoir anéanti, parmi les êtres célestes,
    toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
    25 Car c’est lui qui doit régner
    jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
    26 Et le dernier ennemi qui sera anéanti,
    c’est la mort.
    28 Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils,
    lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père
    qui lui aura tout soumis,
    et ainsi, Dieu sera tout en tous.

    LES FORCES DU MAL NE L’EMPORTERONT PAS
    Le Ressuscité est apparu un jour à Saül de Tarse en route vers Damas ; ce jour-là, la Royauté du Christ s’est imposée à lui comme une évidence ! Désormais, cette certitude habitera toutes ses paroles, toutes ses pensées. Car, pour lui, il n’y avait plus de doute possible : Jésus-Christ, vainqueur de la mort, l’est également de toutes les forces du mal.
    Et la conviction de Paul, sa foi (qui est donc aussi la nôtre), c’est que le Royaume du Christ grandit irrésistiblement jusqu’à ce que tout soit « achevé », c’est le mot qu’il emploie ici ; « Tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu le Père… » Toute l’histoire de l’humanité s’inscrit dans cette perspective : perspective exaltante pour les croyants qui constatent au jour le jour la victoire de l’amour et du pardon sur la haine, de la vie sur la mort.
    La mort exemplaire et la Résurrection du Christ étaient aux yeux des apôtres le plus beau signe que ce Royaume était en train de naître ; que les forces du mal ne l’emporteront pas, comme l’a dit Jésus à Pierre, qu’elles sont déjà vaincues, comme il l’a dit encore, c’est dans l’évangile de Jean, cette fois : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » (Jn 16, 33).
    Il nous reste à choisir notre camp, si j’ose dire : être du côté du Christ, faire avancer le projet… ou non. Et là Paul oppose deux attitudes, celle d’Adam, celle du Christ. C’est un parallèle que Paul développe souvent, mais cela reste probablement pour nous le passage le plus difficile de ce texte ; en fait, Paul reprend ici un thème extrêmement familier aux lecteurs de l’Ancien Testament, celui du choix indispensable, ce qu’on appelait le thème des deux voies (voie au sens de comportement).
    IMITER ADAM OU IMITER JESUS-CHRIST ?
    Depuis que Paul a rencontré le Christ, tout s’éclaire pour lui. Il sait en quoi consiste le choix : nous conduire à la manière d’Adam ou nous conduire à la manière de Jésus-Christ. Adam, c’est celui qui tourne le dos à Dieu, qui se méfie de Dieu ; le Christ, c’est celui qui fait confiance jusqu’au bout. Quand nous nous conduisons à la manière d’Adam, nous allons vers la mort (spirituelle) ; quand nous nous conduisons à la manière du Christ nous allons vers la Vie. Rappelons-nous en quoi consiste la manière d’Adam : ce que la Bible affirme au sujet d’Adam, c’est qu’il a contrecarré le projet de Dieu ; vous connaissez le récit de la chute (aux chapitres 2 et 3 du livre de la Genèse) : Dieu « fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ; avant la faute, l’arbre de vie n’est pas interdit, il est à la disposition de l’homme ; mais celui-ci est prévenu qu’il ne doit pas manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; sinon il connaîtra la mort.
    Effectivement, après la faute, l’accès à l’arbre de vie lui est fermé. Mal conseillé par le serpent qui le poussait à soupçonner le projet de Dieu, Adam a mangé le fruit de l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux et il a connu le malheur et la mort.
    LA MORT APRES LA FAUTE
    De quelle mort s’agit-il après la faute ? Peut-être le mystère de l’Assomption de Marie peut-il nous aider à entrevoir un peu le projet de Dieu quand l’homme ne l’entrave pas. Marie est pleinement humaine, mais elle n’a jamais agi à la manière d’Adam ; elle connaît le destin que tout homme aurait dû connaître s’il n’y avait pas eu la chute ; or elle a connu, comme tout homme, toute femme, le vieillissement ; et un jour, elle a quitté la vie terrestre, elle a quitté ce monde, tel que nous le connaissons ; elle s’est endormie pour entrer dans un autre mode de vie auprès de Dieu. On parle de la « Dormition » de la Vierge.
    Pour nous, frères d’Adam, il ne s’agit pas seulement de « dormition » comme la Vierge, mais de mort ; Saint Paul dit bien ici, dans sa lettre aux Corinthiens : « la mort est venue par un homme… C’est en Adam que meurent tous les hommes. » Dans la lettre aux Romains, il dit : « Par un seul homme le péché (on pourrait dire le soupçon) est entré dans le monde, et par le péché la mort… » (Rm 5, 12).
    On peut donc affirmer deux choses : Premièrement, notre corps n’a jamais été programmé pour durer tel quel éternellement sur cette terre, et nous pouvons en avoir une idée en regardant Marie ; elle, la toute pure, pleine de grâce, s’est endormie.
    Deuxièmement, Adam a contrecarré le projet de Dieu et la transformation corporelle que nous aurions dû connaître, la « dormition » est devenue mort, avec son cortège de souffrance et de laideur. La mort, telle que nous la connaissons, si douloureusement, est entrée dans le monde par le fait de l’humanité elle-même.
    Mais là où nous avons introduit les forces de mort, Dieu peut redonner la vie ; Jésus a été tué par la haine des hommes, mais Dieu l’a ressuscité ; lui, le premier ressuscité, il nous fait entrer dans la vraie vie, celle où règne l’amour. Il a accepté de subir le pouvoir de haine et de mort des hommes et il ne leur a opposé que douceur et pardon ; là où la faute a abondé, son amour a surabondé, comme dit Paul. Par lui, désormais, Dieu donne à l’humanité tout entière son Esprit d’amour… C’est cela que Jésus est venu faire parmi nous ; il est venu nous rendre la vie et nous apprendre à la donner : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10). Car nous sommes faits pour la vie.
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    Compléments à 1 Co 15
    Le vocabulaire de Paul est nettement moins imagé que celui d’Ezékiel ou du psaume 22/23, qui sont nos deux premières lectures de ce dimanche, mais le thème est le même. Ezékiel (dans la première lecture) parle de Dieu et nous dit : « Dieu est avec l’homme comme un berger qui mène ses brebis vers les meilleurs pâturages. » Dans le psaume 22/23, c’est la brebis (entendez le peuple d’Israël) qui parle de son berger et s’émerveille de sa sollicitude : « Il me mène vers les eaux tranquilles… Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ».
    Dans ces deux textes (celui d’Ezékiel et le psaume), l’image du berger était une manière de parler de la royauté, et on ne perdait pas de vue que Dieu seul est véritablement le roi d’Israël. Paul, lui, qui a eu la chance, l’honneur de rencontrer le Christ ressuscité, sait désormais que c’est le Christ qui instaure lentement mais sûrement ce Royaume de Dieu sur la terre. Paul dit bien : « C’est lui (le Christ) en effet qui doit régner… et quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis… »
    – Le Ressuscité est, sans hésitation possible, le Messie attendu depuis des siècles. C’est pourquoi, au fil des lettres de Paul, on reconnaît toutes les expressions de l’attente messianique de l’époque. Dans le passage que nous lisons aujourd’hui dans la lettre aux Corinthiens, il y a deux expressions fortes de l’attente d’un Messie-Roi : « Tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. » (sous-entendu après avoir détruit toutes les puissances du mal. » (verset 24)… « Il doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. » (comme l’avait annoncé le psaume 110/109 ; verset 28).
    Il a accepté de subir le pouvoir de haine et de mort des hommes et il ne leur a opposé que douceur et pardon ; là où la faute a abondé, son amour a surabondé, comme dit Paul. Par lui, désormais, Dieu donne à l’humanité tout entière son Esprit d’amour… C’est cela que Jésus est venu faire parmi nous ; il est venu nous rendre la vie et nous apprendre à la donner : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance. » (Jn 10, 10). Car nous sommes faits pour la vie.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 31-46
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
    et tous les anges avec lui,
    alors il siégera sur son trône de gloire.
    32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
    il séparera les hommes les uns des autres,
    comme le berger sépare les brebis des boucs :
    33 il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
    34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
    ‘Venez, les bénis de mon Père,
    recevez en héritage le Royaume
    préparé pour vous depuis la fondation du monde.
    35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
    j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
    j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
    36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
    j’étais malade, et vous m’avez visité ;
    j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
    37 Alors les justes lui répondront :
    ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
    tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
    tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
    38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
    tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
    39 tu étais malade ou en prison…
    Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
    40 Et le Roi leur répondra :
    ‘Amen, je vous le dis :
    chaque fois que vous l’avez fait
    à l’un de ces plus petits de mes frères,
    c’est à moi que vous l’avez fait.’
    41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
    ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
    dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
    42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
    j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
    43 j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
    j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
    j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
    44 Alors ils répondront, eux aussi :
    ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
    avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
    sans nous mettre à ton service ?’
    45 Il leur répondra :
    ‘Amen, je vous le dis :
    chaque fois que vous ne l’avez pas fait
    à l’un de ces plus petits,
    c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’
    46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
    et les justes, à la vie éternelle. »

    NOTRE HERITAGE
    « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » Par cette parabole, Jésus nous révèle notre vocation, le projet que Dieu a sur l’humanité en nous créant : nous sommes faits pour être roi. Et il faut écrire « roi » au singulier ; car c’est l’humanité tout entière qui est créée pour être reine ; « Remplissez la terre et dominez-la » dit Dieu à l’homme au commencement du monde. (Gn 1, 28). L’idée que nous nous faisons d’un roi, entouré, courtisé, bien logé, bien vêtu, bien nourri… c’est très exactement ce que Jésus revendique pour tout homme.
    Le Livre du Deutéronome, déjà, affirmait que si l’on veut vivre l’Alliance avec Dieu, il faut éliminer la pauvreté : « Il n’y aura pas de pauvres parmi vous » (Dt 15, 4) au sens de « Vous ne devez pas tolérer qu’il y ait des malheureux et des pauvres parmi vous ». Jésus s’inscrit dans la droite ligne de cet idéal attribué à Moïse.
    VENEZ, LES BENIS DE MON PERE
    A tous ceux qui auront su avoir des gestes d’amour et de partage le Fils de l’homme dit : « Venez les bénis de mon Père » : ce qui veut dire « vous êtes ses fils, vous lui ressemblez ; vous êtes bien à l’image de ce berger qui prend soin de ses brebis » dont parlait Ezékiel dans la première lecture. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Le jugement porte sur des actes concrets ; curieusement, ce n’est pas l’intention qui compte ! Matthieu avait déjà noté une phrase de Jésus qui allait dans le même sens : « Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur ! qu’on entrera dans le Royaume des cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7, 21).
    BENIS OU MAUDITS ?
    Il reste que ce texte garde un caractère un peu choquant par l’opposition radicale entre les deux catégories d’hommes, les bénis du Père, et les maudits : et d’ailleurs, dans laquelle pourrions-nous être comptés ? Tous, nous avons su, un jour ou l’autre, visiter le malade ou le prisonnier, vêtir celui qui avait froid et nourrir l’affamé… Mais tous aussi, nous avons, un jour ou l’autre, détourné les yeux (ou le porte-monnaie) d’une détresse rencontrée.
    Aucun de nous n’oserait se compter parmi « les bénis du Père » ; aucun non plus ne mérite totalement la condamnation radicale ; Dieu, le juste juge, sait cela mieux que nous. Aussi, quand nous rencontrons dans la Bible l’opposition entre les bons et les méchants, les justes et les pécheurs, il faut savoir que ce sont deux attitudes opposées qui sont visées et non pas deux catégories de personnes : il n’est évidemment pas question de séparer l’humanité en deux catégories, les bons et les justes, d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre ! Nous avons chacun notre face de lumière et notre face de ténèbres.
    Si bien que, contrairement aux apparences, ce n’est pas une parabole sur le jugement que Jésus développe ici : c’est beaucoup plus grave et dérangeant : il s’agit du lien entre tout homme et Jésus : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
    Il est saisissant de resituer ce discours de Jésus dans son contexte : d’après Saint Matthieu, cela se passe juste avant la Passion du Christ, c’est-à-dire que ces ultimes paroles de Jésus prennent valeur de testament. Au moment de quitter ce monde, Celui qui nous fait confiance, comme il nous l’a dit dans la parabole des talents, nous confie ce qu’il a de plus précieux au monde : l’humanité.
    ————————-
    Compléments sur Matthieu 25
    – Il faut quand même une belle audace pour célébrer la fête du Christ-Roi ! Combien de baptisés se rendront-ils dans les églises ce jour-là pour assister aux célébrations du couronnement ?
    – Tous ces derniers dimanches, les évangiles nous proposaient ce que j’appellerais des variations sur la vigilance, sur le mot « veiller » ; ici, une nouvelle variation nous est proposée : « veiller » cela peut vouloir dire « veiller sur ».
    LA POINTE DE LA PARABOLE
    A y regarder de plus près, en définitive, on l’a vu, ce passage de l’évangile de Matthieu ne nous offre pas une parabole sur le jugement.
    – Au passage, nous avons là une définition intéressante de la justice, aux yeux de Dieu : quand nous parlons de justice, nous avons toujours envie de dessiner une balance ; or ce n’est pas du tout dans ces termes-là que Jésus en parle ! Pour lui, être juste, c’est-à-dire être accordé au projet de Dieu, c’est donner à pleines mains à qui est dans le besoin. D’autre part, il n’y a même pas besoin d’en être conscient : « Quand est-ce que nous t’avons vu ? Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »… Nous qui nous demandons parfois si le salut est réservé à une élite, nous avons ici une réponse : visiblement, Jésus ne se préoccupe ici ni des titres ni de la religion de chacun : « Quand les nations seront rassemblées devant lui, il séparera les hommes les uns des autres… » Ce qui veut dire que des non-Chrétiens auront le Royaume en héritage et peuvent être appelés « les bénis de son Père » ! C’est parmi des hommes de toutes races, de toutes cultures, de toutes religions qu’il se vit déjà au jour le jour quelque chose du Royaume. Nous savons bien que nous n’avons pas le monopole de l’amour, mais il n’est pas mauvais de nous l’entendre dire !


  • Un départ … une arrivée …

    Jean Marie Rabin qui était en charge du service des acteurs pastoraux est en retraite depuis le début octobre, après plus de 32 ans au service du diocèse.
    Mylène Duault lui succède depuis le 1er Septembre. Elle est originaire de Pontivy et nous arrive du diocèse de Rennes. Nous l'avons rencontrée.


  • Homélie du dimanche 26 novembre

    Dimanche 26 novembre 2017
    Le Christ, roi de l’univers

    Références bibliques :
    Lectures bibliques : Lecture du livre d’Ezékiel. 34. 11 à 17 : »C’est moi qui ferai paître mon troupeau, c’est moi qui le ferai reposer. »
    Psaume 22 : »Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. »
    Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 or. 15. 20 à 28 : »Il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et ainsi, Dieu sera tout en tous. »
    Evangile selon saint Matthieu. 25. 31 à 46 : »Comme le berger sépare les brebis des chèvres. »
    ***
    L’évangile de ce jour est une parabole et doit lue comme telle et non pas comme une prédiction terrifiante.
    LE BON BERGER
    Jésus l’ouvre par une comparaison qu’il a souvent employée pour nous dire ce qu’il était parmi les hommes et pour les hommes. « Je suis le Bon Pasteur. » Ce qu’il sépare dans son troupeau, n’est pas à prendre dans un sens péjoratif. Il détermine la place de chacun selon ce qu’il est et ce qu’il peut réaliser. Il nous l’avait déjà dit dans la parabole des talents, dimanche dernier, : »A chacun selon ses capacités. » (Matthieu 25. 15)
    En parlant de Dieu, le prophète Ezékiel le présente le vrai pasteur qui reconstitue son troupeau et lui fournit un pacage abondant et sûr. Le psaume nous le redit. Avec lui, il n’y a rien à craindre, même dans les ravins de la mort. Il est avec nous, il nous guide, il nous rassure.
    Le Christ Jésus assumera ce message qui parle de Dieu, parce qu’il est, lui Jésus, le Fils de l’Homme (Matthieu 25. 31) et surtout parce qu’il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Notre Dieu est un Dieu de tendresse et de miséricorde.
    LE ROI.
    Pour certains, ce titre de « roi » signifie pouvoir et puissance absolue. Celui que s’attribue le Christ, est à comprendre dans son acception biblique. Dieu est le Roi du peuple qu’il s’est choisi. Il faudra des siècles pour que le peuple choisi comprenne à la fois la nature de cette royauté et le sens de ses exigences. C’est en Jésus que s’achèvera la révélation. Il manifestera la signification suprême de la royauté selon Dieu en étant sur la croix.
    Condamné pour des prétentions à une royauté humaine, il inaugure le règne de Dieu dans sa victoire sur la mort. « Souviens-toi de moi quand tu reviendras comme roi », lui dira le bon larron. (Luc 23. 42)
    Il nous faudrait relire ici, une à une, les paroles du Christ quand il en parle. Il refuse cette royauté humaine aux jours de la tentation comme au jour de la multiplication des pains : »Sachant qu’on allait l’enlever pour le faire roi. » (Jean 6. 5) Il en définit la nature et la mission : »Cherchez le Royaume et sa Justice. » (Matthieu 6. 33) et ceux qui peuvent envisager d’en faire partie : »Le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux. » (Matthieu 19. 14) « Heureux les pauvres de coeur, le royaume des cieux est à eux. » (Matthieu 5. 3)
    Et c’est bien par lui que nous pouvons espérer y parvenir : »Je dispose pour vous du Royaume. » (Luc 22. 29)
    LA SUPREMATIE DE L’AMOUR
    A l’opposé de celle de tous les rois de terre, la suprématie de Dieu, par le Christ Jésus, est celle du don de son amour. Tous les hommes y sont associés, par Lui, avec Lui et en Lui. « Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis et, ainsi, Dieu sera tout en tous. » (1 Cor. 15. 28)
    Ceux qui acceptent de mourir au péché et de vivre avec le Christ font déjà partie de ce Royaume qui est « déjà parmi nous. » Il se construit tout au long de l’histoire des hommes, tout au long de la vie de chaque homme, de chacun d’entre nous.
    Si nous nous engageons ainsi, consciemment et dans la confiance, à apprendre comme le Christ à dire « oui » à Dieu et à la vie, à partager avec nos frères, nous accomplissons la charte du Royaume (Matthieu 5. 3 et ss)
    Mais le Royaume »Le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action. » (1ère lettre aux Corinthiens 4. 20) Il se construit dans le coeur de ceux qui servent le Christ dans le service de leurs frères, même s’ils ne le connaissent pas. Car c’est là aussi l’un des sens de l’évangile de ce dimanche. « Quand donc avons-nous pu te voir ? » La mission des chrétiens est de faire connaître à leurs frères la bonne nouvelle qu’ils réalisent aussi le Royaume.
    QUAND SE DECOUVRE LA REALITE.
    Cette parabole du jugement dernier est donc celle de l’heure déterminante qui conclut l’histoire terrestre de chacun des hommes, qui conclut notre propre histoire, au jour où le Christ nous accueille. C’est l’heure où se découvre cette double réalité : la nôtre et celle du Royaume. C’est l’heure où se réalise définitivement ce qu’aura été notre vie et la part que nous avons prise dans son développement.
    Ce jugement définitif est, en effet, à mettre en parallèle avec les Béatitudes qui ouvraient le discours inaugural de l’annonce de l’Evangile. Elles étaient les impératifs de sa réalisation.
    Pour les uns apparaîtra en pleine lumière la vraie dignité de Fils de Dieu qu’ils ont acquise peu à peu dans la conformité de leur vie à la Parole de Dieu. Ils ont su rester pauvres d’eux-mêmes pour ne rechercher que la seule richesse de Dieu. Ils ont construit la paix par la justice, en partageant avec miséricode, fut-ce au prix des larmes et même des persécutions. Ils ont tout donné aux plus pauvres, aux exclus, ax persécutés, aux affamés.
    Pour les autres, apparaîtra, également en pleine lumière, leur refus du Royaume tel que Dieuvoulait qu’ils le réalisent. Les ténèbres dans lesquelles ils sont demeurés ne leur ont pas permis de « voir » où était le Christ, pour accueillir et servir les petits, les pauvres, les affamés, les persécutés, et les exclus.
    ***
    Une nouvelle fois, s’achève le parcours du mystère chrétien que l’Eglise nous a invité à suivre au long de l’année liturgique. Avec l’ouverture d’une nouvelle année liturgique, au premier dimanche de l’Avent, elle nous le propose, comme un renouvellement toujours possible malgré les déserrances que nous avons pu connaître. La grâce de Dieu nous est toujours disponible dans le mystère du Fils qui a partagé notre humanité, dans sa faiblesse, sa croix et la joie de sa Résurrection. Dieu est miséricorde et paix pour les pauvres que nous sommes et qu’il accueille ainsi.


  • Nous espérons le bonheur que tu promets !

    L'abbé Victor Mounier vient d'avoir 100 ans ! Nous étions dans la joie pour le fêter le samedi 21 octobre, à la maison du Cèdre, et pour rendre grâce à Dieu avec lui. Il était beau de voir ses mains rejoindre les miennes pour porter la patène et le calice, le don de toute une vie dans l'unique offrande du Christ.

    Avec beaucoup de respect pour notre nouveau centenaire, j'ai cependant suggéré qu'au regard de « la vie du monde à venir » nous étions à peu près à égalité : tous, quel que soit notre âge, nous sommes en « cours préparatoire » pour le Royaume. Cela peut sembler loin, voire inintéressant. Nous avons connu une longue réaction à la grande trouille que des prédicateurs ont éveillée quand ils promettaient les flammes de l'enfer de façon presque aussi sûre que le paradis. Alors, notre époque a refoulé la réflexion sur les fins dernières et un peu oublié la force de l'espérance chrétienne.

    Mais « c'est vraiment flou, m'avait dit un jour quelqu'un, on ne voit pas bien ! » Oui, c'est comme en photographie : nous avons bien la vitesse - car nous sommes plutôt agités ! - mais nous manquons de lumière pour faire apparaître l'arrière-plan avec une plus grande netteté. C'est ce que l'on appelle la profondeur de champ. En revanche, une prise de vue bien éclairée met en valeur, non seulement le sujet ou le premier plan, mais également le paysage et même l'horizon.

    C'est vers cet horizon de la vie éternelle que nous tourne la fête de Toussaint. Avec la lecture du livre de l'Apocalypse, le rideau se lève. Et c'est une scène d'une merveilleuse grandeur qui nous est dévoilée : auprès de Dieu s'avance une foule immense « de toutes nations, races, peuples et langues ». Le mot « apocalypse » signifie d'ailleurs « lever le voile », dévoiler, révéler. Saint Jean nous dit une chose très importante : à la fin de l'histoire, l'œuvre de Dieu, la création et en particulier l'humanité… réussira ! Une réconciliation de l'humanité, en Dieu, est annoncée, avec tant et tant de gens qui nous disent pourtant que cela va de plus en plus mal.

    Mais nous sommes à l'école du Royaume, en apprentissage de la vie éternelle déjà commencée. Et quel est le programme ? C'est l'appel à la sainteté qui est porté par l'Évangile, dans la personne du Christ. C'est ce que nous demandons au Père, à chaque Eucharistie : « Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions, sanctifie ces offrandes… » (prière eucharistique n° 2)

    Soyons heureux de porter ce témoignage de l'espérance chrétienne dans ce mois de novembre qui est inauguré par la fête de tous les saints. Soyons heureux de porter l'espérance chrétienne « avec un intense goût de vivre, une solide confiance et un mouvement du cœur » (Actes du synode, page 29) suivant l'expression de notre synode diocésain.

    + Denis Moutel
    évêque de Saint-Brieuc et Tréguier


  • L'ermite

    Le mot ermite vient d'un terme grec désignant une personne qui décide d'habiter au désert. L'ermite est un solitaire qui a choisi de se retirer dans un endroit isolé. Dans la tradition chrétienne, les ermites sont apparus dans les premiers siècles de notre ère, poussés par une vocation particulière de solitude et de présence à Dieu. Mais déjà dans la Bible, on trouve des précurseurs aux ermites. Je dirais même que le fait de vivre dans la solitude avec Dieu ne provient pas d'abord d'une tradition ni d'une institution : cela naît avec les humains.

    Rappelons-nous des commencements. Dieu façonne un homme, Adam, de la poussière du sol et puis il le place dans le jardin mirobolant qu'il a planté, afin que cet homme le cultive et le garde. Adam vit donc seul avec Dieu – ce qui n'est pas tout à fait être seul – dans ce jardin par ailleurs inhabité. Voilà notre premier ermite !

    C'est en vivant de manière intime et intense cette relation avec Dieu qu'Adam s'ouvre aux autres relations. De fait, après une première période en solitaire, Dieu lui amène une femme que l'homme accueille avec émerveillement.

    Ce type d'expérience d'ermite, inaugurale chez les humains, on la retrouve à plusieurs reprises dans la Bible. Je n'en donnerai qu'un seul exemple : le prophète Élie. En un temps de famine, Dieu envoie son prophète vers l'est, afin qu'il vive seul, en présence de Dieu, près d'un torrent qui l'abreuve. Des corbeaux viennent matin et soir lui apporter sa nourriture. Élie est une sorte de nouvel Adam, vivant dans la nature, les animaux lui étant soumis. Et bientôt, Dieu l'enverra auprès d'une femme, après ce temps de solitude : la veuve de Sarepta qui l'accueillera malgré sa pauvreté.

    Alors, vivre en ermite, est-ce une expérience étrange, réservée à quelques-uns ? Peut-être au contraire est-ce une expérience fondamentale, proposée d'une manière ou d'une autre à tout un chacun, pour que nous puissions rencontrer Dieu et vivre avec Lui.


vendredi 17 novembre 2017

  • Thème de la Journée mondiale des communications sociales 2018

    La prochaine Journée mondiale des communications sociales, dimanche 13 mai 2018, aura pour thème : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Fausses nouvelles et journalisme de paix.
    Le thème que le pape François a choisi pour la 52ème Journée Mondiale des Communications Sociales 2018 concerne les « fausses nouvelles » ou « fake news », c’est-à-dire les informations dénuées de fondement qui contribuent à générer et à alimenter une forte polarisation des opinions. Il s’agit souvent d’une manipulation des faits, avec de possibles répercussions sur les comportements individuels et collectifs. Dans un contexte où les sociétés de référence des réseaux sociaux et le monde des institutions et de la politique ont commencé à affronter ce phénomène, l’Eglise veut elle aussi offrir sa contribution en proposant une réflexion sur les causes, les logiques et les conséquences de la désinformation dans les médias et en aidant à la promotion d’un journalisme professionnel, qui cherche toujours la vérité, et donc d’un journalisme de paix qui encourage la compréhension entre les personnes.
    La Journée Mondiale des Communications Sociales, seule journée mondiale instituée par le Concile Vatican II (« Inter Mirifica », 1963), est célébrée dans de nombreux pays, sur recommandation des évêques du monde, le dimanche qui précède la Pentecôte (en 2018, le 13 mai).
    Le texte du Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale des Communications Sociales est traditionnellement rendu public à l’occasion de la fête liturgique de Saint François de Sales, patron des journalistes (24 janvier).
    Communiqué du Secrétariat pour la Communication du Saint Siège
    Texte officiel en italien – traduction de Romilda Ferrauto
     


  • La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur le 3 décembre

    >>> Suggestions pour accompagner ce changement :
    Voir la lettre-Info du Service diocésain de liturgie en pièce jointe de cet article !

    Date du changement

    La nouvelle traduction du Notre Père sera adoptée officiellement le premier dimanche de l'Avent, soit le 3 décembre prochain.

    Mot de Mgr Denis Moutel

    Notre Père … ! Dieu avec nous.

    Comme vous le savez, c'est le 1er dimanche de l'Avent, 3 décembre prochain, que La nouvelle traduction du Notre Père entrera en vigueur.

    Le dossier joint donnera à chaque paroisse les informations utiles pour préparer nos communautés à ce changement, sans l'anticiper mais en nous accordant à la date retenue pour l'ensemble des diocèses de France.

    Ce sera, pour les équipes liturgiques et pour les prédicateurs, l'occasion d'une réflexion sur la tentation. Dans le combat spirituel que nous avons à mener, Dieu n'est pas contre nous  ne nous soumets pas ») mais avec nous et pour nous (« ne nous laisse pas »).

    Nous en faisons l'expérience dans chaque eucharistie en faisant mémoire de Jésus Christ, mort pour notre salut et ressuscité pour notre vie.

    Que nos célébrations et que toute notre vie puissent témoigner toujours plus de la miséricorde de Père.

    + Denis Moutel
    Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

    Ils en parlent

    Contact

    Service Diocésain de Pastorale Liturgique et sacramentelle
    81 rue Mathurin Méheut CS 44224 22042 St-Brieuc Cedex 2
    02 96 68 13 52 / liturgie chez diocese22.fr


jeudi 16 novembre 2017

  • Novembre 2017 à Broons
    Un survol rapide de quelques activités de la Paroisse. - Paroisse de Broons

  • Rencontres préparation au mariage pour 2018
    Préparation au mariage sur BROONS et CAULNES - Baptême, Mariage

  • Le diocèse de Laval recrute son responsable de la Pastorale des Jeunes

    Le Diocèse de Laval recherche son Responsable diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes pour la période de septembre 2017 à juin 2018 du 1er janvier 2018 au 31 juillet 2018. Dépôt des candidatures pour le 15 décembre.

    Institution

    Le diocèse de Laval compte plus de 300 000 habitants et comprend 31 paroisses réparties en 8 doyennés. Il s'inscrit dans le département de la Mayenne, la région des Pays de la Loire et la province Ecclésiale de Rennes.
    Le service de la Pastorale des Jeunes fait partie du « Pôle Jeunes et Vocations », il porte le souci de l'accompagnement des jeunes de 12 à 30 ans.

    Description du poste

    En étroite collaboration avec le vicaire épiscopal pour la Pastorale des Jeunes et des Vocations et dans le cadre de la mission ecclésiale reçue de l'évêque, vous favorisez la coordination entre les différents acteurs de la pastorale des jeunes : paroisses, doyennés, mouvements, monde scolaire et universitaire.

    • Vous encouragez les initiatives. Vous accompagnez les acteurs de la pastorale dans les paroisses, les doyennés, les mouvements et le monde scolaire et universitaire.
    • Vous participez à l'organisation des différents temps forts de l'année : JMJ, pèlerinages diocésains (Lourdes, Taizé), école de prière, rassemblements divers.
    • Vous travaillez en collaboration sur divers projets avec la pastorale des jeunes régionale, provinciale et nationale, la Direction de l'Enseignement Catholique, la Pastorale familiale, l'AEP, etc.
    • Vous animez l'équipe du Service Diocésain de la Pastorale des Jeunes. Vous préparez les ordres du jour, animez les rencontres, réalisez les comptes rendus, transmettez les informations.

    Profils recherchés

    Porteur d'une foi vivante et rayonnante, vous connaissez l'Eglise et avez une expérience de transmission auprès des jeunes.
    Vous savez travailler en équipe et vous insérer dans des réseaux existants.
    Vous maîtrisez les outils bureautiques et les différents moyens de communication. Vous avez une bonne capacité à développer et conduire des projets.

    Candidature

    Le poste est à plein temps, basé à Laval.
    Pour répondre à cette offre, merci d'envoyer lettre de motivation et CV avant le 15 décembre à :
    Recrutement Responsable Diocésain du Service de la Pastorale des Jeunes
    27, rue du cardinal Suhard
    BP 31225
    53012 LAVAL cedex
    secretariat.eveque chez diocesedelaval.fr


  • Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider

    « Escale Familles du Secours Catholique : vivre ensemble et s'entraider » est un article paru sur le site la communauté des paroisses du littoral ouest.

    info document - voir en grand cette image

    "Escale Familles … à la fois un havre de paix de sécurité où les familles peuvent se rencontrer, échanger, partager. Porteur du projet, le Secours Catholique le fait vivre au sein de la Maison St Yves à Saint-Brieuc.

    Voulue par Mgr Moutel, Escale Familles est ouverte depuis début octobre et fonctionne comme un accueil de jour pour toutes les familles grâce à une importante équipe de bénévoles. Rencontre avec Bernard Philippe, directeur du Secours Catholique et Annette Paous, responsable du projet."

    Article en intégralité à retrouver > ici <


mercredi 15 novembre 2017

  • Mgr Nicolas Souchu, nommé évêque d’Aire et Dax

    Le Pape François a nommé ce mercredi 15 novembre, Mgr Nicolas Souchu évêque du diocèse d’Aire et Dax, il était jusqu’à présent évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo. Mgr Bernard Charrier demeure administrateur apostolique du diocèse d’Aire et Dax jusqu’à la prise possession de Mgr Souchu.
    Ordonné en 1986 pour le diocèse d’Orléans, Mgr Nicolas Souchu fut vicaire à Gien (1986-1992) puis curé in solidum d’Orléans Ouest (1992-1995). Entre 1993 et 1995, Mgr Souchu, fut membre de l’équipe animatrice du séminaire d’Orléans et directeur du premier cycle. Puis, de 1995 à 1999, il fut responsable adjoint de la formation permanente du diocèse d’Orléans ; aumônier régional des Groupes de formation universitaire et responsable de la formation des jeunes prêtres de la région apostolique du Centre. En 1999, Mgr Souchu devint curé de Saint-Marceau et Saint-Jean-le-Blanc et Vicaire épiscopal pour l’agglomération d’Orléans. De 2000 à 2008, il fut vicaire général du diocèse d’Orléans puis entre 2002 et 2008, secrétaire de la Commission épiscopale des ministères ordonnées (CEMIOR). De 2004 à 2006, Mgr Souchu fut modérateur de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc d’Orléans ; secrétaire des évêques de la Province de Tours (2003-2008) ; administrateur de la paroisse de Saint-Jean de Braye (2006-2007) et membre de l’équipe d’aumônerie de la Maison d’arrêt d’Orléans (octobre 2008). En novembre 2008, Mgr Souchu fut nommé évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo.
    Au sein de la Conférence des évêques de France, il fut membre du Conseil pour la pastorale des enfants et de jeunes de 2010 à 2016. Depuis 2016, il est membre de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale.
    Une rencontre avec la presse est prévue le mardi 21 novembre à 11h à l’évêché de Dax, 100 avenue Francis Planté, 40100 Dax. Une messe d’au revoir au diocèse de Rennes aura lieu le dimanche 26 novembre à 18h en la cathédrale de Rennes.
    L’installation de Mgr Nicolas Souchu aura lieu le dimanche 17 décembre à 15h30 en la cathédrale de Dax.
    Ci-joint quelques détails biographiques de Mgr Nicolas Souchu.

    Contacts presse
    Diocèse d’Aire et Dax :  P.Denis Cazaux – 06 16 43 20 30
    denis.cazaux@laposte.net
    Diocèse de Rennes : P. Nicolas Guillou –  06 03 22 23 67
    communication@diocese35.fr


  • Nouvelle traduction du Notre Père

    Le 3 décembre 2017, premier dimanche de l’Avent, une nouvelle traduction du Notre-Père entrera en vigueur dans toute forme de liturgie. Les fidèles catholiques ne diront plus désormais : « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
    La nouvelle traduction de la sixième demande du Notre Père a été confirmée par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements le 12 juin 2013, avec l’ensemble de la nouvelle traduction liturgique de la Bible, dont elle fait partie. Les évêques de France ont décidé, à lors de leur dernière assemblée plénière de printemps (28-31 mars 2017), d’une entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père le 3 décembre 2017. Ce jour qui est le premier dimanche de l’Avent marque en effet le début de la nouvelle année liturgique.
    Le dossier de presse est disponible en téléchargement en PDF en bas de page.


mardi 14 novembre 2017

  • Thérèse de Lisieux ; le chemin vers la colonisation
    Stéphanie Couriaud (Auteur) Éditions Sutton Le 30 septembre 1897, soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face meurt au carmel de Lisieux à l'âge de 24 ans. Un an plus tard paraît Histoire d'une Âme, récit autobiographique de la jeune carmélite. Cet ouvrage connaît un très grand succès populaire (...)

  • "Nouvelles formes de vie religieuse" (CRVR)
    La brochure "Nouvelles formes de vie religieuse" vient d'être publiée par le Centre de recherche sur la vie religieuse (CRVR). La brochure "Nouvelles formes de vie religieuse" est disponible. Elle peut être commandée par mail (jcalavigne@gmail.com) au prix de 9 euros (prix lié au coût (...)

  • Eglise en périphérie 4/6 : Des religieuses pour faire tomber les murs des exclusions
    Tour à tour école-atelier pour des jeunes filles de condition très populaire, école primaire puis maison de famille pour des jeunes filles de province qui venaient travailler au « Bon Marché », maison d'accueil pour des sessions, la maison mère des Sœurs de l'Enfant Jésus Nicolas Barré, dans le 6ème (...)

lundi 13 novembre 2017

  • Décès du cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille

    Le cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite du diocèse de Marseille, est décédé dans sa 87ème année le dimanche 12 novembre 2017. Ses obsèques seront célébrées en la cathédrale Notre-Dame de la Major à Marseille, le vendredi 17 novembre à 15 heures. 
    Mgr Bernard Panafieu est né à Châtellerault (Vienne) le 26 janvier 1931. Après des études au séminaire d’Issy-les-Moulineaux et à l’Institut d’Études sociales, il est ordonné prêtre le 22 avril 1956 en la basilique Notre-Dame de Paris pour le diocèse d’Albi.
    Vicaire à la paroisse Saint-Sauveur de Mazamet (1956-1962), aumônier de lycée à Albi (1962-1967), aumônier des étudiants de Toulouse (1967-1970), après des études à Paris à l’Institut catholique (1971), il sera ensuite curé doyen de Brassac (1971-1974) et secrétaire du Presbyterium d’Albi (1972).
    Mgr Panafieu est ordonné évêque auxiliaire d’Annecy le 9 juin 1974, puis nommé archevêque d’Aix-en-Provence et Arles le 3 décembre 1978. En août 1994, le pape Jean-Paul II le nomme archevêque-coadjuteur du cardinal Coffy à Marseille, à qui il succède comme archevêque métropolitain de Marseille en 1995.
    Mgr Bernard Panafieu a été successivement, président du Comité épiscopal France-Amérique Latine, membre du Conseil permanent des évêques de France, président de la Commission épiscopale du monde scolaire et universitaire, membre de la Commission sociale de l’épiscopat français et président du Comité épiscopal pour les relations avec l’islam.
    Au cours du consistoire du 21 octobre 2003, il a été créé cardinal par le pape Jean-Paul II. Il a été nommé membre du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et du Conseil pontifical Justice et Paix.
    Commandeur de la Légion d’honneur et de l’Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre, il a été élu, en avril 1996, membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille.
    En mai 2006, le cardinal Panafieu s’était retiré à Venasque (84).

    Message de Mgr Georges Pontier
    Chers amis, chers frères et sœurs,
    Le cardinal Bernard Panafieu est décédé cette nuit après une longue fin de vie difficile. Je vous invite à rendre grâce pour sa vie, sa foi, son ministère au service de l’Église qui est à Marseille particulièrement.
    La messe de sépulture aura lieu à la cathédrale de La Major ce vendredi 17 novembre à 15 heures.
    Confions-le à la miséricorde de Dieu. Qu’Il le comble de sa présence et de son amour.
    Que Notre Dame de La Garde le conduise à son Fils bien-aimé.
    + Georges Pontier
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France
     

     Message du Pape François

     
    Ayant appris avec peine le décès du Cardinal Bernard Panafieu, Archevêque émérite de Marseille, je vous adresse mes vives condoléances ainsi qu’à sa famille, à ses anciens diocésains et à la Communauté de Notre-Dame de Vie qui l’a entouré pendant ses dernières années. Je demande au Père de toute miséricorde d’accueillir dans sa paix et dans sa lumière ce Pasteur sage qui a su manifester la bonté et l’amour de Dieu au peuple qui lui avait été confié, d’abord comme Évêque auxiliaire d’Annecy, puis comme Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles, et enfin de Marseille. Attentif aux situations de précarité et à la diversité de la population de son diocèse, il apporta une éminente contribution au dialogue entre les cultures et entre les religions, favorisant ainsi une coexistence paisible entre tous. En gage de réconfort, je vous adresse, Excellence, la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à votre Auxiliaire, à la famille du Cardinal défunt et à ses proches, à ses anciens diocésains, ainsi qu’à toutes les personnes qui prendront part à la célébration des obsèques.
     Pape François
     

     

     

     

     

     


  • Appel à bénévole

    Le service de la Mission Universelle recherche une personne disponible pour rejoindre l'équipe diocésaine.
    Compétences requises :

    • Intérêt pour la vie de l'Église universelle, pour les relations que notre diocèse entretient avec les missionnaires originaires d'ici et les prêtres et religieuses venus d'ailleurs.
    • Compétences pour alimenter le site internet du diocèse.
    • Disponibilité pour éveiller les jeunes scolaires, ados ou grands jeunes à leur vocation de « disciples missionnaires ».

    Contact :
    F. Denis Chamaret, Délégué épiscopal.
    mobile 06 12 91 53 09
    denis_chamaret2 chez yahoo.fr

    Voir en ligne : Mission universelle

  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Commentaires du dimanche 19 novembre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre des proverbes 31, 10-31
    10 Une femme parfaite, qui la trouvera ?
    Elle est précieuse plus que les perles !
    11 Son mari peut lui faire confiance :
    il ne manquera pas de ressources.
    12 Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine,
    tous les jours de sa vie.
    13 Elle sait choisir la laine et le lin,
    et ses mains travaillent volontiers.
    19 Elle tend la main vers la quenouille,
    ses doigts dirigent le fuseau.
    20 Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre,
    elle tend la main aux malheureux.
    30 Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ;
    seule, la femme qui craint le SEIGNEUR
    mérite la louange.
    31 Célébrez-la pour les fruits de son travail :
    et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

    LE PORTRAIT DE LA FEMME IDEALE
    Chose étonnante, ce que nous venons d’entendre, ce sont les derniers mots du livre des Proverbes : or c’est un éloge de la femme. Voilà qui prouve que les auteurs bibliques ne sont pas misogynes ! Et pourtant, nous n’avons eu qu’un extrait de ce long poème qui termine le livre ; si vous avez la curiosité de lire le texte en entier, c’est-à-dire l’intégralité des versets 10 à 31 du dernier chapitre des Proverbes, vous verrez que c’est en quelque sorte le portrait de la femme idéale ; l’expression « femme parfaite » du premier verset veut dire : celle qu’un homme doit épouser s’il veut être heureux. Or qu’a-t-elle d’extraordinaire ? Rien justement : elle est travailleuse, elle est fidèle et consacrée à son mari et à sa maison, sans oublier de tendre la main aux pauvres et aux malheureux ; c’est tout, mais voilà des valeurs sûres, nous dit l’auteur, le secret du bonheur. Il n’emploie pas l’expression « secret du bonheur », il appelle cela sagesse, mais c’est la même chose.
    Et vous savez qu’en Israël, on est bien convaincu d’une chose : le secret du bonheur, Dieu seul peut nous l’enseigner, mais c’est fait de choses humbles et modestes de notre vie de tous les jours. Vous connaissez la célèbre phrase qui est dans ce même livre des Proverbes : « La crainte du SEIGNEUR est le commencement de la sagesse. » (Pr 9, 10). (La crainte au sens d’amour et de fidélité, tout simplement).
    Il est intéressant de voir que le livre des Proverbes commence par neuf chapitres qui sont une invitation à cultiver cette vertu de la sagesse qui est l’art de diriger sa vie ; et, à l’autre extrémité de ce livre, se trouve ce poème à la gloire de la femme idéale : celle qui dirige bien sa vie, précisément. La leçon, c’est qu’une telle femme donne à son entourage la seule chose dont Dieu rêve pour l’humanité, à savoir le bonheur.
    Alors, ce n’est pas un hasard, bien sûr, si ce poème se présente de manière particulière : car si vous vous reportez à ce passage dans votre Bible, vous verrez que ce poème est alphabétique ; nous avons déjà rencontré des psaumes alphabétiques ; c’est un procédé habituel : chaque verset commence par une lettre de l’alphabet dans l’ordre ; (en littérature, on appelle cela un acrostiche) ; mais il ne s’agit pas de technique, pas plus que dans les psaumes, il s’agit d’une affirmation de la foi ; la femme idéale, c’est celle qui s’est laissé imprégner par la sagesse de Dieu, elle est un reflet de la sagesse de Dieu ; et donc elle a tout compris, de A à Z.
    LA BIBLE ET LES FEMMES
    Le livre des Proverbes n’est pas le seul à tenir ce genre de discours très positif sur la gent féminine ; on pourrait citer des quantités d’autres phrases de la Bible qui font l’éloge des femmes, du moins de certaines. Il ne faut pas oublier que la Bible a, dès le début, une conception de la femme tout à fait originale ; à Babylone, par exemple, on pensait que la femme a été créée après l’homme (sous-entendu l’homme a pu fort bien se passer de femme) ; au contraire, le poème de la création (le premier chapitre de la Genèse) qui a été rédigé par les prêtres pendant l’Exil à Babylone, justement, affirme clairement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). (C’est-à-dire dès le début).
    Et le deuxième récit de la création dans la Genèse, et qui est plus ancien, raconte de manière très imagée la création de la femme aussitôt après l’homme ; il la décrit soigneusement comme une égale, puisqu’elle est de la même nature que lui « os de ses os, chair de sa chair » (Gn 2, 18-24). Ils sont tellement égaux d’ailleurs, qu’ils portent le même nom : homme et femme, en français, ne sont pas de la même racine : mais, en hébreu, ils se disent ish au masculin, ishshah au féminin ; ce qui dit bien à la fois la similitude des deux et la particularité de chacun.
    Et le texte va plus loin, puisqu’il précise bien que la femme est un cadeau fait à l’homme pour son bonheur : « Le SEIGNEUR Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul (entendez il n’est pas heureux pour l’homme d’être seul), je vais lui faire une aide qui lui correspondra » ; et le texte hébreu précise « qui soit pour lui comme son vis-à-vis » (Gn 2, 18) ; un vis-à-vis, c’est-à-dire un égal avec lequel on puisse dialoguer, dans un véritable face-à-face avec tout ce que cela comporte de révélation mutuelle, et de découverte de chacun dans le regard de l’autre.
    La suite du texte biblique raconte la déchirure qui s’est introduite peu à peu dans des relations qui auraient dû être faites de confiance et de dialogue : le soupçon s’est installé entre l’humanité et son créateur ; et des relations faussées se sont peu à peu elles aussi instaurées entre l’homme et la femme : désormais tout repose non sur le dialogue, mais sur le pouvoir : qui se fait séduction d’un côté, domination de l’autre ; « Ton désir te portera vers l’homme, dit Dieu, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16). Et quand le théologien biblique écrit ce texte vers l’an 1000 av.J.C., il y a des milliers d’années que l’expérience quotidienne vérifie cette analyse.
    L’ALLIANCE DU COUPLE, IMAGE DE L’ALLIANCE DE DIEU
    Et voilà que notre livre des Proverbes se prend de nouveau à rêver du couple idéal : ici l’homme peut se reposer entièrement sur sa compagne « son mari peut lui faire confiance… Elle fait son bonheur »… (v. 11… 12). L’auteur a même eu l’idée, l’audace devrais-je dire, de penser que le couple humain était lié par une véritable Alliance semblable à celle qui unit Dieu à Israël. Dans un autre passage du livre des Proverbes, on peut lire que rompre l’union conjugale c’est rompre du même coup l’Alliance avec Dieu (2, 17).
    Je reviens à notre texte d’aujourd’hui : dans la conclusion de son livre, en somme, l’auteur veut mettre en valeur deux choses qui sont un peu les deux béatitudes de la femme : première béatitude « Heureuse es-tu, toi qui crains le SEIGNEUR » (traduisez « toi qui aimes le SEIGNEUR ») ; deuxième béatitude « Heureuse es-tu : avec tout ce travail humble, tu crées du bonheur ».
    ——————————-
    Compléments
    – Encore une remarque sur ce texte, mais cette fois, de vocabulaire : dans notre traduction liturgique, l’avant-dernier verset dit : « seule, la femme qui craint le SEIGNEUR est digne de louange. » Nous retrouvons ce mot de « crainte » du SEIGNEUR que nous avons appris à lire de manière positive comme un amour filial.
    – Ce qui est étonnant, finalement, c’est que cette femme, présentée par le livre des Proverbes, ne fait rien d’extraordinaire ! Ses activités, telles qu’elles nous sont décrites ici, ressemblent à l’idée que nous nous faisons de la femme au foyer ; et on sait bien que ce n’est pas ce qui attire le plus en ce moment ; mais replaçons-nous dans le contexte historique : l’auteur ne prend pas parti pour ou contre la femme au foyer ; et d’ailleurs, qui dit « femme au foyer » ne dit pas femme cloîtrée, privée de toute vie sociale : dans d’autres versets de ce poème, il montre le rôle social qu’elle tient dans sa ville en participant entre autres à des activités commerciales et à des oeuvres de charité. Grâce à sa liberté de mouvement et à sa disponibilité, elle est un maillon très important du tissu social.
    – Voici quelques autres phrases de la Bible sur la femme : toujours dans le livre des Proverbes, par exemple : « Une femme parfaite est la couronne de son mari. » (Pr 12,4) ; ou encore dans le livre de Ben Sirac : « Heureux celui qui vit avec une femme intelligente. » (Si 25, 8) … « Heureux l’homme qui a une bonne épouse : le nombre de ses jours sera doublé. La femme courageuse fait la joie de son mari : il possèdera le bonheur tout au long de sa vie. » (Si 26,1). « Une lampe qui brille sur le chandelier saint, tel est un beau visage sur un corps bien formé. » (Si 26,17). Et enfin, toujours dans le livre de Ben Sirac : « Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune : elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer. Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ; faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant. » (Si 36, 29-30 ). Et que dire du Cantique des Cantiques !

    PSAUME – 127 (128) 1-5 – Psaume des montées
    1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
    et marche selon ses voies !
    2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
    Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
    3 Ta femme sera dans ta maison
    comme une vigne généreuse,
    et tes fils, autour de la table,
    comme des plants d’olivier.
    4 Voilà comment sera béni
    l’homme qui craint le SEIGNEUR.
    5 De Sion que le SEIGNEUR te bénisse !
    Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

    DIEU VEUT LE BONHEUR DE L’HOMME
    Ce psaume est l’un des plus courts du psautier. Mais son contenu n’en est pas moins important. Car, après tout, il parle de la seule chose qui compte, le bonheur. On ne dira jamais assez que Dieu nous a créés pour nous rendre heureux ; cette évidence parcourt toute la Bible, ce qui était une audace par rapport aux pays voisins.
    Moïse déjà l’avait compris, puisque quand il a voulu décider son beau-frère à le suivre pour lui servir de guide dans le désert du Sinaï, il lui a promis « Viens avec nous. pour que nous te rendions heureux, car le SEIGNEUR a promis du bonheur pour Israël. » (Nb 10, 29). Le psaume 34/35 met la même assurance dans la bouche de David : « Le SEIGNEUR a voulu le bonheur de son serviteur. » (Ps 34/35, 27). Mais, si on y réfléchit, c’était déjà vrai pour Abraham : les promesses de Dieu à Abraham représentaient très exactement le bonheur le plus désirable à son époque : une descendance et la prospérité. D’ailleurs, le mot « bénédiction » est bien synonyme de bonheur. « En toi seront bénies toutes les familles de la terre ; » (Gn 12, 3) : cela signifie d’abord que toutes les nations de la terre ne trouveront pas de plus grand souhait à formuler que d’évoquer ta réussite ; elles se diront l’une à l’autre « puisses-tu prospérer comme le grand Abraham » ; plus tard, on comprendra que « toutes les nations de la terre accéderont par toi à la prospérité. » Que peut-on rêver de mieux ? Or c’est Dieu qui lui promet tout cela : dès leur première rencontre, c’est révélateur.
    Et, plus tard, quand on méditera sur les mystères de la Création, on reconnaîtra que Dieu n’a prévu que des choses bonnes : le livre de la Genèse raconte que, quand Dieu, le sixième jour, embrassa du regard l’ensemble de son oeuvre, « il vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. » (Gn 1, 31) ; et le mot hébreu, ici, suggère bien une idée de bonheur.
    UNE LOI DICTEE POUR LE BONHEUR DE TOUS
    Au long de l’histoire d’Israël, ce désir de Dieu de voir ses enfants heureux inspire toutes ses paroles et ses initiatives : par exemple il n’y a pas de commandement qui ne soit dicté par ce seul souci. Le livre du Deutéronome qui résume magnifiquement toute la méditation d’Israël sur les fondements de la Loi résonne de recommandations qui n’ont pas d’autre but que de procurer bonheur et longue vie au peuple tout entier : « Garde les lois et les commandements que je te donne aujourd’hui pour ton bonheur et celui de tes fils après toi… » (Dt 4, 40) ; ou encore : « Si seulement leur coeur était décidé à … observer tous les jours mes commandements, pour leur bonheur et celui de leurs fils à jamais ! » (Dt 5, 29). Et le fameux texte du « Shema Israël » (la profession de foi) est précédé par ce conseil : « Tu écouteras, Israël, et tu veilleras à mettre en pratique (les lois et les commandements que je te donne) : ainsi tu seras heureux, et vous deviendrez très nombreux, comme te l’a promis le SEIGNEUR, le Dieu de tes pères, dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (Dt 6, 3).
    Notre psaume répond en écho : « Heureux qui craint le SEIGNEUR et marche selon ses voies ! », craindre le SEIGNEUR, voulant exactement dire « marcher selon ses voies », c’est-à-dire obéir aux commandements qui n’ont été donnés que pour le bonheur de ceux qui les pratiquent.
    Les mots « heureux », « bonheur » « béni » se répètent ; quant aux images, elles évoquent ce que l’on peut rêver de mieux : l’assurance de la subsistance, la paix dans la ville, la paix dans la maison, autour d’une belle famille, et la promesse d’une descendance. « De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils ».
    LE BONHEUR AU QUOTIDIEN
    La leçon qui se dégage de tout cela, c’est l’intérêt que Dieu prend à notre vie quotidienne : c’est bien là, dans les réalités très concrètes que se joue notre bonheur. L’Ancien Testament disait déjà très fort que Dieu n’est pas à chercher seulement à l’intérieur des murs de nos églises, mais dans toute notre vie de chaque jour. Il reste que nous sommes libres de nous écarter des chemins du SEIGNEUR, traduisez de transgresser les commandements et du coup de faire notre malheur.
    Ce n’est pas par hasard, peut-être, que notre psaume reprend le vocabulaire et les images du livre de la Genèse. Après la faute, Dieu dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. »… Et à la femme : « C’est dans la peine que tu enfanteras des fils. » Ici, le livre de la Genèse ne fait que constater la spirale du mal qui s’instaure quand on a pris le mauvais chemin ; le jardin de délices s’est transformé en terre de discorde et de malheur. Ce texte du livre de la Genèse sonne comme une mise en garde : au contraire, le psaume qui parle de l’homme fidèle, celui qui craint le SEIGNEUR, lui promet réussite et bonheur familial : « Tu te nourriras du travail de tes mains » et « Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le SEIGNEUR ».
    Dans notre première lecture de ce dimanche, le livre des Proverbes dit bien la même chose quand il fait l’éloge de la « femme qui craint le SEIGNEUR », et affirme qu’elle seule est « digne de louange ». En définitive, au long des siècles, notre conception du bonheur peut changer, mais une seule chose compte : ne jamais oublier que le seul but de Dieu est de voir tous ses enfants heureux.
    ——————————–
    Note : Pour la mise en oeuvre liturgique de ce psaume au Temple de Jérusalem, voir le commentaire pour la fête de la Sainte Famille – Année A – tome 1 de « L’INTELLIGENCE DES ECRITURES »

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6
    1 Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
    vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
    2 Vous savez très bien que le jour du Seigneur
    vient comme un voleur dans la nuit.
    3 Quand les gens diront :
    « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
    c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
    comme les douleurs sur la femme enceinte :
    ils ne pourront pas y échapper.
    4 Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
    ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
    5 En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
    nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
    6 Alors, ne restons pas endormis comme les autres,
    mais soyons vigilants et restons sobres.

    QUAND VIENDRA LE JOUR DU SEIGNEUR ?
    Ce qui était le grand sujet de préoccupation des Thessaloniciens, au moment où Paul leur écrit cette première lettre, c’était la venue du Seigneur, ce qu’ils appelaient le « Jour du Seigneur ». Et ils vivaient dans cette attente, tout comme Paul lui-même vivait tendu de tout son être vers ce jour. Car le mot attente est ambigu peut-être pour nous ; il y a des attentes passives ; mais celle de Paul, celle des Thessaloniciens est une attente impatiente, j’aurais envie de dire fervente. On sent bien l’impatience des Chrétiens derrière la phrase de Paul : « Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin que je vous en parle. » Et, dans sa deuxième lettre à cette communauté, Paul juge utile de préciser : « Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » (2 Thes 2, 1). Chaque fois que des soi-disant prophètes parlent de fin du monde, il nous suffira de relire cette mise en garde de Paul. Je note au passage que Paul ne parle pas du « retour » du Seigneur, il parle de sa « venue ». Car il est invisible, oui, mais il n’est pas absent. Ainsi, on ne peut donc pas parler de « retour » comme s’il était absent.
    LE GENRE APOCALYPTIQUE, UN GENRE LITTERAIRE
    Pour en parler, Paul emploie tout un vocabulaire et même un genre littéraire un peu surprenant pour nous, mais très familier à ses lecteurs du premier siècle ; c’est ce qu’on appelle le « genre apocalyptique » (c’est-à-dire de dévoilement de la face cachée des choses) ; quand on parle de « voleur dans la nuit », quand on évoque les « douleurs de la femme enceinte », de « catastrophe qui s’abat sur vous » tout cela sur fond d’opposition entre lumière et ténèbres, vous avez toute chance d’être en présence d’un texte apocalyptique. Jésus a employé des expressions tout à fait semblables parce que ce genre littéraire était florissant à son époque ; une époque où justement, l’attente du Messie et de la venue du Royaume de Dieu était très vive.
    L’objectif de ce genre de discours est double : premièrement, conforter la foi des lecteurs pour que rien ne les décourage, quelle que soit la longueur de l’attente ; deuxièmement, les encourager à avoir de l’audace dans le témoignage de leur foi à la face du monde, quelle que soit la dureté du temps présent, et même en cas de persécution.
    Mais pourquoi personne ne peut-il connaître à l’avance le moment de la venue du Seigneur ? Il y a au moins deux raisons :
    Première raison, le temps appartient à Dieu : le prophète Daniel disait « Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais ! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent. C’est lui qui fait alterner les temps et les moments. » (Daniel 2, 21). Et Jésus lui-même reconnaissait ne pas le savoir : « Ce jour et cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. » (Mt 24, 36). Soit dit en passant, Jésus nous donne là une formidable leçon d’humilité : il accepte de ne pas savoir… il fait confiance à son Père ; même à l’heure extrême, celle de Gethsémani, alors que le combat entre la lumière et les ténèbres, entre l’amour et la haine est à son paroxysme, il fait confiance.
    LE DELAI DEPEND DE NOUS
    Deuxième raison, Saint Pierre dit que ce temps dépend aussi de nous : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. (2 Pi 3, 8-9). Et un peu plus bas, il ajoute « Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu… »
    Voilà de quoi nous renvoyer à nos responsabilités : mystérieusement, nous collaborons à la venue du Jour de Dieu ; cela peut paraître audacieux ! Mais c’est pourtant ce que nous disent Paul et Pierre. C’est d’ailleurs cela qui fait la grandeur de nos vies : elles sont la matière première du Royaume. Dieu ne le réalise pas sans nous. Pure coïncidence, peut-être, mais c’est justement après cette deuxième lecture que nous allons entendre la parabole des Talents qui nous parlera de la confiance que Dieu nous fait pour bâtir son Royaume !
    Jésus l’avait bien dit à ses disciples qui lui posaient la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur avait répondu : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Ac 1,6-7). Ce qui était une manière de leur dire leur responsabilité, mais également de bien situer leur action dans celle de l’Esprit. Comme dit la quatrième Prière Eucharistique, « L’Esprit poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification ».
    Nous n’avons donc pas à nous soucier des temps et des moments, comme dit Jésus, ou des délais et des dates, comme dit Paul, il nous suffit d’essayer concrètement de faire avancer le Royaume, sûrs que nous avons reçu l’Esprit pour cela.
    Je reviens sur l’expression « fils de la lumière » : « Vous frères… vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour … », nous dit Paul. Le jour du Seigneur, ce sera quand l’humanité tout entière sera fille de lumière.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 25, 14-30
    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    14 « C’est comme un homme qui partait en voyage :
    il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    15 À l’un il remit une somme de cinq talents,
    à un autre deux talents,
    au troisième un seul talent,
    à chacun selon ses capacités.
    Puis il partit.
    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
    s’en alla pour les faire valoir
    et en gagna cinq autres.
    17 De même, celui qui avait reçu deux talents
    en gagna deux autres.
    18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
    alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
    19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
    et il leur demanda des comptes.
    20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
    présenta cinq autres talents
    et dit :
    ‘Seigneur,
    tu m’as confié cinq talents ;
    voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    21 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
    voilà, j’en ai gagné deux autres.’
    23 Son maître lui déclara :
    ‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
    tu as été fidèle pour peu de choses,
    je t’en confierai beaucoup ;
    entre dans la joie de ton seigneur.’
    24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
    et dit :
    ‘Seigneur,
    je savais que tu es un homme dur :
    tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
    tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
    Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
    26 Son maître lui répliqua :
    ‘Serviteur mauvais et paresseux,
    tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
    que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
    et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    28 Enlevez-lui donc son talent
    et donnez-le à celui qui en a dix.
    29 À celui qui a, on donnera encore,
    et il sera dans l’abondance ;
    mais celui qui n’a rien
    se verra enlever même ce qu’il a.
    30 Quant à ce serviteur bon à rien,
    jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

    UNE AFFAIRE DE CONFIANCE
    Il est intéressant de noter combien de fois revient le mot « confier » dans ce texte : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »… et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m’as confié cinq talents, (deux talents)… J’en ai gagné autant.. » et le maître leur répond « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ».
    Quant au troisième serviteur, le maître lui avait fait confiance, à lui aussi, mais lui, en retour, il a eu peur de ce maître ; tout se joue sur ce malentendu, la confiance d’un côté, la méfiance, de l’autre.
    Les trois serviteurs ont été traités de la même façon par le maître, « chacun selon ses capacités », et le maître ne demande qu’à faire confiance encore plus.
    C’est certainement la première leçon de cette parabole ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c’est-à-dire à son Royaume, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » est là pour nous rassurer. Il ne s’agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n’avons pas su faire ; d’ailleurs, le maître n’entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; il constate qu’ils sont entrés dans son projet qui est la marche de ses affaires, et c’est de cela qu’il les félicite. C’est la seule chose qui nous est demandée, faire notre petit possible pour le Royaume.
    SAVOIR PRENDRE DES INITIATIVES
    Cette confiance va loin : le maître attend que ses serviteurs prennent des initiatives, des risques même, pendant son absence. C’est bien ce qu’ont fait les deux premiers serviteurs : s’ils ont pu doubler la somme, c’est qu’ils ont osé risquer de perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit ; c’est lui qui a été prudent, pas les autres ; et ce sont les autres qui sont félicités.
    Félicités et encouragés à continuer : le même schéma se répète deux fois ; le maître confie, le serviteur en rendant ses comptes dit « tu m’as confié, voilà ce que j’ai fait » ; le maître félicite et dit « je t’en confierai encore » : on pourrait appeler cela « la spirale de la confiance ».
    Reste une phrase très difficile dans ce texte : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a ». On en trouve une autre presque équivalente dans le livre des Proverbes : « Si tu donnes au sage, il devient plus sage, si tu instruis le juste, il progresse encore. » (Pr 9, 9). Prenons une comparaison : quand on a choisi la bonne direction, chaque minute, chaque pas nous rapproche du but ; mais quand on tourne le dos au but du voyage, chaque minute qui passe, chaque pas nous éloigne encore du but.
    LE TALENT QUI NOUS EST CONFIE, C’EST LE PROJET DE DIEU
    Mais revenons aux deux premiers serviteurs puisque ce sont eux qui nous sont donnés en exemple : ils ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes absolument considérables et ils ont osé prendre des initiatives qui étaient risquées. Au moment où Jésus s’apprête à affronter la mort (puisque nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu, juste avant les Rameaux et la Passion) et à confier l’Eglise à ses disciples, la leçon est claire : même si son retour se fait attendre, les disciples de tous les temps auront à gérer le trésor du projet de Dieu : il faudra savoir prendre des initiatives pour faire grandir son Royaume.
    —————————
    Compléments
    Comme il le dit dans l’évangile de Jean : « Je vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous produisiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n’avons pas à avoir peur car « de crainte, il n’y en a pas dans l’amour. » (1 Jn 4, 18).
    Face à cette confiance du maître, il y a deux attitudes : la première consiste à reconnaître la confiance qui est faite et s’employer à la mériter. C’est l’attitude des deux premiers. Le troisième serviteur adopte l’attitude inverse : le maître confie, mais le serviteur ne voit pas que c’est de la confiance ; il ne l’interprète pas comme cela puisqu’il a peur de ce maître qu’il considère comme exigeant. Il croit avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu’il ne méritait pas d’être servi. Or la méfiance de ce troisième serviteur est d’autant plus injuste que le maître a bien pris soin de proportionner l’effort demandé à chacun « selon ses capacités ». Et il rêvait de pouvoir dire à chacun : « Entre dans la joie de ton maître ».


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


  • Homélie du dimanche 19 novembre

    Dimanche 19 novembre 2017
    33éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre des Proverbes : 31. 10 à 31: « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre. »
    Psaume 127 :  » Tu te nourriras du travail de tes mains. »
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Thes. 5. 1 à 6 : » Vous êtes tous des fils de la lumière. Nous n’appartenons pas à la nuit. »
    Evangile selon saint Matthieu : 25. 14 à 30 : « Entre dans la joie de ton maître. »
    ***
    LE TEMPS DE L’ABSENCE
    Matthieu et Luc rapportent une parabole semblable. Pour saint Luc, les serviteurs se voient confier des responsabilités plus grandes. (Luc 19. 12 à 27) Saint Matthieu l’envisage comme précédent le Jugement dernier. « Entre dans la joie de ton maître », est-il répété par deux fois.
    La leçon est claire, l’absence du maître représente celle de Dieu durant la vie terrestre. Son retour est à la fin des temps. La question posée alors par saint Matthieu est de savoir ce que les serviteurs ont fait de ce qu’ils ont reçu et de ce temps accordé.
    Le retour du Seigneur est une certitude de la foi. Le temps de l’absence du Seigneur est, en fait, le temps d’une absence apparente et ne peut devenir un temps mort. Il doit être, au contraire, le temps où nous devons développer les dons, « les talents » reçus et qui ne sont pas les nôtres. La liturgie le dit à maintes reprises :« Nous ne pourrons jamais t’offrir que les biens venus de toi ». (1er dimanche de l’Avent)
    UNE REPONSE DURANT L’ATTENTE
    Cette grâce de Dieu ne couvre pas seulement de simples dispositions naturelles à cultiver. C’est déjà beaucoup que de ne pas les gaspiller dans l’égoisme, l’enfermement sur soi-même, le narcissisme, le plaisir, le péché. Ces dons de Dieu sont d’une autre dimension et d’un autre enjeu puisqu’ils sont destinées à épanouir toute notre vie, non seulement humaine et spirituelle, mais aussi surnaturelle. non pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le monde que Dieu nous a confié.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole ont mis en valeur les talents en utilisant ce temps de l’absence. Ils les ont augmentés par leurs efforts, leur savoir-faire et leur dévouement à la pensée du maître.
    Ils savaient qui il était et ce qu’il attendait d’eux. Ils l’ont réalisé en toute confiance, à la différence du troisième serviteur.
    UN MAITRE QUI SAIT AIMER
    En recevant cette parabole, nous sommes devant la même question que ces deux serviteurs fidèles : »Qu’attend-il de nous, ce Dieu d’amour et de miséricorde ? » Que faisons-nous de notre vie ?
    L’attitude du troisième serviteur nous donne une réponse particulièrement provoquante. Dieu serait-il pour nous un maître qui nous paralyse de peur ou qui, par son absence apparente, devient étranger aux motivations qui conduisent notre vie ? Ou bien encore, n’avons-nous comme but que d’éviter un châtiment futur en sauvegardant le minimum, sans d’autre souci que de conserver le bien confié et de ne pas nous embarrasser de tout effort qui diminuerait ainsi notre bien-être matériel, et même spirituel. Dieu est-il à ce point si absent de notre vie ? Dieu est-il un adversaire dont nous ne voulons pas dépendre ?
    Par contre si Dieu est tel que nous le révèle Jésus, il est un Père dont l’amour n’a pour dessein que de nous inviter à partager la joie de son Royaume. Il nous invite à mettre en oeuvre toute notre énergie pour déployer, en toute confiance et dans la pleine liberté, les dons qu’il nous a confiés.
    UN DYNAMISME RESPONSABLE
    Cette dépendance que nous vivons par rapport à Dieu n’est pas la soumission passive à une autorité arbitraire. Et c’est là le paradoxe de la foi. Fondée sur l’amour, la dépendance qui est la nôtre vid-à-vis de Dieu, est la condition nécessaire d’une relation vivante. Elle est l’affirmation de notre fidélité en réponse à la fidélité du Seigneur. Le temps que Dieu nous donne est l’espace indispensable pour nous construire dans notre humanité responsable et atteindre la dimension divine qui doit être la nôtre en Jésus-Christ.
    « Nous sommes des fils de Lumière », nous dit saint Paul dans la lecture de ce dimanche (1 Thes. 5. 5) « En Lui était la Vie et la Vie était lumière des hommes. » (Jean 1. 4) A nous qui sommes lumière (Matthieu 5. 14) d’en vivre toute la réalité (Matthieu 6.22) en Jésus-Christ, lumière du monde.
    La femme vaillante, dont la première lecture nous trace le portrait, ne se replie ni sur elle-même ni sur sa vie familiale. Si elle donne le bonheur à son mari, si elle « travaille avec entrain », dans le même temps  » elle ouvre ses doigts en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. » Sa crainte du Seigneur n’est pas faite de peu. Elle est toute imprégnée d’amour.
    Il en est ainsi sur le chemin de la vie que parcourt le croyant. Il prend conscience de son extrême faiblesse d’homme pécheur par rapport à la grandeur infinie de Dieu. Il progresse dans l’accueil de la main que Dieu lui tend par ses frères. Confiant et libéré de sa peur, il trouve « avec entrain » un nouveau dynamisme dans son action. « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité… » (prière d’ouverture de ce dimanche)
    ***
    Le serviteur qui a enterré son talent, a aussi enterré toute sa joie confiante. Ceux qui ont misé sur la confiance de leur maître, découvrent l’accueil de la joie. « Nous n’appartenons pas à la nuit. Nous sommes des fils de la lumière. »
    Ils ont remis à leur maître ce qu’il leur avait confié et plus encore. A nous de vivre dans la même attitude : « Que l’offrande placée sous ton regard nous obtienne la grâce de vivre pour toi et nous donne l’éternité bienheureuse. » (Prière sur les offrandes de ce dimanche)
     


vendredi 10 novembre 2017

  • Journée mondiale des pauvres : le diocèse de Saint-Brieuc se mobilise

    « À la lumière du “Jubilé des personnes socialement exclues”, alors que dans toutes les cathédrales et dans les sanctuaires du monde les Portes de la Miséricorde se fermaient, j'ai eu l'intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l'Église, le XXXIIIe dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l'Univers, qui s'est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31-46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l'Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. »
    Pape François

    Au niveau diocésain

    Jeudi 16 novembre

    Thème : « Vivons des actes pour nous nourrir des expériences des uns et des autres » à la Maison Saint-Yves

    Après un dîner partagé pris au sein de la Maison Saint-Yves, les personnes présentes se sont réunies pour visionner des petits films préparées par le groupe de la Diaconie du diocèse de Saint-Brieuc sur la Fraternité Pierre d'Angle, le pèlerinage Fratello, le Village Saint-Joseph, l'Escale Familles et le groupe accueil des migrants de Guingamp. Entre chaque diffusion, la quarantaine de participants s'est divisée en petits groupes de partage d'expérience avec la consigne de faire remonter un point essentiel au terme de leurs échanges.

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    Sur le thème de la "Fraternité", plusieurs expressions ont été soulignées : "accepter nos pauvretés", "s'engager dans le temps" ou encore "tendre la main". Concernant le volet "Célébrer", les participants ont noté "trouver sa place dans la communauté", "inviter et aller chercher" mais aussi "donner envie de s'investir". Enfin, sur la partie "Prendre soin de l'autre", il a été question de « s'investir avec la personne », "faire confiance", "se respecter mutuellement", "se mettre au service" et "prier pour les autres".

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    Durant la soirée, Jean-Claude Lemercier, diacre pour la Diaconie de l'Église dans le diocèse de Saint-Brieuc a pris la parole pour souligner que "le pauvre est celui que l'on attend pas, que l'on entend pas. Pour un chrétien, la solidarité est la traduction d'une exigence évangélique.
    La Diaconie est la mise en œuvre de l'Évangile au service des personnes, notamment les plus pauvres. La Diaconie nous fait revisiter les fondements théologiques de l'action solidaire. La première diaconie que Dieu nous offre, c'est Jésus dans notre humanité.
    Nous avons à nous entraider en prenant soin et pour vivre en actes, il nous faut faut nous mettre en équipe et ne jamais rester seul. 'Diaconia 2013' nous a appris que nul n'est trop pauvre pour n'avoir rien à partager.

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    En fin de débats, Mgr Denis Moutel a conclu les échanges. "J'ai retenu une phrase du Pape François lorsqu'il demande pardon quand nous avons détourné le regard [des pauvres]. Le Pape accepte de rentrer dans cette relation profondément humaine, il prend le temps, il se laisse toucher.
    Moi aussi, je me sens appelé. Il faut accepter cette relation sans toujours savoir où cela va nous conduire. Osons la rencontre sans avoir tout programmé. On ne sais pas tout à l'avance ! Chacun a quelque chose à donner. Nous avons peut-être à progresser d'un 'faire pour vers un 'être avec'.
    Ce soir, nous avons entendu de belles interpellations. Il ne s'agit pas de s'inquiéter de ce que nous pourrions faire davantage pour les pauvres mais d'abord consentir à entrer en relation avec telle ou telle personne. Cet engagement est n'est pas constitutif mais bien consubstantiel de la foi chrétienne.

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    Jusqu'au 21 novembre

    Exposition : « Que faire pour que ça change ? », visible à la salle d'exposition de la Maison Saint-Yves, aux heures d'ouverture habituelles.

    Lieu : Maison Saint-Yves
    81 rue Mathurin Méheut, 22000 Saint-Brieuc

    Au niveau paroissial

    Dimanche 19 novembre

    En réponse à l'appel du Pape François, vivons et servons la Fraternité en ce dimanche 19 novembre 2017.
    Rendez-vous au self des élèves de l'école Notre-Dame à Gouarec à partir de midi pour un pique-nique tiré du sac. Le dessert sera mis en commun.
    Après-midi, échanges, témoignages, danses…

    OUVERT A TOUS
    N'hésitez pas à en parler autour de vous !

    Loi synodale n°21 : Créer du lien
    Deux ou trois membres de l'EAP seront chargés de porter le souci d'une véritable communauté de proximité, fraternelle et chaleureuse. Les EAP organiseront, de temps à autre, un moment de convivialité par exemple un pot après la messe. Elles repèreront les personnes nouvelles fréquentant nos assemblées dominicales ou celles qui paraissent isolées dans l'assemblée. Elles prendront contact, inviteront à un temps de rencontre et présenteront la vie de la paroisse. Un trombinoscope des divers responsables pourra être remis pour faciliter l'intégration.

    Lieu : École Notre-Dame
    4 rue Saint-Gilles, 22570 Gouarec


  • Offre d'emploi - Poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital psychiatrique de Bégard

    Le service des aumôneries catholiques des hôpitaux recherche une personne disponible pour un poste d'aumônerie à mi-temps pour l'hôpital psychiatrique de Bégard. Ce poste est à pourvoir en avril 2018.
    Compétences & qualités requises : expériences humaines auprès des personnes fragiles, ancrage ecclésial, sens de l'écoute et de la confidentialité, capacité à travailler en équipe, sens de l'organisation, compétences administratives (utilisation de Word, Excel, Internet)

    Accompagnement et formations assurés.

    Les candidatures sont à envoyer à la responsable diocésaine des aumôneries d'hôpitaux :
    Gratiane Louvet, RDAH
    rdah chez diocese22.fr
    tel 02.96.68.13.42


jeudi 9 novembre 2017

  • #Synod2018 - Synthèse des contributions françaises
    Dans le cadre de la préparation du synode des évêques en octobre 2018 sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations » concernant les 16-29 ans, une large consultation des responsables pastoraux des diocèses, mouvements et communautés a été lancée après parution du document préparatoire. 110 (...)

  • RCF Côtes d'Armor fête ses 25 ans ! Après-midi spécial le 12 décembre.


    Pour fêter ses 25 ans, RCF Côtes d'Armor, Radio Chrétienne Francophone, a la joie d'inviter ses amis à une réception dans ses nouveaux studios de la maison Saint-Yves, 81 rue Mathurin Méheut, Saint-Brieuc, Mardi 12 Décembre 2017 de 17h à 20h, en présence de Mgr Denis Moutel.

    Programme

    • 17h : accueil, visite guidée, moment musical
    • 18h15 : émission en direct
    • 19h : cocktail

    Venez découvrir votre nouvelle radio et célébrer notre anniversaire !

    Rendez-vous : Maison Saint-Yves, 81 rue Mathurin Méheut, 22000 Saint-Brieuc

    Contact  : 02 96 62 05 71

    Twitter : @RCFcotesdarmor
    Site web : https://rcf.fr/

    Fréquences :

    • Saint-Brieuc : 100.6
    • Guingamp : 98.8
    • Lannion : 102.1

mercredi 8 novembre 2017

  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
    Voir la vidéo

     


  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
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  • L’Assemblée plénière des évêques de France vient de s’achever

    5 novembre 2016 : Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (65), France.
    L’Assemblée plénière des évêques de France s’est tenue à Lourdes du vendredi 3 au mercredi 8 novembre 2017. Cette assemblée a réuni 119 évêques en activité, 17 évêques émérites ainsi que des représentants de Conférences épiscopales étrangères. Étaient aussi présents le nonce apostolique Mgr Luigi Ventura, les responsables de la Conférence des religieux et religieuses en France (CORREF), la présidente du Service des moniales, la Présidente de la Conférence nationale des instituts séculiers de France, les directeurs des Services nationaux de la Conférence des évêques de France. Était aussi invité Monsieur Étienne Lhermenault, président du Conseil national des évangéliques de France.
    Quatre sujets ont plus particulièrement été travaillés par les évêques durant cette assemblée.
    La ratio
    La récente parution de la ratio fundamentalis (règle de fonctionnement des séminaires) invite les évêques de France à travailler à l’élaboration d’une ratio nationalis adaptée à la France. Mgr Jorge Carlos Patron Wong, secrétaire chargé des séminaires pour la congrégation pour le clergé (Vatican) est venu présenter la ratio fundamentalis et ses enjeux. Il a rappelé les défis que posent l’élaboration de la ratio nationalis et notamment : le dialogue et de la nécessaire communion épiscopale, la pastorale des vocations, la formation permanente et les formateurs.
    Réunis en forums, les évêques ont réfléchi aux questions liées à la propédeutique (année de discernement avant le séminaire) et à son caractère obligatoire ; à la pastorale de vocations ; à la communauté formée dans les séminaires et à la formation continue. A l’issue, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale (CEMOLEME) a présenté les enjeux pour la France de la Ratio nationalis.
    L’Assemblée plénière a confié à Mgr Jérôme Beau, en lien avec le Conseil national des grands séminaires (CNGS), l’élaboration d’un texte de base pour la Ratio nationalis, texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée.
    Par ailleurs, prenant acte du caractère obligatoire de l’année de propédeutique pour tous les candidats, l’assemblée a donné mission à la CEMOLEME de lui présenter les modalités de mise en place des propédeutiques.
    Le synode des évêques pour les jeunes, la foi et le discernement vocationnel
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de présenter aux évêques la synthèse des réponses au questionnaire diffusé au premier semestre 2017 en vue de la préparation du synode. Cette synthèse met en relief trois désirs des jeunes aujourd’hui : un désir d’intériorité, un désir d’action et de responsabilité, un désir de vie et de temps communautaires.
    Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes a présenté les enjeux de la démarche synodale entamée en France.
    Les évêques de France ont élu les quatre évêques délégués et les deux évêques suppléants qui les représenteront au synode. Ces évêques seront ensuite nommés par le Pape.
    L’évolution des structures de la Conférence des évêques de France (CEF)
    Au cours de trois séquences (dont une en forums), les évêques ont réfléchi aux principes directeurs qui peuvent guider une évolution des structures de la CEF.
    Ils ont confié à un groupe ad hoc la charge de travailler à l’évolution des structures de la CEF dans l’esprit de ces principes directeurs. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF conduira ses travaux.
    Les chrétiens orientaux
    Mgr Yousif Tomas Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanieh est venu présenter aux évêques la situation des chrétiens d’Irak. Il a évoqué l’évolution du monde musulman, et les perspectives et défis de l’après Daech soulignant les dangers des communautarismes.
    Il en appelé encore à l’aide des évêques de France tout en les remerciant de l’aide déjà apportée.
    Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, Mgr Jean Teyrouz évêque de l’Éparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr  Maroun Nasser Gemayel, évêque de l’Éparchie de Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France et Mgr Borys Gudziak, évêque  de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France ont présenté aux évêques les communautés catholiques qui leur sont attachées.
    En marge de ces quatre sujets, l’Assemblée plénière à pris quelques décisions et procédé à des votes et élections.
    État généraux de la bioéthique
    L’Assemblée a approuvé la mise en place d’un groupe de travail sous la responsabilité de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes en vue des Etats généraux de la bioéthique.
    Avec Mgr Pierre d’Ornellas travailleront Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ainsi que des experts.
    Ce groupe de travail proposera une organisation afin que les catholiques puissent débattre entre eux et que tous puissent être pris en compte et écoutés, sans jugement les uns sur les autres et dans un esprit évangélique.
    Il tâchera d’élaborer une parole réfléchie, argumentée et livrable en temps opportun à l’occasion des débats publics lors des Etats généraux de la bioéthique. Cela permettra aussi aux catholiques d’exercer pleinement leur mission de citoyen en participant au débat pour le bien de tous les français.
    Denier de l’Église
    Cette Assemblée plénière a été l’occasion de dévoiler l’action nationale de communication prévue pour la fin de l’année 2017 telle que les évêques l’avaient décidée lors de l’Assemblée plénière de mars 2017. Cette action, inédite, vise à compléter et soutenir l’action de collecte du Denier des diocèses et des paroisses (en savoir plus).
    Divers
    Par ailleurs, les évêques ont élu Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille, comme leur représentant à la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE).
    L’Assemblée plénière a aussi donné son accord pour l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Mme Elisabeth de France.
    Elle a a approuvé l’inscription au propre de France de la mémoire obligatoire de Sainte Jeanne Jugan ainsi que la nouvelle traduction du martyrologe romain, la traduction de la préface de la fête de Sainte Marie Madeleine, intégrée dans le missel (22 juillet) et l’érection du sanctuaire de Saint Bonaventure en basilique mineure à Lyon.

           Retrouvez aussi les échos de l’Assemblée plénière sur le site eglise.catholique.fr
     
    « Les clefs de l’Eglise »
    Une présentation des sujets de l’Assemblée plénière par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la CEF et Porte-parole

    La présentation de la synthèse du synode par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Présentation des enjeux de la réforme des structures de la CEF par Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF
    « Nos évêques se confient »
    Les évêques de France se réunissent deux fois par an, en assemblée plénière, à Lourdes, haut-lieu de spiritualité de l’Eglise universelle. Qu’ils aient été consacrés évêques il y a quelques mois ou qu’ils exercent depuis de longues années, ce rendez-vous est un moment incontournable de partage, de réflexion et de prière en commun. Quel regard portent-ils sur l’assemblée plénière ? Réponses en vidéo.
    Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
    Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix
    Mgr Georges Soubrier, évêque émérite de Nantes

    Discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la CEF
    Discours d’ouverture du vendredi 3 novembre

    Discours de clôture du mercredi 8 novembre
    Les homélies
    Dimanche 5 novembre (messe télévisée) par Mgr Georges Pontier

    Mardi 7 novembre par le cardinal André Vingt-Trois
    Les coulisses de la messe télévisée  
    Voir la vidéo

     


  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • Discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques de France – Novembre 2017

    3 novembre 2017 : Ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France. présidence de la Conférence épiscopale des évêques de France : Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président et Mgr Pierre-Marie CARRE, archevêque de Montpellier, vice-président. Lourdes (65), France.
    L’assemblée plénière qui s’achève nous a permis de vivre des moments fraternels, riches et profonds. C’est un moment fort de l’exercice de notre collégialité épiscopale : nous avons prié ensemble, célébré l’eucharistie. Nous avons porté dans la prière ceux qui sont confiés à notre ministère ainsi que notre pays confronté à des défis bien divers. Notre ministère nous met en contact avec les diverses composantes de la société et souvent avec ceux qui rencontrent le plus de difficultés. De nombreux chrétiens sont engagés avec d’autres à leur côté. Une fois encore notre attention a été attirée sur la population de personnes d’origine roumaine, ballotées d’un lieu à l’autre, sans que des propositions de logement plus dignes leur soient faites. Ils sont même ici ou là l’objet de violences verbales ou physiques inacceptables. Leurs projets comme leurs progrès dans l’intégration dans notre pays sont ainsi sans cesse réduits à zéro et tout est à recommencer. Nous n’ignorons pas la complexité de cette situation. Des différences culturelles, des conditions sanitaires dangereuses, des proximités difficiles dans la durée conduisent à des incompréhensions profondes qui empêchent de voir les possibilités réelles de trouver des solutions réalistes et raisonnables. Nous dénonçons les manques de respect de ces personnes et nous invitons les pouvoirs publics à s’engager dans la proposition de solutions pérennes et dignes. Nous remercions et encourageons ceux qui s’engagent à leur côté dans un esprit de service et le désir vrai de les accompagner sur un chemin d’intégration.
    Notre prière a rejoint ceux qui aujourd’hui se préparent à être prêtres dans les séminaires de France. Nous avons pris un temps long pour réfléchir à leur formation et à l’élaboration d’une future « Ratio Nationalis ». Si l’état des lieux nous a mis devant la réalité de la baisse du nombre des vocations et de la situation de certains de nos séminaires, nous avons aussi rendu grâce pour les séminaristes de nos diocèses et nous voulons remercier les formateurs qui, jour après jour, sont donnés à la tâche enthousiasmante de former les prêtres que Dieu nous donne.
    Tournés vers l’avenir, après avoir écouté Monseigneur Patron Wong, nous avons étudié la « Ratio Fundamentalis » et avons décidé d’avancer dans les réformes nécessaires de nos séminaires. Prenant en compte le caractère désormais obligatoire de la propédeutique, nous étudierons les points de passages incontournables de cette année. Après un premier travail entre formateurs et Évêques, nous reprendrons cette question à partir du texte de base d’une Ratio Nationalis qui nous sera proposée.
    « La publication de cette nouvelle Ratio est destinée à donner un nouvel élan, y compris à la pastorale des vocations, en posant un acte de foi ». Son idée de fond est que les Séminaires puissent « former des disciples missionnaires « passionnés » pour le Maître, des pasteurs ayant « l’odeur des brebis », qui vivent au milieu d’elles pour les servir et leur apporter la miséricorde de Dieu.  Cette formation intégrale qui tient compte de toutes les dimensions du séminariste, l’amène à faire partie, avec l’ordination, de la « famille » du presbyterium, au service d’une communauté concrète. »*
    Notre attention aux jeunes générations a été stimulée par l’approche du synode des évêques à Rome en octobre prochain. La synthèse des réponses au questionnaire reçu nous a décrit une génération en recherche de sens, soucieuse d’avoir des repères, généreuse aussi dans ses engagements. Nous n’oublions pas que ces jeunes sont divers ; que si certains ont une vie relativement facile, d’autres sont marqués par le handicap, les difficultés à trouver un travail, la fragilité des liens familiaux. Nous voulons redire à tous qu’ils sont le présent de notre Église et la richesse de notre société. Nous les exhortons à prendre toute leur place dans nos communautés, à avoir l’audace d’affirmer leur foi paisiblement dans la recherche d’un dialogue qui sera toujours fécond. Avec le Pape François, nous leur renouvelons notre confiance : ils sont les piliers d’un monde à venir où le respect de la création et de l’autre seront des réalités tangibles.
    L’actualisation des structures de la conférence des évêques est devenue une tâche nécessaire, onze ans après la publication des statuts qui la régissent. Les réalités changent si vite aujourd’hui dans la société comme dans l’Église. Il s’agit là d’une tâche qui dépasse l’objectif organisationnel. L’évangélisation est l’horizon de l’Église. Notre mission d’évêques diocésains s’exerce pour ce service. La conférence épiscopale est ce lieu où nous portons ensemble notre mission. Nous nous soutenons pour toute la part qui le nécessite. Ainsi sommes-nous entrés dans ce travail par un partage sur notre collégialité qui trouve sa source dans notre ordination épiscopale, qui nous associe à la vie et aux besoins de toutes les Églises, en communion avec le Saint Père. Les conférences épiscopales sont données pour permettre aux évêques d’une même nation de se concerter, de se donner les moyens nécessaires pour le bon exercice de la charge de chacun. Les défis de la mission ne sont pas contenus dans les frontières de chaque diocèse. Ils les débordent de toute part. Déjà la province permet un premier niveau de collaboration proche du terrain. Celui du pays nous situe à l’intérieur des réalités culturelles, sociétales et législatives communes et permet de se donner les moyens d’expertises ou les soutiens pastoraux que chacun ne peut trouver localement. Cette session nous a permis de rentrer dans ces perspectives, de définir l’objet précis qui nous occupe et de dessiner l’esprit dans lequel nous voulons aller ensemble. Du travail reste encore à accomplir. Il faudra préciser les priorités qui nous apparaissent pour aujourd’hui et en fonction d’elles, organiser les structures pertinentes pour les mettre en œuvre. L’équipe chargée de conduire cette réflexion va poursuivre son travail et nous guidera dans les prochaines assemblées. Ainsi pourrons-nous ensemble nous accorder sur les objectifs de fond comme sur les moyens que nous souhaitons mettre pour les atteindre. C’est un appel à avancer ensemble, à être attentifs aux réalités diverses de nos diocèses, aux besoins de chacun, aux répercussions de la vie des uns sur celles des autres. Nous sommes invités au souci des autres Églises, celles de notre pays et celles du monde entier. C’est ensemble que nous avançons. L’humilité, l’ouverture aux autres, la collaboration, la confiance, la complémentarité, l’écoute commune de ce que dit aujourd’hui l’Esprit à nos Églises sont à la racine de notre travail commun. Nous remercions tous ceux et celles qui nous aident aujourd’hui tant au secrétariat général que dans les divers services de la conférence. Leur travail nous est indispensable.
    Le témoignage de Mgr Mirkis, archevêque de Kirkouk et Souleymanié a été un moment particulièrement fort de notre assemblée. Son témoignage sur la situation en Irak, sa perception des enjeux, la place, la vie des chrétiens dans cette région du monde, tout cela nous a touchés en deçà toutefois d’une réalité bien plus dure et inconcevable pour nous. Son courage apostolique est une leçon pour nous. Il est habité par l’amour de son peuple, de son pays, de ses fidèles et bien au-delà. L’avenir des jeunes et avec lui, celui du pays inspire ses initiatives. Il ne regarde pas ce qui sépare ou divise mais bien ce qui remet debout, ce qui permet de tenir. Son initiative pour les étudiants que nous avons soutenue bien modestement est au service de l’avenir du pays, de l’avenir de ces jeunes et de celui de la communauté chrétienne. Pour rester là-bas, il faut avoir un projet porteur d’avenir. Il leur a offert la possibilité de poursuivre leurs études en ce temps de guerre. Il leur a donné d’expérimenter la vie ensemble, chrétiens, yézidis, musulmans sunnites et chiites.  Cette expérience est une semence d’avenir pour le pays. Tout ce qui favorise la rencontre, la culture, l’éducation est indispensable pour vaincre les peurs, les préjugés, les caricatures. Plus encore, Mgr Mirkis nous a montré trop brièvement comment les chrétiens traversent de telles épreuves unis au Christ, réconfortés par Lui, sauvés par Lui de la haine, de la peur, de la violence. N’a -t-il pas fait référence à cette phrase de Jésus à ses disciples, rapportée par l’évangéliste Jean au chapitre seizième de son évangile : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agissent ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. » Quelle lumière ! Quel réconfort ! Il est des moments où les évènements exigent du croyant des choix lumineux, crucifiants, mais signes de la profondeur de la confiance en Christ et en son évangile. C’est ce courage-là qui permet à cette communauté chrétienne de tenir, de chanter sa confiance en Dieu et de croire en un avenir possible. A plusieurs moments de l’assemblée, nous avons évoqué la situation des chrétiens d’un occident marqué par la sécularisation profonde, l’absence de Dieu, la perte du sens de la dignité de tout homme, la soumission exacerbée aux désirs individuels. Ici aussi, nous ne pourrons pas exister sans des choix de vie en rupture avec ceux qu’une culture dominante impose comme libérateurs, au nom d’une conception d’une égalité qui ne se déploie qu’en certains domaines de la vie. Oui, nous devons choisir la défense de la vie, le témoignage d’une vie de famille solide, le refus du repli identitaire, un mode de vie sobre, libre par rapport à la course à toujours plus d’argent, à l’égoïsme. Notre foi en Dieu nous pousse à trouver notre liberté dans le fruit de sa rencontre plutôt que dans la possession des biens matériels ou la soumission à nos insatiables désirs. Elle nous pousse aussi à avoir le courage de refuser de poser des actes que notre conscience refuse.
    Grâce aux interventions des Évêques de rites orientaux, nous avons entendu l’histoire de ces peuples arméniens, libanais, ukrainiens qui les a conduits à l’exil, sans oublier les fidèles d’autres Églises orientales. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent mais sont marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères au titre supplémentaire de la foi en Christ. Leur accueil, leur présence est une richesse pour nous. Leur témoignage de foi intense nous interpelle. Notre fraternité les réconforte.
    Avant de conclure je voudrais exprimer notre reconnaissance à Mgr Nicolas Brouwet pour l’excellent accueil que nous trouvons ici à Lourdes, pour ceux qui sont à notre service et pour la générosité des sanctuaires à notre égard.
    Nous allons repartir dans nos diocèses. Nous continuerons à servir la communion et la mission dans nos Églises diocésaines. Nous vivrons d’une manière autre la communion entre nous par le souci les uns des autres, la charité et la prière. Le 19 Novembre, nous vivrons la Journée mondiale des pauvres, telle que le Pape François l’a demandé à toute l’Église. Nous savons bien que c’est le souci des plus pauvres qui nous garde de nous replier sur nous-mêmes. Par leur fréquentation, souvent le Seigneur vient à nous, nous décentre, élargit l’espace de notre tente, adoucit nos cœurs et prépare en nous cet amour dont l’aimerons toujours.
    Je voudrais terminer en reprenant un extrait de la lecture faite ici-même hier à l’office des Vêpres. Elle est tirée de la lettre aux Romains au chapitre douzième : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon : priez avec persévérance. »
    * extraits de l’introduction de la Ratio et de la première conférence de Mgr Patron Wong)
    +Mgr Georges Pontier,
    Archevêque de Marseille
    Président de la Conférence des évêques de France


  • 50 ans du Renouveau à Josselin

    Plus de 800 personnes ont participé, le dimanche 8 octobre, à Josselin, au rassemblement jubilaire des groupes de prière du Renouveau charismatique et des communautés nouvelles de Bretagne et de Vendée.

    8 événement
    8 événement

    « Pour tous ceux qui n'ont pu aller à Rome, en juin, au rassemblement international autour du pape, nous fêtons ici les 50 ans de ce « courant de grâce » comme l'appelle le pape François », annonce le père Jean-Baptiste Alsac, modérateur du Verbe de Vie de la Maison de Josselin, responsable de l'organisation du rassemblement des groupes du Renouveau charismatique, le 8 octobre.
    Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, assistait dès le matin aux témoignages, puis il a célébré la messe. « Alors que nous sommes réunis pour célébrer le jubilé des 50 ans du Renouveau charismatique, nous voulons rendre grâce au Seigneur, le remercier pour ses dons, lui demander de venir en nos cœurs. » Le vicaire général de Quimper, l'abbé Alain Guellec, représentait son évêque, Mgr Laurent Dognin : « Le Renouveau fait partie des groupes d'Église qu'on accompagne et encourage, car il participe à la mission de l'Église, qui est de permettre à des personnes loin de la Foi de découvrir le Christ. On ne peut que se réjouir. Le Renouveau met la grâce au service de tous. »

    Laurent Gay, « rescapé de Dieu », ancien drogué devenu missionnaire au service des établissements scolaires et de tous ceux qui l'appellent, a apporté son témoignage de vie. Aujourd'hui marié et père de deux enfants, il sillonne la France pour porter le message d'espérance, de foi, d'amour de Dieu et faire de la prévention auprès des jeunes. « Dieu m'a sauvé la vie. Depuis, j'ai de la compassion pour ceux qui ne Le connaissent pas. Je veux les aider à découvrir l'amour de Dieu, les aider à découvrir les rêves que Dieu va leur permettre d'accomplir. »
    Parmi les Costarmoricains, les communautés du Chemin neuf, de l'Emmanuel, le Village Saint-Joseph et les groupes de prière du Renouveau de Lannion, d'Yffiniac, de Dinan… sont venus en nombre. 70 membres du foyer de charité de Tressaint (sur 81 !) ont fait le déplacement : « Comme foyer de charité, nous faisons partie de ceux qui ont expérimenté la grâce de l'Esprit-Saint avant le Renouveau, puisque nous avons été fondés en 1936, avec Marthe Robin. Notre identité, c'est la vie dans l'Esprit qui nous a renouvelés et qui renouvelle notre vie communautaire. Marthe nous a apporté une nouvelle Pentecôte d'amour », explique Honorine Grasset. Pour l'occasion, des membres du Village Saint-Joseph ont même vendu des objets de leur artisanat.

    Isabelle Claquin,
    pour Église en Morbihan

    Légende photo : L'animation musicale était assurée, le matin, par le groupe de prière de Lannion.


mardi 7 novembre 2017

  • Eglise en Côtes d'Armor - Novembre 2017

    Éditorial [1]

    Calendrier de Mgr Denis Moutel

    Infos officielles

    • Nominations
      Par décision de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, à partir du 1er octobre 2017, l'abbé Albert Wanso - avec l'accord de Mgr Barthélémy Yaouda Hourgo, évêque de Yagoua (Cameroun) - est nommé comme prêtre « Fidei Donum » au service des paroisses de Lannion et Pleumeur-Bodou.

    Dans le souffle du synode

    Événement

    • Benoît Rault, nouveau diacre à Lannion
    • Journée mondiale des pauvres
    • Jubilé du Renouveau
    • Découvrir Madeleine Delbrel
    • Consacrés et engagés Sœur Anne-Cécile Madohonan
    • Réenchanter l'école : Soigner le climat scolaire

    Témoignage

    • Philippe Mac Leod, écrivain et poète

    La vie dans le diocèse

    Dossier

    • Église et crémation

    Zoom

    • Lexique des termes ecclésiaux
    • Les fêtes chrétiennes
    • La mémoire des défunts

    Mémoire

    • Le monument aux morts de Pleumeur-Bodou

    Infos, intentions,


    [1] en ligne à partir du 20 novembre


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Le monde a besoin du dynamisme des jeunes

    Le Pape François a convoqué un Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » Il se tiendra à Rome, en octobre 2018. Ce Synode concerne tous les jeunes de 16 à 29 ans, chrétiens ou non, de tous les continents.
    Le Pape, au nom de l’Église Catholique, veut dire à ces jeunes qu’ils sont attendus et que le monde a besoin de leur dynamisme, de leur générosité, de leur engagement pour plus de fraternité. Il veut aussi leur signifier qu’il entend leurs inquiétudes et que l’Église est disponible pour les épauler alors que l’avenir est incertain et qu’ils peinent parfois à donner un sens à leur vie, à oser l’engagement. Ce monde, en effet, s’il est passionnant et rempli de richesses, est instable et traversé par bien des peurs. Aussi, il souhaiterait dire aux jeunes que l’Église peut leur offrir une boussole pour ne pas se perdre : le Christ et son Évangile de Vie.
    Alors le Pape invite les jeunes et ceux qui les accompagnent à faire un bout de chemin avec l’Église dont il est le pasteur. C’est l’étymologie du mot « Synode » : faire chemin ensemble ! De janvier à juin 2017, les responsables de la Pastorale des jeunes du monde entier ont été consultés afin de lui présenter les 16-29 ans et lui décrire ce qu’ils vivaient avec eux. Les jeunes eux-mêmes lui ont exprimé leurs questions, leurs désirs et ce qu’ils attendaient de l’Église Catholique grâce à une consultation mise en ligne. Ils seront 300 de tous les continents, en mars prochain, réunis à Rome pour un temps préparatoire au Synode.
    Toute cette riche consultation, lors du Synode, permettra aux évêques délégués par leur conférence épiscopale de réfléchir à la manière dont l’Église pourra faire découvrir aux jeunes qu’ils sont aimés de Dieu en ce temps qui est le nôtre, appelés par Lui à donner du sens à leur vie en se mettant au service de leurs frères, à la suite du Christ.
    « Je souhaite vous rappeler les paroles que Jésus dit un jour aux disciples qui lui demandaient : « Maître, où habites-tu ? ». Il répondit : « Venez et voyez » (Jn 1, 38-39). Vers vous aussi Jésus tourne son regard et vous invite à aller chez lui. Chers jeunes, avez-vous rencontré ce regard ? Avez-vous entendu cette voix ? Avez ressenti cette ardeur à vous mettre en route ? (…) Cet appel continue à résonner dans votre âme pour l’ouvrir à la joie complète. »[1]
    +Laurent PERCEROU
    Évêque de Moulins
    Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes

    Le dossier de presse avec la synthèse nationale française du questionnaire adressé aux jeunes se trouve
    en téléchargement en bas de page


  • Eglise en périphérie 3/6 : Salvert, cela veut dire sauvé !
    Salvert est une communauté qui tisse du lien en périphérie. Et quel tissage ! Le hameau de Salvert abrite en effet 20 hectares d'une belle diversité : une communauté de 27 religieuses, une maison d'enfants à caractère social, une école Montessori, des mineurs étrangers isolés, et au « Château » des (...)

  • Action de communication nationale sur le Denier

    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
    Sous l’impulsion des évêques, l’action nationale de communication qui commencera dès la fin décembre 2017 est le fruit d’un travail engagé depuis 4 ans. Elle est le résultat d’une action concertée et validée pas à pas.


  • Action de communication nationale sur le Denier

    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
    Sous l’impulsion des évêques, l’action nationale de communication qui commencera dès la fin décembre 2017 est le fruit d’un travail engagé depuis 4 ans. Elle est le résultat d’une action concertée et validée pas à pas.


  • Action de communication nationale sur le Denier

    En 2016, le Denier (et autres dons assimilés) progresse de 1,1% : le montant total collecté est de 254 534 702 €. Les dons dits «ISF» s’élèvent à plus de 9 millions d’euros et représentent 4% de ces dons. Le don moyen passe de 217 € à 226 €. Le nombre de donateurs continue à baisser et passe à 1 128 000 donateurs, soit 40 000 de moins par rapport à 2015
    Sous l’impulsion des évêques, l’action nationale de communication qui commencera dès la fin décembre 2017 est le fruit d’un travail engagé depuis 4 ans. Elle est le résultat d’une action concertée et validée pas à pas.


  • Vient de paraître : "Pour une existence spirituelle" - Henri Laux, sj
    Éditions Facultés Jésuites de Paris (novembre 2017) C'est toute l'existence qui est appelée à devenir spirituelle. Telle est la proposition de ce livre. Le spirituel caractérise une manière d'être dans la durée, celle qui recherche la décision libre, la justesse de l'action et de la relation, l'ouverture (...)

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