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mardi 17 octobre 2017

  • 17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère

    Ce 17 octobre 2017 marque les 60 ans de la création d'ATD-Quart Monde par le père Joseph Wresinski. Chaque année, à cette date, est célébrée la Journée mondiale du refus de la misère. Une cérémonie solennelle se déroulera à 16h30, place des Droits de l'Homme à Saint-Brieuc, en présence de la maire Marie-Claire Diouron. Explications avec le diacre Jean-Claude Lemercier, délégué épiscopal à la diaconie de l'Eglise.

    - Vous avez travaillé durant quelques années auprès du père Joseph Wresinski, que pourriez-vous dire de sa pensée ?

    Joseph Wresinski est un prêtre diocésain français. Il a fondé le Mouvement des Droits de l'Homme Agir Tous pour la Dignité ATD Quart Monde. Deux situations ont fait de lui cet initiateur de la lutte contre la misère : son origine sociale et son attachement au Christ.
    Le père Joseph, comme je l'appelais, a vécu la misère durant son enfance. Il servait la messe le matin chez les sœurs du Bon Pasteur, à Angers, pour avoir une soupe. Il a travaillé comme apprenti pâtissier et très vite a rejoint la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), puis il est entré au séminaire. Ce n'est pas une philosophie que le père Joseph a acquis. C'est une spiritualité qui s'enracine dans une vie partagée, à travers la reconnaissance d'un peuple : celui du quart monde, avec son histoire, sa fierté, son espérance. Cet enracinement s'inscrit à la suite du Christ. Sa pédagogie est celle du compagnonnage avec les plus pauvres. Je l'entends encore me dire : si tu discutes avec une personne et qu'une plus pauvre vous croise, quitte la première et va rejoindre la seconde. Le père Joseph a fondé un mouvement interconfessionnel, inter politique. Il croyait à une communauté de destin, dont les personnes les plus pauvres seraient le centre, le cœur du dispositif. Le père Joseph voulait que les familles du quart monde montent les marches de l'ONU, du Vatican, de l'Elysée. C'est aujourd'hui une référence dans la lutte contre la pauvreté, pour l'accès à l'école, au travail, aux soins, au logement, à la culture pour tous. Outre « les pauvres sont l'Eglise (1) » il a écrit « Heureux, vous les pauvres !(2) » et encore « Les pauvres, rencontre du vrai Dieu (3) » .
    Le jour de mon ordination diaconale, le 17 octobre 2004, nous avons lu les strophes du père Joseph à la gloire du quart monde de tous les temps que nous redisons chaque 17 octobre lors de la Journée mondiale de refus de la misère.

    - En quoi est-il important de remettre la question des pauvres au cœur du débat ?

    Cela oblige la société à prendre soin des plus fragiles de ses membres. Une société qui ne prendrait pas cette responsabilité ne peut pas s'inscrire dans le développement durable de l'homme, comme nous l'a écrit le pape. Prendre soin des pauvres pour une société c'est grandir en humanité. « Liberté égalité fraternité » prend alors tout son sens. Sinon, je crains que la violence ne prenne la place. Si nous apprenons des plus pauvres, nous touchons tout le monde. Si nous ne décidons pas des choix de société en prenant en compte les plus pauvres, nous aurons toujours des oubliés.

    1 Les pauvres sont l'Eglise. Entretiens entre le père Joseph Wresinski et Gilles Anouil – Joseph Wresinski, Cerf § Editions quart monde, Paris, 2011, 247 p
    2 Heureux vous les pauvres ! , Joseph Wresinski. Cana, coll. L'Evangile lu par les plus pauvres, Paris, 1984, 293p.
    3 Les pauvres, rencontre du vrai Dieu, Joseph Wresinski. Cerf/Sciences et Service, Paris, 1986, 158 p.

    Sur la photo : Dalle apposée le 17 octobre 2011 place des Droits de l'Homme à Saint-Brieuc.


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lundi 16 octobre 2017

  • Commentaires du dimanche 22 octobre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 22 octobre 2017
    29éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre d’Isaïe 45,1-6
    1 Ainsi parle le SEIGNEUR à son messie, à Cyrus,
    qu’il a pris par la main,
    pour lui soumettre les nations et désarmer les rois,
    pour lui ouvrir les portes à deux battants,
    car aucune porte ne restera fermée :
    4 « A cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu,
    je t’ai appelé par ton nom,
    je t’ai donné un titre,
    alors que tu ne me connaissais pas.
    5 Je suis le SEIGNEUR, il n’en est pas d’autre :
    hors moi, pas de Dieu.
    Je t’ai rendu puissant,
    alors que tu ne me connaissais pas,
    6 pour que l’on sache, de l’Orient à l’Occident,
    qu’il n’y a rien en dehors de moi. »
    Je suis le SEIGNEUR, il n’en est pas d’autre

    PAROLE DU SEIGNEUR AU ROI CYRUS
    Quand Isaïe écrit ce texte, les Juifs sont en exil à Babylone depuis presque cinquante ans ; depuis que, en 587, les armées de Nabuchodonosor ont conquis Jérusalem, pillé et dévasté le Temple et emmené comme prisonniers de guerre les survivants encore valides. Et voici que, de toute la région, parviennent les bruits des conquêtes du nouveau maître du monde, Cyrus, le roi de Perse. Or, curieusement, ces bruits sont une bonne nouvelle pour les Juifs déportés à Babylone : tout le monde sait que bientôt toute la région appartiendra à ce nouvel empereur Cyrus à qui rien ne résiste.
    Tout le monde sait aussi, car c’est assez inhabituel pour impressionner les foules, que contrairement à tous les autres souverains du temps, celui-là pratique une politique humanitaire : il laisse la vie sauve aux vaincus, ne dévaste pas, ne pille pas, ne déplace pas les populations ; dans tous les pays qu’il conquiert, il rencontre des populations déplacées par les vainqueurs : (c’est le cas des Juifs exilés à Babylone par Nabuchodonosor) ; à chaque fois, il les renvoie dans leur pays, leur rend les biens volés par les conquérants précédents et leur donne même les moyens de reconstruire leur pays. Sans doute a-t-il compris qu’un empereur a tout intérêt à être le maître de peuples heureux.
    C’est dans ce contexte qu’Isaïe prononce cette prophétie qui sonne comme une extraordinaire profession de foi : il commence par dire « Ainsi parle le SEIGNEUR à son messie, à Cyrus » : en réalité, il ne parle pas directement à Cyrus lui-même qui ne lira jamais le livre d’un obscur prophète juif : plus vraisemblablement, le message d’Isaïe est adressé aux exilés pour leur redonner espoir, un espoir qui repose sur deux convictions :
    Première conviction, Dieu reste fidèle à son Alliance, il n’abandonne pas son peuple élu : c’est le sens de l’expression « A cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu ». N’oublions pas que cette phrase est prononcée au moment même où on aurait toutes les raisons d’en douter. Si Israël peut être tombé aussi bas, avoir tout perdu, non seulement son indépendance politique, mais pire sa liberté, sa terre, son Temple, son roi… on peut quand même se demander si Dieu n’a pas abandonné son peuple… et certains se le demandent. C’est pour eux justement que le prophète Isaïe proclame de toutes ses forces « Jacob est toujours le serviteur de Dieu, Israël est toujours son élu ».
    DIEU, LE SEUL SEIGNEUR
    Deuxième conviction, Dieu reste le maître des événements : « Je suis le SEIGNEUR, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu ». Traduisez Cyrus, lui-même, le grand roi païen, est dans sa main : les expressions « donner un titre », « prendre par la main », « ouvrir les portes à deux battants » sont des allusions aux rites du sacre des rois : effectivement, le jour de son sacre, le nouveau roi recevait le nom de fils de Dieu, puis l’onction d’huile ; désormais il était dans la main de Dieu ; pour entrer dans la salle du trône, les portes s’ouvraient, symbole de toutes les portes des villes ennemies qui céderaient bientôt devant lui. Isaïe multiplie les allusions au sacre des rois d’Israël comme si Dieu lui-même avait choisi et sacré Cyrus comme roi à son service. Mais c’est Dieu qui garde l’initiative.
    Ce texte n’est donc pas, malgré les apparences, une hymne à la gloire du roi Cyrus. On pourrait dire, au contraire, qu’il le remet à sa place ! Car la tentation d’idolâtrie était réelle en milieu babylonien. Et ce même chapitre 45 d’Isaïe comporte d’autres vigoureuses mises en garde contre l’idolâtrie et l’affirmation répétée que Dieu est Unique. C’est donc précisément au moment où Cyrus vole de victoires en victoires qu’Isaïe rappelle au peuple juif que Dieu est le seul Seigneur véritable ; Cyrus lui-même est dans sa main : Dieu saura faire tourner le succès de ce roi païen au profit de son peuple élu. Et ce roi païen ne saura même pas lui-même qu’il sert bien involontairement les projets de Dieu ; Isaïe insiste bien : « A cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas… Je t’ai rendu puissant alors que tu ne me connaissais pas ». A la limite la phrase est écrite de telle manière que le peuple élu semble le plus important, lui qui est pourtant dans une situation apparemment désespérée.
    Mais c’est cela la foi du prophète justement : l’espoir qui repose sur ces deux convictions peut se traduire : « Puisque Dieu reste le maître et qu’il ne vous oublie pas, alors gardez courage ! De cette domination, de cette botte étrangère, Dieu saura faire sortir du bien. Aucun pouvoir humain, si grand soit-il, ne résiste à Dieu ».
    On connaît la suite : l’avenir a donné raison à Isaïe ; Cyrus a effectivement conquis Babylone en 539. Il a autorisé les Juifs, dès 538, à rentrer à Jérusalem, en leur rendant les biens volés par Nabuchodonosor et en leur donnant une subvention pour reconstruire le Temple de Jérusalem.
    Dernière remarque : Cyrus est appelé « messie » parce qu’il a été choisi par Dieu pour libérer son peuple. Il n’est pourtant ni roi, ni prêtre, ni prophète en Israël, mais le plus important c’est l’oeuvre qu’il accomplit. On peut en déduire que chaque fois que quelqu’un agit dans le sens d’une libération véritable des hommes, il accomplit l’oeuvre de Dieu.
    ———————————
    Compléments à Isaïe 45
    On ne peut quand même pas dire que l’histoire se répète toujours ! Un prophète juif a pu aller jusqu’à dire qu’un roi d’Iran était le Messie ! Les temps ont bien changé…
    Bien sûr, parmi les auditeurs d’Isaïe, certains ont trouvé qu’il poussait l’audace un peu loin. Cela nous vaut une superbe réplique du prophète (quelques lignes plus bas dans ce même chapitre 45) : c’est Dieu qui parle « Au sujet de l’oeuvre réalisée par mes mains, est-ce que vous me donneriez des ordres par hasard ? » (Is 45, 11).
    Insistance sur « Je suis le SEIGNEUR, il n’y a pas d’autre dieu que moi » = preuve des innombrables tentations de fausses pistes : cela est d’une brûlante actualité.

    PSAUME – 95 (96), 1.3, 4-5, 7-8, 9-10ac
    1 Chantez au SEIGNEUR un chant nouveau,
    chantez au SEIGNEUR, terre entière,
    3 racontez à tous les peuples sa gloire,
    à toutes les nations, ses merveilles !
    4 Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué,
    redoutable au-dessus de tous les dieux :
    5 néant tous les dieux des nations !
    Lui, le SEIGNEUR, a fait les cieux.
    7 Rendez au SEIGNEUR, familles des peuples,
    rendez au SEIGNEUR la gloire et la puissance,
    8 rendez au SEIGNEUR la gloire de son nom.
    Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis.
    9 Adorez le SEIGNEUR, éblouissant de sainteté :
    tremblez devant lui, terre entière.
    10 Allez dire aux nations : « Le SEIGNEUR est roi ! »
    Il gouverne les peuples avec droiture.

    COMME SI C’ÉTAIT DÉJÀ LA FIN DU MONDE
    Une espèce de frémissement, d’exaltation court sous tous ces versets. Pourquoi est-on tout vibrants ? C’est la foi qui fait vibrer ce peuple, ou plutôt c’est l’espérance… qui est la joie de la foi… l’espérance qui permet d’affirmer avec certitude ce qu’on ne possède pas encore.
    Car on est en pleine anticipation : il faut lire les derniers versets pour comprendre que ce psaume nous transporte déjà à la fin du monde, en ce jour béni où tous les peuples sans exception reconnaîtront Dieu comme le seul Dieu. Les voici : « Joie au ciel ! Exulte la terre ! Les masses de la mer mugissent, la campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du SEIGNEUR, car il vient, car il vient pour juger la terre. Il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa vérité ! » C’est ce jour-là que l’on attend, que l’on chante déjà. Imaginons un peu cette scène que nous décrit le psaume : nous sommes à Jérusalem … et plus précisément dans le Temple ; tous les peuples, toutes les nations, toutes les races se pressent aux abords du Temple, l’esplanade grouille de monde, les marches du parvis du Temple sont noires de monde, la ville de Jérusalem n’y suffit pas… aussi loin que porte le regard, les foules affluent… il en vient de partout, il en vient du bout du monde. Et toute cette foule immense chante à pleine gorge, c’est une symphonie ; que chantent-ils ? « Dieu règne ! » C’est une clameur immense, superbe, gigantesque… Une clameur qui ressemble à l’ovation qu’on faisait à chaque nouveau roi le jour de son sacre, mais cette fois, ce n’est pas le peuple d’Israël qui acclame un roi de la terre, c’est l’humanité tout entière qui acclame le roi du monde : « Il est grand, le SEIGNEUR, hautement loué, redoutable » (toutes ces expressions sont empruntées au vocabulaire de cour).
    QUAND LE MONDE ENTIER ENTRE DANS LA FÊTE
    En fait, c’est beaucoup plus encore que l’humanité : la terre elle-même en tremble. Et voilà que les mers aussi entrent dans la symphonie : on dirait qu’elles mugissent. Et les campagnes entrent dans la fête, les arbres dansent. A-t-on déjà vu des arbres danser ? Et bien oui, ce jour-là ils dansent !
    Bien sûr, si on y réfléchit, c’est normal ! Les mers sont moins bêtes que les hommes ! Elles, elles savent qui les a faites, qui est leur Créateur ! Elles mugissent pour Lui, elles l’acclament à leur manière. Les arbres des forêts, eux aussi, sont moins bêtes que les hommes : ils savent reconnaître leur Créateur : parmi des tas d’idoles, de faux dieux, pas d’erreur possible, les arbres ne s’y laissent pas prendre.
    Les hommes, eux, se sont laissé berner longtemps… Il suffit de se rappeler l’insistance d’Isaïe dans notre première lecture de ce vingt-neuvième dimanche pour dire « Je suis le SEIGNEUR, il n’en est pas d’autre ; hors moi, pas de Dieu ». Ce qui prouve que, du temps d’Isaïe, l’idolâtrie, sous une forme ou sous une autre n’était pas loin ! On entend ici cette même pointe contre l’idolâtrie : « néant tous les dieux des nations ». Il est incroyable que les hommes aient mis si longtemps à reconnaître leur Céateur, leur Père… qu’il ait fallu leur redire cent fois cette évidence que le Seigneur est « redoutable au-dessus de tous les dieux » ; que « c’est LUI, le Seigneur, (sous-entendu « et personne d’autre ») qui a fait les cieux ».
    Mais cette fois c’est arrivé ! Et on vient à Jérusalem pour acclamer Dieu parce qu’enfin on a entendu la bonne nouvelle ; et si on a pu l’entendre c’est parce qu’elle était clamée à nos oreilles depuis des siècles ! Oui, « de jour en jour, Israël avait proclamé son salut »… de jour en jour Israël avait raconté l’oeuvre de Dieu, ses merveilles, traduisez son oeuvre incessante de libération… de jour en jour Israël avait témoigné que Dieu l’avait libéré de l’Egypte d’abord, puis de toutes les sortes d’esclavage : et le plus terrible des esclavages, c’est de se tromper de Dieu, c’est de mettre sa confiance dans de fausses valeurs, des faux dieux qui ne peuvent que décevoir, des idoles…
    LA VOCATION DES CROYANTS
    Israël a cette chance immense, cet honneur inouï, ce bonheur de savoir et d’être chargé de dire que notre Dieu, est le seul Dieu ; comme le dit la profession de foi juive, le « Shema Israël » : « Ecoute Israël, le SEIGNEUR ton Dieu est le SEIGNEUR UN ». C’est le mystère de la vocation d’Israël dont on n’a pas fini de s’émerveiller ; comme le dit le livre du Deutéronome : « A toi, il t’a été donné de voir, pour que tu saches que c’est le SEIGNEUR qui est Dieu : il n’y en a pas d’autre. » (Dt 4,32). Mais le peuple choisi n’a jamais oublié que s’il lui a été donné de voir, c’est pour qu’il le fasse savoir.
    Et alors, enfin, la bonne nouvelle a été entendue jusqu’aux extrémités de la terre… et tous se pressent pour entrer dans la Maison de leur Père.
    Nous sommes là en pleine anticipation ! En attendant que ce rêve se réalise, le peuple d’Israël fait retentir ce psaume pour renouveler sa foi et son espérance, pour puiser la force de faire entendre la bonne nouvelle dont il est chargé.

    DEUXIEME LECTURE – lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 1, 1 – 5
    1 Paul, Silvain et Timothée,
    à l’Église de Thessalonique
    qui est en Dieu le Père
    et dans le Seigneur Jésus Christ.
    À vous, la grâce et la paix.
    2 À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous,
    en faisant mémoire de vous dans nos prières.
    3 Sans cesse, nous nous souvenons
    que votre foi est active,
    que votre charité se donne de la peine,
    que votre espérance tient bon
    en notre Seigneur Jésus Christ,
    en présence de Dieu notre Père.
    4 Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu,
    vous avez été choisis par lui.
    5 En effet, notre annonce de l’Évangile
    n’a pas été, chez vous, simple parole,
    mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude.

    LE PREMIER ÉCRIT CHRÉTIEN
    Voilà le premier écrit chrétien ! Nous avons tellement l’habitude de voir les évangiles figurer en tête du Nouveau Testament que nous risquons d’oublier qu’ils sont postérieurs aux lettres de Paul. La Première lettre aux Thessaloniciens date d’une vingtaine d’années seulement après la Résurrection du Christ ; et on a donc là les premières affirmations de la prédication chrétienne. C’est la première fois qu’on essaie de formuler par écrit cette découverte inouïe du mystère de Jésus-Christ. Nous sommes vers l’année 50 et, déjà, l’évangile est annoncé très loin de Jérusalem ! Thessalonique est en Europe, au Nord de la Grèce, dans cette région qu’on appelle la Macédoine ; mais avant d’arriver jusque-là, Paul a déjà eu le temps de fonder des communautés dans tout le Sud, le centre et même la côte Ouest de la Turquie.
    C’est par les Actes des Apôtres qu’on sait comment les choses se sont passées ; Paul était en mission sur la côte ouest de la Turquie, quand une nuit, il a eu une vision : un Macédonien le suppliait de venir chez eux : « Passe en Macédoine, viens à notre secours ». Et Luc qui était du voyage raconte : « A la suite de cette vision, nous avons immédiatement cherché à partir pour la Macédoine, car nous étions convaincus que Dieu venait de nous appeler à y annoncer la Bonne Nouvelle » (Ac 16,10).
    PAUL, SILVAIN ET TIMOTHEE EN EUROPE
    Voilà donc nos missionnaires (Paul, Luc et Silas) sur la côte grecque ; la ville de Philippes est leur première étape (nous lisions ces temps-ci la lettre aux Philippiens) et vous savez que cela a failli très mal se terminer : d’abord bien accueillis, ils ont bientôt été accusés de troubler l’ordre public, battus et jetés en prison ; un providentiel tremblement de terre est passé par là et, finalement, on les a libérés en les priant de quitter la ville.
    C’est de là qu’ils sont passés à Thessalonique. Dès leur arrivée, Paul s’est adressé aux Juifs pendant l’office du samedi matin à la synagogue, et cela trois samedis de suite. D’après les Actes des Apôtres, sa prédication était toujours la même : « Pendant trois sabbats, il discuta avec eux à partir des Écritures, dont il ouvrait le sens pour établir que le Christ devait souffrir et ressusciter d’entre les morts ; il ajoutait : « Le Christ, c’est ce Jésus que moi, je vous annonce. » Le texte ajoute « Certains des Juifs se laissèrent convaincre… avec une grande multitude de Grecs qui adoraient Dieu et avec un bon nombre de femmes de notables ».
    Nous savons donc déjà de quoi est composée la communauté de Thessalonique à laquelle s’adresse cette lettre. Mais, comme d’habitude, Paul n’a pas suscité que de l’enthousiasme : toujours d’après les Actes, « Les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place publique quelques vauriens ; ayant provoqué des attroupements, ils semaient le trouble dans la ville » (Ac 17, 5), si bien que très vite il a paru plus prudent que Paul et Silas quittent la ville. Paul a donc quitté cette nouvelle communauté trop vite et est resté un moment inquiet à son sujet ; quand il écrit cette lettre que nous débutons aujourd’hui, il vient enfin d’être rassuré par Silas et Timothée qui étaient restés derrière lui en Macédoine et qui lui en rapportent d’excellentes nouvelles. Cela explique le ton particulièrement joyeux de ce début de lettre : c’est le soulagement qui suit l’inquiétude.
    « Paul, Silvain (autre nom de Silas), et Timothée, à l’Eglise de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus-Christ. A vous la grâce et la paix. A tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous ». Dès cette première phrase, on est surpris de la solennité de cette salutation : cette communauté est toute petite, et il l’appelle pompeusement « l’Eglise de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus-Christ ». Ce respect immense de Paul pour les communautés chrétiennes, même modestes, est caractéristique de toutes ses lettres. Et c’est certainement cela qui motive l’action de grâce et même la jubilation qui est elle aussi un trait dominant de tous ses débuts de lettres, même quand il n’a pas que des compliments à faire à ses correspondants. Quels que soient leurs défauts, leurs imperfections, il voit d’abord en eux l’action de Dieu.
    Ces quelques lignes contiennent déjà d’énormes affirmations théologiques ; j’en vois au moins deux :
    DIEU UN EN TROIS PERSONNES
    Premièrement, ce texte est trinitaire ; le mot « Trinité » n’y est pas bien sûr, on ne l’emploiera que plus tard ; mais Jésus est appelé « Seigneur », titre réservé à Dieu dans l’Ancien Testament, et l’action de grâce est adressée aux trois Personnes : « Nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en Notre Seigneur Jésus-Christ, en présence de Dieu notre Père… En effet, notre annonce de l’Evangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint… ».
    Deuxièmement, c’est Paul qui a prêché mais c’est l’Esprit Saint qui a agi ; voilà qui met toute prédication à sa place : quand les croyants (que ce soit Israël, les disciples de Jésus ou les Thessaloniciens), se montrent disponibles à la Parole et se laissent transformer par elle, c’est à l’Esprit de Dieu que nous le devons.

    EVANGILE – selon saint Matthieu 22, 15 – 21
    En ce temps-là,
    15 les pharisiens allèrent tenir conseil
    pour prendre Jésus au piège
    en le faisant parler.
    16 Ils lui envoient leurs disciples,
    accompagnés des partisans d’Hérode :
    « Maître, lui disent-ils, nous le savons :
    tu es toujours vrai
    et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
    tu ne te laisses influencer par personne,
    car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
    17 Alors, donne-nous ton avis :
    Est-il permis, oui ou non,
    de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
    18 Connaissant leur perversité, Jésus dit :
    « Hypocrites !
    pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
    19 Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
    Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
    20 Il leur dit :
    « Cette effigie et cette inscription,
    de qui sont-elles ? »
    21 Ils répondirent :
    « De César. »
    Alors il leur dit :
    « Rendez donc à César ce qui est à César,
    et à Dieu ce qui est à Dieu. »

    UNE QUESTION-PIÈGE
    « Est-il permis de payer l’impôt à l’empereur ? » Jésus répond en traitant les questionneurs « d’hypocrites » ! Pourquoi « hypocrites » ? Parce que cette soi-disant question n’en est pas une… Hypocrites pour deux raisons : hypocrites, premièrement, parce que cette question, il y a longtemps qu’ils l’ont résolue. A Jérusalem, où se passe la scène, il n’est pas question de faire autrement, sauf à se mettre hors-la-loi, ce qu’ils n’ont pas l’intention de faire, ni les uns ni les autres, qu’ils soient Pharisiens ou partisans d’Hérode. Payer l’impôt à l’empereur, « Rendre à César ce qui est à César », ils le font et Jésus ne leur donne pas tort.
    Mais hypocrites, aussi, deuxièmement, parce qu’ils ne posent pas une question, ils tendent un piège, ils cherchent à prendre Jésus en faute… » Et le ton faussement respectueux qui précède la question force encore le trait : « Maître, lui disent-ils, nous le savons, tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ». Toutes ces amabilités ne sont qu’un préambule pour une question-piège1 ; et ce piège-là, logiquement, Jésus ne devrait pas s’en sortir ; de deux choses l’une : ou bien il incite ses compatriotes à refuser l’impôt prélevé au profit de l’occupant romain et il sera facile de le dénoncer aux autorités, comme résistant ou même comme révolutionnaire et il sera condamné…
    ou bien il conseille de payer l’impôt et on pourra le discréditer aux yeux du peuple comme collaborateur, ce qui va bien dans le sens de ses mauvaises fréquentations… mais pire, il perd toute chance d’être reconnu comme le Messie ; car le Messie attendu doit être un roi indépendant et souverain sur le trône de Jérusalem, ce qui passe forcément par une révolte contre l’occupant romain. Et puisqu’il a prétendu être le Messie, aux yeux du peuple et des autorités religieuses, il méritera la mort, ce n’est qu’un imposteur et un blasphémateur.
    Le piège est bien verrouillé ; de toute manière il est perdu et c’est bien cela qu’on cherche : la première occasion sera la bonne pour le faire mourir ; la Passion se profile déjà à l’horizon, nous sommes dans les tout derniers moments à Jérusalem. Dans sa réponse, Jésus montre bien qu’il a compris : « Hypocrites ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? » Il n’est pas dupe du piège qu’on lui tend…
    Pourtant il est interdit de penser qu’il pourrait chercher à embarrasser ses interlocuteurs ; Jésus n’a jamais cherché à mettre quiconque dans l’embarras ou à tendre un piège à quelqu’un ; ce serait indigne du Dieu dont la lumière éclaire les bons et les méchants.
    Jésus ne répond donc pas au piège par un autre piège. Il traite la question comme une question et il y répond vraiment. Sa réponse tient en trois points : « Rendez à César ce qui est à César » … « Ne rendez à César que ce qui est à César » … « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ».
    « RENDEZ À CÉSAR CE QUI EST À CÉSAR »
    Premièrement, « Rendez à César ce qui est à César », y compris en payant l’impôt. C’est tout simplement reconnaître que César est actuellement le détenteur du pouvoir, ce qui est la pure vérité. Rien à voir avec de la servile collaboration ; au contraire, c’est accepter une situation de fait ; dans la perspective de l’Ancien Testament on considère que tout pouvoir vient de Dieu Jésus lui-même, au cours de sa Passion, dira à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en-haut » (Jean 19,11). D’autre part, et Isaïe nous l’a rappelé dans notre première lecture de ce dimanche, en parlant du roi Cyrus, Dieu peut faire tourner toute royauté humaine au bien de son peuple… or nos pharisiens connaissent mieux que nous le texte d’Isaïe sur Cyrus ; ils savent donc très bien que tout pouvoir, même païen, est dans la main de Dieu. Notons quand même en passant que le César du moment s’appelait en réalité « Tibère ». (Le nom « César » était devenu un titre).
    Deuxièmement, « Ne rendez à César que ce qui est à César » : quand César (c’est-à-dire l’empereur romain) exige l’impôt, il est dans son droit, mais quand il exige d’être appelé Seigneur, quand il exige qu’on lui rende un culte, il vous expose à l’idolâtrie ; et là, il ne faut pas transiger. A l’époque où Matthieu écrit son Evangile, cette hypothèse était une réalité. De nombreux martyrs ont payé de leur vie ce refus de rendre un culte à l’empereur romain.
    « RENDEZ À DIEU CE QUI EST À DIEU »
    Troisièmement, « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». La vraie question est là : Etes-vous sûrs de rendre à Dieu ce qui est à Dieu ? En l’occurrence, il s’agit de reconnaître en Jésus celui qui vient de Dieu, celui qui « est à Dieu ».
    Sans vouloir tirer de ce texte une théorie du pouvoir politique que, manifestement, Jésus n’a pas voulu y mettre, parce qu’il ne s’est pas placé sur ce terrain-là, on peut retenir de cet évangile une fois de plus une étonnante leçon de liberté. César n’est que César ; les rois de la terre ne sont en réalité que des roitelets. Leur royauté est passagère et le royaume de Dieu est d’un tout autre ordre : c’est au sein même des royaumes de la terre que toute oeuvre d’amour et de fraternité fait grandir le seul vrai royaume, le Royaume de Dieu.
    ——————————–
    Note
    Question-piège, oui, mais tous les compliments que ses adversaires viennent de lui adresser pour se moquer sont profondément vrais : « Maître, tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. » Très certainement, l’évangéliste rapporte avec bonheur ces compliments qu’il estime bien mérités.


  • Revue de presse : "Même très âgés, les religieux restent actifs auprès des plus fragiles"
    Sortie du deuxième rapport « Église en périphérie » Les congrégations religieuses catholiques (soeurs, frères...) gardent un "dynamisme" auprès des personnes les plus fragiles, des migrants aux prisonniers, malgré des effectifs très vieillissants et en baisse, selon une enquête rendue publique mardi par (...)

  • Vivez la Semaine missionnaire 2017 avec les Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu et les malades du monde entier.
    A l'occasion de la semaine mondiale de prière pour les Missions, prions pour l'"Église missionnaire, témoin de la miséricorde", notamment auprès des souffrants et des plus démunis. Du 16 au 22 octobre, vous recevrez chaque jour > Un texte biblique > Une méditation > Une intention de prière La Mission (...)

  • 30ème journée mondiale du refus de la misère
    Répondre à l'appel du 17 octobre : un chemin vers des sociétés pacifiques et inclusives. Cette année marque le 25e anniversaire de la déclaration de l'Assemblée générale qui, dans sa résolution 47/196 du 22 décembre 1992, fait du 17 octobre la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. (...)

  • Semaine Missionnaire Mondiale 2017 (15 au 22 octobre 2017)
    Le thème choisi par les OPM-France pour la semaine missionnaire mondiale(Œuvres Pontificales Missionnaires) pour la France est le suivant : Ensemble, osons la mission ! Le livret d'animation est disponible sur le site internet des Œuvres pontificales missionnaires en téléchargement, avec d'autres (...)

  • Semaine missionnaire mondiale

    Pendant le mois d'octobre, un grand nombre de diocèses de France se relaient pour prier pour la mission des chrétiens dans le monde. La date retenue pour notre diocèse est le samedi 21 octobre, le même jour que le diocèse de Rouen. Le livret proposé en pièce jointe pourra aider à l'animation d'un temps de prière, le jour retenu ou un autre éventuellement, personnellement, en famille, en paroisse, en communauté …


  • Homélie du dimanche 22 octobre

    Dimanche 22 octobre 2017
    29éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre du prophète Isaïe : 45.1 à 6 :”Je t’ai rendu puissant …Je suis le Seigneur, il n’y en a point d’autre.”
    Psaume 95 :”Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.”
    Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens : 1 Th. 1. 1 à 5 :” à l’Eglise de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur.”
    Evangile selon saint Matthieu : 22. 15 à 21 :”Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.”
    ***
    Jésus refuse le simplisme de la question et situe le problème au niveau de l’essentiel, qui est la place de Dieu chaque fois que nous sommes devant une question vitale qui demande de chacun et chacune d’entre nous une réponse qui engage notre vie.
    TU ENSEIGNES LE CHEMIN DE DIEU
    Ces pharisiens, qui voulaient lui tendre un piège, sont, en fait, enfermés sur eux-mêmes par leur propre question et par la manière dont ils l’ont posée :”Toi qui es toujours vrai…toi qui enseignes le chemin de Dieu.” Ils se sont placés sur le terrain même où Jésus évolue à l’aise, celui de la relation avec son Père.
    “Est-il permis ?” Ils attendaient une réponse au dilemme du “permis-défendu” dans lequel bien souvent d’ailleurs nous nous enfermons nous-mêmes. Or nous vivons dans la foi et nous avons à découvrir et à approfondir la pensée de Dieu, révélée par le Christ, puis à la traduire dans notre comportement personnel, en fonction même de cette foi, et non pas selon une réponse rigide et par avance schématisée..
    Puisqu’ils demandent le chemin de Dieu, Jésus entraîne les pharisiens dans cette direction. Et c’est là toute sa pédagogie. Isaïe envers Cyrus a souligné de la même manière le sens de toute situation humaine :”Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre.” (Isaïe 45. 4)
    L’IMPOT A CESAR.
    Une pièce de monnaie, comme un billet de banque, est un programme par ce qui y est présenté, l’annonce d’une politique, l’illustration d’un passé dans lequel on veut enraciner le présent.
    Même si c’est de moins en moins perceptible au travers de nos cartes de crédit, par exemple, les rapports d’argent traduisent notre situation :”Je consulte votre banque” nous dit le distributeur anonyme. Par les liens sociaux qu’ils établissent, ils traduisent aussi des types de relation entre les hommes. L’argent permet d’acheter un objet, d’occuper un logement, de recevoir le fruit de son travail. Il sert aussi bien à couvrir le nécessaire qu’à accaparer une place et une domination.
    “ L’argent a le parfum de la domination ou du service, il sent la sueur et parfois même le sang. Il est toujours plus que sa matérialité, et l’Evangile l’a bien compris -Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Matthieu 6. 24) – L’évangile de ce dimanche ne concerne pas l’argent pris isolément, il porte sur sa signification.” (Mgr Albert Rouet)
    Payer ou non l’impôt, c’était rester à la surface des choses. Il nous faut aller plus loin que l’effigie, lire au-delà de l’inscription, découvrir quelle réalité elles expriment, quelle est la hiérarchie des valeurs.
    AU DELA D’UNE EFFIGIE.
    Comme pour toute chose et toute situation humaines, une vérité plus profonde nous attend au-delà de tous les signes terrestres. Les pharisiens le savaient bien et c’est pourquoi ils posent cette question à Jésus.
    En demandant une pièce d’argent, Jésus leur rappelle qu’ils l’utilisent couramment, sauf dans les offrandes versées au Temple. Sur cette pièce, il y a, gravée, l’effigie de l’empereur. Or un vrai juif refuse la représentation en images, non seulement de Dieu qui est transcendance, mais aussi d’un homme, et spécialement d’un empereur qui se prend pour un dieu. La seule image de Dieu, selon la parole divine du livre de la Genèse, c’est l’homme vivant :”Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance”. (Genèse 1. 26)
    Cette pièce doit être rendue à son propriétaire. “Rendez à César…” Cela ne signifie pas l’autonomie du domaine politique par rapport au domaine religieux. La politique en effet est un des lieux concrets d’exercice de la charité. La loi morale doit s’y manifester de plein droit, car c’est l’un des moyens par lesquels, en aimant ses frères, le chrétien manifeste son amour de Dieu.
    Il y a un lien entre ces deux domaines, puisqu’on ne peut servir Dieu en dehors des médiations humaines. La relation ne signifie pas la confusion et toute sacralisation du pouvoir politique est idolâtre. Ce qui intéresse Jésus, c’est “Dieu seul”. Il faut rendre à Dieu ce qui lui appartient, à savoir l’homme. Jésus n’esquive donc pas une question délicate. Il ouvre une perspective nouvelle dans une vision étriquée du politique.
    Il nous offre la seule liberté possible, celle de choisir en notre âme et conscience, ce qui va dans le sens d’une plus grande humanisation des rapports sociaux. “César” n’a pas l’exclusivité du domaine humain et matérielle et “Dieu” celui du domaine spirituel. L’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le vieux fonds religieux des pharisiens avait bien dit en affirmant :”Tu enseignes le vrai chemin de Dieu.”Sa réponse ne dissocie pas les deux domaines, César et Dieu, elle les unit en donnant priorité à Dieu.
    Rendre à César ce qui est à César, c’est en définitive accepter l’incarnation, c’est accepter la réalité humaine, c’est accepter le chemin qui nous permet, dans un juste comportement vis-à-vis de “César” de pouvoir rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire la totalité de l’homme.
    ***
    Dieu scrute et purifie nos intentions et donc l’usage de nos biens. Il nous veut libérés du caractère sacré que nous conférons trop souvent aux biens matériels. Il nous guide et nous donne l’échelle de valeur de nos choix. Il nous met en face de cette échelle des valeurs.
    Les oraisons de la liturgie du 29ème dimanche nous font prier en ce sens : Ne pas nous enfermer dans l’humain : ”Accorde-nous, Seigneur, de te servir à cet autel en toute liberté. Ainsi ta grâce pourra nous purifier dans le mystère que nous célébrons.” (prière sur les offrandes) – Prendre le chemin de Dieu : “ Assure-nous tes bienfaits ici-bas et instruis-nous des richesses de ton Royaume.” (prière après la communion). L’unité de notre vie “En cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur” (prière après le Notre Père).


  • Espérance d'automne

    Certes, les jours diminuent et le soleil s'abaisse sur l'horizon ; les feuilles vont tomber. Mais ce déclin saisonnier de la nature s'accompagne de préparatifs prometteurs : les labours continuent et s'achèveront avant l'hiver ; ce sont les premières semailles et bientôt les plantations de la Sainte-Catherine !
    Mes connaissances de la nature sont malheureusement trop limitées pour que je puisse m'aventurer plus loin dans l'allégorie. Alors, c'est l'Évangile lui-même qui vient à mon secours et Jésus lui-même, qui semble bien connaître les choses de la terre : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a prise et qu'il a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches » (Mt 13, 31-34).

    Après la joie de la fête de Pentecôte, la réception de notre synode diocésain connaît ce temps de l'automne. Ce n'est pas l'essoufflement après l'intensité de l'effort, encore moins l'oubli des décisions prises au sein du peuple de Dieu par l'écoute de l'Esprit Saint.
    Je vois au contraire que nos communautés chrétiennes s'appliquent à choisir, parmi les décisions du synode, le bon grain que l'on pourra déposer dans le champ de l'Église, après avoir préparé un terrain favorable pour sa croissance.
    N'ayons pas peur des labours ni des semailles ! Ne nous laissons pas décourager par l'immensité du champ ou l'aridité du terrain. Dieu travaille, même quand nous dormons, il poursuit son œuvre même et surtout dans ce que l'œil ne peut voir, dans ce qui est petit et fragile.

    Nous le savons : le bien ne fait pas de bruit, l'amour se donne sans tapage. Alors faisons nôtre la prière de l'apôtre Paul et aussi la belle vision de Charles Péguy sur l'espérance :

    « Que Dieu ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel » (Eph 1,18).

    « Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.
    Et je n'en reviens pas.
    Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.
    Cette petite fille espérance.
    Immortelle.

    C'est elle, cette petite, qui entraîne tout.
    Car la Foi ne voit que ce qui est.
    Et elle elle voit ce qui sera.
    La Charité n'aime que ce qui est.
    Et elle elle aime ce qui sera. »

    (Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912)

    + Denis Moutel
    évêque de Saint-Brieuc et Tréguier


vendredi 13 octobre 2017

  • Le cardinal Lustiger, une « destinée française »

    Le 5 août 2007 disparaissait le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris. Dix ans après sa mort, le temps est venu pour les historiens de poser les fondements d’une approche scientifique de son action. C’est l’objet du colloque organisé au Collège des Bernardins jusqu’au 14 octobre. À cette occasion, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire du diocèse de Paris, revient sur l’héritage laissé par le cardinal Lustiger.
    M’inspirant de titres d’Irène Némirovsky[1] ou de Mona Ouzouf[2], j’aimerais dire que le cardinal Lustiger a incarné une « destinée française ».
    Né à Paris de parents fraîchement immigrés, il a su assimiler grâce à l’école l’histoire et la culture françaises, toujours il s’est éprouvé français en sa chair. En lui, comme en beaucoup de Français de son temps issus de l’immigration, cette qualité ne représentait pas tant une identité dans laquelle se couler par mimétisme qu’une capacité formidable d’être un homme tenant sa place dans l’histoire universelle. Ses parents, juifs polonais nourris des idéaux et des idées socialistes du Bund, étaient arrivés en France sans aucune nostalgie à entretenir, tout tournés vers un avenir à s’approprier par le travail des mains et de la raison, par la dignité d’une vie droite et ouverte aux autres, par la détermination à contribuer, à leur échelle, au bien de la communauté humaine dans laquelle ils se trouvaient enfin accueillis en êtres humains tout simplement.
    Sa lecture clandestine de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, a ouvert au jeune Jean-Marie Lustiger un chemin d’appropriation de l’histoire longue de sa famille. Par-delà la mémoire des époques de pogroms et des temps de pauvreté, il s’est découvert appartenir à un peuple chargé d’une mission particulière au profit de l’histoire commune des hommes. Cette découverte, loin de le conduire à se particulariser encore, a plutôt redoublé en lui ce que lui permettait sa qualité de Français : porter l’histoire universelle, mais alors non pas seulement à la mesure des projets que les hommes se donnent mais encore selon la responsabilité que Dieu confie à chaque homme en son œuvre de rédemption et de communion.
    La persécution nazie des Juifs avec les complicités qu’elle a rencontrées dans la société française – et avec les refus et les résistances qu’elle a suscités- l’a atteint en sa chair la plus intime ; elle l’a obligé à tirer de lui un pardon consciemment consenti. Son appropriation si forte de la France, blessée en son cœur, a été revivifiée de l’intérieur par ce pardon.
    Devenu prêtre, il a eu à célébrer la réconciliation offerte à l’humanité et à chacun des hommes par Dieu bafoué et rejeté, et il l’a fait forcément à partir de son expérience propre du pardon donné. Sa nomination comme évêque à Orléans, où il avait été baptisé et où il avait appris la déportation de sa mère, a cristallisé en lui encore l’énergie de ce pardon et en a fait un don singulier pour le bien de l’Église entière et de la société française en particulier. Il a pu en tirer une lucidité singulière devant les courants qui traversent les Français et une liberté intérieure étonnante pour les nommer sans haine et sans complaisance, appelant à reconnaître l’attraction du mal si souvent inaperçue et à recevoir la promesse d’une réconciliation toujours plus haute.
    Au jeune Français qui n’avait pas beaucoup de questions à se poser sur lui-même que j’ai pu être, le cardinal Lustiger a rendu l’immense service de le mettre devant les arêtes du dessein de Dieu. Il occupait un lieu singulier pour regarder et comprendre l’histoire et la culture françaises et à partir de là pour développer une intelligence vraiment spirituelle de l’histoire de l’humanité et des cultures du monde. On peut prolonger ses intuitions pastorales, on peut les infléchir pour les adapter aux défis et aux possibilités d’époques nouvelles et donc différentes. Nul ne peut imiter sa position spirituelle singulière ; on peut en revanche en conserver la mémoire vivante, et on y a tout intérêt pour continuer à annoncer la bonne nouvelle du Christ Jésus comme une parole tranchante et pénétrante.
    + Mgr Eric de Moulins Beaufort, évêque auxiliaire de Paris
    [1] Irène Némirovski, Suite française, Paris, Gallimard, 2006.
    [2] Mona Ouzouf, Composition française, Paris, Gallimard, 2009.


jeudi 12 octobre 2017

  • Démission de Mgr Alain Castet, évêque de Luçon

    Le Pape François, a accepté la démission, de la charge d’évêque de Luçon que lui a présenté Mgr Alain Castet, fonction qu’il occupait depuis 2008.
    Né le 10 mai 1950 à Floirac (Gironde).  Il fut ordonné prêtre le 28 juin 1975 pour le diocèse de Paris, puis nommé évêque de Luçon par le Pape Benoît XVI le 14 avril 2008. Il reçut l’ordination épiscopale et pris possession de son siège en l’église-cathédrale Notre-Dame de l’Assomption à Luçon, le 29 juin 2008.
    Après des études au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (1968-1975), il fut vicaire de la paroisse Saint-Sulpice (1975-1979) ; aumônier du lycée Saint-Jean-de-Passy (1979-1986) ; vicaire à Notre-Dame-de-Grâce de Passy (1986-1990) ; aumônier du collège La Tour (1986-1992) ; curé de Saint-Antoine de Padoue (1990-1995) ; curé de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou (1995-2003) ; doyen du doyenné Orsay-Breteuil (1998-2008) ; curé de Saint-François-Xavier des Missions étrangères de Paris (2003-2008) ; membre du bureau du conseil presbytéral (2006-2008).
    Au sein de la Conférence des évêques de France, Mgr Castet est membre du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles.
    Contact presse :
    M. Grégoire Moreau : 06 73 31 77 10 – gregoire.moreau@catho85.org

    Communiqué de Mgr Castet
    Après avoir été éprouvé par des ennuis de santé récurrents, j’ai pris la décision devant Dieu, en accord avec mes conseils médicaux, de présenter au Saint-Père ma renonciation à la charge d’évêque de Luçon. Le pape a bien voulu l’accepter. Cette décision prend effet le jeudi 12 octobre à 12h.
    Je confie chacun et chacune d’entre vous à la bienveillance de Dieu. Je garde la ferme certitude qu’Il accompagnera notre Eglise, lui donnant de rester fidèle à sa grande tradition de générosité apostolique.
    Je ne doute pas que vous demeurerez en communion avec celui que le Saint-Père me donnera comme successeur.
    Priez pour moi comme je prie pour vous.
    + Alain Castet
    Evêque émérite de Luçon


mercredi 11 octobre 2017

  • Des stages pour conter

    Pendant l'année 2017-2018, le groupe des conteuses du diocèse se réunit à la Maison Saint Yves, à saint Brieuc, une fois par mois, les lundis de 10h00 à 17h00 :
    le 25 septembre
    le 9 octobre
    le 6 novembre
    le 4 décembre
    le 15 janvier
    le 12 février
    le 12 mars
    le 9 avril
    le 28 mai
    le 18 juin.

    Cette année, une nouveauté : Des stages de conte d'une ou deux journées peuvent être organisés à la demande sur votre zone ou communauté paroissiale. Pour cela, vous pouvez prendre contact avec le service diocésain de la catéchèse et du catéchuménat 02 96 68 13 60.


  • Quoi de neuf à la pastorale des jeunes en 2017-2018 ?

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    Qu'est-ce que la pastorale des jeunes ? Quelle est la mission de votre service ?

    La pastorale des jeunes est un service diocésain qui s'occupe de prendre soin et de coordonner l'annonce de la foi pour les jeunes depuis les années collège jusqu'au temps du lycée et des études. Il coordonne cela en lien avec les services de zone et de paroisse.

    Comment se compose votre équipe ?

    Il y a une équipe diocésaine avec le responsable du service, Gwen Le Cam, la responsable de la catéchèse des adolescents, Jennifer Airault, et moi-même délégué épiscopale pour la pastorale des jeunes. Cette équipe travaille en partenariat avec les zones pastorales, les paroisses, l'association Déclic Jeunes 22 et avec les mouvements de jeunes présents dans le diocèse.

    Vous revenez de Lourdes avec le pèlerinage diocésain de l'hospitalité. Combien de jeunes lycéens y ont participé ?

    Un soixantaine de lycéens ont participé à ce pèlerinage en se mettant au service en tant qu'hospitalier.

    Qu'est-ce que cette expérience leur a apporté ? De quoi avez-vous été témoin ?

    Cela leur a apporté l'expérience du service, l'expérience de la rencontre des personnes âgées ou malades et l'expérience du questionnement sur la dimension de foi. Dans les relectures que les jeunes ont rédigées à l'issue de cette semaine, il est frappant de voir combien cet élément de la découverte de la foi ressort. Ils témoignent d'un changement de regard sur la foi. Pour certains, c'est une forme de conversion.

    Cette année, vous organisez un pèlerinage à Lisieux : à qui s'adresse ce pèlerinage ? Quand a-t-il lieu ? Quelle est sa visée ?

    Ce pèlerinage est pour les jeunes en classe de cinquième. Il a lieu les 24 et 25 février 2018. Son but est de proposer une expérience diocésaine et de vivre une expérience spirituelle à la rencontre d'une sainte qui peut les rejoindre par sa jeunesse.

    Il y a également un pèlerinage à Rome, pour les troisièmes et lycéens, du 28 avril au 4 mai. Qu'est-ce que ce pèlerinage apporte aux jeunes ? Quelle est l'expérience de foi qu'ils peuvent y vivre ?

    C'est un approfondissement de la dimension diocésaine qu'ils ont pu rencontrer au pèlerinage des jeunes à Lourdes. C'est aussi un élargissement de leur regard à la dimension de l'Église universelle. C'est aussi l'expérience de la rencontre des colonnes de l'Église, saint Pierre et saint Paul, sans oublier la découverte de ces belles figures que sont saint François et sainte Claire, puisque le pèlerinage se termine à Assise.

    Quels autres rendez-vous nous préparez-vous pour cette année 2017-2018 ?

    Il y a toujours la semaine à Taizé pour les lycéens, à la rencontre de cette communauté œcuménique. Et puis, à plus longue échelle, nous avons le projet de réveiller et de renouveler le conseil pastoral des jeunes en vue de l'écriture d'un projet diocésain pour la pastorale des jeunes. Enfin, d'autres projets sont à l'étude…

    Plus d'informations sur la page du service de la pastorale des jeunes :
    http://saintbrieuc-treguier.catholique.fr/-Evenements-et-Rendez-vous-.html


  • Un module pour se préparer à Lisieux
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    Le pèlerinage des jeunes à Lisieux permet de rencontrer la figure de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. L'enseignement que nous a laissé sainte Thérèse est très riche. Pour préparer notre groupe à vivre cette rencontre, plusieurs entrées sont possibles. Nous vous en proposons une.

    Devenir "comme des enfants"

    Quand nous parlons de sainte Thérèse de Lisieux nous employons souvent l'expression "la petite Thérèse", "la grande Thérèse" renvoyant à sainte Thérèse d'Avila. Thérèse de Lisieux a ouvert le chemin d'une petite voie qui permet d'accéder à la sainteté à travers la simplicité des petits gestes quotidiens. En tant que catéchète, nous pouvons alors nous demander : comment éveiller chez les catéchisés le goût des petites choses ? Qu'est-ce qui peut aider un adolescent, qui aspire à devenir adulte, à accueillir l'invitation de Jésus à être comme des enfants ? C'est ce que propose de vivre le module "Ose l'humilité", présenté dans le document Ose, pour les 13-15 ans, éd. CRER, 2013.

    La visée catéchétique de ce module

    S'appuyant sur les numéros 526 et 2785 du Catéchisme de l'Église Catholique, la visée catéchétique de ce module se formule ainsi :

    « En s'appuyant sur la béatitude “Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !” (Mt 5,3), ce module veut faire réagir. Si le Royaume des cieux appartient aux pauvres de cœur, quelle attitude faut-il choisir pour l'accueillir ? Le texte de Matthieu 18, 1-5 propose une réponse : “si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux.” A cette période de la vie où les jeunes oscillent entre le désir de grandir et celui de rester enfants, où l'attrait pour la puissance et la richesse prédominent, le texte de Matthieu provoque. Ils découvriront ce que signifie devenir "comme un enfant", en abordant les questions d'humilité, de simplicité, de curiosité, de disponibilité, de liberté intérieure, de besoin des autres. Il n'y a pas d'âge pour devenir comme un enfant, les jeunes y sont invités tout autant que les adultes. » Ose, p. 20.

    Un itinéraire en trois étapes

    Une première étape permet aux jeunes de découvrir comment « devenir comme un enfant » en se faisant « petits avec les petits ». « Se faire petit » prendra peu à peu le sens d'être vrai dans sa rencontre avec les autres, avec Dieu et avec soi-même. Pour cela deux propositions pédagogiques sont possibles : l'une à partir d'une action à bâtir avec les jeunes pour redécouvrir le monde de l'enfance (organiser une animation avec les enfants de l'éveil à la foi, avec une classe de maternelle…), l'autre à partir du témoignage vidéo de Christian qui vit dans la rue. Les deux propositions prennent source dans Mt 18, 1-5.

    La seconde étape, reprenant Mt 18, 1-5, propose de se questionner sur ce que Jésus entendait par "se faire petit comme un enfant" et sur les attitudes intérieures que cela implique. Cette étape est aussi l'occasion de découvre le témoignage "Diacre : être serviteur". Temps d'échange, vidéo, jeu : différents moyens pédagogiques permettent d'animer cette rencontre. Comme l'étape précédente, elle se termine par un temps de prière.

    La troisième étape permet aux jeunes de faire le lien entre l'expérience vécue lors de la première étape et l'extrait de l'Évangile de Matthieu afin de susciter une parole personnelle et de se positionner par rapport à la béatitude "Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !" « La relecture proposée par cette étape offre aux jeunes la possibilité de :

    • s'interroger sur leur attitude de disciple : c'est le temps l'Attitude,
    • se demander si leur action est accompagnée de joie : c'est le temps de la Béatitude,
    • entrer dans une prière d'action de grâce : c'est le temps de la Gratitude. » Ose, p. 31.

    Infos pratiques

    Si vous souhaitez mettre en œuvre cette proposition mais que vous n'êtes pas familier avec l'outils Ose, pour les 13-15 ans, n'hésitez pas à solliciter l'aide du service diocésain de catéchèse. Nous sommes à votre disposition pour vous faire découvrir plus en profondeur cet itinéraire catéchétique.

    Pour plus d'informations sur le document, téléchargez la présentation en pdf :

    Ose 13 15 ans Presentation - PDF - 1.2 Mo
    Ose 13 15 ans Presentation

  • Une nouvelle traduction du Notre Père : “Ne nous laisse pas entrer en tentation”
    La nouvelle traduction de la Bible présente une modification notable de la sixième demande du Notre Père : Ne nous soumets pas à la tentation devenant ne nous laisse pas entrer en tentation. Explications en 2013 par le père Jacques Rideau qui était, à l'époque, directeur du service national de la (...)

  • Soyez enracinés dans le Christ

    « Continuez donc à vivre dans le Christ Jésus, le Seigneur ! Soyez enracinés en Lui ! Colossiens 2, 6-7

    T'inviter à la table de ma vie
    Pour y découvrir ta présence en chacun de mes pas.
    Te reconnaitre dans le visage
    De ceux qui sont mes compagnons de route, Toi, le serviteur souffrant,
    Toi le Très Haut qui est devenu le Très Bas.
    Me remettre à ton école,
    Celle de la douceur et de l'humilité.
    M'enraciner en Toi,
    Comme un arbre planté sur le terreau de mes jours.
    Alors, ne pas aller seulement de moi-même,
    Mais revêtu de Toi, Seigneur ressuscité !

    Petits exercices d'enracinement :

    • Reprends contact avec la terre première : fais une bouture de rose, de géranium. Plante un cyclamen, un bulbe, une pensée. Nourris-la, arrose-la ! Observe la patience et la lenteur de l'enracinement.
    • Apporte plus d'importance au terreau de tes racines familiales, amicales, professionnelles, etc…Soigne telle relation telle amitié, telle insertion que tu as un peu négligée.
    • Cultive ton enracinement en Christ. Prends du temps avec lui, seul ou avec d'autres, à l'écoute de sa Parole.
    • Fais monter vers lui un merci, une action de grâces, pour la croissance de sa vie en toi, autour de toi.

    Alberte Delisle dans « Prier dans l'ordinaire des jours »


  • Un kit de formation sur les sacrements

    Pourquoi une telle proposition ?

    Tout d'abord, retravailler le sens des sacrements peut véritablement être une chance pour nous tous. Aujourd'hui, dans notre Église, notre diocèse, notre paroisse, nous disons volontiers que préparer au baptême, c'est préparer à la vie chrétienne par le baptême ; que préparer au mariage, c'est préparer à vivre chrétiennement en couple par le mariage ; que préparer à recevoir l'onction des malades, c'est préparer à vivre dans la foi chrétienne l'épreuve de la maladie, de la faiblesse, etc. Les sacrements disent l'action de l'Esprit Saint dans le corps du Christ qu'est l'Église, et nous trouvons intéressant de les regarder dans leur ensemble, et dans leurs singularités et ainsi découvrir « le Christ vivant et agissant en son Eglise ».

    Ensuite, confortée par les remontées du synode, cette proposition va permettre de « mettre en lien ». Déjà, elle met en lien les services diocésains concernés par cette proposition, portée par le service de formation, le service de la catéchèse et du catéchuménat, le service de pastorale liturgique et sacramentelle, touchant bien d'autres services pastoraux, sinon tous… Puis, elle peut mettre en lien au niveau des paroisses, des groupes, les différents acteurs pastoraux, et toutes les personnes intéressées par le thème. Du synode est remonté un goût, un souhait, de vivre davantage de temps en commun. Ce thème, qui nous concerne tous, est une occasion à saisir.

    Pour qui une telle proposition ?

    Pour les équipes synodales qui souhaitent poursuivre leurs rencontres.
    Pour tous ceux qui se reconnaissent en lien plus ou moins étroit avec l'Église catholique, les fidèles qui constituent nos assemblées du dimanche, ou des fêtes, les personnes qui demandent une préparation à un sacrement, et tous ceux qui participent à la pastorale : équipes liturgiques, personnes en charge du fleurissement, de l'entretien, personnes investies dans la catéchèse, le catéchuménat, la préparation au baptême ou au mariage, la présence fraternelle, etc.

    Comment mettre en œuvre cette formation ?

    La proposition pourra se décliner en paroisse, en communauté pastorale, en zone pastorale, mais aussi si on le souhaite, en équipe de quartier ou de relais, en mouvement. Vous pouvez prévoir de le proposer en une année ou en deux ; sur dix rencontres (1h30 à 2h).

    Une soirée de formation à la mise en œuvre de ce parcours est proposée :

    Jeudi 19 octobre 2017à 18h30,
    Maison du diocèse Saint-Yves
    81, rue Mathurin Méheut à Saint-Brieuc.

    Au programme de cette soirée :
    ✨ Introduction au contenu et à l'enjeu de la formation
    ✨ Présentation de la pédagogie
    ✨ Remise des outils

    Vous pouvez télécharger ci-après le bulletin d'inscription pour cette soirée :

    Tract avec inscription - PDF - 227.5 ko
    Tract avec inscription

  • 400 ans de la famille vincentienne : rencontre avec le pape le 14 octobre
    Une campagne de sensibilisation à Rome, sur le thème de la pauvreté, afin de « mondialiser la charité » : c'est l'initiative de la famille vincentienne à l'occasion des 400 ans de la fondation du charisme de saint Vincent de Paul (1581-1660). Plus de 10.000 personnes sont attendues, originaires (...)

mardi 10 octobre 2017

  • « Il n’existe pas un seul célibat mais des célibats » Mgr Hervé Gosselin

    Monseigneur Hervé Gosselin, évêque du diocèse d’Angoulême est l’ancien responsable du Foyer de Tressaint, un lieu où les retraites spirituelles s’adressent à tous les états de vie (célibataires, couples, prêtres, religieux ou consacrés). Il a dirigé et rédigé l’édito de la nouvelle édition du Documents épiscopat consacré aux célibataires.
    L’intitulé de la revue a choisi de mettre les termes de : « célibats » et « célibataires » au pluriel. Pourquoi ce choix ?
    Il n’existe pas un seul célibat mais des célibats. Cela correspond aujourd’hui à des formes de vie, car le célibat peut être plus ou moins heureux, équilibré ou ouvert. Les articles étayent d’ailleurs ce célibat non choisi, celui qui n’est pas consacré.
    Vous employez les mots de « laissés pour compte » pour décrire les célibataires.  C’est un terme fort…
    Les célibataires ont l’impression d’être « laissés pour compte » car, ils vivent leur vie par défaut. C’est l’image qu’ils perçoivent d’eux-mêmes et que leur renvoient la société. Ne pas être marié à 35-40 ans suscite des questions de l’entourage. On pense que l’autre a un problème. Nous avons du mal à accueillir le fait qu’une personne vive seule. Lorsque celle-ci souligne que ce n’est pas son choix, ça devient encore plus énigmatique. Les célibataires ont besoin d’être réhabilités au sein du groupe. Nous avons du mal à trouver du sens au célibat même si nous connaissons tous des personnes très épanouies, qui trouvent leur place dans la société, ou à travers des engagements d’église.
    La réflexion sur la famille a été abordée lors des synodes d’octobre 2014 et octobre 2015. Qu’est-ce qui a déclenché ce questionnement des célibataires vivants seuls ?
    Amoris Laetitia n’aborde pas la question des célibataires. Certes, l’Église est un peu pauvre sur le sujet mais cela ne signifie pas pour autant que le Pape François ne traitera jamais ce thème. C’est un vrai sujet à part entière. Il faut prendre compte ces personnes qui ont leur place au sein de la communauté chrétienne. Elles méritent une véritable attention.
    Quelles actions l’Église peut-elle mener pour pallier ce manque ?
    La dimension spirituelle me parait capitale. L’Église peut mener une réflexion, proposer un accompagnement et engager des propositions pour les frères et sœurs célibataires. Les paroisses, les diocèses et autres mouvements d’églises qui organisent déjà des week-ends entre célibataires peuvent continuer de favoriser la rencontre. Ces groupes permettent de réfléchir à l’avenir de la parole de Dieu. En parallèle, il faut inciter les célibataires à sortir de chez eux pour rencontrer quelqu’un et construire un couple. De nombreux couples se sont rencontrés, par exemple, aux Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ).
    La revue met l’accent sur le ressentiment douloureux que représente le célibat à travers diverses frustrations : affectives, économiques et sociales et familiales.  En quoi cela peut-il représenter une réelle souffrance ?
    Vivre célibataire toute sa vie revient à traverser les étapes du deuil. On traverse des phases : espoir, révolte, dépression. On est obligés de respecter ces moments et parfois de renoncer à son idéal de vie. Certes, il y a de nombreuses frustrations et aussi de la souffrance. Mais, j’ai envie de dire qu’il y a aussi des pointes positives dans le célibat. L’expérience du célibat peut être formatrice humainement. Il serait intéressant d’entendre des témoignages positifs de célibataires aujourd’hui mariés qui ont traversé cette période difficile mais qui sont désormais heureux.
    La conclusion met en exergue les verbes « accepter », « prendre soin » et « inviter ». En quoi ces trois verbes peuvent-ils réconforter les célibataires ?
    Il faut accepter la réalité. Les célibataires doivent se centrer sur la vie d’aujourd’hui en sachant que les choses peuvent changer demain. Ce n’est pas parce qu’on a l’impression d’être « laissés pour compte » que la vie ne peut pas être vécue à 100 %.  Le verbe « inviter » permet à l’Église d’approfondir ce sujet. Le monde chrétien n’est pas composé que de personnes mariés ou de religieux, il y a aussi les célibataires. Ils peuvent vivre l’amour de manière différente en consentant que cela ne soit pas un état de vie clairement identifié. On sait bien que nous sommes tous de passage ; ce qui compte, c’est le don de soi. C’est pour cette raison que je souhaite citer Saint-Augustin : « Aimes et fais ce que tu veux ».

    CÉLIBATS, CÉLIBATAIRES
    QUELLES PERSPECTIVES EN ÉGLISE ?
    36 pages – 5 €
    Auteur : Claire Lesegretain
    La parole d’Église sur le célibat est pauvre, voire inexistante. Ce document présente une réflexion positive sur cet état de vie et distingue la vocation que Dieu adresse à chaque baptisé. Des éléments d’analyse et des pistes de recherche esquissent ici des propositions pouvant aider à accueillir le célibat dans le monde, comme une authentique vocation bénie de Dieu… Car la Bonne Nouvelle de l’Évangile est aussi pour les célibataires !


lundi 9 octobre 2017

  • Retour sur les 60 ans de la Mission ouvrière dans le diocèse de Saint-Brieuc

    En 2017, la Mission ouvrière fête ses 60 ans d'existence, l'occasion d'associer à cet événement la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) qui a 90 ans cette année ; l'Action catholique des enfants (ACE), 80 ans ; et l'Action catholique ouvrière (ACO), 70 ans.

    Samedi 7 octobre, près de 120 personnes ont répondu présents à l'invitation de la Mission ouvrière dans le diocèse de Saint-Brieuc ; l'occasion de retracer l'histoire du mouvement, de confronter les réalités d'aujourd'hui avant de clôturer l'après-midi par une célébration présidée par Mgr Denis Moutel à la chapelle de la Maison Saint-Yves.

    Père Henri Cocheril

    Ce dernier a ouvert l'après-midi en proposant une rétrospective de la Mission ouvrière. "A l'origine, la Mission ouvrière est prise en charge directement par l'évêque d'un diocèse. L'implantation de la Mission ouvrière se fera, petit à petit, à travers des missions paroissiales", explique-t-il. "C'est au moment-même que se vivait le Concile Vatican II que la Mission ouvrière de Saint-Brieuc s'est mise en place, de 1963 à 1965."

    Père Paul Laurent, prêtre ouvrier

    Les racines de ma vie personnelle et de sacerdoce, c'est l'action catholique ! J'ai la conviction 'hui que la mission dans le monde rural est toujours d'actualité. On ne fait pas de miracles mais il y a un terreau favorable à l'action catholique à travers une attitude missionnaire. Il y a encore dans des diocèses des prêtres ordonnés dans le monde ouvrier ou en milieu rural. Il y a comme un frémissement !

    Monique, membre de l'ACO

    L'Esprit Saint souffle où et quand Il veut. Il faut continuer à se battre. Je voudrais dire à l'Église catholique en Côtes d'Armor que le monde populaire et ouvrier - parce que la lutte des classes existe encore ! - continue à grandir. Ce sont les pauvres qui peuvent partager avec les plus pauvres.

    Sr Marie-Thérèse, Fille du Saint-Esprit

    Notre congrégation a encore la chance d'avoir des communautés dans les quartiers. C'est le cas à Plancoët, Lannion, Guingamp, Saint-Brieuc et à Broons notamment. La diversité est toujours une richesse. On se confronte à l'interculturel et à l'inter-religion. On est en proximité avec les gens issus du Maghreb et de la religion musulmane.

    Arnaud, membre de la JOC

    J'ai eu une éducation chrétienne par les établissements à travers lesquels je suis passé. Après m'être détourné de l'Église, si je reviens, c'est grâce à la JOC. J'ai envie d'apporter de l'espoir. La Mission ouvrière n'est pas morte ! On ne touchera sûrement pas les mêmes jeunes qu'il y a quelques années mais on touche aujourd'hui des migrants qui représentent une frange des milieux populaires français.

    Mgr Denis Moutel

    Soyons heureux de ce que nous avons reçu, vécu et partagé de beau et de bon à travers ce 60e anniversaire de la Mission ouvrière. Jésus nous indique qu'on ne peut pas confisquer le Royaume, on ne peut pas capter l'héritage à notre bénéfice. La Bonne Nouvelle est pour tous. Nous ne voulons pas passer à côté de Lui, nous ne pouvons pas vivre la Mission sans Lui.
    Formons autant qu'il est possible de fraternités avec toujours un regard bienveillant pour l'autre. Ne fermons pas trop le cercle afin que d'autres puissent y entrer et avoir une mission même petite et simple. Cherchons ces lieux nouveaux où le Christ nous appelle !

    Deux textes fondateurs du synode

    • Décret n°2 : "J'ai entendu, dans les équipes synodales et dans l'assemblée, un appel fort à l'imagination pour que nous soyons des “disciples-missionnaires” prêts à “sortir ” en de lieux nouveaux et sous des formes innovantes, à la rencontre des personnes. (marchés, forums, colloques, festivals, “écoute et parole des pauvres”…). Pour tenir compte de ces attentes, je demande que nos communautés chrétiennes s'engagent dans la recherche de ces nouveaux lieux missionnaires et des moyens à mettre en œuvre pour les rejoindre. Nous oserons appeler à des formes de présence et de témoignage innovantes."
    • LS-26 - Présence dans la cité : "L'Église en Côtes d'Armor, par ses représentants (évêque, prêtres), sensibilisera les chrétiens sur l'urgence de leur parole dans les débats sociaux et encouragera leur présence et leur engagement dans tous les secteurs de la vie (économie, environnement, éducation, formation, insertion…). Les paroisses feront connaître les mouvements catholiques qui peuvent accompagner cet engagement. Les EAP s'interrogeront régulièrement sur les lieux et réalités locales où les chrétiens ne sont pas assez présents et appelleront, selon les compétences, à de nouveaux modes d'engagement."

  • Catéchuménat des ados.

    Et les ados ? Le 12 avril 2013, monseigneur Denis MOUTEL promulguait les Orientations pastorales pour les sacrements de l'initiation chrétienne, il invitait à proposer un itinéraire catéchuménal pour les adolescents de 12 à 16 ans.

    C'est une réalité sur notre diocèse, des jeunes demandent le baptême ; comment répondre à cette soif ?
    Les orientations diocésaines nous invitent à proposer, dès 12 ans, l'expérience d'un chemin catéchuménal. En d'autres termes, elles nous invitent à faire confiance au rituel.
    Par le rituel, l'itinéraire va initier le jeune, comme l'adulte, à travers un processus intégral : c'est bien toute la personne qui s'investit dans ce cheminement. Le rituel (RICA) nous le redit, n° 103 :
    « Le catéchuménat est un temps prolongé pendant lequel les candidats reçoivent de l'Eglise une formation adaptée de manière que leur conversion et leur foi parviennent à la maturité, ce qui peut demander plusieurs années. Pour ce faire, quatre moyens dont à mettre en œuvre :
    * Une catéchèse appropriée, progressive et intégrale […].
    * Une familiarisation avec la pratique de la vie chrétienne […].
    * Des rites liturgiques […].
    * Le témoignage […]. »

    Cet itinéraire catéchuménal est bien un chemin, un chemin vers un mouvement de conversion permanente. Mouvement de conversion pour le catéchumène, jeune ou adulte, pour l'accompagnateur et l'équipe d'accompagnement, pour la communauté entière. Mouvement qui s'inscrit pleinement dans le mystère Pascal.

    La proposition vous intéresse, vous connaissez un ou des ados, (ou un, ou des adultes) qui demandent le baptême ? N'hésitez pas à nous contacter, nous sommes à votre disposition !

    Catherine Drezet, responsable diocésaine du catéchuménat,
    Jennifer Airault, chargée de la catéchèse auprès des adolescents.


  • Nouveau document pour l'accompagnement en catéchuménat.

    Cette année, pour accompagner les équipes qui accompagnent une personne vers les sacrements de l'initiation chrétienne, nous proposons un nouveau support, destiné aux catéchumènes jeunes comme aux adultes : « Où demeures-tu ? ».

    Le support « Rencontre avec Jésus le Christ » n'est pas invalidé, les deux documents sont possibles à utiliser par les équipes d'accompagnement.
    Simplement, un travail sur le document « Où demeures-tu ? » nous donne quelques raisons de le conseiller aux nouvelles équipes, qui trouveront là un support s'inscrivant parfaitement dans le chemin catéchuménal que nous sommes invités à vivre.
    En voici une brève présentation, n'hésitez pas à prendre contact avec le délégué de votre zone pastorale pour en savoir plus.
    Avec l'équipe diocésaine du catéchuménat,
    Catherine Drezet.

    L'ouvrage, réalisé par Béatrice Blazy, est édité par la CRER et Lumen Vitae, et validé par le service national de la catéchèse et du catéchuménat.

    1. Le cadre général :
    La proposition s'articule autour du Rituel de l'Initiation Chrétienne des Adultes (RICA), et s'inscrit, en référence au Texte National pour l'Orientation de la Catéchèse en France (TNOC), dans le principe d'organisation de la catéchèse en réponse aux demandes sacramentelles.
    Ce double ancrage permet
    • Le déploiement de différentes pédagogies adaptées, aux 12-15 ans, aux 16-18 ans et aux adultes.
    • De construire des itinéraires à partir d'un choix de catéchèse, en prenant en compte l'année liturgique, les différents temps du catéchuménat, les rencontres diocésaines, les temps de la paroisse, etc.
    • De vivre un itinéraire catéchuménal à la fois de manière personnalisée et communautaire, en favorisant le dialogue, l'expérience fraternelle et la prière.

    2. Ce que nous avons aimé :
    • Une présentation et la prise en compte du temps catéchuménal (première évangélisation – catéchuménat - rites et traditions – purification – mystagogie), avec un choix de catéchèses.
    • Pour chaque catéchèse, la visée, les objectifs, un « lieu source » pour les accompagnateurs, la proposition de pédagogies.
    • Une présentation des liturgies « étapes » du catéchuménat (RICA).
    • Des propositions de catéchèses mystagogiques.

    3. Les points forts :
    • La Parole de Dieu est au centre des pédagogies, elle est à rechercher dans une bible.
    • La mise en œuvre est pertinente, et simple.
    • L'ouvrage offre la possibilité d'un itinéraire progressif et respectueux du cheminement de chacun.
    • La mise en lien et la participation explicite de la communauté chrétienne, qui entre en jeu dans la démarche des candidats, est bien prise en compte.


  • Commentaires du dimanche 15 octobre

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 15 octobre 2017
    28éme dimanche du Temps Ordinaire

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Livre d’Isaïe 25, 6-10a
    6 Le SEIGNEUR de l’univers,
    préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,
    un festin de viandes grasses et de vins capiteux,
    un festin de viandes succulentes et de vins décantés.
    7 Sur cette montagne, il fera disparaître
    le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples
    et le linceul qui couvre toutes les nations.
    8 Il fera disparaître la mort pour toujours.
    Le SEIGNEUR Dieu essuiera les larmes sur tous les visages,
    et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple.
    Le SEIGNEUR a parlé.
    9 Et ce jour-là, on dira :
    « Voici notre Dieu,
    en lui nous espérions, et il nous a sauvés ;
    c’est lui le SEIGNEUR, en lui nous espérions ;
    exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »
    10 Car la main du SEIGNEUR reposera sur cette montagne.

    Un festin pour tous les peuples
    Un festin : c’est l’image que le prophète Isaïe a choisie pour décrire l’aboutissement du projet de Dieu. Ce projet, nous le savons bien, c’est une humanité enfin unie, enfin pacifiée : s’asseoir à la même table, partager le même repas, faire la fête ensemble, c’est bien une image de paix. « Le SEIGNEUR de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés ».
    Bien sûr, cette évocation est d’ordre poétique, symbolique : Isaïe ne cherche pas à décrire de façon réaliste ce qui se passera concrètement. Il veut nous dire « finies les guerres, les souffrances, les injustices », et il écrit « tous les peuples seront à la fête ». Et si ce chapitre a été écrit, comme on le croit, pendant ou après l’Exil à Babylone, on comprend que le rêve de fête se traduise par des images d’opulence.
    On ne sait pas exactement quand ce texte a pu être écrit, mais il est clair que c’est dans une période difficile ! Si le prophète juge utile de proclamer « En ce jour-là, on dira « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés », il faut se dire qu’il cherche à remonter le moral de ses compatriotes ! Et il faut traduire : « Allez mes frères, dites-vous que dans quelque temps, vous ne regretterez pas d’avoir fait confiance… et je vais vous dire la fin de l’histoire : nous marchons lentement mais sûrement vers le jour de la paix définitive ; vous allez pouvoir redresser la tête ».
    Je note que les promesses du salut ne sont pas réservées au seul peuple d’Israël : le festin préparé sur la montagne est pour tous les peuples : « Le SEIGNEUR de l’univers, préparera pour tous les peuples sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples. » Cette prise de conscience de l’universalisme du projet de Dieu a été tardive en Israël, mais ici c’est très clair.
    C’est lui qui l’a promis
    Et la seule vraie bonne raison d’y croire, c’est qu’il s’agit d’une promesse de Dieu : « Le SEIGNEUR a parlé », dit Isaïe. La voilà la phrase centrale du texte, pour le prophète, celle qui justifie son optimisme à toute épreuve. Le prophète est quelqu’un qui sait, qui a expérimenté l’oeuvre incessante de Dieu pour libérer son peuple. On ne peut pas être prophète (ou simplement témoin de la foi) si on n’a pas, d’une manière ou d’une autre, fait l’expérience personnelle ou collective de l’oeuvre de Dieu.
    Or le peuple d’Israël prend bien soin de ressourcer perpétuellement sa foi dans la mémoire de l’oeuvre de Dieu. Et c’est parce qu’il ne l’oublie jamais qu’il peut traverser les heures d’épreuve. Comme Dieu a libéré son peuple des chaînes de l’Egypte, il continue au long des siècles à le libérer ; or les pires chaînes de l’homme, c’est l’incapacité à vivre en paix, à pratiquer la justice, à demeurer dans l’Alliance de Dieu. Si Dieu pousse son oeuvre jusqu’au bout (et Isaïe ne doute pas qu’il le fera), viendra le jour où tous les peuples vivront en paix et dans la fidélité à l’Alliance. Car c’est lui (le SEIGNEUR) qui l’a promis.
    Il fera disparaître la mort pour toujours
    Reste une phrase difficile : « Il fera disparaître la mort pour toujours » ; difficile… précisément parce qu’elle semble trop claire ! « Il fera disparaître la mort pour toujours » : quand nous lisons cette phrase aujourd’hui, nous sommes tentés de la lire à la lumière de notre foi chrétienne d’aujourd’hui et donc de prêter au prophète des pensées qui n’étaient pas les siennes. Dieu seul sait, évidemment, ce qu’Isaïe avait dans la tête, mais très certainement ce n’est pas encore ici une affirmation de la Résurrection au sens chrétien du terme ; le peuple d’Israël a peu à peu découvert, dès avant le Christ, la foi en la résurrection de la chair, mais très tardivement, bien après que le livre d’Isaïe ait été définitivement mis par écrit.
    De quelle mort parle Isaïe ? Parle-t-il de mort physique ou de mort spirituelle ? De mort individuelle ou de mort collective, c’est-à-dire la disparition du peuple d’Israël ?
    Pour l’homme de la Bible, la mort biologique individuelle fait partie de l’horizon ; elle est prévue, inéluctable, mais pas triste quand elle intervient normalement au soir d’une longue vie comblée. Pour l’individu, la seule mort que l’on craint c’est la disparition prématurée d’êtres jeunes ou la mort brutale, à la guerre par exemple. Isaïe évoque peut-être cela ici. Cela voudrait dire alors : il n’y aura plus jamais de mort brutale ou de mort prématurée. Le troisième Isaïe dit exactement cela.
    Peut-être pense-t-il également à la mort spirituelle, car, parfois dans la Bible, on parle de mort et de vie dans un sens qui n’est pas biologique : pour le croyant de cette époque-là, vivre pleinement, c’est vivre sur la terre en Alliance avec Dieu (aujourd’hui on dirait en communion avec Dieu). Et ce qui est appelé mort, c’est la rupture d’Alliance avec Dieu. Et donc, ce qu’Isaïe entrevoit, c’est le Jour où on vivra en paix avec Dieu et avec soi-même ; les forces de mort seront détruites, la haine, l’injustice, la guerre.
    Troisième hypothèse, peut-être Isaïe, ici, ne parle-t-il pas d’abord des individus, il parle du peuple dont la déchéance présente ressemble à une mort programmée. Grâce à sa foi dans les promesses de Dieu, Isaïe sait que ce peuple renaîtra.
    Depuis la Résurrection du Christ, en tout cas, la mort biologique a changé de visage. Il ne nous est pas interdit de penser : « Isaïe ne croyait pas si bien dire ! »
    —————————-
    Compléments à Isaïe 25
    – Ce texte fait partie de ce qu’on appelle « L’Apocalypse d’Isaïe » (chap. 24-27). Quatre chapitres qui sont comme une vision de la fin du monde. Par avance, le prophète nous « dévoile » (c’est le sens du mot Apocalypse) les événements de la fin de l’histoire. D’ailleurs le chapitre 25, dont est tiré le passage d’aujourd’hui commence par une action de grâce : « SEIGNEUR, tu es mon Dieu, je t’exalte et je célèbre ton Nom, car tu as réalisé des projets merveilleux, conçus depuis longtemps, constants et immuables (25, 1). Là, le prophète parle au passé, comme si nous étions déjà parvenus à la fin de l’histoire et, comme s’il se retournait en arrière, il dit « Tu as réalisé des projets merveilleux, conçus depuis longtemps, constants et immuables ».
    – « Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples » (verset 7) : le voile qui est traduit ici « voile de deuil » pourrait se traduire également le « voile d’ignorance » (celui qui empêche de voir et de comprendre). cf Is 29, 10-12 ; 2 Co 3, 12-18.
    – « Sur sa montagne » : l’expression désigne Jérusalem. Puisqu’il n’entrevoit pas encore d’horizon autre que terrestre, on ne s’étonne pas qu’Isaïe situe l’avenir à Jérusalem, puisque c’est le lieu de la Présence de Dieu au milieu de son peuple.

    PSAUME – 22 (23)
    1 Le SEIGNEUR est mon berger :
    je ne manque de rien.
    2 Sur des prés d’herbe fraîche,
    il me fait reposer.
    Il me mène vers les eaux tranquilles
    3 et me fait revivre ;
    il me conduit par le juste chemin
    pour l’honneur de son nom.
    4 Si je traverse les ravins de la mort,
    je ne crains aucun mal,
    car tu es avec moi,
    ton bâton me guide et me rassure.
    5 Tu prépares la table pour moi
    devant mes ennemis ;
    tu répands le parfum sur ma tête,
    ma coupe est débordante.
    6 Grâce et bonheur m’accompagnent
    tous les jours de ma vie ;
    j’habiterai la maison du SEIGNEUR
    pour la durée de mes jours.

    Le SEIGNEUR est mon berger
    Ce psaume 22/23 (que nous connaissons bien pour avoir chanté « Le SEIGNEUR est mon berger, rien ne saurait me manquer »), ce psaume a un petit air bucolique tout à fait trompeur ! En fait, en quelques lignes seulement, puisque nous venons de l’entendre en entier, il aborde tous les aspects de notre vie ; contrairement aux apparences, il ne s’agit pas du tout d’une promenade champêtre ; il s’agit de la vie et de la mort ; de la peur des ennemis et de la foi en Dieu plus forte que toutes les menaces. Et il est très suggestif d’entendre ce psaume, en écho à la première lecture de ce vingt-huitième dimanche, première lecture tirée du livre d’Isaïe.
    Ce psaume ne parle que de la vie dans l’Alliance avec Dieu, et nous avons vu avec Isaïe que seule cette vie mérite le nom de « Vie » ; toute situation de rupture avec Dieu s’appelle « Mort » quand on est croyant.
    J’habiterai la Maison du SEIGNEUR
    La Maison du Seigneur, c’est le Temple de Jérusalem. Une seule catégorie de personnes pouvait dire en vérité : « J’habiterai la Maison du SEIGNEUR tous les jours de ma vie », c’étaient les lévites.
    Vous connaissez l’institution des lévites ; d’après le livre de la Genèse, Lévi est l’un des douze fils de Jacob, ces douze fils qui ont donné leurs noms aux douze tribus d’Israël ; mais la tribu de Lévi a depuis le début une place à part : au moment du partage de la terre promise entre les tribus, cette tribu n’a pas eu de territoire, pour être entièrement vouée au service du culte. On dit que c’est Dieu lui-même qui est leur héritage.
    Les lévites vivaient dispersés dans les villes des autres tribus, vivant des dîmes qui leur étaient versées et ils montaient chaque année à Jérusalem pour y assurer leur service à tour de rôle. A Jérusalem, ils étaient consacrés au service du Temple et le gardaient nuit et jour.
    Ce psaume évoque donc la joie qui habite le lévite dont la vie tout entière est consacrée à Dieu : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du SEIGNEUR pour la durée de mes jours ». Mais, en réalité, si on parle du lévite, c’est pour mieux exprimer l’expérience du peuple tout entier.
    Le peuple d’Israël comme un lévite
    Comme le lévite a un sort particulier au sein du peuple d’Israël, de la même manière, Israël a un sort particulier au milieu des nations. C’est le mystère du choix de Dieu qui a élu ce peuple précis, sans autre raison apparente que sa souveraine liberté : chaque génération s’émerveille à son tour de ce choix, de cette Alliance proposée. Vous connaissez cette phrase du Deutéronome : « Interroge donc les jours du début, ceux d’avant toi, depuis le jour où Dieu créa l’humanité sur terre, interroge d’un bout à l’autre du monde ; est-il rien arrivé d’aussi grand ? A-t-on rien entendu de pareil ?… A toi, il t’a été donné de voir… » (Dt 4, 32).
    A ce peuple choisi librement par Dieu, il a été donné d’entrer le premier dans l’intimité de Dieu, bien sûr pas pour en jouir égoïstement, mais pour ouvrir la porte aux autres. En définitive, comme Isaïe nous l’a rappelé, c’est l’humanité tout entière qui entrera dans l’intimité de Dieu. Nous le lisons dans la première lecture de ce dimanche : le festin sur la montagne de Dieu est préparé pour tous les peuples.
    Ce festin dont parle Isaïe, on en avait déjà un avant-goût dans les repas de communion qui suivaient les sacrifices d’action de grâce au temple de Jérusalem : ce repas prenait les allures d’une joyeuse festivité entre amis avec une « coupe débordante » dans l’odeur des « parfums » (v. 5) : « Tu prépares la table pour moi… Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante ».
    Le peuple d’Israël comme une brebis
    Il reste que, pour l’instant, historiquement, quand on chante ce psaume au Temple de Jérusalem, ce n’est encore qu’un avant-goût du bonheur promis pour la fin des temps. Il faut encore affronter bien des épreuves. Au sein de ces épreuves, il n’y a pas d’autre refuge que la confiance. Alors, on recourt à une autre image : Israël est comparé à une brebis : son berger c’est Dieu ; on retrouve là un thème habituel dans la Bible : dans le langage de cour du Proche-Orient, les rois étaient couramment appelés les bergers du peuple ; le prophète Ezéchiel a repris cette image : il parlait des « bergers » d’Israël, et tout le monde comprenait qu’il s’agissait des rois.
    Or, depuis les rois Saül et David, le peuple a eu de multiples bergers dont bien peu ont été de bons bergers selon les vues de Dieu. Lui seul mérite vraiment le nom de berger attentif aux besoins véritables de son troupeau : « Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien ; sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles », là où rien ne manque.
    Au milieu des difficultés du monde
    Même quand il « traverse les ravins de la mort », comme dit le psaume, le peuple d’Israël sait que le Seigneur, comme un berger, le « mène vers des eaux tranquilles et le fait revivre ». Car il y a bien d’autres dangers sur le long chemin de l’histoire, ce sont les multiples ennemis… mais quoi qu’il arrive, il ne craint rien. Dieu est avec lui : « Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure… tu prépares la table pour moi devant mes ennemis » (v. 5).
    Cette tranquille assurance du croyant s’appuie sur toute son expérience de la sollicitude de Dieu pour son peuple depuis tant de siècles. Les jours de découragement, il répète les paroles d’Isaïe : « Ce jour-là (sous-entendu à la fin des temps) on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés » (Is 25, 9).
    —————————
    Note sur Psaume 22/23
    – Les lévites : Un des modèles de vie en communion avec Dieu, dans l’Ancien Testament, c’était le lévite. On disait que c’est Dieu lui-même qui est leur héritage : image que nous connaissons bien car elle a été reprise dans un autre psaume : « Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. La part qui me revient fait mes délices ; j’ai même le plus bel héritage ! » (Ps 15/16).
    Nous connaissons mieux, peut-être, le psaume 15/16 sous la forme qu’il a prise dans un negro spiritual : « Tu es, Seigneur, le lot de mon coeur, tu es mon héritage : en toi, Seigneur, j’ai mis mon bonheur, toi mon seul partage ».

    DEUXIEME LECTURE – lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens 4, 12-14. 19-20
    Frères,
    12 je sais vivre de peu,
    je sais aussi être dans l’abondance.
    J’ai été formé à tout et pour tout :
    à être rassasié et à souffrir la faim,
    à être dans l’abondance et dans les privations.
    13 Je peux tout
    en celui qui me donne la force.
    14 Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires
    quand j’étais dans la gêne.
    19 Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse,
    magnifiquement,
    dans le Christ Jésus.
    20 Gloire à Dieu notre Père
    pour les siècles des siècles. Amen.

    Paul et les problèmes d’argent
    C’est depuis sa prison, probablement à Ephèse, dans les années 50, que Paul écrit aux Chrétiens de Philippes ; ils viennent de lui envoyer une aide financière par l’intermédiaire d’un certain Epaphrodite ; et Paul les en remercie ; cela nous vaut une superbe réflexion sur l’usage des biens de ce monde : « Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance… être rassasié et souffrir la faim, être dans l’abondance et dans les privations… » Et Paul parle d’expérience puisqu’il ajoute : « J’ai été formé à tout et pour tout ». Et il fait même allusion à un vrai problème d’argent : « Vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne ».
    Il y a là une leçon de liberté par rapport aux biens matériels. Ce n’est pas de la philosophie, ce n’est pas du stoïcisme, puisqu’il ajoute « Je peux tout en celui qui me donne la force (sous-entendu le Christ) ».
    En même temps, Paul n’a ni fausse honte pour accepter une aide bienvenue, ni fausse pudeur pour parler d’argent. La vraie liberté par rapport à l’argent ne consiste pas à faire semblant de ne pas en avoir besoin ou envie ; il serait indécent vis-à-vis de tous les pauvres de la terre d’afficher de l’indifférence pour les biens matériels, quand on a la chance de ne pas en manquer.
    Si on regarde bien, la Bible propose tout un enseignement sur l’usage des richesses. On peut retenir trois points principaux : Premièrement, les richesses sont une chance, elles méritent bien leur nom de « richesses ». Deuxièmement, elles peuvent aussi devenir un risque, une « pauvreté ». Troisièmement, contrairement aux apparences, nous ne sommes pas propriétaires de nos richesses, nous en sommes intendants.
    Les richesses sont une chance
    Premièrement, les richesses sont une chance, elles méritent bien leur nom de « richesses ». Aucun auteur biblique n’a jamais dit que les richesses étaient mauvaises en elles-mêmes : bien au contraire puisque la prospérité est reconnue comme un don de Dieu. Comme le dit Qohélet (l’Ecclésiaste) : « Si Dieu donne à quelqu’un biens et richesses avec pouvoir d’en profiter, d’en prendre sa part et de jouir ainsi de son travail, c’est là un don de Dieu » (Qo 5,18).
    Les richesses sont aussi un risque
    Deuxièmement, elles peuvent aussi devenir un risque, une « pauvreté »… et cela de deux manières : d’abord la richesse amassée pour elle-même devient un esclavage. « Nul ne peut avoir deux maîtres », on le sait bien. Et si la Bible fustige ceux qui accumulent des biens matériels, c’est d’abord parce qu’ils y perdent leur liberté. Par exemple, le livre du Deutéronome dit du roi : « Qu’il n’aille pas multiplier le nombre de ses chevaux… Son argent et son or, qu’il ne les multiplie pas à l’excès ! » (Dt 17, 16-17). C’est Salomon qui est visé, lui, dont le livre des Rois racontait : « À Jérusalem, le roi fit abonder l’argent autant que les pierres, et les cèdres autant que les sycomores dans le Bas-Pays. » (1 Rois 10,27). On trouve chez tous les prophètes une croisade contre l’accumulation des richesses quand elles deviennent un but en elles-mêmes.
    D’autre part, la richesse accumulée par les uns engendre la pauvreté des autres et cela on le sait bien. Il suffit de lire les diatribes du prophète Amos par exemple : « Ecoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays… » (Am 8,4) ou celles d’Isaïe : « Malheureux, vous qui ajoutez maison à maison, qui joignez champ à champ, jusqu’à occuper toute la place et habiter, seuls, au milieu du pays ! » (Is 5, 8).
    Nous sommes seulement des intendants
    Enfin, troisièmement, contrairement aux apparences, nous ne sommes pas propriétaires de nos richesses, nous en sommes intendants pour nous-mêmes et pour les autres. C’est le sens du geste d’offrande que nous faisons à chaque célébration de l’Eucharistie : nous apportons le pain et le vin qui symbolisent toutes les richesses de la terre et tout le travail humain : nous ne les donnons pas à Dieu… au contraire, nous reconnaissons qu’ils lui appartiennent déjà et qu’il nous les a confiés pour le bonheur de tous les hommes : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes… » Peu à peu, ce geste répété nous fait entrevoir le mystère du plan de Dieu : ces biens reconnus comme ne nous appartenant pas, nous pourrons les partager et c’est ainsi que pourra s’instaurer le royaume de justice.
    Dans la Lettre à Timothée, Paul fait en quelque sorte la synthèse de tout cet enseignement biblique : « Quant aux riches de ce monde, ordonne-leur de ne pas céder à l’orgueil. Qu’ils mettent leur espérance non pas dans des richesses incertaines, mais en Dieu qui nous procure tout en abondance pour que nous en profitions. Qu’ils fassent du bien et deviennent riches du bien qu’ils font ; qu’ils donnent de bon cœur et sachent partager. De cette manière, ils amasseront un trésor pour bien construire leur avenir et obtenir la vraie vie. (1 Tm 6,17-19).
    Au fond, il nous est simplement demandé d’être des serviteurs fidèles et sensés, comme dit Saint Matthieu : « Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. » (Mt 24, 45).
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    Compléments
    – On trouve chez tous les prophètes une croisade contre l’accumulation des richesses, par exemple Zacharie : « Tyr s’est construit une forteresse, elle a accumulé de l’argent, épais comme la poussière et de l’or comme la boue des rues, mais voici que le Seigneur s’en emparera, il abattra son rempart dans la mer, et elle-même, le feu la dévorera » (Za 9, 3-4).
    – « Ce que vous avez en trop compensera ce qu’ils ont en moins, pour qu’un jour ce qu’ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins » : peut-être est-ce cela que Jésus appelle « se faire des amis avec les richesses d’iniquité » ? Vous connaissez sa fameuse phrase : « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur pour qu’une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles » (Luc 16, 9).
    – Enfin Saint Paul lui-même précise bien qu’il nous est demandé de partager, mais non pas de nous ruiner ! Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, il écrit : « Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, mais de rétablir l’égalité. En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu’ils ont en moins, pour qu’un jour ce qu’ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins : cela fera l’égalité » (2 Co 8, 13-14).

    EVANGILE – selon saint Matthieu 22, 1-14
    En ce temps-là,
    1 Jésus se mit de nouveau à parler
    aux grands prêtres et aux pharisiens,
    et il leur dit en paraboles :
    2 « Le royaume des Cieux est comparable
    à un roi qui célébra les noces de son fils.
    3 Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
    mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    4 Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
    ‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
    mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
    tout est prêt : venez à la noce.’
    5 Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
    l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    6 les autres empoignèrent les serviteurs,
    les maltraitèrent et les tuèrent.
    7 Le roi se mit en colère,
    il envoya ses troupes,
    fit périr les meurtriers
    et incendia leur ville.
    8 Alors il dit à ses serviteurs :
    ‘Le repas de noce est prêt,
    mais les invités n’en étaient pas dignes.
    9 Allez donc aux croisées des chemins :
    tous ceux que vous trouverez,
    invitez-les à la noce.’
    10 Les serviteurs allèrent sur les chemins,
    rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
    les mauvais comme les bons,
    et la salle de noce fut remplie de convives.
    11 Le roi entra pour examiner les convives,
    et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    12 Il lui dit :
    ‘Mon ami, comment es-tu entré ici,
    sans avoir le vêtement de noce ?’
    L’autre garda le silence.
    13 Alors le roi dit aux serviteurs :
    ‘Jetez-le, pieds et poings liés,
    dans les ténèbres du dehors ;
    là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’
    14 Car beaucoup sont appelés,
    mais peu sont élus. »

    Voici deux paraboles qui se suivent et ne se ressemblent pas ! Celle de l’invitation au repas de noce et celle du renvoi de l’homme qui ne portait pas la robe de noce. Certains pensent que ces deux paraboles n’étaient pas liées à l’origine : il serait contradictoire d’exiger une tenue de cérémonie de quelqu’un qu’on a ramassé sur la route ; mais si Matthieu les juxtapose volontairement c’est qu’il y a un enseignement à tirer de ce rapprochement. Prenons-les l’une après l’autre.
    L’Alliance entre Dieu et l’humanité ressemble à des noces
    « Un roi célébrait les noces de son fils »… et ce n’est pas n’importe quel roi, puisque, d’entrée de jeu, nous sommes prévenus, il s’agit du « Royaume des cieux » : cette seule expression nous suggère donc irrésistiblement qu’il s’agit de l’Alliance entre Dieu et l’humanité, Alliance qui s’accomplit en Jésus-Christ ; lui-même dans les évangiles se présente comme l’époux. Et d’ailleurs le mot « noce » revient sept fois dans cette parabole.
    Cette symbolique des noces n’est pas très habituelle dans notre langage chrétien aujourd’hui et pourtant c’est dans ces termes-là que les textes tardifs de la Bible parlent du projet de Dieu sur l’humanité. Depuis les dernières prophéties d’Isaïe jusqu’à l’Apocalypse, en passant par le Cantique des Cantiques, et les livres de Sagesse, pour n’en citer que quelques-uns, l’amour de Dieu pour l’humanité est décrit en termes d’amour conjugal. Et c’est bien pour cela que Saint Paul dit que le mariage est « la meilleure image de la relation de Dieu avec l’humanité ».
    Le peuple juif premier invité
    Mais dans l’Ancien Testament, il était clair que cette annonce et l’accomplissement du salut universel de l’humanité passaient par Israël ; le peuple élu était en mission pour toute l’humanité ; c’est dans ce sens qu’on a appris à lire la phrase de Dieu à Abraham « en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 3). Pour reprendre la comparaison de la noce, on dira que les Juifs étaient les premiers invités à la noce ; et le maître comptait sur eux pour élargir ensuite l’invitation et faire entrer derrière eux toute l’humanité.
    Mais on sait la suite : la grande majorité des Juifs a refusé de reconnaître en Jésus le Messie. Dans la parabole, ils sont représentés par ces invités qui refusent de venir à la noce et vont jusqu’à maltraiter les serviteurs qui venaient les chercher. Que va-t-il se passer ? Dans la parabole, les serviteurs remplissent la salle de convives invités à la dernière minute. Dans la lettre aux Romains, Paul commente en disant que ce refus d’Israël, non seulement ne va pas faire obstacle à la noce, mais va même favoriser l’entrée de tous les peuples dans la salle du festin. « Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives ».
    La robe de noces
    Passons à la deuxième parabole : un homme, invité de la dernière heure, entre sans habit de noce ; il est bien incapable de répondre à la question « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? » Alors il est chassé. Cela ne signifie certainement pas qu’il lui fallait satisfaire à une exigence de comportement, que le vêtement de noce pourrait symboliser un mérite quelconque… Dès qu’on parle de « mérite » on dénature la grâce de Dieu, qui, par définition, est gratuite ! Avec Dieu, il n’y a pas de conditions à remplir. La première parabole dit bien que tous ont pu rentrer, les mauvais comme les bons.
    Alors, que peut signifier cette deuxième parabole ? Regardons la multitude qui entre dans la salle du festin des noces. Bons ou mauvais, tous ont été invités, tous ont accepté et ont revêtu la robe de fête : ils ont su accepter l’invitation imprévue et s’y sont préparés. Un seul n’a pas jugé utile de le faire : il n’a pas su apprécier l’aubaine de cette proposition inespérée et l’accueillir avec reconnaissance. A la question « comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? », il aurait suffi d’un mot d’excuse ou de regret, mais il garde le silence. Ne pas se préparer pour un banquet, c’est s’en moquer et mépriser celui qui nous invite. Au fond, tout comme les premiers invités, il a péché par indifférence ou par suffisance. Conclusion : la première vertu qui nous est demandée, c’est l’humilité.
    ———————————-
    Complément
    – Les premiers invités ayant décliné l’invitation, ce sont d’autres qui sont entrés : historiquement, c’est ce qui s’est passé : dans les Actes des Apôtres, on voit se répéter plusieurs fois le même scénario : chaque fois qu’il aborde une nouvelle ville, Paul se rend d’abord à la synagogue et commence par annoncer aux Juifs que Jésus est le Messie attendu ; certains le croient et deviennent chrétiens ; mais quand le succès de Paul commence à sortir des limites de la synagogue, et que des païens deviennent chrétiens à leur tour, ceux des Juifs qui ne se sont pas laissé convaincre prennent peur et chassent Paul. C’est exactement ce qui s’est passé à Antioche de Pisidie : « C’est à vous d’abord que devait être adressée la Parole de Dieu ! Puisque vous la repoussez et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, alors nous nous tournons vers les païens. » (Ac 13, 46).
    A Iconium, à Thessalonique, il s’est passé la même chose (Ac 14, 1) ; et c’est parce que les apôtres étaient chassés de ville en ville que l’Evangile s’est répandu de ville en ville. Une des leçons de la première parabole est alors que le refus d’Israël ne fait pas définitivement obstacle au projet de Dieu. De la même manière que les prostituées et les publicains ont pris la place des autorités religieuses du temps de Jésus, de la même manière, quelques années plus tard, au moment où Matthieu écrivait son Evangile, les païens sont entrés en masse dans l’Eglise grâce au refus des Juifs. D’un mal Dieu fait toujours sortir un bien.
    – La robe de noce : autre interprétation possible : dans le vocabulaire du Nouveau Testament, on le sait, cette robe nuptiale, c’est celle des baptisés ; nous savons bien que ce que nous appelons aujourd’hui une « robe de baptême » est en réalité une « robe de mariée » ! La deuxième parabole concernerait donc les baptisés : ce sont eux qui sont entrés dans la salle des noces. Mais l’habit ne fait pas le moine, on le sait. Ce que Jésus rappellerait ici, ce sont les exigences qui découlent de notre Baptême. Comme il le dit lui-même « Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur ! qu’on entrera dans le Royaume des cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7, 21).


  • Nouvelle Ratio : retour sur le Congrès international

    La formation sacerdotale est un thème déterminant pour la mission de l’Église. Et c’est autour de cette question que quelque 170 évêques, prêtres et formateurs se sont retrouvés du 5 au 7 octobre à Castel Gandolfo, près de Rome. Au cœur de ce congrès international, organisé par la Congrégation pour le Clergé : la Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, le nouveau texte d’orientation de la formation dans les séminaires, promulgué le 8 décembre 2016. Samedi matin, le pape François a tenu à conclure personnellement les travaux. Dans un long discours passionné, le Saint-Père a rappelé les urgences de la vie sacerdotale, comparant Dieu à un potier, patient et attentif, et le prêtre à un vase d’argile.
    Compte-rendu Romilda Ferrauto
    Le pape François, on le sait, n’aime pas les prêtres mondains, ambitieux, carriéristes ni les prêtres tièdes bien installés dans leur tranquillité et leur bien-être. Il veut des disciples missionnaires, des prophètes qui sachent réveiller le désir de Dieu dans le cœur de l’homme et rallumer l’espérance là où la cendre a recouvert les braises de la vie. Le nouveau décret sur la formation sacerdotale porte sa marque. Le précédent datait de 1970 et n’avait été que légèrement modifié en 1985. Près d’un an après la promulgation de la nouvelle Ratio, la Congrégation pour le Clergé a organisé un congrès, ces jours derniers, spécialement à l’intention des évêques et formateurs qui auront pour tâche d’adapter ce décret en des Ratio nationalis.
    Dans son discours d’ouverture, le cardinal Stella, préfet de la Congrégation pour le Clergé, a rappelé que ce texte avait été conçu pour répondre aux questionnements, aux difficultés, aux défis et aux attentes des prêtres dans l’exercice concret de leur ministère. Un travail d’équipe qui a bénéficié de très nombreuses rencontres sur le terrain avec les formateurs et les séminaristes, dans un véritable souci des personnes. La nouvelle Ratio insiste sur le concept de formation intégrale, capable d’unir de manière équilibrée les dimensions humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale, grâce à un cheminement pédagogique progressif et personnalisé.
    Dieu est l’artisan patient et miséricordieux de la formation sacerdotale
    Mais au bout du compte, le Souverain pontife l’a réaffirmé explicitement samedi matin : « Dieu est l’artisan patient et miséricordieux de la formation sacerdotale, et cette action dure toute la vie ». Il faut donc que les prêtres aient le courage de se laisser façonner jour après jour par le Seigneur afin de garder leur enthousiasme pour l’Evangile et leur passion pour le peuple de Dieu. Le pape François invite les séminaristes et les prêtres à préférer le silence à la clameur des ambitions humaines. Plutôt que de suivre des modèles établis, ils doivent se laisser guider par une inquiétude salutaire. Au lieu de compter sur leurs propres activités, ils doivent s’abandonner aux mains du potier et à sa créativité providentielle.
    Mais le rôle des formateurs et notamment des évêques est également essentiel car c’est dans l’Église que les vocations naissent, grandissent et se développent. D’où la nécessité, dans ce domaine, de dialoguer davantage, de dépasser les querelles de clocher, de ne pas se limiter aux schémas inflexibles et aux normes abstraites mais de faire des choix partagés, de préparer en amont des formateurs réellement compétents. Autre mot-clé : le discernement, car il s’agit de bien discerner ceux qui auront, plus tard, à discerner avec les fidèles qui leur seront confiés. La formation des prêtres passe aussi par leur rencontre avec le peuple, avec ses vicissitudes, ses questionnements, ses besoins, ses blessures. Malgré les résistances et les incompréhensions, le peuple est une école de vie, insiste le pape François.
    Un nouveau regard sur la vie sacerdotale
    L’objectif du Congrès de Castel Gandolfo était d’analyser et de favoriser l’application du décret dans les différents contextes culturels et ecclésiaux, d’approfondir les doutes sur les éléments nouveaux du texte, de soutenir le travail des Conférences épiscopales et des séminaires. Les groupes linguistiques ont pu échanger et partager en particulier sur certains aspects qui pourraient ralentir la réception adéquate des nouvelles lignes. Le cardinal Stella l’a rappelé avec insistance : il est nécessaire de porter un nouveau regard sur la vie sacerdotale, de dessiner le profil de prêtres adaptés aux exigences de la société actuelle.


  • Dimanche 22 octobre : Journée missionnaire mondiale
    Affiche 2017 - voir en grand cette image
    Affiche 2017

    Depuis 1926, toutes les paroisses catholiques du monde sont invitées à célébrer le Dimanche missionnaire mondial et à participer à la quête mondiale des Œuvres Pontificales Missionnaires. En 2017, le Dimanche missionnaire mondial est célébré le dimanche 22 octobre, en la fête de Saint Jean-Paul II. Dans de nombreux pays, le dimanche missionnaire mondial est précédé d'un temps d'animations missionnaires, lors de la semaine missionnaire mondiale : du 15 au 22 octobre. Ces animations se vivent en paroisse, dans les aumôneries de jeunes, les groupes de catéchisme, les groupes de prière, les mouvements, les maisons de personnes âgées, les communautés religieuses…

    Le site Œuvres Pontificales Missionnaires rappelle que la quête mondiale pour la mission est un acte missionnaire : elle permet à l'Église de vivre, d'assurer sa croissance dans le monde et de favoriser l'annonce de l'Évangile sur les 5 continents. L'Église lui donne le statut de « quête impérée », c'est-à-dire que l'intégralité de la collecte faite auprès des fidèles lors de la messe du Dimanche mondial de la mission doit être transmise aux Œuvres Pontificales Missionnaires qui ont la charge de sa collecte et de sa distribution pour que vive l'Église partout dans le monde.

    Vous retrouverez en pièces jointes :

    • le message 2017 du pape François "La mission au cœur de la foi chrétienne",
    • une carte de prière sur le thème "Ensemble, osons la mission !",
    • et des articles sur la Journée (ou la Semaine) missionnaire mondiale publiés dans des bulletins paroissiaux du diocèse de Saint-Brieuc

    Dans le diocèse de Saint-Brieuc :

    • Journée de prière continue le 21 octobre,
    • La prière de Taizé du 28 octobre aura une orientation missionnaire.

    Retrouver >> ici << toutes les messes du diocèse le dimanche 22 octobre pour la Journée missionnaire mondiale !


  • Homélie du dimanche 15 octobre

    Dimanche 15 octobre 2017
    28éme dimanche du Temps Ordinaire

    Références bibliques :
    Du livre du prophète Isaïe : 25. 6 à 9 :”Le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin …”
    Psaume 22 : “Tu prépares la table pour moi…ma coupe est débordante.”
    Lettre de saint Paul aux Philippiens : 4 12 à 20 :”Mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus.”
    Evangile selon saint Matthieu : 22. 1 à 10 : “Les serviteurs allèrent sur les chemins rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les bons et les mauvais.”
    ***
    C’est encore une parabole sur le Royaume qui nous est proposée aujourd’hui. On y retrouve les mêmes thèmes fondamentaux que dans les précédentes lues tous ces derniers dimanches.
    UNE INVITATION UNIVERSELLE.
    Ces premiers invités avaient toutes les raisons d’être conviés à la noce, mais ils refusent de répondre à l’invitation du roi. Ils invoquent des raisons ou des prétextes, peu importe. A leurs yeux, ils avaient tous d’autres occupations plus intéressantes. Le festin est celui des “noces de l’Agneau” pour reprendre l’expression de l’Apocalypse (19. 7 et 9) qui d’ailleurs utilise le même terme grec :”Gamos”, qui va plus loin que la signification de simple fête.
    Puisqu’ils refusent de s’y rendre, d’autres sont invités à partager la joie des deux familles pour l’union de ces jeunes. A l’inverse des premiers, ces invités de dernière heure n’ont aucun mérite pour être conviés ainsi. Ils n’ont que la chance de s’être trouvés là, désoeuvrés, sur le chemin des serviteurs. Ce sont des gens de toutes sortes auxquels personne ne prête attention d’habitude. Qu’espéraient-ils vraiment dans leur désoeuvrement ? Pouvaient-ils un instant s’attendre à cela ?
    Isaïe nous donne une première réponse. En tout homme vit une espérance car en tout homme il y a l’attente d’un infini. “Voici notre Dieu ! En lui, nous espérions, il nous a sauvés.” (Isaïe 25) … “Par toute la terre, il effacera l’humiliation de son peuple. C’est lui qui l’a promis.” Mais ce peuple n’est plus le peuple de la première Alliance qui n’a pas répondu. C’est le peuple innombrable de la Nouvelle Alliance.
    Pour Dieu, cette invitation universelle ne suppose aucune condition préalable, pas même celle d’être de ceux qui sont en relation avec le roi qui invite ses amis, ses égaux, ses ministres. “Tu prépares la table pour moi…”, pour d’autres, pour tous. (psaume 22)
    La situation est inimaginable si l’on se réfère à nos manières d’agir habituelles. Nous avons du mal à croire que Dieu puisse donner le salut à tous et gratuitement. Nous qui sommes souvent dans la crainte pour tout faire afin d’obtenir “notre” salut, qui vivons dans l’inquiétude de ne pas le mériter. C’est pourtant la bonne nouvelle de l’Evangile : Dieu appelle par amour et donne gratuitement.
    UNE CONVERSION, UN CONSENTEMENT
    Mais nous n’avons pas à penser que cette gratuité n’attend pas de nous une réponse. Il nous faut accepter de suivre celui qui nous appelle aux noces éternelles. Cet appel est aussi celui de suivre le chemin qu’il nous trace. Si l’invitation est gratuite, la réponse à donner implique l’acceptation de vivre selon les exigences du Royaume. Le vêtement de noces est l’image de cette participation consentie.
    Autrement dit, il ne s’agit pas d’accepter passivement de prendre part au festin des noces. Il faut aussi, tant bien que mal sans doute, s’en rendre digne. Ce qui, pour nous se traduit, prendre ses responsabilités. La vie morale n’est pas la condition du salut. Nous le voyons avec Marie-Madeleine, Zachée et tant d’autres invités à devenir proches de Jésus. La vie morale en est la conséquence.
    C’est parce que je crois que Dieu m’aime, m’appelle, me sauve gratuitement et m’invite au bonheur, que je suis fidèle à la loi qu’il me propose. “Dans cette vie où nous espérons le bonheur et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.” Ce prière répétée à chaque messe en est bien l’écho… l’avènement du Christ dans notre vie actuelle et pas seulement au terme de notre vie.
    Ma fidélité sera, dès aujourd’hui, à la mesure de la conscience que j’ai de son amour.
    Je ne peux participer à ces noces qu’avec un vêtement décent, qui se traduit : vivre selon la loi du Royaume. Il m’invite et je dois être digne dans ma réponse à cette invitation.
    PARTICIPER A LA FETE
    Si la loi du Royaume se présente comme une exigence, elle est aussi le chemin du vrai bonheur et de la vraie liberté. L’amour de Dieu suscite la liberté de l’homme. Il ne nous dispense pas de notre responsabilité personnelle. Il ne sauve pas des esclaves du péché pour en faire des esclaves de sa puissance. Il veut faire de nous des partenaires de sa fête.
    L’homme qui se présente sans un vêtement de noces, est pressé aimablement de s’expliquer. Il ne trouve pas de réponse. N’épiloguons pas sur une réaction du roi, peu compatible avec ce qui nous est dit de sa mansuétude. En acceptant de venir, le traînard de grand chemin acceptait d’aller plus loin que la satisfaction d’un repas plantureux. Il est invité à partager la joie de l’avenir de ce jeune couple et non pas simplement manger copieusement au banquet des noces. Il doit donner une réponse qui est simplement la raison de ce manque de partage.
    Une chose est certaine, la robe de noces souhaitée n’est pas celle de l’innocence. Ce sont des pécheurs que Dieu invite au festin du Royaume. La parabole est claire : le roi invite les bons et les méchants. L’Eglise, le Royaume de Dieu, n’est pas une société de parfaits, mais de pécheurs conscients de leur péché et qui aspirent au pardon. “Vous avez revêtu le Christ !” (Galates 3. 27), “Revêtez l’homme nouveau” que vous êtes par cette invitation (Colossiens 3. 10).
    ***
    Nous aussi nous sommes indignes de participer au festin du Royaume et même à cette eucharistie quotidienne ou dominicale qui nous en offre les prémices. Laissons-nous aimer par Dieu qui nous dit :”Venez tout est prêt !”
    “Ta grâce nous devance et nous accompagne pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche”, nous fait prier la prière d’ouverture de la liturgie de ce dimanche.
    Notre réponse ne peut être le silence. Elle se doit d’être une démarche et une attitude : Venons à la noce éternelle avec la parure de la fête !


  • La grotte

    On parle souvent de grottes dans la Bible, sans doute parce que les régions qui s'y trouvent mentionnées sont truffes de cavités. Dans une page des Livres de Samuel, on nous raconte que la puissante armée des Philistins menace Israël ; alors – est-il dit – « Les Israélites se cachèrent dans les grottes, les trous, les failles de rocher, les souterrains, les citernes » (1 Samuel 13, 6). Pour les humains, une grotte peut donc devenir un refuge, un abri ; mais elle peut aussi se faire piège, voire tombeau.

    Que la grotte soit un abri, on l'apprend avec Moïse. Moïse demande au Seigneur de se manifester à lui dans toute sa gloire (Exode 33). Le Seigneur lui répond qu'un humain ne peut pas voir le Seigneur et continuer à vivre. Il enjoint donc à Moïse de se cacher dans une grotte quand il passera auprès de lui ; Moïse ne pourra voir le Seigneur que de dos, une fois qu'il sera passé. Plus tard, Moïse entrera dans l'intimité de Dieu et lui parlera face à face dans la nuée. La grotte est donc un jalon : elle est d'abord une chambre noire protectrice, avant de pouvoir s'avancer davantage dans l'intimité de Dieu.

    Je voudrais maintenant vous citer une belle scène (1 Samuel 24) où une grotte aurait pu devenir un piège mortel. C'est un épisode de l'histoire de David. David est jalousé par le roi Saül qui comprend que ce jeune homme sera roi après lui en Israël. Saül avec toute son armée poursuit David qui doit fuir avec une poignée d'hommes.

    Pendant cette fuite, David décide un jour de se cacher dans une grotte au désert. Il s'y trouve avec quelques-uns de ses compagnons quand Saül entre lui aussi dans la même grotte. Les soldats de David lui disent que cette rencontre est voulue par Dieu : David peut tuer son ennemi Saül qui Dieu semble livrer entre ses mains. Mais David se récrie à plusieurs reprises : « Je ne porterai pas la main sur le messie du Seigneur ». La grotte aurait pu être le tombeau de Saül, mais Saül en sort vivant.

    Les évangélistes se souviennent de cette scène quand ils évoquent l'inhumation de Jésus dans un tombeau creusé dans le roc. Le messie qu'on fait entrer dans cette grotte en sortira vivant trois jours plus tard. On ne porte pas si facilement la main sur le messie du Seigneur.


samedi 7 octobre 2017

  • Photoreporter le Off à la Maison Saint-Yves

    Du 7 octobre au 5 novembre 2017, a lieu à Saint-Brieuc le Festival Photoreporter ainsi que le Festival Photoreporter le Off.

    Pour sa 6e édition le festival poursuit son double objectif de soutenir le photojournalisme et de rendre accessible l'information au plus grand nombre.

    Le thème 2017 est : « Un certain regard pour explorer les vibrations du monde actuel ».

    Vous pouvez découvrir les diverses expositions au Carré Rosengart et port du Légué - 16, quai Armez à St Brieuc et à la Maison de l'Agglomération - 38, rue du 71e Régiment d'infanterie à St Brieuc.

    off
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    Créée en juin 2015, l'association Le Off est née d'une envie des bénévoles de « Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc » de s'impliquer plus en avant dans la préparation du festival et de développer la photographie dans le Pays briochin.

    La Maison Saint-Yves accueille une exposition de photos du Off dans sa salle d'exposition du 7 octobre au 5 novembre.
    L'exposition « Instants d'ici et d'ailleurs » de Jean-Marc Dellac propose des photos en noir et blanc que le photographe a pris au grès de ses différents voyages.

    Photo Dellac - JPEG - 437.6 ko
    Photo Dellac

    N'hésitez pas à venir découvrir ce voyage à travers la photographie.

    Exposition photos Jean-Marc Dellac - Photoreporter le Off
    Maison Saint-Yves - 81, rue Mathurin Méheut - SAINT-BRIEUC

    Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h00,

    le samedi de 9h à 12h.

    Voir en ligne : Photoreporter le Off

vendredi 6 octobre 2017

  • Habitat partagé : l’Association pour l’amitié promeut le vivre ensemble

    Le second rapport « Église en Périphérie », sorti le 3 octobre 2017 met en évidence les initiatives chrétiennes d’habitat partagé. Rencontre avec Martin Choutet, modérateur de l’Association pour l’Amitié (APA). Une association qui promeut le vivre ensemble et qui anime des appartements partagés où co-habitent des sans-domiciles fixes et des jeunes pros sous forme de colocation solidaires.

    Quel est le rôle de l’Association pour l’amitié (APA) ?
    Favoriser le lien social par la rencontre entre des personnes en situation d’isolement et de précarité et d’autres personnes qui n’ont pas de difficultés. Nous construisons à travers l’habitat partagé des communautés et des lieux de vies. Chacun mérite de vivre dans des conditions dignes. C’est pourquoi, l’association propose un hébergement mais aussi un accompagnement et des liens humains.
    Depuis quand l’association existe-t-elle ? Où êtes-vous installés ?
    L’Association pour l’amitié est implantée depuis onze ans à Paris et dans sa région grâce aux soutiens du diocèse de Paris et des communautés religieuses. Nous avons ouvert en 2017 deux nouveaux pôles à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et à Villejuif (Val-de-Marne). L’Association pour l’Amitié travaille en étroite collaboration avec l’association Lazare qui développe, de son côté, des projets similaires en province, notamment à Lyon, Nantes, Marseille, Lille, Toulouse et Angers ; mais aussi à l’étranger, en Espagne et en Belgique.
    Quels sont les moyens dont dispose l’Association pour l’Amitié (APA) ?
    L’APA a vingt-deux appartements en région parisienne qui regroupent un peu plus de 160 résidants répartis sur une dizaine de sites. Huit familles sont également responsables de lieux. Dans chaque pôle, nous avons un responsable et une équipe de soutien pour la formation, l’accueil des nouveaux et la gestion des véhicules.
    Quel est le profil des « volontaires » et des « aidés » ?
    Les volontaires sont en général des jeunes professionnels, mais il n’y a pas de limites d’âges officiel. La plupart d’entre eux s’engagent au nom de leur foi. Les sans domiciles fixes, eux, viennent par le biais d’assistantes sociales, de paroisses ou d’associations partenaires.
    Se mettre à plusieurs dans un même espace en y intégrant des valeurs de solidarité et de respect de l’autre, n’est-ce pas un moyen de redonner du sens au vivre ensemble ?
    Vivre en « habitat partagé » permet de réaliser des activités tous ensemble comme la cuisine, le ménage ou les courses… Le point d’entrée de notre action est de créer du lien, d’apprendre à se connaitre et à s’aimer au-delà de nos différences. Nous devons aller les uns vers les autres, apprendre à vivre ensemble en harmonie malgré nos aspérités de caractère.
    Partager des lieux de vie mutualisé nécessite de se répartir les tâches. Comment surmonter les difficultés du quotidien ?
    Par la volonté de vivre ensemble. Au départ, les volontaires se réjouissent de faire de nouvelles rencontres. Puis ils cheminent et s’aperçoivent que l’autre est différent de ce qu’ils imaginaient. Nous sommes appelés à nous transformer et à évoluer avec le temps. Ce qui nécessite de se comprendre mutuellement, de pardonner quand on se blesse, d’être patient et d’accepter que l’autre a besoin de temps pour changer. Il faut aussi savoir s’émerveiller des talents de chacun et s’ouvrir à la complémentarité.
    Et parfois, les rôles s’inversent…
    En vivant ensemble, la personne que je voyais comme une personne pauvre se révèle être un bon musicien, cuisinier ou accueillant. Toutes ces attentions de cœur aident à changer de regard et à voir l’autre comme une personne pleine de potentiels et de richesses.
    Comment la dimension spirituelle se traduit-elle ?
    Elle aide à surmonter les écueils du quotidien. Nos temps de prières permettent à des victimes d’exclusion de rouvrir un œil sur l’Eglise et la vie spirituelle. Nous aimerions être facilitateur et créer des occasions pour que chacun rejoigne le Seigneur et connaisse cette profonde joie de découvrir la bonne nouvelle qui redonne du sens à la vie.
    Depuis les années 2000, les initiatives d’habitats partagés portés par des chrétiens se multiplient. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
    De nombreuses associations comme l’Arche, le Pain de vie ou Magdala nous ont précédés sur ce chemin et nous ont largement inspiré. Elles témoignent en vérité de la richesse du vivre ensemble. Je pense qu’il s’agit d’une tendance portée par toute l’Eglise qui est d’apprendre progressivement à moins « faire pour » mais à « faire avec ». Chacun a besoin d’aimer et d’être aimé, de donner et de recevoir. Nos relations sont appelées à être réciproques. Il s’agit d’un chemin de conversion.
    Au-delà des appartements partagés, vous développez d’autres actions qui sont autant d’occasion de vivre le même esprit de rencontres et d’amitié…
    Nous organisons des repas partagés le dimanche pour les personnes isolées, rue de Vaugirard. Cette journée qui devrait être un jour de fête peut devenir une épreuve. Il me parait important que les paroisses couplent la liturgie avec des actions de solidarité. Nous préparons également des séjours de vacances en dehors de Paris ainsi que des pèlerinages et des retraites spirituelles. Nous aimons faire découvrir l’immense richesse de l’Eglise à travers la diversité des communautés religieuses et des lieux d’accueil.
    L’association existe depuis maintenant onze ans. Quelle nouveauté avez-vous mis en place ?
    Nous avons créé une équipe de travailleurs sociaux qui accompagne les personnes en situation de précarité dans leurs projets personnels, professionnels tant en termes de recherche d’emploi que de démarches de soins, d’aide à la régularisation ou encore de recherche de logements plus adaptés.


  • Un site pour découvrir Xavier de Langlais

    Retrouvez ici certaines œuvres (artistiques et littéraires) de Xavier de Langlais mais aussi les livres de Tugdual de Langlais, le fils de l'artiste bien connu à la Maison Saint-Yves (81 rue Mathurin Méheut à Saint-Brieuc) pour ses fresques murales exposées dans le cloître mais aussi dans la crypte.

    Voir en ligne : Site « De Langlais »

  • Formation sur comment « Pratiquer la communication bienveillante »

    « Pratiquer la communication bienveillante pour améliorer sa qualité de relation et son service en Église », tel est l'enjeu de cette formation ouverte aux prêtres, diacres, religieux, laïcs en mission ecclésiale, et plus largement toute personne désireuse d'améliorer sa façon d'écouter et sa qualité de présence aux autres.

    « La Joie de l'Évangile » - N°171

    « Nous avons besoin de nous exercer à l'art de l'écoute qui est plus que le fait d'entendre » - Pape François

    LS n°19 - Formation relation humaine

    Les salariés et bénévoles appelés par l'Église enrichiront leurs compétences pour assurer un meilleur service des personnes qu'ils rencontrent. Chaque année le service diocésain proposera un module de formation en relations humaines : accueil, animation de groupe, délégation, gestion des conflits, communication…

    Informations pratiques

    • Intervenant(s) : Gaël Droumaguet, prêtre. Certains modules et ateliers de pratique sont co-animés par Viviane Davy.
    • Dates : Session de formation les jeudi 25 et vendredi 26 janvier 2018 de 9h30 à 16h30 à la Maison Saint-Yves. Inscription avant le 22 décembre 2017.
    • Lieu : Les modules et ateliers pratique peuvent être organisés dans différents lieux, sous certaines conditions.
    • Coût : 25 euros (libre participation aux frais pour les ateliers pratiques). Chaque participant apporte son pique-nique.

    >>> Plus d'informations et bulletin d'inscription disponibles en pièces jointes <<<

    Contact

    Service de formation permanente
    81, rue Mathurin Méheut, 22042 Saint-Brieuc cedex 2
    Tél. : 02 96 68 13 40
    Mél : formationpermanente chez diocese22.fr


  • Eglise en Côtes d'Armor - Octobre 2017

    Éditorial [1]

    Calendrier de Mgr Denis Moutel

    Infos officielles

    • Dans le souffle du synode

    Evénement

    • La Mission ouvrière a 60 ans
    • Semaine missionnaire mondiale p 8
    • Retraite des personnels de santé p 9
    • Consacrés et engagés Sœur Anne-Geneviève Guérin
    • Réenchanter l'école : Le collège de Pléneuf-Val-André

    Témoignage

    • Participer au synode des jeunes
    • Session de rentrée des séminaristes
    • La vie dans le diocèse

    Dossier

    • Équilibre de vie et santé des prêtres
    • Les fêtes chrétiennes : Le Rosaire

    Mémoire

    • La chapelle du Bon Sauveur

    Infos, intentions,


    [1] en ligne à partir du 16 octobre


jeudi 5 octobre 2017

  • Déclaration de Mgr James à la suite d’un acte de violence à l’église Sainte-Croix

    Ce jeudi 5 octobre, en fin de matinée, un homme a surgi dans l’église Sainte-Croix de Nantes, au cours d’une messe. L’homme se serait approché de l’autel et aurait manipulé son arme de poing devant le prêtre. Deux paroissiennes ont donné l’alerte en appelant la police. L’homme âgé d’une trentaine d’années, semblait déséquilibré et a tenu des propos incohérents. Il a été interpellé. Il n’y a pas de blessé. La police judiciaire mène l’enquête. Je me suis rendu sur place.
    Un prêtre et une communauté ont été choqués, alors qu’ils célébraient le cœur de la foi chrétienne. Mesurant le trouble causé par l’événement, j’exprime aux prêtres et à la communauté paroissiale mon fraternel soutien.
    Je prie pour que l’église Sainte-Croix de Nantes reste fidèle à sa mission d’être un havre de paix au cœur de la ville.
    Mgr Jean-Paul James,
    5 octobre 2017


  • Prier le chapelet, est-ce facile ? Éléments de réponse par Mgr Xavier Malle

    Nommé évêque du diocèse de Gap et d’Embrun par le pape François en avril dernier, Mgr Xavier Malle qui fut par le passé recteur du Sanctuaire Marial de l’Ile-Bouchard, nous éclaire sur la prière du chapelet.
    Avant d’arriver à prier le chapelet tous les jours, je suis passé par plusieurs phases. Tout d’abord, grâce aux petits livrets édités par l’abbaye cistercienne Notre-Dame de Chambarand (voir ci-dessous) que j’ai acheté comme jeune adulte : prier le chapelet avec tel saint. Cela m’a permis de découvrir les mystères, et l’importance de les contempler mais aussi grâce à l’approfondissement de la lettre du Pape Jean-Paul II « Le Rosaire de la Vierge Marie », écrite en 2002, dans laquelle il explique qu’il s’agit de contempler le visage du Fils dans ses différents mystères, avec le regard de Marie. Une autre phase de découverte a été celle de l’expérimentation à différentes reprises, hospitalisation, raids goums, grandes souffrances, … que le chapelet est la prière qui reste quand on n’arrive plus à prier autre chose. Puis la découverte de la possibilité de découper mon chapelet dans la journée, profitant des temps de transport pour dire une dizaine…
    J’ai par la suite pu expérimenter cette prière par la prédication sur le chapelet et l’animation de nombreux chapelets, quand j’étais recteur du Sanctuaire Marial de l’Ile-Bouchard. J’ai ainsi découvert que cette prière est adaptée à tous les âges. C’est un grand bonheur de prier le chapelet avec les enfants et les adolescents. Ce qui me porte c’est aussi la certitude qu’une famille et un couple qui prie le chapelet tous les jours, au moins une dizaine, est entre de bonnes mains. Alors c’est pareil pour moi, prêtre, évêque…
    Il m’a fallu du temps pour arriver à dire le chapelet chaque jour. Actuellement j’ai la joie de le prier tous les soirs avant d’aller dormir, en tournant autour de la maison de l’évêché. Cela va être plus sportif quand il y aura de la neige ! Mais quel bonheur de terminer la journée de labeur, de remettre les personnes, les situations douloureuses rencontrées dans la journée à l’intercession de Marie. Et on dort tellement mieux en s’endormant en tenant la main de Marie !
    Alors, ayons toujours notre chapelet en poche et profitons de toutes les occasions de la journée, et le soir « terminons-le » !
    Mgr Xavier Malle, évêque de Gap (+ Embrun)
     

     

     


  • Le déploiement des études sur la famille

    A Rome, Paris ou Lyon, Amoris laetitia offre un souffle nouveau aux études théologiques et pastorales au service de la vie familiale et conjugale.

    Un bel envol ! Ainsi peut-on qualifier la page qui s’ouvre aujourd’hui pour le tout nouvel « Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille », qui prend la suite de l’ancien « Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur la famille ». Il semble en effet appelé à être une sorte de think-tank pour la réception de l’exhortation Amoris laetitia. L’enjeu de ce projet est au fond de déployer le champ de ces études en portant un regard attentif et confiant sur la réalité concrète de la vie des familles comme sur les changements culturels car « les exigences, les appels de l’Esprit se font entendre aussi à travers les événements de l’histoire », écrit le pape François dans le motu proprio Summa familiae cura. Soulignant encore et toujours l’importance de la famille, le pape invite à ne pas se limiter à « des pratiques pastorales et missionnaires reflétant des formes et des modèles du passé, mais plutôt à être des interprètes de la sagesse de la foi ».
    Le nom de la nouvelle institution académique traduit ces appels. Devenant un institut théologique il fera pleinement droit à la dimension de dialogue inhérente à la théologie : dialogue entre théologie et sciences humaines, dialogue avec le monde, dialogue avec les non-croyants comme l’indique Mgr Vincenzo Paglia grand chancelier de cet institut. Parallèlement son champ d’action s’élargit. C’est ainsi qu’il portera aussi le soin de la création, l’homme et la femme en portant aussi la responsabilité dans leur alliance. Il s’agit en somme de développer un regard élargi et de nouvelles capacités pour une intelligence vive de « l’inépuisable mystère du mariage et de la famille ».
    Du côté de la France, cela bouge aussi. Amoris laetitia encourage à une belle créativité et plusieurs universités catholiques lancent cet automne des formations destinées à ceux qui sont engagés à des titres divers au service de la vie familiale et conjugale. L’université catholique de Lyon et l’Institut catholique de Paris proposent en effet des certificats universitaires innovants : le CERPAF à Lyon un « certificat universitaire de pastorale des familles » et le CADiF à la catho de Paris un « certificat d’accompagnement et de diaconie des familles ». On ne saurait oublier que la famille est le lieu par excellence où s’éprouvent les joies mais aussi les épreuves de la vie commune. Et cela exige, dit le pape François, une conversion missionnaire : il est nécessaire de ne pas s’en tenir à une annonce purement théorique et détachée des problèmes réels des gens (AL n° 201). En proposant des approfondissements théoriques comme des partages d’expérience, il s’agit de mettre en travail l’intelligence pratique et spirituelle.


  • Prendre place en Eglise
    Nous venons de démarrer l'année pastorale sur nos deux communautés paroissiales, les enfants ont repris le chemin du Caté…. Contrairement à ce que l'on entend souvent, ce ne sont pas les enfants ou les jeunes qui manquent…mais des éveilleurs à la foi parmi les adultes. Notre mission en tant (...)

  • Messe de rentrée
    Messe de rentrée à l'église de Bröons ce dimanche 1er octobre. - Paroisse de Broons

mercredi 4 octobre 2017

  • Notre Dame du Cénacle (Versailles) : « Quand vous priez, dites notre Père... Lc 11/2 »
    Session pour creuser ensemble le sens de la prière de Jésus. Et moi, quand je prie, quelle réalité derrière les mots : mes attentes, mon désir, mon espérance. du Mardi 17 oct 2017 - 20:30 au Mardi 17 oct 2017 - 22:00 Animé par : Mme Sophie Bleu-Delattre Email : cenacle.versailles@wanadoo.fr Téléphone : (...)

  • Netforgod : "Un courant de grâce"
    Un film sur le Jubilé d'or du Renouveau Charismatique Catholique En juin 2017, à l'occasion de la fête de la Pentecôte, plus de 50 000 personnes provenant de 127 pays se sont réunis à Rome pour célébrer le Jubilé d'or du Renouveau charismatique catholique. Ce véritable « courant de grâce », comme le (...)

  • Publication du deuxième rapport « Église en périphérie »
    La Conférence des religieux et religieuses de France a mené en janvier 2017 auprès des instituts et congrégations religieuses, une enquête sur « Les communautés qui tissent du lien en périphérie ». Cette enquête a été portée par les commissions monde rural et monde populaire de la Corref, (en concertation (...)

  • La maternité Sainte Félicité nouvelle génération a éclos

    Lundi 2 octobre, personnalités politiques et religieuses ont inauguré les nouveaux bâtiments de la maternité catholique Sainte Félicité, institution plus que centenaire à Paris. Une inscription dans la modernité au service de la vie et de l’espérance. Par Chantal Joly.
    Au cœur du 15ème arrondissement, la petite rue de Casablanca. Au fond de l’impasse une cour calme. La maternité nouvelle génération dresse sa blanche façade vitrée concave (pour gagner des m2 et pour la symbolique de l’arrondi) vers le ciel. Cinq étages avec un rez-de-chaussée lumineux où veille une Vierge à l’Enfant et dont le hall communique directement avec le premier étage équipé de cabinets de consultations. Aux deuxième et troisième étage 28 lits de maternité répartis équitablement de part et d’autre du poste infirmier. La logistique se situe au niveau 4, pendant que la partie technique est installée sur le premier niveau bas. Le dernier étage abrite le logement des Petites Sœurs des Maternités catholiques, dont la chapelle aux magnifiques vitraux bleus est comme le cœur de cet édifice.
    Beauté, technicité, humanité
    Côté rue Duranton, le rez-de-chaussée est accessible aux pompiers et ambulances, une rampe circulaire distribuant l’entrée des urgences pour le bloc obstétrical. Dans le bâtiment ouvert depuis le 7 mars dernier, une bonne odeur de la peinture flotte encore dans les couloirs au doux coloris taupe. Les participants à l’inauguration qui visitent les locaux par petits groupes ne tarissent pas de superlatifs. Des mamans ayant accouché dans les anciens bâtiments de la rue Saint Lambert s’extasient particulièrement de l’espace dans les 52 chambres (dont 48 individuelles) équipées de spacieuses salles de bain et de baignoires pour laver le bébé à même la chambre. Service de néonatalogie avec six lits mère-enfants (dont une chambre pour des jumeaux), plateau technique ultramoderne, bâtiment basse consommation, salle « nature » avec baignoire de relaxation, petits salons cosy avec distributeurs de boissons et bagagerie dans le secteur naissance, 40% d’espace gagné… Tout a été fait pour que la qualité de soins se conjugue avec un climat de confort et d’attention optimisé. Aussi bien pour les 140 salariés qui y travaillent que pour les familles qui y ont recours (3000 naissances attendues par an).
    Un projet porté ensemble
    À l’heure des discours, les élus n’ont pas été les moins enthousiastes pour se féliciter de la présence de cet équipement hors norme au service des Parisiens. Rappelant que deux de ses fils sont nés à la maternité Sainte Félicité, Philippe Goujon, maire du XVe arrondissement, a salué « l’architecture sobre et épurée qui s’insère dans le paysage urbain » et « le dévouement, la bienfaisance, l’incroyable ténacité » des Sœurs. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a exprimé le fait qu’elle était « très heureuse d’être ici » et qu’après avoir traversé « beaucoup de difficultés comme pour un accouchement », « ça valait le coup de porter ce projet ensemble […]  une façon pour le public de travailler avec le secteur privé ».
    Mgr Éric de Moulin-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris,  a rappelé l’influence décisive du cardinal Vingt-Trois qui avait souhaité que la maternité reste dans Paris ainsi que celle de la Providence qui « a permis quelques rencontres pour repérer cet emplacement ». Il a insisté sur le fait que « notre époque est devenue très sensible au fait que le travail de l’accouchement se fasse dans un environnement le plus humain possible […] et soit une source de joie », et que si tout baigne dans cette ambiance « de bienveillance et d’espérance, c’est aussi grâce à la prière des sœurs ».
    Le mot de la fin a été laissé à Sœur Marie Jérémie, Présidente du conseil d’administration de la Maternité Sainte Félicité. Elle a tenu à « remercier personnellement Mme Hidalgo » ainsi que tous ceux qui ont œuvré à la réalisation (les deux cabinets d’architecte, les maçons, les juristes, les entreprises, etc.). Elle a souligné « l’appui inconditionnel de l’Église de Paris » et déclaré : « J’aime à le répéter : l’âme de la maternité a grandi, elle est appelée à rayonner dans ce 21ème siècle ». Un fil d’or continuera de traverser sa belle histoire : l’accueil de toute naissance par 3 coups de cloche sonnés manuellement par une Petite Sœur.

    Des religieuses professionnelles de santé
    Au siècle dernier, à Jallieu, dans l’Isère, un industriel en soierie souhaitait créer une maternité pour ses ouvrières. Il comptait sur sa fille pour mettre en œuvre son projet. Mais après ses études de sage-femme, Marie-Louise est décidée à s’engager dans la vie religieuse au sein d’un Institut missionnaire. Consulté, l’évêque de Grenoble demande à la jeune fille de réaliser l’œuvre sociale souhaitée par son père sans renoncer à répondre à sa vocation religieuse. Ainsi naît en 1930 un nouvel institut, les Petites Sœurs des Maternités Catholiques. Elles gèrent et animent actuellement trois établissements : la maternité Sainte Félicité à Paris, la clinique Saint Vincent de Paul à Bourgoin-Jallieu dans l’Isère et l’Étoile, maternité catholique de Provence à Aix en Provence. Elles sont également présentes à Cambrai (Nord) et à Dakar (Sénégal). Elles travaillent aux côtés des équipes médicales, soignantes, administratives et hôtelières et participent à la prise en charge des patientes.


  • Calendrier de la catéchèse 2017-2018
    calendrier catéchèse 2017 2018 - Excel - 50 ko
    calendrier catéchèse 2017 2018

  • La journée baptême des enfants en âge scolaire 2018

    La prochaine journée diocésaine des enfants en âge scolaire aura lieu le samedi 17 mars 2018.

    Journée diocésaine des enfants vers le baptême
    Journée diocésaine des enfants vers le baptême

    Plus d'informations sur cette journée seront disponibles prochainement.


  • Les rencontres en zone des catéchistes

    Tous les catéchistes sont conviés aux rencontres proposées par le Service de Catéchèse et du Catéchuménat.

    Programme de la journée :

    Le matin (à partir de 9h30) : un temps de récollection.

    L'après-midi (jusqu'à 17h00) : un temps de relecture pastorale de nos actions catéchétiques.

    Calendrier des rencontres :

    Jeudi 9 novembre 2017 : zone de Lannion
    Lundi 13 novembre 2017 : zone de Guingamp
    Jeudi 16 novembre 2017 : zone de Lamballe
    Lundi 27 novembre 2017 : zone de Dinan
    Jeudi 30 novembre 2017 : zone de Loudéac
    Jeudi 7 décembre 2017 : zone de Rostrenen
    Jeudi 14 décembre 2017 : zone de Saint-Brieuc.

    Plus de précisions pratiques sur ces journées seront disponibles prochainement.


  • Petites sœurs de Jésus : des femmes libres attachées à l'essentiel (Zenit)
    Ce lundi 2 octobre les petites soeurs de Jésus, réunies en chapitre général, ont été reçues par le Pape. Il a insisté a sur l'importance de la vie communautaire dans notre mission : "la fraternité entre vous ouvre vos coeurs à la fraternité envers tous." Le Pape nous encourageait aussi en disant : "N'ayez (...)

  • 800 ans des Franciscains en France (KTO TV)
    Emission La Foi prise au Mot du 01/10/2017. La Foi prise au mot vous propose de célébrer un anniversaire : celui de l´arrivée des premiers frères franciscains en France, en 1217. C´est en effet, un peu moins de dix ans avant la mort de Saint François, que le chapitre général envoya quelques frères (...)

  • Byung-Chul Han : « La société de transparence »

    C’est le philosophe dont on parle : le cardinal Parolin l’a cité lors de son intervention fin août dernier au Meeting de Rimini (l’événement culturel organisé chaque année par Comunione e liberazione). Son dernier livre en français vient de paraître aux PUF : La société de transparence, un court essai d’à peine plus de cent pages. C’est le septième ouvrage de Byung-Chul Han traduit et publié en français depuis 2014. Les autres ne sont pas plus épais : La Société de la fatigue (Circé1, 2014) ; Le Désir, ou l’enfer de l’identique (Autrement, 2015) ; Dans la nuée. Réflexions sur le numérique, Actes Sud, 2015 ; Psychopolitique : le néolibéralisme et les nouvelles techniques de pouvoir (Circé, 2016) ; Sauvons le beau : l’esthétique à l’ère numérique (Actes Sud, 2016) – à l’exception du livre cité par le cardinal Parolin : Le Parfum du temps. Essai philosophique sur l’art de s’attarder sur les choses (Circé, 2016), qui a 182 pages.
    « Philosophe » est peut-être un bien grand mot pour qualifier Byung-Chul Han. Les éditeurs ne livrent qu’un minimum d’éléments biographiques sur cet auteur qui, en cohérence avec ce qu’il écrit, résiste à la curiosité médiatique. Né en 1959 à Séoul (Corée du Sud), il arrive en Allemagne dans les années 1980 avec un diplôme en métallurgie, passe à la philosophie et étudie aussi la théologie catholique. Mais il est aussi influencé par Peter Sloterdjik (« intellectuel public » populaire en Allemagne, né en 1947, qui entend trouver dans l’art, et non dans le Dieu transcendant des trois grands monothéismes, ce qui peut libérer l’homme). Après une thèse sur Heidegger, Byung-Chul Han enseigne à Bâle, puis Karlsruhe et, depuis 2012, à Berlin (Université des Arts, où il dirige un programme d’« études culturelles »).
    La publication qui lui vaut un début de notoriété par-delà le petit monde de la philosophie universitaire est La Société de la fatigue (2010, en allemand, bien sûr). Le titre est trompeur. L’idée n’est pas simplement que notre société serait fatigante, mais que nous ne ressentons pas assez les pressions qu’elle nous impose jusqu’au burnout et donc ne savons pas nous arrêter pour reprendre souffle. Le succès de court essai relance Le Parfum du temps paru l’année précédente. Byung-Chul Han développe alors ses analyses : Topologie du pouvoir (Topologie der Gewalt, non traduit en français, 2011) pointe les dépendances que créent les technologies nouvelles ; La Société de transparence (2012) est dénoncée comme celle où les réseaux sociaux créent une illusion de liberté, mais établissent une surveillance totale2 ; le titre original Agonie des Eros (2012) fait mieux transparaître la thèse de ce qui a été traduit en français par Le Désir, ou l’enfer de l’identique : Facebook enferme dans un narcissisme qui tue le désir, lequel ne peut porter que sur l’Autre ; Dans la nuée (2013) enfonce le clou en soutenant que l’immédiateté des communications numériques suscite des conformismes probablement fatals pour l’exercice de la démocratie ; Psychopolitique (2014) étudie la tyrannie subtile du « néolibéralisme » qui fait que l’individu croit être libre alors qu’il est totalement contrôlé et manipulé ; Sauvons le beau (2015) s’en prend à l’esthétique véhiculée par le numérique : le culte du « lisse » (par exemple chez Jeff Koons3) où tout est nivelé, démystifié et d’où sont absentes les dimensions de fragilité, d’inquiétude, voire de tragique qui sont pourtant essentielles pour que le beau soit plus que ce qui séduit immédiatement sans rien remettre en cause.
    Deux extraits des rares interviews accordées par Byung-Chul Han à l’occasion de la parution d’un de ses livres en traduction peuvent résumer certains aspects de sa pensée. Il confiait à L’Express en décembre 2015 : « La révolution industrielle est historiquement liée à l’exploitation des ouvriers soumis au pouvoir des propriétaires d’entreprises. […] La contrainte qui pèse sur le travailleur vient de l’extérieur. […] Avec le
    numérique, nous vivons dans l’illusion de pouvoir nous réaliser. Nous créons nous-mêmes cette fiction. C’est une sorte d’auto-exploitation d’autant plus efficace que nous nous y soumettons de manière volontaire. S’il y a faute, elle nous revient ; ce n’est plus l’économie la responsable. Nous ne sommes donc plus enclins à nous révolter. Nous nous soumettons aux besoins du système en croyant qu’il s’agit de notre propre besoin. […] Aujourd’hui, on livre tout de soi-même sur Facebook sans que personne ne nous le demande. On se dévoile, on se dénude de façon volontaire en pensant que cela sert à augmenter sa propre valeur, comme celle d’une action à la Bourse. Le système se présente en chantre de la liberté, alors qu’il est l’accomplissement du capitalisme : tout est marchandise. »
    Et il disait au journal espagnol El Pais en octobre 2016 : « Le néolibéralisme transforme le travailleur opprimé en autoentrepreneur, en employeur de lui-même. Aujourd’hui, chacun est un travailleur qui s’exploite lui-même dans sa propre entreprise. Tous sont maîtres et esclaves en une seule personne. De même, la lutte des classes s’est transformée en une lutte interne contre soi-même: celui qui échoue se culpabilise lui-même et a honte. On se questionne soi-même, on n’interroge pas la société.
    Le pouvoir disciplinaire ne fut efficace que parce qu’au prix de grands efforts, il encadra les hommes de manière violente avec ses principes et ses interdits. Mais en réalité est beaucoup plus efficace la technique
    de pouvoir qui consiste à ce que les hommes se soumettent par eux-mêmes au maillage de la domination. Cette efficacité particulière réside dans le fait qu’elle ne fonctionne pas à travers l’interdiction et la soustraction, mais par le plaisir et la réalisation. Au lieu de générer des hommes obéissants, elle les rend dépendants. » Le dernier livre paru de Byung-Chul Han, Close-up in Unschärfe (en allemand : Gros plan sur le flou, 2016), n’est pas encore traduit.
    Jean Duchesne


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