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jeudi 19 avril 2018

  • Festival Notre-Dame 2018 à Lamballe
    Actualité Du 1er au 6 mai, se tiendra la 7ème édition du Festival Notre-Dame à Lamballe Édition 2017 du Festival Notre-Dame Un [...]

  • L’Enseignement catholique s’invite au Panama pour les JMJ

    Du 19 janvier au 2 février 2019, une cinquantaine de jeunes de l’Enseignement catholique se rendra au Panama à l’occasion des JMJ.
    Jeunes profs, stagiaires, surveillants, infirmières scolaires etc. sont invités à rejoindre la toute première délégation JMJ nationale de l’enseignement catholique. Elle vivra le pèlerinage autour d’un parcours « Foi et Éducation ».
    Pour Joseph Herveau, Responsable national de l’Animation Pastorale du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique, en charge de ce projet JMJ,  « quand on parle des jeunes dans l’Enseignement Catholique, on pense souvent aux élèves. On s’est rappelé que les JMJ, c’était pour les 16- 30 ans, ce qui concerne nos jeunes profs, les surveillants, le personnel administratif, à qui on ne propose jamais rien. On a donc lancé le pari un peu fou de partir avec tous les moins de 30 ans présents dans nos institutions. »
    Pour ces Journées Mondiales qui auront lieu en janvier, la délégation française sera composée de jeunes professionnels qui peuvent obtenir des congés en dehors des vacances scolaires. Rejoindre cette génération en lui proposant de partir au Panama est primordial pour le secrétariat général de l’Enseignement catholique. Joseph Herveau insiste sur l’importance de « ne pas oublier que les adultes ont besoin d’être nourris, que la société attend beaucoup de l’école, que l’Eglise attend beaucoup de l’Enseignement Catholique. Il est donc nécessaire d’accompagner les jeunes employés dans l’Enseignement Catholique. Ils arrivent avec pleins d’idéaux, une grande générosité qui peut être éteinte par la difficulté du métier. Nous voulons aider les jeunes à vivre leur métier à l’aune de l’Evangile. Leur proposer pour ces JMJ des pistes concrètes de réflexion : comment on éduque nos élèves, comment on accueille leurs erreurs… On veut que l’Evangile soit un moteur pour les aider à exercer leur métier.»
    A l’heure où les jeunes professionnels témoignent de plus en plus d’un désir de concilier vie de Foi et vie professionnelle, l’Enseignement Catholique est un espace qui permet d’avoir une cohérence dans l’expression de ses valeurs. Pour Joseph Herveau, l’accompagnement spirituel de ces personnes qui s’apprêtent à passer une grande partie de leur vie au sein de l’Enseignement Catholique est un enjeu.  Le but de ces JMJ n’est pas seulement de faire voyager une cinquantaine de jeunes mais bel et bien de proposer la création d’une communauté qui pourrait rassembler les jeunes employés de l’Enseignement Catholique autour de réflexions communes, de temps forts etc.
    Expérience importante dans la vie de Foi des jeunes, les JMJ sont souvent perçues comme un tremplin vers de nouveaux projets. Pour les jeunes qui partiront, mais pas seulement : « On espère que ça fera du bien aux jeunes, mais aussi à leur entourage, leur collègues etc… Quand on revient des JMJ,  ça crée une dynamique, un enthousiasme, on a envie de partager, on revient chaud bouillant » se souvient Joseph Herveau en insistant toutefois sur la nécessité « d’être là pour les accompagner, pour ne pas faire retomber cet élan, être avec eux pour voir quels sont leur besoins. En prenant exemple sur le Pré-Synode des jeunes à Rome, nous ne voulons pas partir de ce qu’on pense des jeunes mais vraiment s’appuyer sur leur propre parole, sur ce qu’ils attendent. »
    Grande première donc, dans l’histoire des JMJ en France, que ce groupe de l’Enseignement catholique rejoigne la partie. Pour Joseph Herveau, pas d’inquiétude sur le succès de l’entreprise, la recette est garantie : « On est confiants, la dynamique JMJ est telle que quand on rassemble des jeunes du monde entier, il se passe forcément quelque chose de grand. »

    Rejoindre le groupe JMJ de l’Enseignement catholique : enseignement-catholique.fr/informations-jmj-2019
    Suivre leurs aventures sur Facebook : JMJ 2019 Enseignement catholique
    Télécharger le flyer de présentation


  • L’Enseignement catholique débarque au Panama pour les JMJ

    Du 19 janvier au 2 février 2019, une cinquantaine de jeunes de l’enseignement catholique se rendra au Panama à l’occasion des JMJ.
    Jeunes profs, stagiaires, surveillants, infirmières scolaires etc. sont invités à rejoindre la toute première délégation JMJ nationale de l’enseignement catholique. Elle vivra le pèlerinage autour d’un parcours « Foi et Éducation ».
    Pour Joseph Herveau, Responsable national de l’Animation Pastorale du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique, en charge de ce projet JMJ,  « quand on parle des jeunes dans l’Enseignement Catholique, on pense souvent aux élèves. On s’est rappelé que les JMJ, c’était pour les 16- 30 ans, ce qui concerne nos jeunes profs, les surveillants, le personnel administratif, à qui on ne propose jamais rien. On a donc lancé le pari un peu fou de partir avec tous les moins de 30 ans présents dans nos institutions. »
    Pour ces Journées Mondiales qui auront lieu en janvier, la délégation française sera composée de jeunes professionnels qui peuvent obtenir des congés en dehors des vacances scolaires. L’importance de rejoindre cette génération en lui proposant de partir au Panama a toute son importance pour le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique. Joseph Herveau insiste sur l’importance de « ne pas oublier que les adultes ont besoin d’être nourris, que la société attend beaucoup de l’école, que l’Eglise attend beaucoup de l’Enseignement Catholique. Il est donc nécessaire d’accompagner les jeunes employés dans l’Enseignement Catholique. Ils arrivent avec pleins d’idéaux, une grande générosité qui peut être éteinte par la difficulté du métier. Nous voulons aider les jeunes à vivre leur métier à l’aune de l’Evangile. Leur proposer pour ces JMJ des pistes concrètes de réflexion : comment on éduque nos élèves, comment on accueille leurs erreurs… On veut que l’Evangile soit un moteur pour les aider à exercer leur métier.»
    A l’heure où les jeunes professionnels témoignent de plus en plus d’un désir de concilier vie de Foi et vie professionnelle, l’Enseignement Catholique est un espace qui permet d’avoir une cohérence dans l’expression de ses valeurs. Pour Joseph Herveau, l’accompagnement spirituel de ces personnes qui s’apprêtent à passer une grande partie de leur vie au sein de l’Enseignement Catholique est un enjeu.  Le but de ces JMJ n’est pas seulement de faire voyager une cinquantaine de jeunes mais bel et bien de proposer la création d’une communauté qui pourrait rassembler les jeunes employés de l’Enseignement Catholique autour de réflexions communes, de temps forts etc.
    Expérience importante dans la vie de Foi des jeunes, les JMJ sont souvent perçues comme un tremplin vers de nouveaux projets. Pour les jeunes qui partiront, mais pas seulement : « On espère que ça fera du bien aux jeunes, mais aussi à leur entourage, leur collègues etc… Quand on revient des JMJ,  ça crée une dynamique, un enthousiasme, on a envie de partager, on revient chaud bouillant » se souvient Joseph Herveau en insistant toutefois sur la nécessité « d’être là pour les accompagner, pour ne pas faire retomber cet élan, être avec eux pour voir quels sont leur besoins. En prenant exemple sur le Pré-Synode des jeunes à Rome, nous ne voulons pas partir de ce qu’on pense des jeunes mais vraiment s’appuyer sur leur propre parole, sur ce qu’ils attendent. »
    Grande première donc, dans l’histoire des JMJ en France, que ce groupe de l’Enseignement catholique rejoigne la partie. Pour Joseph Herveau, pas d’inquiétude sur le succès de l’entreprise, la recette est garantie :  » On est confiants, la dynamique JMJ est telle que quand on rassemble des jeunes du monde entier, il se passe forcément quelque chose de grand. L’importance de rejoindre cette génération en lui proposant de partir au Panama a toute son importance pour le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique. Joseph Herveau insiste sur l’importance. Rejoindre cette génération en lui proposant de partir au Panama est primordial pour le secrétariat général de l’enseignement catholique. »

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mercredi 18 avril 2018

  • Dimanche 22 avril : Journée mondiale de prière pour les vocations
    Le quatrième dimanche de Pâques c'est le Dimanche des vocations. De quoi s'agit-il ? - Vie de l'Eglise - Vie de la Corref

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  • La Vie : "Pour les religieux retraités, la vie communautaire est une arme contre la fragilité"
    Dans la nouvelle résidence Catherine-Labouré, à Paris, des dominicains affrontent, ensemble, la vieillesse. « On prend l'office du milieu du jour », indique d'une voix enjouée le frère Jean Lafond à sa petite communauté. C'est bientôt l'heure de passer à table, et une poignée de dominicains récitent les (...)

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  • Le diocèse d'Agen prépare la béatification d'Adèle de Batz
    Le diocèse d'Agen (Lot-et-Garonne) et la communauté marianiste s'apprêtent à célébrer, le 10 juin prochain, la béatification de la fondatrice de la Congrégation des Filles de Marie. Demandez le programme des quatre jours de festivités entourant l'événement ! Elle avait été reconnue bienheureuse, en mai (...)

  • Sœur Emmanuelle, blogeuse et religieuse
    Emmanuelle Bertho, connue aussi sous le pseudo Cybersister, fête ses cinquante ans de vie religieuse. Cinquante ans d'apostolat au service des jeunes à Fontenay-le-Comte (Vendée), au sein d'une congrégation, les Sœurs des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie (Mormaison), qui célèbre son bicentenaire. (...)

  • Famille franciscaine : Inauguration du 30, foyer Frère Soleil
    Anciennement foyer d'étudiants, le bâtiment devenu libre a été mis à disposition de Caritas Alsace pour aménager un lieu d'accueil pour des détenus en fin de peine à côté du couvent des franciscains au sein même de leur propriété. L'inauguration qui s'est déroulée le 9 avril 2018 en présence des élus (...)

lundi 16 avril 2018

  • 22 avril 2018 : Journée mondiale de prière pour les vocations
    3 conseils d'Adrien Candiard pour trouver sa vocation 1. Cueillez le fruit quand il est mûr « Une vocation, c'est comme un fruit, qu'il ne faut cueillir ni trop tôt, ni trop tard. » Le vieux moine qui m'avait dit cela, quand l'adolescent que j'étais s'impatientait de comprendre là où Dieu (...)

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  • Ils font le pari de la permaculture
    Lancée en 2017 par les frères de Saint-Jean, l'Académie pour une écologie intégrale tient son premier colloque ce week-end à Notre-Dame du Chêne, dans la Sarthe. Dans ce sanctuaire marial, ils ont également décidé de consacrer quatre hectares à la permaculture. Quand la terre se fait spirituelle. Son nom (...)

  • Commentaires du dimanche 22 avril

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 22 avril 2018
    4éme dimanche de Pâques

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Actes des Apôtres 4, 8 – 12
    En ces jours-là,
    8 Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara :
    « Chefs du peuple et anciens,
    9 nous sommes interrogés aujourd’hui
    pour avoir fait du bien à un infirme,
    et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé.
    10 Sachez-le donc, vous tous,
    ainsi que tout le peuple d’Israël :
    c’est par le nom de Jésus le Nazaréen,
    lui que vous avez crucifié
    mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
    c’est par lui que cet homme
    se trouve là devant vous, bien portant.
    11 Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs,
    mais devenue la pierre d’angle.
    12 En nul autre que lui, il n’y a de salut,
    car, sous le ciel,
    aucun autre nom n’est donné aux hommes,
    qui puisse nous sauver. »

    PIERRE ET JEAN DEVANT LE TRIBUNAL
    Luc prend soin de préciser d’entrée de jeu que Pierre était rempli de l’Esprit Saint quand il fit cette déclaration solennelle devant le Sanhédrin, c’est-à-dire le tribunal. Cela veut dire premièrement, que ce que dit Pierre est particulièrement important, deuxièmement, qu’il y faut un certain courage ! Ceci se passe après la guérison d’un boiteux au Temple de Jérusalem, près de la Belle Porte : aussitôt après ce miracle, Pierre avait improvisé un discours dans lequel il disait aux Juifs qui l’écoutaient : c’est ce Jésus, crucifié par vous et ressuscité, qui vient d’opérer ce miracle sous vos yeux, par notre intermédiaire, à nous, ses apôtres. Il est vrai que vous n’avez agi que par ignorance, et Jésus lui-même vous a pardonné, à preuve sa phrase sur la croix, « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ; vous n’avez plus qu’à vous convertir à votre tour.
    Ce petit discours en a effectivement converti un certain nombre, mais il n’a pas été du goût de tout le monde ; ce qui se comprend : les mêmes qui ont décidé la mort de Jésus il n’y a pas si longtemps aimeraient bien ne plus jamais en entendre parler ! Luc raconte : « Pierre et Jean parlaient encore au peuple quand les prêtres, le commandant du Temple et les Sadducéens les abordèrent. Ils étaient excédés de les voir instruire le peuple et annoncer, dans le cas de Jésus, la résurrection des morts. Ils les firent appréhender et mettre en prison jusqu’au lendemain, car le soir était déjà venu… Le lendemain, les chefs, les anciens et les scribes qui se trouvaient à Jérusalem s’assemblèrent. Il y avait le grand-prêtre Caïphe, Hanne, Jean, Alexandre et tous les membres des familles de grands prêtres. Ils firent amener Pierre et Jean devant eux et procédèrent à leur interrogatoire : « A quelle puissance ou à quel nom avez-vous eu recours pour faire cela ? »
    Aujourd’hui, nous ne pouvons pas mesurer la gravité de cette question, parce que nous ne sommes plus dans le même contexte, mais Pierre, lui, ne peut pas s’y tromper : dans le cadre de la lutte farouche menée dans tout l’Ancien Testament contre tout ce qui pouvait ressembler à de l’idolâtrie, de la magie, de la sorcellerie, invoquer un autre nom que celui de Dieu revenait à prier un autre Dieu, c’était de l’idolâtrie, et donc cela méritait la lapidation.
    Oui, mais, justement, en invoquant le Nom de Jésus, précisément, Pierre avait conscience d’invoquer le Dieu d’Israël lui-même. Tout le problème est là, et notre texte d’aujourd’hui ne parle que de cela : c’est l’Esprit Saint lui-même qui inspire à Pierre sa réponse : « On nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que le peuple d’Israël : c’est grâce au Nom de Jésus le Nazaréen… En dehors de lui, il n’y a pas de salut. Son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver ». Pierre n’y va pas par quatre chemins ! Il reconnaît avoir invoqué le Nom de Jésus, et, ce qui revient au même, il lui décerne le titre de « sauveur », qui était strictement réservé à Dieu. Les prophètes étaient très fermes là-dessus.
    Par exemple Osée (13, 4 ; 12, 10) : « Et moi, (je suis) le SEIGNEUR ton Dieu, depuis le pays d’Egypte, moi excepté, tu ne connais pas de Dieu, et de sauveur, il n’y en a point sauf moi ». Ou Isaïe : « … Nul autre n’est Dieu, en dehors de moi ; un dieu juste et qui sauve, il n’en est pas, excepté moi » (Is 45, 21).
    LE NOM DE JESUS PEUT SAUVER LES HOMMES
    Première affirmation absolument scandaleuse de Pierre, donc, Jésus est Dieu ; il y en a une deuxième : il dit « Son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver » ; à l’infirme lui-même qui tendait la main pour de l’argent, Pierre avait dit « de l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au Nom de Jésus Christ le Nazôréen, marche ! » (Ac 3, 6). Pour des oreilles juives, c’était proprement inacceptable : le Nom de Dieu avait bien été révélé au peuple élu, mais il s’interdisait de le prononcer, par respect : parce que l’homme ne peut pas posséder Dieu.
    Voilà des juges bien embarrassés : d’un côté, cet infirme connu de tous, qui a plus de quarante ans, nous dit Luc et dont la guérison spectaculaire n’est pas contestable ; de l’autre ces forcenés qui leur font la leçon sur ce Jésus dont on se croyait débarrassé. Luc raconte : « Ils constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte qu’il s’agissait d’hommes sans instruction et de gens quelconques, ils en étaient étonnés. »
    Ils reconnaissaient en eux des compagnons de Jésus, ils regardaient l’homme qui se tenait près d’eux, guéri, et ils ne trouvaient pas de riposte.
    Alors nos juges ont fait comme on fait toujours en pareil cas, ils ont renvoyé les prévenus et annoncé qu’ils allaient délibérer. C’est encore Luc qui parle : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là, se disaient-ils. Ils sont bien les auteurs d’un miracle évident : la chose est manifeste pour toute la population de Jérusalem et nous ne pouvons pas le nier. Néanmoins il faut en limiter les suites parmi le peuple : nous allons donc les menacer pour qu’ils ne mentionnent plus ce nom devant qui que ce soit. Ils les firent alors rappeler et leur interdirent formellement de prononcer ou d’enseigner le nom de Jésus. »
    Mais rien ni personne n’a plus jamais pu faire taire les témoins du Christ. Et cela grâce à la force de l’Esprit Saint.
    Jésus le leur avait bien dit juste au moment de les quitter : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».
    Dernière remarque : le Nom de Jésus est donné aux hommes, dit Pierre. « Chrétiens », nous portons le nom même du Christ, son Nom nous est confié ; d’où notre responsabilité d’annoncer le salut.
    —————————–
    Complément
    Au passage, Luc cite Jean à côté de Pierre, plusieurs fois, mais Jean ne dit pas un mot ; c’est Pierre qui dirige les événements ; manière de montrer que les apôtres restent unis mais que Pierre est vraiment le chef de l’Eglise naissante. Si Luc y insiste, c’est que peut-être ce n’était pas inutile !

    PSAUME – 117 (118), 1. 8-9. 21-23. 26. 28-29
    1 Rendez grâce au SEIGNEUR : il est bon !
    Eternel est son amour !
    8 Mieux vaut s’appuyer sur le SEIGNEUR
    que de compter sur les hommes ;
    9 mieux vaut s’appuyer sur le SEIGNEUR
    que de compter sur les puissants !
    21 Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
    tu es pour moi le salut
    22 La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
    est devenue la pierre d’angle :
    23 c’est là l’oeuvre du SEIGNEUR,
    la merveille devant nos yeux.
    26 Béni soit au nom du SEIGNEUR celui qui vient !
    De la maison du SEIGNEUR, nous vous bénissons !
    28 Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
    mon Dieu, je t’exalte !
    29 Rendez grâce au SEIGNEUR : il est bon !
    Eternel est son amour !

    Le premier et le dernier versets sont exactement identiques : « Rendez grâce au SEIGNEUR : Il est bon ! Eternel est son amour ! » Ces deux versets disent toute l’expérience d’Israël, la découverte qu’il a faite, grâce à la révélation par Dieu lui-même de son mystère ; un Dieu d’amour, un Dieu fidèle : il fallait bien la Révélation pour qu’on puisse oser penser une chose pareille !
    Au coeur de la méditation de ce psaume, nous retrouvons encore une fois cette phrase que nous connaissons bien : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ; c’est là l’oeuvre du SEIGNEUR, la merveille devant nos yeux. » Pour commencer, Jésus lui-même a cité cette phrase quelque temps avant sa Passion : ce qui veut dire qu’elle lui paraissait éclairer un aspect de son propre mystère.
    JESUS, PIERRE ANGULAIRE
    Cela se passait au cours d’une de ses discussions avec les grands prêtres et les anciens : il leur avait raconté une parabole, celle qu’on appelle des « vignerons homicides » (Mt 21, 33-46) : « Il était une fois un propriétaire qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour » ; pour les interlocuteurs de Jésus, tous ces détails étaient d’une très grande importance ; ils disaient tout de suite de quelle vigne Jésus voulait parler. Car Isaïe avait employé exactement ces mots-là pour parler du peuple d’Israël. Et le propriétaire représentait Dieu, bien sûr. Dans la parabole d’Isaïe, le propriétaire se plaignait parce que, malgré tous ses soins, cette vigne ne donnait rien. Jésus reprend cette parabole, mais il y ajoute un nouveau chapitre : le propriétaire a confié sa vigne à des vignerons et il est parti en voyage. Ce qui prouve, déjà, qu’il faisait confiance. Quand est arrivé le temps des fruits, il a envoyé ses serviteurs réclamer son dû aux vignerons. Mais les vignerons ont empoigné les serviteurs ; ils ont battu à mort le premier, tué le second, lapidé le troisième ; qu’a fait le maître ? Il a envoyé d’autres serviteurs, plus nombreux, mais ils ont subi le même sort ; finalement, le propriétaire a envoyé son propre Fils ; lui, quand même, les vignerons le respecteraient, pensait-il. Au contraire, les vignerons l’ont tué, lui aussi, justement parce qu’il était le fils et donc l’héritier.
    Comme souvent, à la fin d’une parabole, Jésus pose une question à ses auditeurs : à votre avis, que va faire maintenant le maître de la vigne ? Réponse évidente : il va traiter ces premiers vignerons comme ils le méritent et confier sa vigne à d’autres ; alors Jésus enchaîne : « N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’oeuvre du SEIGNEUR : Quelle merveille à nos yeux. » C’est la citation littérale de notre psaume d’aujourd’hui. Mais Jésus continue : Aussi je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. » Cette pierre angulaire est donc à double tranchant, si l’on peut dire : précieuse pour les uns, qui peuvent s’y appuyer, et on parle alors d’oeuvre merveilleuse de Dieu, elle est redoutable pour les autres. En matière de construction, c’est logique : la pierre inutilisée restée sur le chantier devient un obstacle sur lequel on trébuche.
    Les pierres utilisées pour la construction du mur du Temple de Jérusalem sont absolument gigantesques : c’est dire leur solidité, mais aussi le danger qu’elles représentent pour celui qui trébuche dessus.
    CROIRE OU NE PAS CROIRE, TOUT EST LA
    Isaïe, déjà, employait cette image pour parler de Dieu : « C’est le SEIGNEUR, le tout-puissant que vous tiendrez pour saint, c’est lui que vous craindrez, c’est lui que vous redouterez. Il sera (à la fois) un sanctuaire pour vous (c’est-à-dire lieu de protection pour les fidèles) et une pierre que l’on heurte, et un rocher où l’on trébuche… Beaucoup y trébucheront, tomberont, se briseront… » (Is 8, 13-14). Il veut dire par là que Dieu est source de vie pour les croyants, mais que ceux qui le méprisent font leur propre malheur.
    On retrouve là, d’une certaine manière, un thème très habituel de la Bible : il y a deux chemins possibles dans la vie : celui qui nous mène à Dieu et le chemin opposé ; et le propre d’un chemin, c’est qu’il va quelque part si on prend la bonne direction, chaque pas nous rapproche du but ; si on se trompe au carrefour, chaque pas nous éloigne du but ; ceux qui ont accepté de croire en Jésus, qui l’ont « reçu », comme dit l’évangile de Jean, grandissent tous les jours dans la paix, la lumière, la connaissance de Dieu. Ceux qui, au contraire, et par ignorance, tout simplement, ont refusé de croire, sont entraînés dans un aveuglement croissant. Dans le texte des Actes des Apôtres de ce dimanche, par exemple, il est frappant de voir comme les autorités religieuses de Jérusalem s’enferrent et, après avoir liquidé Jésus, ne songent qu’à faire taire ses disciples sans accepter de laisser remettre en question leurs certitudes, même quand les miracles leur crèvent les yeux.
    Pour ceux qui ont accepté de croire, au contraire, tout est devenu lumineux, l’Esprit Saint les a ouverts peu à peu à l’intelligence des Ecritures. Déchiffrant le dessein de Dieu qui se réalise peu à peu dans l’histoire des hommes, ils peuvent dire : « Rendez grâce au SEIGNEUR : Il est bon ! Eternel est son amour ! »
    ——————————
    Complément
    Dans les trois évangiles synoptiques qui rapportent la parabole des vignerons homicides, celle-ci est située très peu après l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, celle où toute la foule l’a acclamé comme le Messie, alors que les chefs des prêtres restaient de marbre. Ce sont eux, les humbles qui seront les nouveaux vignerons, eux qui ont su reconnaître le Fils alors que ceux à qui la vigne avait été confiée en premier l’ont tué.

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de Saint Jean 3, 1 – 2
    Bien-aimés,
    1 voyez quel grand amour nous a donné le Père
    pour que nous soyons appelés enfants de Dieu,
    – et nous le sommes -.
    Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
    c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
    2 Bien-aimés,
    dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
    mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
    Nous le savons : quand cela sera manifesté,
    nous lui serons semblables
    car nous le verrons tel qu’il est.

    LES DEUX SENS DU MOT MONDE
    Je m’arrête sur la phrase : « Le monde ne peut pas nous connaître ». Pour la comprendre, il faut se souvenir que, pour Jean, le mot « monde » (cosmos en grec) a deux sens : parfois, il vise le monde que Dieu aime de toute éternité et qu’il veut sauver. Parfois, il vise tout ce qui est hostile ou au moins imperméable à Dieu.
    Dans son évangile, par exemple, Jean nous rapporte ce que Jésus a dit à ses disciples le soir du Jeudi Saint à propos du monde : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait ; mais vous n’êtes pas du monde : c’est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà pourquoi le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître ; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s’ils ont épié ma parole, ils épieront aussi la vôtre. Tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. » (Jn 15, 18-21). Manière de dire : Il n’y a pas de raison que les disciples soient mieux traités que le maître.
    C’est dire les rapports inévitablement très ambigus entre Jésus et le monde, puis entre les Chrétiens et le monde. D’une part, Jésus est venu pour sauver le monde ; et l’Eglise, à son tour, n’a pas d’autre raison d’être que de se mettre au service du monde ; et donc, il faut commencer par aimer le monde. D’autre part, Jésus puis ses disciples sont « à part » du monde et nécessairement méconnus, haïs, persécutés par le monde. Je reprends ces deux points :
    Premièrement, Jésus est venu dans le monde pour le sauver ; le salut consistant à connaître le vrai visage de Dieu ; c’est le sens de la parole de Jésus à Pilate « Je suis né, je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37). Et si Dieu veut sauver le monde, c’est parce qu’il l’aime : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 16). Jean, dans la suite de sa première lettre, répète : « Voici comment s’est manifesté l’amour de Dieu au milieu de nous : Dieu a envoyé son Fils Unique dans le monde afin que nous vivions par lui. » (1 Jn 4, 9). Et Jésus accepte d’aller jusqu’au bout pour que le monde découvre cet amour du Père ; dans sa prière, le dernier soir, il dit son grand désir : « Que le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (Jn 17, 23). Donc Dieu aime le monde et veut son salut ; Jésus aime le monde et veut son salut ; j’ai envie de dire : vous voyez ce qu’il nous reste à faire !
    Saint Augustin disait : « Etends ta charité sur le monde entier, si tu veux aimer le Christ ; parce que les membres du Christ sont étendus sur le monde… Le Christ, lui, aime son corps. »… Et le Père Teilhard de Chardin disait : « On ne convertit que ce qu’on aime. »
    OSER RAMER A CONTRE-COURANT
    Mais, deuxièmement, aimer quelqu’un, on le sait bien, ne veut pas dire être toujours d’accord avec ses agissements ! Aimer le monde consistera justement parfois à oser le contredire. Et le mot « monde », alors, chez Saint Jean, vise certains agissements, ce que Paul appellerait l’attitude d’Adam, la manière de vivre de ceux qui s’éloignent de Dieu.
    « Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10).
    Et la distance se creuse de plus en plus entre l’Envoyé de Dieu et le monde qui le refuse. Le dernier soir, encore, Jésus a bien prévenu : « Je vous ai dit tout cela afin que vous ne succombiez pas à l’épreuve. On vous exclura des synagogues. Bien plus, l’heure vient où celui qui vous fera périr aura le sentiment de présenter un sacrifice à Dieu. Ils agiront ainsi pour n’avoir connu ni le Père ni moi. » (Jn 16, 2-3). Et il continue : « Désormais je ne suis plus dans le monde… ils (les disciples) ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde… » (Jn 17, 11-18). Dans ce sens-là, non pas d’un mépris des hommes, mais du courage de témoigner, Jean a dit un peu plus haut, dans cette lettre que nous lisons aujourd’hui : « N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui, puisque tout ce qui est dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, la confiance orgueilleuse dans les biens – ne vient pas du Père, mais provient du monde. Or le monde passe, lui et sa convoitise ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais. » (1 Jn 2, 15-17). Et Jésus a dit dans le même sens « En ce monde, vous faites l’expérience de l’adversité, mais soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
    Autrement dit, le jour vient où, enfin, le monde saura, acceptera de croire à l’amour de Dieu, et où les hommes se conduiront en fils de Dieu et en frères les uns des autres. Parce que c’est bien cela le dernier mot de toute l’histoire humaine. Comme dit Paul : « J’estime que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu… elle garde l’espérance… car elle aura part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 19-21).
    En attendant, il y a ceux qui ont cru en Jésus-Christ et ceux qui, encore, s’y refusent. Comme dit Jean dans le prologue de son évangile : « A ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Ceux-là, dès maintenant, sont conduits par l’Esprit de Dieu et cet esprit leur apprend à traiter Dieu comme leur Père. « Dieu a envoyé dans nos coeurs l’esprit de son Fils qui crie Abba, Père ! » (Ga 4, 4).
    C’est le sens de l’expression « connaître le Père » chez Saint Jean ; c’est le reconnaître comme notre Père, plein de tendresse et de miséricorde, comme disait déjà l’Ancien Testament. A ceux qui ne le connaissent pas encore, c’est-à-dire qui ne voient pas encore en lui leur Père, il nous appartient de le révéler par notre parole et par nos actes. Alors, quand le Fils de Dieu paraîtra, l’humanité tout entière sera transformée à son image. Oui, vraiment, il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés !

    EVANGILE – selon Saint Jean 10, 11 – 18
    En ce temps-là, Jésus déclara :
    11 « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
    qui donne sa vie pour ses brebis.
    12 Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
    les brebis ne sont pas à lui :
    s’il voit venir le loup,
    il abandonne les brebis et s’enfuit ;
    le loup s’en empare et les disperse.
    13 Ce berger n’est qu’un mercenaire,
    et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
    14 Moi, je suis le bon pasteur ;
    je connais mes brebis,
    et mes brebis me connaissent,
    15 comme le Père me connaît,
    et que je connais le Père ;
    et je donne ma vie pour mes brebis.
    16 J’ai encore d’autres brebis,
    qui ne sont pas de cet enclos :
    celles-là aussi, il faut que je les conduise.
    Elles écouteront ma voix :
    il y aura un seul troupeau
    et un seul pasteur.
    17 Voici pourquoi le Père m’aime :
    parce que je donne ma vie,
    pour la recevoir de nouveau.
    18 Nul ne peut me l’enlever :
    je la donne de moi-même.
    J’ai le pouvoir de la donner,
    j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
    voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

    DIEU COMME UN BERGER POUR SON PEUPLE
    Cette comparaison du berger nous parle évidemment moins qu’aux contemporains de Jésus ; elle nous parle d’autant moins que qui dit berger dit troupeau, or nous ne rêvons pas d’être comparés à un troupeau ! Nous ne trouvons pas le terme très flatteur ; mais il faut nous replacer dans le contexte biblique :
    A l’époque biblique, le troupeau était peut-être la seule richesse de son propriétaire ; il n’y a qu’à voir comment le livre de Job décrit l’opulence puis la déchéance de son héros. Cela se chiffre en nombre d’enfants, d’abord, puis en nombre de bêtes, tout de suite après : « Il y avait au pays de Ouç un homme du nom de Job. Il était, cet homme, intègre et droit, craignait Dieu et s’écartait du mal. Sept fils et trois filles lui étaient nés. Il possédait sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cents paires de boeufs, cinq cents ânesses et une nombreuse domesticité. Cet homme était le plus grand des fils de l’Orient. » Et quand on vient annoncer à Job tous les malheurs qui s’abattent sur lui, cela concerne ses troupeaux et ses enfants.
    Déjà d’Abraham, on disait « Abram était riche en troupeaux, en argent et en or » (Gn 13, 2). Première remarque : si les troupeaux sont considérés comme une richesse, nous pouvons oser penser que Dieu nous considère comme une de ses richesses. Ce qui est quand même une belle audace sur le plan théologique ! Dieu est donc habituellement comparé à un berger, dont le troupeau est le peuple d’Israël ; par exemple : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer… » (Ps 22/23).
    « Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis ton troupeau, resplendis… » (Ps 79/80).
    Cette image du berger dit la sollicitude de Dieu qui rassemble son peuple ; et, très souvent, ce thème du berger est associé à l’expérience de l’Exode, la libération d’Egypte ; on sait bien que c’est grâce à Dieu, et à lui seul, qu’on peut parler de peuple ! Sans lui, on ne s’en serait jamais sortis. Par exemple, le psaume 94/95 affirme : « Oui, il est notre Dieu, nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main ».
    LE ROI, BERGER A L’IMAGE DE DIEU
    Son troupeau, Dieu le confie à des lieutenants (tenant-lieu) ; dans cette optique, les rois d’Israël sont comparés à leur tour à des bergers ; et toute une idéologie de la royauté va se développer sur ce thème-là : faite à la fois de sollicitude et de fermeté. Car un berger sérieux sait faire preuve des deux : c’est avec le même bâton, son bâton de marcheur, qu’il guide et rassemble les brebis qui ont du mal à suivre, mais aussi qu’il éloigne les indésirables, qu’il sépare les brebis et les boucs… et qu’il chasse les bêtes sauvages qui menacent le troupeau. Et l’on sait bien que, primitivement, le sceptre des rois était un bâton de berger. Vers 1750 av.J.C. le fameux roi Hammourabi de Babylone se comparait déjà, lui aussi, à un berger, et disait « je suis le berger qui sauve et dont le sceptre est juste ».
    Malheureusement, il y a les rêves, l’idéal, et puis la réalité… les rois d’Israël, comme bien d’autres ont trop souvent failli à leur mission, ils ont oublié qu’ils n’étaient que des lieu-tenants de Dieu et ils ont recherché leur propre intérêt et non celui de leur peuple. Au lieu de veiller sur leur troupeau, ils se sont préoccupés d’eux-mêmes, de leur richesse, de leur honneur, de leur grandeur ; et au lieu de faire régner la justice dans le pays, ils ont laissé s’installer l’injustice au profit de l’opulence des uns, au risque de la misère des autres. Les prophètes ont des paroles très dures pour eux : « Malheur aux bergers d’Israël qui se paissent eux-mêmes ! N’est-ce pas le troupeau que les bergers doivent paître ? » (Ez 34, 2).
    LE MESSIE SERA UN BERGER DIGNE DE DIEU
    Mais, à travers ou malgré toutes les déceptions, les croyants ne perdent jamais l’espérance ; puisque le vrai berger d’Israël, c’est Dieu lui-même, et puisque Dieu est fidèle, on sait qu’on est en bonnes mains. Et on attend le roi idéal, celui qui gardera le troupeau au nom de Dieu, qui sera un instrument docile dans la main de Dieu. Par exemple, dans le livre d’Ezéchiel : « Moi-même je ferai paître mon troupeau, moi-même le ferai coucher, dit Dieu. La bête perdue, je la chercherai ; celle qui se sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage ; la malade, je la fortifierai. » (Ez 34, 16).
    Donc, quand Jésus s’attribue le titre de Bon Pasteur, cela revient exactement à dire « Je suis le Messie, celui que vous attendiez ; le Sauveur, c’est moi ». D’ailleurs, ses interlocuteurs ne s’y sont pas trompés ; puisque Saint Jean note dans les versets suivants que cette déclaration a provoqué à nouveau la division parmi les Juifs. Les prêtres et les chefs du peuple ont très bien compris derrière les propos de Jésus une attaque à peine déguisée contre eux qui sont les pasteurs en titre du troupeau qui leur a été confié par Dieu. Plus tard, les Chrétiens découvriront ce qu’Ezéchiel ne pouvait pas encore deviner : que, réellement, le Messie serait non seulement un lieu-tenant de Dieu mais le Fils de Dieu lui-même. Son sceptre à lui, c’est sa croix : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (Jn 12, 32).
    —————————-
    Compléments
    Jésus (berger donnant librement sa vie) répond bien au portrait du Serviteur dessiné par Isaïe
    Je donne ma vie pour mes brebis
    Jean a retenu avec soin toutes les phrases de son maître qui disaient sa détermination à donner sa vie pour son troupeau : « Je donne ma vie… Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. » (Jn 10, 18). Jean souligne ici la liberté de Jésus ; la liberté n’est-elle pas le premier attribut d’un roi ? Voilà bien, nous dit Jean, le roi que l’on attendait, non pas le roi que nous présentent les magazines, mais celui qui sera prêt à tout pour sauver son peuple. Décidément, les vues de Dieu ne sont pas les nôtres !
    Jean le notera encore au moment de l’arrestation de Jésus « Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver » ; Jn 18, 4) et, au sein même du récit de la Passion, il note l’attitude souverainement libre de Jésus (19, 28).
    Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur
    Cet horizon est loin d’être atteint, nous ne le savons que trop. Il ne l’était pas non plus lorsque Jean a écrit son évangile et pourtant, il a osé l’affirmer. Depuis la Résurrection, il sait que plus rien ne pourra empêcher ces promesses de Jésus de s’accomplir.


  • Homélie du dimanche 22 avril

    Dimanche 22 avril 2018
    4e dimanche de Pâques
    Références bibliques :
    Lecture des Actes des Apôtres. 4. 8 à 12 : «En dehors de lui, il n’y a pas de salut ».
    Psaume 117 « Il est devenu la pierre d’angle. »
    Lettre de saint Jean. 1 Jean 3. 1 à 12 : « Nous serons semblables à lui. »
    Evangile selon saint Jean . 10. 11 à 18 : «J’ai le pouvoir de donner la vie. »

    ***
    QUI DONC EST-IL POUR NOUS ?
    Malgré leurs apparentes différences, les textes de ce dimanche présentent une unité certaine si nous les lisons à la lumière de la personnalité de Jésus, comme les apôtres veulent en faire pressentir l’infinie richesse aux Juifs et aux premiers chrétiens.
    Ces Juifs attendent le Messie. Certains avaient espéré que Jésus pouvait être l’un des sauveurs de cette période qui connaissait tant de rébellion contre l’occupant romain. Ils sont décontenancés par ce qu’en disent Pierre et les autres disciples : « Il est le seul qui puisse nous sauver ». Or il ne l’a pas fait. Le salut qu’apporte Jésus ne correspond ni à leur espérance libération terrestre ni à la figure du Messie qu’ils ont élaborée au travers des Ecritures.
    Le communauté chrétienne, elle, a approfondi la révélation qu’elle a reçue. Mais ses attentes ont encore besoin d’être élargies, approfondies et purifiées.
    Il en est de même pour nous, dans notre vie et tout au long du déroulement de notre vie. Le Christ semble parfois loin de nos préoccupations immédiates qui souhaitent et attendent la réalisation d’une société plus juste. Saint Jean a besoin de rappeler que l’essentiel n’est pas exactement ce dont nous rêvons humainement parlant : «Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. »
    Il n’hésite pas à reprendre les termes même de Dieu au jour de la création d’Adam et Eve (Genèse 1. 26) « Nous serons semblables à lui. » Non pas en raison de nos propres forces, mais « parce que nous le verrons tel qu’il est. »
    La mission de Jésus est de nous réintroduire dans le « Paradis Perdu », de nous conduire auprès du Père parce qu’il est le berger authentique. Son amour en est la garantie : «Le Père m’aime parce que je donne ma vie … je donne ma vie pour mes brebis. » Il n’y a là aucun appétit de puissance. Il n’y a qu’un débordement d’amour : «Eternel est son amour… mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur. »
    L’oraison qui ouvre la liturgie de ce dimanche est claire dans sa simplicité : «Guide-nous jusqu’au bonheur du ciel. Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son pasteur est entré victorieux. »
    PAR DELA UNE VISION IMMEDIATE
    Fréquemment, dans l’Ancien Testament, il est dit que Dieu est le berger de son Peuple (Genèse 49. 24 – Jérémie 31. 10 – Michée 7. 14, etc …) Cette comparaison s’enracine dès le début de l’histoire sainte, parce que le peuple choisi était un peuple de bergers nomades qui sont en marche vers la Terre Promise, depuis Abraham et son départ d’Ur en Chaldée, depuis Moïse le berger qui reçoit la révélation au Buisson ardent dans le désert, depuis David le petit berger de Bethléem.
    La parabole du pasteur, pour Jésus, mène plus loin que la reprise de ce thème biblique. Il n’est pas seulement un conducteur de son peuple. Il est plus que cela. Entre le Père et Jésus, la réciprocité d’amour est telle qu’elle devient source de vie, parce qu’en lui, le commandement et la liberté s’identifient l’un à l’autre. « J’ai le pouvoir de l’offrir et j’ai le pouvoir de la donner. Tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père. « (Jean 10. 18)
    La Bonne Nouvelle aux yeux de saint Jean (1 Jean 3. 1), c’est que soit étendue à tous les hommes cette connaissance personnelle, parfaite et intime qui existe entre Jésus et son Père, à tous les hommes, même à ceux qui ne sont pas de cette bergerie.
    Si nous transposons cela aujourd’hui, Jésus nous dit pas seulement au peuple des baptisés. Quand l’Eglise actualise pour nous la Bonne Nouvelle par ses sacrements comme en chaque Eucharistie, il atteint tous les hommes, dans le mystère de la grâce : « le sacrifice de toute l’Eglise pour la gloire de Dieu et le salut du monde » disons-nous au moment de l’offertoire.
    UNE VISION D’EGLISE
    L’image de Jésus conne bon pasteur est l’une des plus traditionnelles du christianisme. On la trouve dès les catacombes. Elle concerne à la foi la personne de Jésus et son ministère. Il la réintègre dans le troupeau, avec la tendresse attentive du berger qui, sur ses épaules, ramène à la bergerie la brebis égarée (Matthieu 18. 12). Il lui fait retrouver sa place, lui donne la possibilité de partager à nouveau les mêmes pâturages.
    Si l’on prend l’évangile de Jean dans une vision plus large, l’on peut remarquer que la discours du Bon Pasteur inaugure l’Eglise qui est un peuple rassemblé. Les autres brebis qui ne sont pas de la bergerie doivent pouvoir retrouver l’unité perdue « Un seul baptême, une seule foi, un seul Dieu et Père. »
    Jésus nous conduit à la découverte de la vie partagée avec Dieu. « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Le monde ne peut pas nous connaître parce qu’il n’a pas découvert Dieu. »
    L’Eglise n’est pas d’abord et seulement un rassemblement d’hommes qui pensent la même chose et partagent les mêmes idées. Elle est essentiellement la communion des hommes qui partagent la vie divine dans le Christ Jésus. Quand ils découvrent Dieu, ils peuvent vivre cette communion.
    UN LIEU D’AMOUR
    Nous ne pouvons pas vivre d’idées, si nobles soient-elles. Nous ne pouvons vivre que de Lui. « Le Père m’aime parce que je donne ma vie. »
    D’où la richesse du ministère que le Christ remet à ses apôtres. Il leur demande d’être à leur tour des bergers, non pas pour commander, mais pour être de ceux qui, comme lui, conduisent au Père par amour. Il en donne la charge à saint Pierre malgré ses insuffisances et son triple reniement. A ce moment-là, il reprend l’expression de la relation qui existe entre son Père et lui : «M’aimes-tu ? »
    Quand il en a reçu la réponse et la certitude : «Tu sais bien que je t’aime » (Jean 20. 15), il peut lui confie sa mission de médiation : «Pais mon troupeau, pais mes brebis. » Le Christ est l’unique pasteur comme unique est son amour qui réalise en lui la vie trinitaire en un échange éternel et infini du Père et du Fils et de l’Esprit.
    Il confie sa mission au « collège apostolique ». L’Eglise dans cette perspective, n’est pas une société administrativement hiérarchisée comme beaucoup de non-croyants la considèrent, selon un organigramme : le pape, ses services, les évêques, les prêtres, les fidèles.
    Dans la perspective évangélique elle est ce lieu unique où se transmet la Parole et la grâce des sacrements. Elle n’est pas un lieu où s’élabore une religion en y accommodant selon les périodes, des points de vue évolutifs. Elle est essentiellement le lieu de la Vie reçue du Père et du Fils et de l’Esprit. C’est le Bon Pasteur qui la lui transmise.
    ***
    Le Père m’aime parce que je donne ma vie. « Et nous ? Quelle réponse donnons-nous à cette incessante question : M’aimes-tu ? »
    Incessante question à cause de nos faiblesses et de nos reprises. « Malgré notre faiblesse », nous fait dire l’oraison d’ouverture de la liturgie de ce dimanche. Notre réponse doit dépasser une simple déclaration affective, elle nous engage dans cette communion qui fut celle du Christ en son Père.


vendredi 13 avril 2018

  • Panamá lance une campagne internationale pour l’inscription des pèlerins aux JMJ

    Aujourd’hui* a lieu le lancement officiel de la campagne internationale pour l’inscription des pèlerins aux prochaines Journées Mondiale de la Jeunesse – Panama 2019- qui auront lieu du 22 au 27  janvier 2018.
    La vidéo promotionnelle qui invite les jeunes du monde entier à vivre l’expérience JMJ et à participer à cette rencontre avec le Christ a été produite dans les cinq langues officielles (espagnol, anglais, italien, français et portugais) des JMJ.
    L’objectif du Comité d’organisation local (COL) des JMJ de Panama 2019 et d’atteindre les 350 000 pèlerins inscrits. Parmi eux, on attend 70 000 locaux et 280 000 jeunes du reste du monde.
    Du côté français, on compte déjà une délégation de plus de 1200 pèlerins. Les « jeunes pros » de France métropolitaine, mais aussi de Guadeloupe, Martinique, et même de La Réunion se mobilisent dès à présent pour préparer l’évènement qui réunira en janvier prochain des jeunes du monde entier autour du Pape François.
    Les inscriptions sur internet seront ouvertes jusqu’au 17 janvier 2019.
    *À 12h, heure panaméenne


  • "Les jeunes, la foi et le discernement des vocations" Synode 2018
    Dernier numéro paru de la revue Documents Épiscopat Le Synode sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations » se tiendra, à Rome, en octobre 2018. Pour sa préparation, de larges consultations ont été menées dans les diocèses de France, auprès des communautés et mouvements de jeunes, et une (...)

  • La « Jésus Box », un cadeau à recevoir

    Une box catho, pour financer les JMJ de Panama… c’est un pari lancé par trois frangines du diocèse de Meaux, Hélène, Aurore et Perrine.
    Le but est simple. En s’abonnant (20€ la box), on reçoit tous les deux mois chez soi un colis avec des objets faits mains, des prières, des cartes et pleins d’autres surprises. Chaque mois, le thème de la box est différent (coin prière, Jean Paul II …). Les bénéfices de cette initiative servent à financer une partie du voyage de jeunes pèlerins du diocèse de Meaux aux JMJ de Panama.
    Cette box est unique ! Elle est entièrement conçue, fabriquée et emballée avec amour ! Elle est réfléchie et moderne !
    Alors n’hésitez plus ! Abonnez-vous ! En plus d’être étonné chaque mois par son contenu, vous permettez à des jeunes de partir aux JMJ.
    Rencontre avec Hélène, une des conceptrices de cette nouvelle box catho.
    – Qu’est-ce que La Jésus Box ?
    C’est un abonnement bimestriel à une Box catholique. Tous les deux mois, vous pouvez recevoir chez vous, une boite pleine d’objets faits à la main pour éveiller ou faire grandir votre foi autour d’un thème. C’est un nouveau concept : accueillir le Christ jusque dans sa boite aux lettres !
    – Comment est-né le projet ?
    J’adore le concept des Box, à chaque fois, c’est un cadeau à recevoir. Je me suis demandée si ce concept ne pouvait pas marcher avec des objets en rapport avec le Christ. Au lieu de me trouver complètement folle, mes sœurs m’ont suivi dans ce projet. Il nous a permis de récolter des fonds tout en partageant avec les autres une partie de notre foi.
    – Dans quel but avez-vous créé ce projet ?
    Nous sommes trois sœurs désireuses de partir aux JMJ de Panama ! Après celles de Cracovie qui nous ont transformées, nous avons cherché des compagnons de route dans notre pôle de jeunes de Mormant (77). Nous voulions pouvoir les aider financièrement à participer à cet évènement exceptionnel. Tous les bénéfices seront donc reversés pour le départ aux JMJ.
    – Que contient la Jésus Box que l’on reçoit ?
    Chaque mois, vous trouverez 4 objets faits main ou décorés par nos soins, une prière, une carte, une gourmandise, une fiche explicative et d’autres surprises.
    La première Box avait pour thème : « Ton coin-prière ». Nous avons fait appel à nos qualités créatives ou à celles de nos proches. Elle contenait notamment une bible, un dizainier, une bougie et pleins d’autres petites choses à mettre dans son coin-prière.

    En ce qui concerne la deuxième, le thème est « Saint Jean Paul II, initiateur des JMJ ». Elle est en commande actuellement !

    Propos recueillis par Pierre Deveaux, membre de l’équipe nationale des JMJ de Panama

    Pour en savoir plus : http://lajesusbox.wifeo.com

    Pour commander : http://lajesusbox.wifeo.com/service-shop.html

    Partir aux JMJ avec le diocèse de Meaux   : http://jmj.catho77.fr/spip.php?article2526


mercredi 11 avril 2018

  • Le Grand Séminaire devenu Maison Saint-Yves
    Actualité Conférence de Samuel Gicquel sur l’histoire du Grand Séminaire « La Maison Saint-Yves, histoire du Grand Séminaire de [...]

  • « Qui peut accepter un geste de mort ? » par Mgr Pierre d’Ornellas

    3 novembre 2017 : Portrait de Mgr Pierre D’ORNELLAS, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo. France.
    Mgr Pierre d’Ornelas, revient sur l’avis favorable qu’a rendu hier le Cese (Conseil économique, social et environnemental) à l’euthanasie à 107 voix pour, 18 contre et 44 abstentions
    Quel monde voulons-nous pour demain ? Voilà la question sérieuse qui nous est posée. Elle exige information, réflexion et compétence honnêtes, et non des opinions les unes à côté des autres. Elle fait appel à une vision partagée de notre avenir commun et de l’être humain dans son existence personnelle et sociale.
    Voilà que le Cese donne un avis où les contraires semblent identiques. Pour lui, développer le soin de telle sorte que chacun vive sa fin de vie de la manière la plus apaisée possible et provoquer délibérément la mort quand le désir en est exprimé, sont à égalité. Donner la mort serait même une attitude « respectueuse ». Comment l’éthique, c’est-à-dire la raison en recherche du juste bien, pourrait-elle faire coexister les contraires ?
    D’ailleurs, si on peut provoquer la mort, la peur des dérives est telle que le Cese répète que ce sera « strictement encadré », alors même qu’il souligne les méfaits de la judiciarisation. Le Cese sait-il que la sédation en soins palliatifs est, elle aussi, encadrée, non par peur mais en raison de la haute noblesse de l’acte de soin ? De fait, l’éthique du soin est cruellement absente de son avis ! On y nomme l’impératif séculaire « tu ne tueras pas » sans en relever la signification qu’y trouve notre raison philosophique pour le bien de tous et de notre vie sociale.
    Et bien non, accompagner jusqu’à la mort naturelle et provoquer la mort ne sont absolument pas identiques.

    Pour un sursaut de conscience

    La valeur du prendre soin de chaque personne jusqu’à sa mort naturelle, en soulageant ses souffrances, et la valeur de la solidarité pour que les moyens soient donnés aux soignants afin qu’ils accomplissent au mieux leur mission, sont éminentes. Choisir ces valeurs, c’est construire une société de confiance et de paix, où l’accompagnement fait d’écoute, de respect, de discernement est honoré en raison de ses compétences et de son humanité riche en compassion. Chaque jour des milliers de soignants le montrent. Souvent aux obsèques, les familles les remercient.
    Par contre, l’euthanasie est un geste de mort. Elle est une défaite. Elle ne peut instrumentaliser la valeur éthique de la compassion. Elle ouvre le cercle vicieux du désespoir et de la culpabilité. Elle n’est pas un soin et ne pourra jamais l’être. La raison reste muette devant elle et cherche à en effacer les traces : elle blesse tellement les consciences qu’elle impose le mensonge. Le Cese a donc eu l’idée de préconiser qu’en cas d’injection létale, il serait écrit sur l’acte de décès que c’est une « mort naturelle », comme cela se fait à l’étranger, est-il pudiquement justifié. Quel crédit accorder à une institution de la République qui voudrait légaliser un tel mensonge ?

    Le suicide assisté est une contradiction. Comment est-il possible de le promouvoir dans notre pays qui se bat contre le suicide et qui punit sévèrement ceux qui y incitent ?

    Notre société a besoin d’un sursaut de conscience pour choisir son futur en le basant sur des valeurs qui nous rassemblent grâce à une nouvelle intelligence collective du soin. Soyons fiers de promouvoir l’accompagnement et la considération pour nos aînés qui vivent de grandes vulnérabilités. Soyons audacieux en demandant à l’État de financer davantage le soin. À l’heure où plus d’un milliard est donné pour l’intelligence artificielle, nous sommes tous en droit d’exiger un même effort pour les soins palliatifs. »
    Tribune parue dans Ouest France le 11 avril 2018


mardi 10 avril 2018

  • 9 avril 2018, aux Bernardins : Une belle rencontre
    Edito de Sr Véronique Margron, op, présidente de la Corref, pour la radio RCF « Nous visons ensemble dans nos ordres à des fins communes, que sont la dignité et le sens ». » Ainsi s'est conclu hier soir, sous les magnifiques voûtes gothiques des Bernardins, le discours du chef de l'État. C'est bien de (...)

  • Messe du 7 avril à St Maden
    Messe suivie d'une soirée pizza au profit des enfants d'Haîti touchés par les catastrophes naturelles. - Actualités

  • Discours de Mgr Georges PONTIER à l'adresse des invités à la soirée du 9 Avril 2018 aux Bernardins
    Source : http://eglise.catholique.fr/ Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre d'État, Ministre de l'Intérieur, Madame la Ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur, Madame la Secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, auprès du Premier Ministre Monseigneur (...)

  • Emmanuel Macron aux Bernardins : le discours
    Organisée par la Conférence des évêques de France (CEF), une grande soirée inédite se tient lundi 9 avril au Collège des Bernardins, en présence du président Emmanuel Macron et de 400 invités. Handicap, précarité, isolement ont été trois thèmes forts de cette soirée. Emmanuel Macron a aussi évoqué la vie (...)

lundi 9 avril 2018

  • Messe du 8 avril à Broons
    Messe de 8 avril animée par un groupe de jeunes. - Actualités

  • Temps fort de caté de Pâques (Broons)
    Les enfants étaient nombreux pour ce temps fort ; ils sont repartis « les bras chargés de cadeaux de Dieu. » - Actualités

  • "Ils ont fait une retraite spirituelle - 28 récits de chercheurs de sens"
    Véronique Durand, Julie Quaillet Les retraites spirituelles séduisent de plus en plus de Français, chrétiens ou non. Mais quel est le sens de cet engouement ? Que vont-ils chercher dans ces ermitages, abbayes ou centres spirituels ? 28 chercheurs de sens partagent ici leur expérience, leur vécu (...)

  • Chemins de Fraternité à Lourdes du 8 au 11 juin 2018
    Proposition du Vicariat pour la Solidarité du diocèse de Paris Chers amis, Proposé par le Vicariat pour la Solidarité du vendredi 8 au lundi 11 juin 2018, ce pèlerinage à Lourdes est tout spécialement destiné aux personnes démunies ou fragiles, aux personnes en situation de solitude. Il est conçu pour (...)

  • La Xavière : A l'étape de la vie appelée "la vieillesse"
    « En création » depuis 81 ans, je n'en finis pas d'évoluer. Je repense à ce chant que nous chantions entre novices à La Xavière : Pour faire un homme, mon Dieu que c'est long et nous d'ajouter : Pour faire une xavière, mon Dieu que c'est long ! Je suis donc en chemin à cette étape de ma vie appelée « (...)

  • Nouvelle exhortation du Pape François sur la sainteté
    Actualité L’exhortation du Pape François sur la sainteté publiée le 9 avril Gaudete et Exsultate Après « Evangelii gaudium » [...]

  • « Gaudete et Exsultate » nouvelle exhortation apostolique du Pape François

    Après Evangelii gaudium parue en 2013 et Amoris laetitia en 2016, le Saint Siège a rendu public ce jour la troisième exhortation apostolique du Pape François intitulée « Gaudete et Exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel.

    Résumé de l’exhortation proposé par la salle de presse du Saint Siège

    1.   « Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17, 1).
    2.    Il ne faut pas s’attendre, ici, à un traité sur la sainteté, avec de nombreuses définitions et distinctions qui pourraient enrichir cet important thème, ou avec des analyses qu’on pourrait faire concernant les moyens de sanctification. Mon humble objectif, c’est de faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté, en essayant de l’insérer dans le contexte actuel, avec ses risques, ses défis et ses opportunités. En effet, le Seigneur a élu chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 4).
    PREMIER CHAPITRE : L’APPEL À LA SAINTETÉ
    LES SAINTS QUI NOUS ENCOURAGENT ET NOUS ACCOMPAGNENT
    4. Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion.
    LES SAINTS DE LA PORTE D’À COTE
    6.  Ne pensons pas uniquement à ceux qui sont déjà béatifiés ou canonisés. Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple.
    7.  J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. La sainteté de la porte d’à côté; la classe moyenne de la sainteté.
    LE SEIGNEUR APPELLE
    11. Il ne faut donc pas se décourager quand on contemple des modèles de sainteté qui semblent inaccessibles.
    POUR TOI AUSSI
    14.   Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un   travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels.
    15.   Dans l’Église, sainte et composée de pécheurs, tu trouveras tout ce dont tu as besoin pour progresser vers la sainteté.
    TA MISSION DANS LE CHRIST
    19. Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile.
    21. « La sainteté n’est rien d’autre que la charité pleinement vécue » (Benoit XVI).
    L’ACTIVITÉ QUI SANCTIFIE
    26. Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service.
    29. Cela n’implique pas de déprécier les moments de quiétude, de solitude et de silence devant Dieu. Bien au contraire !
    PLUS VIVANTS, PLUS FRÈRES
    32. N’aie pas peur de la sainteté. Elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie ni la joie. C’est tout le contraire, car tu arriveras à être ce que le Père a pensé quand il t’a créé.
    34. N’aie pas peur de viser plus haut. N’aie pas peur de te laisser guider par l’Esprit Saint. Dans la vie « il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints » (Léon Bloy).
    DEUXIÈME CHAPITRE : DEUX ENNEMIS SUBTILS DE LA SAINTETÉ
    LE GNOSTICISME ACTUEL
    Un esprit sans Dieu et sans chair
    38.   En définitive, il s’agit d’une superficialité vaniteuse : beaucoup de mouvement à la surface de l’esprit, mais la profondeur de la pensée ne se meut ni ne s’émeut.
    39.   Cela peut se produire dans l’Église : prétendre réduire l’enseignement de Jésus à une logique froide et dure qui cherche à tout dominer.
    Une doctrine sans mystère
    42. Même quand l’existence d’une personne a été un désastre, même quand nous la voyons détruite par les vices et les addictions, Dieu est dans sa vie.
    Les limites de la raison
    45. Saint Jean-Paul II mettait en garde ceux qui dans l’Église ont la chance d’une formation plus poussée contre la tentation de nourrir « un certain sentiment de supériorité par rapport aux autres fidèles ».
    LE PELAGIANISME ACTUEL
    Une volonté sans humilité
    49. Quand certains d’entre eux s’adressent aux faibles en leur disant que tout est possible avec la grâce de Dieu, au fond ils font d’habitude passer l’idée que tout est possible par la volonté humaine ; Dieu t’invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas : « Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux » ( Saint Augustin ).
    Un enseignement de l’Église souvent oublié
    52. L’Église catholique a maintes fois enseigné que nous ne sommes pas justifiés par nos œuvres ni par nos efforts mais par la grâce du Seigneur qui prend l’initiative.
    Les nouveaux pélagiens
    58. Souvent, contre l’impulsion de l’Esprit, la vie de l’Église se transforme en pièce de musée ou devient la propriété d’un petit nombre. C’est peut-être une forme subtile de pélagianisme.
    Le résumé de la Loi
    60. « Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même” » (Ga 5, 14).
    TROISIÈME CHAPITRE : À LA LUMIÈRE DU MAÎTRE
    63. “Comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?”, la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes.
    À CONTRECOURANT
    « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ».
    69. Cette pauvreté d’esprit est étroitement liée à la “sainte indifférence” que saint Ignace de Loyola proposait, et  par laquelle nous atteignons une merveilleuse liberté intérieure.
    Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les doux, car ils possèderont la terre ».
    72. « La charité parfaite consiste à supporter les défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses » (Sainte Thérèse de Lisieux).
    74.  Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les affligés, car ils seront consolés »
    75.  Le monde nous propose le contraire : Il s’ingénie à fuir les situations où il y a de la souffrance.
    76.  Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les affamés et les assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés »
    79.    Le mot “justice” peut être synonyme de fidélité à la volonté de Dieu par toute notre vie, mais si nous lui donnons un sens très général, nous oublions qu’elle se révèle en particulier dans la justice envers les désemparés. Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ».
    80.    Le Catéchisme nous rappelle que cette loi doit être appliquée « dans tous les cas », spécialement quand quelqu’un « est quelquefois affronté à des situations qui rendent le jugement moral moins assuré et la décision difficile ».
    82. Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ».
    85.    Les désirs et les décisions les plus profonds, qui nous guident réellement, trouvent leur origine dans les intentions du cœur.
    86.  Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ».
    89. Il n’est pas facile de bâtir cette paix évangélique qui n’exclut personne mais qui inclut également ceux qui sont un peu étranges, les personnes difficiles et compliquées.
    Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté !
    « Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux ».
    94.   Les persécutions ne sont pas une réalité du passé, parce qu’aujourd’hui également, nous en subissons, que ce soit d’une manière sanglante, comme tant de martyrs contemporains, ou d’une façon plus subtile, à travers des calomnies et des mensonges.
    Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté !
    LE GRAND CRITÈRE
    95.   « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me   voir » (Matthieu 25, 35-36).
    Par fidélité au Maître
    98. Quand je rencontre une personne dormant exposée aux intempéries, dans une nuit froide, je peux considérer que ce fagot est un imprévu qui m’arrête, un délinquant désœuvré, un obstacle sur mon chemin, un aiguillon gênant pour ma conscience, un problème que doivent résoudre les hommes politiques, et peut-être même un déchet qui pollue l’espace public. Ou bien je peux réagir à partir de la foi et de la charité, et reconnaître en elle un être humain doté de la même dignité que moi, une créature infiniment aimée par le Père. C’est cela être chrétien !
    Les idéologies qui mutilent le cœur de l’Évangile
    100.   Je regrette que parfois les idéologies nous conduisent à deux erreurs nuisibles. D’une part, celle des chrétiens qui séparent ces exigences de l’Évangile de leur relation personnelle avec le Seigneur, de l’union intérieure avec lui, de la grâce.
    101.   Est également préjudiciable et idéologique l’erreur de ceux qui vivent en suspectant l’engagement social des autres, le considérant comme quelque chose de superficiel, de mondain, de laïcisant, d’immanentisme, de communiste, de populiste. La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée. Mais est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans  la misère
    102.    On entend fréquemment que, face au relativisme et aux défaillances du monde actuel, la situation des migrants, par exemple, serait un problème mineur. Certains catholiques affirment que c’est un sujet secondaire à côté des questions “sérieuses” de la bioéthique.
    103.   Il ne s’agit pas d’une invention d’un Pape ou d’un délire passager.
    Le culte qui lui plaît le plus
    107.   Celui qui veut vraiment rendre gloire à Dieu par sa vie, celui qui désire réellement se sanctifier pour que son existence glorifie le Saint, est appelé à se consacrer, à s’employer, et à s’évertuer à essayer de vivre les œuvres de miséricorde.
    108.   Le consumérisme hédoniste peut nous jouer un mauvais tour. La consommation de l’information superficielle et les formes de communication rapide et virtuelle peuvent également être un facteur d’abrutissement qui nous enlève tout notre temps et nous éloigne de la chair souffrante des frères.
    * * *
    109.    La force du témoignage des saints, c’est d’observer les béatitudes et le critère du jugement dernier. Je recommande de nouveau de relire fréquemment ces grands textes bibliques, de se les rappeler, de prier en s’en servant, d’essayer de les faire chair. Ils nous feront du bien, ils nous rendront vraiment heureux.
    QUATRIÈME CHAPITRE : QUELQUES CARACTÉRISTIQUES DE LA SAINTETÉ DANS LE MONDE ACTUEL
    110.   Je ne vais pas m’attarder à expliquer les moyens de sanctification que nous connaissons déjà : les différentes méthodes de prière, les précieux sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation, l’offrande de sacrifices, les diverses formes de dévotion, la direction spirituelle, et tant d’autres. Je me référerai uniquement à quelques aspects de l’appel à la sainteté dont j’espère qu’ils résonneront de manière spéciale.
    111.    Elles sont au nombre de cinq, les grandes manifestations de l’amour envers Dieu et le prochain que je considère d’une importance particulière, vu certains risques et certaines limites de la culture d’aujourd’hui. Dans cette culture se manifestent : l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit ; la négativité et la tristesse ; l’acédie commode, consumériste et égoïste ; l’individualisme et de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui règnent dans le marché religieux actuel.
    112.   ENDURANCE, PATIENCE ET DOUCEUR
    122. JOIE ET SENS DE L’HUMOUR
    129. AUDACE ET FERVEUR
    140. EN COMMUNAUTÉ
    147. EN PRIÈRE CONSTANTE
    CINQUIÈME CHAPITRE : COMBAT, VIGILANCE ET DISCERNEMENT
    158.   La vie chrétienne est un combat permanent. Il faut de la force et du courage pour résister aux tentations du diable et annoncer l’Évangile. Cette lutte est très belle, car elle nous permet de célébrer chaque fois le Seigneur vainqueur dans notre vie.
    LE COMBAT ET LA VIGILANCE
    159.   Il ne s’agit pas seulement d’un combat contre le monde et la mentalité mondaine qui nous trompe, nous abrutit et fait de nous des médiocres dépourvus d’engagement et sans joie. Il ne se réduit pas non plus à une lutte contre sa propre fragilité et contre ses propres inclinations. C’est aussi une lutte permanente contre le diable. Jésus lui-même fête nos victoires.
    Plus qu’un mythe
    161.   Ne pensons donc pas que c’est un mythe, une représentation, un symbole, une figure ou une idée. Cette erreur nous conduit à baisser les bras, à relâcher l’attention et à être plus exposés. Il n’a pas besoin de nous posséder. Il nous empoisonne par la haine, par la tristesse, par l’envie, par les vices. Et ainsi, alors que nous baissons la garde, il en profite pour détruire notre vie, nos familles et nos communautés.
    Éveilles et confiants
    162.   Notre chemin vers la sainteté est aussi une lutte constante. Celui qui ne veut pas le reconnaître se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité. Nous avons pour le combat les armes puissantes que le Seigneur nous donne : la foi qui s’exprime dans la prière, la méditation de la parole de Dieu, la célébration de la Messe, l’adoration eucharistique, la réconciliation sacramentelle, les œuvres de charité, la vie communautaire et l’engagement missionnaire.
    La corruption spirituelle
    164. « Ne nous endormons pas ». Car ceux qui ont le sentiment qu’ils ne commettent pas de fautes graves contre la Loi de Dieu peuvent tomber dans une sorte d’étourdissement ou de torpeur.
    LE DISCERNEMENT
    166.   Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle.
    Une nécessité impérieuse
    167.     Tout le monde, mais spécialement les jeunes, est exposé à un zapping constant. Sans la sagesse du discernement, nous pouvons devenir facilement des marionnettes à la merci des tendances du moment.
    Toujours à la lumière du Seigneur
    169. Le discernement n’est pas seulement nécessaire pour les moments extraordinaires, ou quand il faut résoudre de graves problèmes. Nous en avons toujours besoin pour être disposés à reconnaître les temps de Dieu et de sa grâce. Souvent cela se joue dans les petites choses.
    Un don surnaturel
    171.   Même si le Seigneur nous parle de manières variées, dans notre travail, à travers les autres et à tout moment, il n’est pas possible de se passer du silence de la prière attentive pour mieux percevoir ce langage, pour interpréter la signification réelle des inspirations.
    Parle, Seigneur
    172.    Seul celui qui est disposé à écouter possède la liberté pour renoncer à son propre point de vue partiel ou insuffisant, à ses habitudes, à ses schémas.
    173.   Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes ni de répéter le passé
    La logique du don et de la croix
    175.   Mais il faut demander à l’Esprit Saint de nous délivrer et d’expulser cette peur qui nous porte à lui interdire d’entrer dans certains domaines de notre vie. Cela nous fait voir que le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous-mêmes.
    * * *
    176.   Je voudrais que la Vierge Marie couronne ces réflexions, car elle a vécu comme personne les béatitudes de Jésus. Elle est celle qui tressaillait de joie en la présence de Dieu, celle qui gardait tout dans son cœur et qui s’est laissée traverser par le glaive. Elle est la sainte parmi les saints, la plus bénie, celle qui nous montre le chemin de la sainteté et qui nous accompagne. Elle n’accepte pas que nous restions à terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions trop d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore : “Je vous salue Marie…’’.
    177.   J’espère que ces pages seront utiles pour que toute l’Église se consacre à promouvoir le désir de la sainteté. Demandons à l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et aidons-nous les uns les autres dans cet effort. Ainsi, nous partagerons un bonheur que le monde ne pourra nous enlever.


  • "Gaudete et exsultate", exhortation apostolique du Saint Père François sur l'appel à la sainteté dans le monde acutel
    Après Evangelii gaudium parue en 2013 et Amoris laetitia en 2016, le Saint Siège a rendu public ce jour la troisième exhortation apostolique du Pape François intitulée "Gaudete et Exsultate" sur l'appel à la sainteté dans le monde actuel. Cette exhortation apostolique est disponible en téléchargement (...)

  • Famille franciscaine : « La Terre Sainte, écrin des racines de notre foi »
    Le Pape François via la Congrégation pour les Églises orientales invite chaque année les fidèles du monde entier à réserver une quête de soutien à la présence chrétienne en Terre Sainte. Le vendredi 30 mars, Jour du vendredi saint, une quête dans les paroisses sera organisée pour soutenir les chrétiens de (...)

  • #Synod2018 Le pape veut écouter les jeunes
    Pré synode : retour des jeunes français sur cette expérience prophétique ! Rentrés de Rome où ils avaient participé au pré synode avec 300 jeunes du monde entier, les jeunes français ont pris part hier à un temps de rencontre et d'échange à l'occasion d'une journée de formation pour les acteurs de la (...)

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  • Les catholiques célèbrent l’Annonciation
    Actualité 9 avril 2018 : les catholiques célèbrent l’Annonciation de l’ange Gabriel à Marie [...]

  • Un nouvel abbé à Ligugé
    Mardi 3 avril, la communauté de l'abbaye bénédictine Saint-Martin de Ligugé a élu comme abbé le père Christophe Bettwy. Entré à Ligugé en 1998, il succède au père André-Junien Guérit qui avait remis sa charge d'abbé pour raisons personnelles. Né à Mulhouse en 1966, le père Christophe a passé sa jeunesse à (...)

  • Pré-Synode : l'Eglise à l'écoute des jeunes
    KTO - Hors les Murs du 06/04/2018 Inédit dans l´histoire de l´Église ! En vue de la préparation du Synode des évêques d'octobre 2018, le pape François a souhaité inclure pleinement les jeunes dans le processus de préparation de l'assemblée synodale qui travaillera sur "les jeunes, la foi et le (...)

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  • Commentaires du dimanche 15 avril

    Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
    dimanche 15 avril 2018
    3éme dimanche de Pâques

    1ère lecture
    Psaume
    2ème lecture
    Evangile

    PREMIERE LECTURE – Actes des Apôtres 3, 13… 19
    En ces jours-là, devant tout le peuple,
    Pierre prit la parole :
    « Hommes d’Israël,
    13 le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
    le Dieu de nos pères,
    a glorifié son serviteur Jésus,
    alors que vous, vous l’aviez livré ;
    vous l’aviez renié en présence de Pilate, qui était décidé à le le relâcher,
    vous l’aviez rejeté.
    14 Vous avez renié le Saint et le Juste
    et vous avez demandé
    qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
    15 Vous avez tué le Prince de la vie
    lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
    nous en sommes témoins.
    17 D’ailleurs, frères, je sais bien
    que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.
    18 Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé
    par la bouche de tous les prophètes :
    que le Christ, son Messie, souffrirait.
    19 Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu
    pour que vos péchés soient effacés. »

    LA GUERISON DE L’INFIRME DE LA BELLE PORTE
    Pierre s’adresse à un public juif : « Hommes d’Israël ». Il leur parle comme à des frères, il dit « frères » d’ailleurs, mais en même temps on voit bien qu’il n’est plus tout à fait du même bord, si l’on peut dire ; il est clair qu’il a pris parti pour Jésus-Christ et il s’adresse à ceux qui sont responsables de sa mort, « responsables mais pas coupables », dirait-on aujourd’hui. Ce public auquel il s’adresse est certainement tout ouïe parce qu’il vient d’assister à quelque chose d’extraordinaire :
    nous sommes au Temple de Jérusalem, vers trois heures de l’après-midi, l’heure de la prière. A l’une des portes du Temple, celle qu’on appelle la Belle Porte, un infirme tendait la main aux passants, comme chaque jour, depuis des années ; parmi ces passants, se trouvaient Pierre et Jean ; et Pierre a dit au mendiant « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, marche ! » Et, raconte Luc, prenant l’infirme par la main droite, Pierre l’a fait lever ; à l’instant même l’homme a senti ses pieds et ses chevilles s’affermir ; d’un bond, il était debout, lui qui n’avait jamais marché, et il est entré dans le Temple, en marchant, en bondissant plutôt, et en louant Dieu.
    Evidemment, après une chose pareille, les spectateurs sont prêts à écouter les explications. Pierre improvise donc un discours : « Israélites, pourquoi vous étonner de ce qui vient d’arriver ? Et pourquoi nous regardez-vous comme des bêtes curieuses ? Ce n’est ni notre piété personnelle ni notre propre puissance qui ont fait ce miracle… C’est Jésus lui-même qui l’a guéri. » Voilà donc le contexte dans lequel Pierre prend la parole : c’est une véritable plaidoirie ; pour lui, il s’agit de faire franchir à ses interlocuteurs une étape capitale dans la foi ; tous partagent la même foi dans le Dieu des Pères, tous attendent le Messie, tous connaissent les prophéties de l’Ancien Testament ; mais comment les convaincre que ces prophéties concernaient Jésus-Christ ? Au fond Pierre essaie d’ouvrir les yeux des Juifs sur ce qu’on peut appeler une « erreur judiciaire ».
    UNE ERREUR JUDICIAIRE
    L’erreur, d’après Pierre, c’est d’avoir livré à tort un innocent à la justice, d’avoir fait grâcier un meurtrier, Barabbas, et obtenu la peine de mort contre l’innocent, tout cela par ignorance. L’erreur, c’est de n’avoir pas reconnu dans cet homme juste le Messie.
    Jésus lui-même l’a dit sur la croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34).
    Il faut reconnaître qu’il y avait de quoi se tromper ; Jésus de Nazareth ne ressemblait guère au Messie qu’on attendait. Et sa mort même, sa déchéance plaidait contre lui ; sûrement, si Dieu était comme l’on croyait, il lui aurait évité de souffrir…
    Pierre affirme tranquillement « Dieu avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes que son Messie souffrirait ». En fait, on ne trouve nulle part dans l’Ancien Testament une affirmation aussi claire du genre « le Messie de Dieu sera d’abord rejeté, injustement condamné, mais c’est comme cela qu’il sauvera l’humanité » ; on trouve beaucoup d’annonces du Messie sous les traits d’un roi qui libérera son peuple, d’un prêtre qui obtiendra le pardon des péchés, d’un prophète qui apportera le salut de Dieu, d’un Fils de l’homme victorieux de toutes les forces du mal ; mais dans toutes ces annonces, on entend surtout un langage de victoire ; restent les fameux chants du Serviteur et en particulier le chant du Serviteur souffrant dans le livre d’Isaïe, mais, visiblement, ils n’inspiraient guère les chefs des prêtres à l’époque de Jésus. Bien sûr, après coup, pour ceux qui ont été témoins de la résurrection du Christ, pour ceux dont le coeur a été « ouvert à l’intelligence des Ecritures », comme dit ailleurs Saint Luc, tout est lumineux ; ils relisent les prophéties d’Isaïe et ils redécouvrent ces fameux textes qui présentaient le Messie sous les traits d’un Serviteur innocent mais persécuté et finalement mis à mort avant d’être glorifié par Dieu, et ils les relisent comme une annonce des souffrances et de la glorification de Jésus.
    LE SERVITEUR SOUFFRANT ANNONCE PAR ISAIE
    Le quatrième chant du Serviteur, en particulier, s’applique parfaitement à la Passion du Christ : « Il n’avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le recherchions. Il était méprisé, laissé de côté par les hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, tel celui devant qui on cache son visage ; oui, méprisé, nous ne l’estimions nullement. En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées, et nous, nous l’estimions frappé par Dieu et humilié… »
    Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent : elle est muette ; lui n’ouvre pas la bouche. Sous la contrainte, sous le jugement, il a été enlevé… Il a été retranché de la terre des vivants…
    Ce texte dit aussi la glorification du Serviteur souffrant : « Voici que mon Serviteur triomphera, il sera haut placé, exalté, élevé à l’extrême. De même que les foules ont été horrifiées à son sujet, de même à son sujet des foules de nations vont être émerveillées… Sitôt reconnu comme juste, il dispensera la justice, lui, mon Serviteur, au profit des foules… » (Is 53, 2… 11).
    On voit bien l’importance qu’un tel texte a pu prendre pour les premiers Chrétiens dans leur méditation sur le mystère du Christ.
    Et c’est à cette découverte-là que Pierre veut amener les Juifs aux quels il adresse son discours ; et il leur dit « rien n’est jamais perdu ; il est toujours temps de réparer une erreur judiciaire, de réhabiliter un innocent ; et la merveille de la miséricorde de Dieu, c’est qu’elle s’applique à vous, justement, la prière du Christ : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Je sais bien que vous agi dans l’ignorance, vous et vos chefs… Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés ».

    PSAUME – 4, 2. 4. 7. 9
    2 Quand je crie, réponds-moi,
    Dieu, ma justice !
    Toi qui me libères dans la détresse,
    pitié pour moi, écoute ma prière !
    4 Sachez que le SEIGNEUR a mis à part son fidèle
    Le SEIGNEUR entend quand je crie vers lui.
    7 Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? »
    Sur nous, SEIGNEUR, que s’illumine ton visage !
    9 Dans la paix, moi aussi,
    je me couche et je dors ;
    car tu me donnes d’habiter, SEIGNEUR,
    seul, dans la confiance.

    LE SEIGNEUR ENTEND QUAND JE CRIE VERS LUI
    Il est bien court, ce psaume 4 (qui ne comporte en tout que neuf versets ; nous en lisons trois ici) ; mais il est riche de toute la foi d’Israël, de toute cette longue histoire d’Alliance entre le peuple élu et son Dieu, pendant des siècles. Confiance et supplication mêlées, fierté et bonheur d’être le peuple élu, découverte du Dieu libérateur, tout y est. Premièrement, la prière du peuple d’Israël est faite de confiance et supplication mêlées : « Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière ! » Et encore : « Le Seigneur entend quand je crie vers lui » (verset 4). Dans toute prière juive, nous trouvons ce mélange d’action de grâce et de supplication ;
    à tel point que le même mot « Hosanna » est employé pour dire à la fois « Seigneur, tu nous sauves, gloire à toi » ET « S’il te plaît, Seigneur, sauve-nous ».
    Un autre psaume dit : « Dieu notre Dieu nous bénit, Que notre Dieu nous bénisse » ! C’est logique : quand on adresse une prière à quelqu’un, on reconnaît implicitement qu’il peut et veut notre bien ; sinon, on ne le prierait pas ! Et quand nos enfants nous demandent quelque chose, nous sommes heureux et fiers, car c’est une preuve de confiance qu’ils nous donnent.
    Le peuple d’Israël ne nous a pas attendus pour savoir que le dessein de Dieu n’est que bienveillant et que sa toute puissance est celle de l’amour. Jésus disant à son Père « Je sais bien que tu m’exauces toujours » était bien un fils d’Israël. Au sein même de cette certitude, la prière peut se faire « cri » parce que la foi la plus pure ne dispense pas de souffrir ; et il y a bien dans nos vies des moments où la détresse nous fait non pas « prier » mais « crier »… C’est l’un des cadeaux de la Bible que de nous révéler qu’il est permis de « crier »…
    Deuxième trait de la foi juive, la fierté, le bonheur d’être le peuple élu, mis à part, consacré. C’est le sens du dernier verset : « Tu me donnes d’habiter, SEIGNEUR, seul, dans la confiance » : en réalité, ici, le mot « seul » veut dire « à part ». « Habiter à part, dans la confiance », en langage biblique, cela signifie qu’on sait où est le vrai bonheur : les étrangers nous demandent « qui nous fera voir le bonheur ? » Eh bien, nous, nous savons où réside le bonheur de l’homme, c’est dans l’Alliance avec notre Dieu.
    Nous avons entendu également : « Le SEIGNEUR a mis à part son fidèle », et le mot « fidèle », en hébreu, c’est le « hassid », le bien-aimé ; et on sait bien que ce choix, cette élection comme on dit, est pur choix de Dieu, inexplicable, immérité, comme tous les choix d’amour… Ce n’est pas une affaire de mérite : on n’oublie jamais cette phrase du Deutéronome : « Si le SEIGNEUR s’est attaché à vous et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples… Ce n’est pas parce que tu es juste ou que tu as le coeur droit que tu vas entrer prendre possession de ce bon pays… car tu es un peuple à la nuque raide » (Dt 7, 7 ; 9, 5…7). On n’en tire donc pas orgueil, c’est un fait, tout simplement ; un fait qui nourrit la confiance éperdue qui ne quitte jamais Israël, même dans les situations les plus dramatiques : « Dans la paix, je me couche et je dors ; car tu me donnes d’habiter, Seigneur, à part, dans la confiance » ; source de bonheur et de fierté, cette élection est source aussi de bien des persécutions, au long des siècles ; cette mise à part signifie aussi isolement, incompréhension : inévitablement, « à part » signifie aussi « différent ».
    HABITER DANS LA CONFIANCE
    Enfin, troisième aspect de la prière d’Israël, la découverte du Dieu libérateur. « Toi qui me libères dans la détresse… », ce n’est pas un effet de style, c’est l’expérience qui parle ! Il ne faut pas oublier que la première expérience qu’Israël a faite de Dieu, c’est l’Exode : Dieu a entendu la souffrance des esclaves, des humiliés et il les a libérés de l’Egypte, la maison de servitude, selon l’expression consacrée. Et si Dieu a libéré son peuple de la domination du Pharaon, ce n’est pas pour lui imposer une autre domination, la sienne ; c’est pour lui offrir le bonheur et la liberté ; là, ce psaume consonne très fort encore une fois avec les méditations du livre du Deutéronome ; notre psaume dit : « Tu as versé la joie dans mon coeur plus qu’au temps où débordent le froment et le vin… tu me donnes d’habiter, à part, dans la confiance » et en écho le Deutéronome : « Confiant, Israël se repose ; elle coule à l’écart, la source de Jacob, vers un pays de blé et de vin nouveau, et le ciel même y répand la rosée » (Dt 33, 28).
    Cette expérience du Dieu libérateur n’appartient pas seulement au passé tel qu’il est raconté dans le livre de l’Exode : il y a dans nos vies bien d’autres maisons de servitude et Dieu a été découvert comme celui qui accompagne toute entreprise de libération. « Toi qui me libères dans la détresse… », c’est au présent. Il y a là l’expression d’une véritable expérience de foi : l’homme religieux dit « J’aime Dieu », le croyant dit « Dieu m’aime et me libère ».
    Enfin, il faut entendre cette magnifique formule de bénédiction, « Sur nous, SEIGNEUR, que s’illumine ton visage ! » C’est le souhait le plus cher du croyant pour ceux qu’il aime ; c’est la formule du livre des Nombres « Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde, qu’il fasse sur toi rayonner son Visage, que le SEIGNEUR te découvre sa Face, qu’il te prenne en grâce et t’apporte la paix. » (Nb 6, 24-26).

    DEUXIEME LECTURE – première lettre de Saint Jean 2, 1 – 5a
    1 Mes petits enfants,
    je vous écris cela pour que vous évitiez le péché.
    Mais si l’un de nous vient à pécher,
    nous avons un défenseur devant le Père :
    Jésus Christ, le Juste.
    2 c’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés,
    non seulement des nôtres,
    mais encore de ceux du monde entier.
    3 Voici comment nous savons
    que nous le connaissons :
    si nous gardons ses commandements.
    4 Celui qui dit : « Je le connais »,
    et qui ne garde pas ses commandements,
    est un menteur :
    la vérité n’est pas en lui.
    5 Mais en celui qui garde sa parole,
    l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection.

    TOUS, PECHEURS PARDONNES
    Jean développe ici trois certitudes : premièrement, nous sommes tous pécheurs ; deuxièmement, nous sommes tous des pécheurs pardonnés ; troisièmement, c’est en Jésus que nous sommes pardonnés.
    Premièrement, nous sommes tous pécheurs : même si le péché n’est pas notre sujet de conversation le plus habituel, nous savons bien et nous disons volontiers que « nul n’est parfait » ; si Jean dit : « Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché », cela veut bien dire qu’il considère la vie chrétienne comme un combat ; nous sommes tous des êtres partagés, nous avons tous un côté ombre et un côté lumière.
    Et chacun de nous peut dire comme Paul : « Je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais » (Rm 7, 15). Isaïe, lui aussi, le grand Isaïe, prenant conscience de la sainteté de Dieu, s’écriait : « Je ne suis qu’un homme aux lèvres impures » (Is 6, 5).
    Et Jean, dans cette même première lettre, constate « le monde tout entier gît sous l’empire du Mauvais » (1 Jn 5, 19). On n’a pas le droit de se voiler la face sur cette vérité-là et de se prendre pour des purs ! Quelques lignes avant le passage d’aujourd’hui, Jean a dit crûment : « Si nous disons : Nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous » (1 Jn 1, 8).
    Mais, et voilà la deuxième certitude, la grande nouvelle de la Bible, ce n’est pas que nous sommes pécheurs, c’est que nous sommes pardonnés ; l’annonce de Jésus à tous ceux qu’il rencontre dans les Evangiles, c’est « tes péchés sont pardonnés ». Et le Credo nous fait dire non pas « je crois que nous sommes pécheurs », mais « je crois à la rémission des péchés ». La conclusion de cette lettre, c’est « Je vous ai écrit tout cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui avez la foi au nom du Fils de Dieu »… Un des axes de la pédagogie biblique a certainement été de faire passer l’homme du sentiment de culpabilité à l’accueil humble et reconnaissant du pardon de Dieu.
    On en a un exemple dans le psaume 50/51 qui commence par dire « ma faute est toujours devant moi sans relâche » (voilà le sentiment de culpabilité) et qui ajoute « Contre toi et toi seul j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux je l’ai fait » (là s’amorce le repentir, versets 5-6).
    La véritable attitude pénitentielle, ce n’est pas de faire le compte de nos péchés, c’est d’accueillir le pardon de Dieu qui nous précède toujours. De l’accueil de l’enfant prodigue par le Père à la phrase de Jésus à la femme adultère, l’évangile répète ce que l’Ancien Testament avait déjà dit, à savoir que le pardon de Dieu est toujours offert. Le sentiment de culpabilité nous emprisonne, on peut même dire nous « empoisonne » ; la vérité nous libère : cette vérité, c’est à la fois nous sommes pécheurs, et Dieu est Amour et Pardon, nous sommes pardonnés.
    C’est bien le sens des affirmations de Jean : « Si nous disons : Nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous » (1 Jn 1, 8)… « Si nous confessons nos péchés, fidèle et juste comme il est, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité » (1 Jn 1, 9).
    JESUS, NOTRE DEFENSEUR
    Enfin, troisième certitude exprimée par Jean dans le texte d’aujourd’hui, c’est en Jésus que nous sommes pardonnés : « Si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus-Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés… » L’expression « victime offerte pour nos péchés » n’est pas compréhensible dans notre mentalité d’aujourd’hui. Pour la comprendre, il faut nous reporter à la liturgie juive des contemporains de Jean. Tout au long de l’Ancien Testament, le peuple juif avait conscience d’être pécheur, d’être infidèle à l’Alliance et, pour renouer cette Alliance, il offrait des sacrifices, des victimes, au temple de Jérusalem. Désormais, dit Jean, ce culte-là est révolu ; Jésus s’offre lui-même pour rétablir définitivement l’Alliance entre Dieu et les hommes. Quand Jean, dans son évangile, désigne Jésus comme « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », c’est exactement la même chose.
    Et la lettre aux Hébreux affirme que « Jésus supprime le premier culte pour établir le second » : « En entrant dans le monde, le Christ dit : de sacrifice et d’offrande, tu n’as pas voulu. Mais tu m’as façonné un corps. Holocaustes et sacrifices pour le péché ne t’ont pas plu. Alors j’ai dit me voici… je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté. » (He 10). En Jésus une étape décisive de l’histoire de l’humanité a été franchie : ce n’est plus au Temple de Jérusalem que nous recevons le pardon de Dieu, c’est dans l’union au Christ mort et ressuscité.1 Une union offerte à tous les hommes : « Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier. » Jésus l’a précisé lui-même à plusieurs reprises, en particulier dans l’institution de l’Eucharistie : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » (Mc 14, 24).
    Mais l’expression « victime offerte » peut prêter à contresens ! Si nous relisons bien la lettre aux Hébreux, elle nous dit que, avec Jésus-Christ, cette formule « victime offerte » a complètement changé de sens. Ce n’est pas par des actions que Jésus nous sauve du péché, c’est par son être même : lui qui est sans péché, c’est-à-dire qu’il ne quitte pas la présence du Père, qu’il est sans cesse « tourné vers le Père » (comme dit le Prologue de l’évangile de Jean), c’est-à-dire en perpétuel dialogue d’amour avec Dieu, avec le Père. Il est en même temps auprès de nous pour nous réconforter, nous assister. Jean emploie le mot « Défenseur » pour désigner ce lien désormais tissé entre Dieu et l’humanité : « Nous avons un Défenseur devant le Père ». Comme dit magnifiquement la première prière eucharistique pour la réconciliation, désormais « ses bras étendus dessinent entre ciel et terre le signe indélébile de l’Alliance ».
    —————————
    Note
    1 – De manière imagée, Jean disait la même chose dans l’épisode de la Purification du Temple : lorsque Jésus proclamait « Détruisez ce Temple et en trois jours je le rebâtirai », Jean commentait « Le Temple dont il parlait c’était son corps. »

    EVANGILE – selon Saint Luc 24, 35 – 48
    En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs
    racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
    35 ce qui s’était passé sur la route,
    et comment le Seigneur
    s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
    36 Comme ils en parlaient encore,
    lui-même fut présent au milieu d’eux,
    et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
    37 Saisis de frayeur et de crainte,
    ils croyaient voir un esprit.
    38 Jésus leur dit :
    « Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
    Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre coeur ?
    39 Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
    Touchez-moi, regardez :
    un esprit n’a pas de chair ni d’os
    comme vous constatez que j’en ai. »
    40 Après cette parole,
    il leur montra ses mains et ses pieds.
    41 Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
    et restaient saisis d’étonnement.
    Jésus leur dit :
    « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
    42 Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
    43 qu’il prit et mangea devant eux.
    44 Puis il leur déclara :
    « Voici les paroles que je vous ai dites
    quand j’étais encore avec vous :
    Il faut que s’accomplisse
    tout ce qui a été écrit à mon sujet
    dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
    45 Alors il ouvrit leur intelligence
    à la compréhension des Ecritures.
    46 Il leur dit :
    « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
    qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
    47 et que la conversion serait proclamée en son nom,
    pour le pardon des péchés,
    à toutes les nations,
    en commençant par Jérusalem.
    48 A vous d’en être les témoins. »

    LE PROJET DE DIEU EN MARCHE
    La phrase qui est au coeur de ce texte nous parle d’accomplissement : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. » Le thème de l’accomplissement court dans toute la Bible ; on pourrait comparer Dieu à un artiste qui a conçu une oeuvre d’art : je me rappelle un sculpteur qui a entrepris, il y a quelques années, pour une église, une énorme croix en bronze doré. Dès les premiers croquis, il l’imaginait, il la voyait, et, déjà, elle le remplissait de joie ; il a fallu plusieurs mois, sinon plusieurs années, pour que son rêve devienne réalité : il a fallu aussi des collaborateurs qui lui ont fait confiance puisque lui seul avait le secret de son chef-d’oeuvre ; elle est née, enfin, l’oeuvre, après bien des efforts, des fatigues, la chaleur du four, et tous enfin, ont su à quelle merveille ils avaient collaboré. Après coup, ils peuvent enfin dire « oui, il fallait » bien tout cela pour en arriver là !
    Le dessein bienveillant de Dieu qui se réalise dès « avant la fondation du monde », comme dit Paul, est bien plus grandiose qu’une oeuvre d’art, si belle soit-elle ! Et on peut lire tout au long de la Bible, l’histoire de ce projet en marche : la longue patience de Dieu à travers le temps, les étapes et les débuts de réalisation, les échecs et les recommencements, les collaborations. Dire que le dessein bienveillant de Dieu s’accomplit dans l’Histoire des Hommes, c’est dire que l’Histoire de l’Humanité a un « SENS », c’est-à-dire à la fois une « signification » et une « direction ». C’est un article de notre foi. Ce qui veut dire que nous n’avons jamais le droit de céder à la morosité ambiante ! Les croyants sont tournés vers l’avenir (l’à-venir) et non vers le passé ! Dans le Notre Père, ils disent : « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », en d’autres termes, « que s’accomplisse ton projet ».
    DIEU CHERCHE DES COLLABORATEURS
    Comme notre sculpteur, Dieu cherche des partenaires pour son projet : la Bible nous dit que, depuis toujours Dieu propose à l’humanité de collaborer à son grand projet : il y a eu Adam, Noé, Abraham… et le choix du peuple d’Israël pour être le partenaire de Dieu au service de l’humanité tout entière.
    Ce choix de Dieu qu’on appelle l’élection d’Israël reste valable encore aujourd’hui : cette Alliance proposée à Israël n’a jamais été dénoncée par Dieu ! Israël est encore le peuple élu, car « Dieu ne peut se renier lui-même » (2 Tm 2, 13).
    Puis le Christ a pris chair au sein de ce peuple élu, et enfin, il a transmis la mission à tous ceux qui veulent bien entrer dans son Eglise.
    « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie », dit-il dans l’évangile de Jean (Jn 20, 21).
    Bien sûr, à force de parler de projet de Dieu, on peut se demander ce que devient notre Liberté. Or, l’une des découvertes d’Israël, c’est que Dieu ne tire pas toutes les ficelles, l’homme a une responsabilité dans son histoire ; il n’y a pas un scénario écrit d’avance. Au contraire, Dieu respecte la liberté de l’homme ; et, d’après Saint Pierre, c’est justement parce que Dieu respecte la liberté de l’homme que le projet n’avance pas plus vite !
    « Le Seigneur ne tarde pas à accomplir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion. » (2 P 3, 9).
    Quand les croyants relisent les Ecritures, ils y déchiffrent cette longue patience de Dieu.
    Pierre dit encore : « Il y a une chose en tout cas, mes amis que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » (2 P 3, 8).
    Quand le Christ dit à ses apôtres « Il fallait », il leur apprend justement à reconnaître sous la surface des jours et des millénaires la lente mais sûre maturation de l’humanité nouvelle qui sera un jour réunie en lui. C’est cela « l’intelligence des Ecritures ». Non pas « c’était écrit, programmé » ; mais c’est dans la ligne de l’oeuvre de Dieu. Alors, pour les disciples, tout est devenu lumineux : bien sûr, le Dieu d’amour et de pardon ne pouvait qu’aller jusqu’au bout de l’amour et du pardon ; bien sûr, l’Alliance d’amour parfaite entre Dieu et l’humanité ne pouvait être scellée que dans l’homme-Dieu, celui qui est l’amour même. Bien sûr, pour nous entraîner au-delà de la mort, dans la lumière de la Résurrection, il fallait qu’il traverse lui-même la mort ; bien sûr, pour nous apprendre à surmonter la haine avec la seule force de l’amour, il fallait qu’il affronte lui-même la haine et la dérision ; bien sûr, pour inaugurer l’humanité qui connaît le Père, il fallait qu’il vienne nous révéler le vrai visage de Dieu sur un visage d’homme : « Qui m’a vu a vu le Père » ; ce « il fallait », Jésus lui-même l’a expliqué à Pilate au cours de la Passion (Jn 18, 37) : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité… »
    —————————-
    Complément
    Notre mission de collaboration au projet de Dieu, c’est d’annoncer à notre tour (et de vivre le mieux possible) le dessein bienveillant de Dieu. C’est ce que Paul appelle « achever dans notre chair ce qui manque à l’oeuvre du Christ ». « Achever dans notre chair » voulant dire tout simplement mettre notre vie quotidienne au service de ce grand projet.
    Voilà la phrase de Paul : « Ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair pour son Corps qui est l’Eglise ; j’en suis devenu le ministre en vertu de la charge que Dieu m’a confiée à votre égard : achever l’annonce de la Parole de Dieu, le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints. Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi vous… » (Col 1, 24-26).


  • Le 9 avril 2018, les catholiques célèbrent l’Annonciation

    L’ange Gabriel annonce à Marie que par l’action de l’Esprit saint elle va enfanter un fils qu’elle appellera Jésus. Cet épisode de l’évangile s’appelle l’Annonciation.
    L’Annonciation à la Vierge Marie est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira Jésus jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu.
    Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (Lc 1, 26-38)
    L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
    Habituellement l’Annonciation est célébrée par les catholiques le 25 mars soit neuf mois avant Noël. Lorsque le 25 mars tombe au moment de la Semaine Sainte, elle est célébrée le lundi suivant l’Octave de Pâques. En 2018, le 25 mars étant le dimanche des Rameaux, la fête est reportée au 9 avril.  


  • Homélie du dimanche 15 avril

    Dimanche 15 avril 2018
    3e dimanche de Pâques
    Références bibliques :
    Lecture des Actes des Apôtres. 3. 13 à 19 : «Vous avez agi dans l’ignorance. »
    Psaume 4 : « Seigneur, que s’illumine ton visage. »
    Lettre de saint Jean : 1 Je 2. 1 à 5 : «Voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons. »
    Evangile selon saint Luc. 24. 35 à 48 : «Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. »
    ***
    Les textes de ce dimanche doivent être lus selon les termes exacts employés par saint Luc, dans le sens grec de cet auteur qui est grec. C’est ainsi que nous pourrons les méditer et les prier. Sans cela, ils ne nous livrent pas toute leur richesse pour nous-mêmes aujourd’hui qui sommes dans un environnement qui n’ignore pas l’existence de Jésus, mais ne le connaît pas dans l’essentiel de ce qu’il est.
    C’est dans ce sens que nous parlons de mé-connaissance, de non-compréhension de nos contemporains, dans cette réalité qu’ils vivent avec un composite de culture chrétienne et de culture païenne.
    UN SENS ET NON SEULEMENT UN VOCABULAIRE
    Saint Pierre, dans le livre des Actes des Apôtres, dit à ses auditeurs : «Vous avez agi dans l’ignorance » Le terme grec utilisé par saint Luc, a-gnoïan peut bien sûr se traduire par ignorance, mais aussi et de préférence, par mé-connaissance ou non-connaissance. C’est le sens du « a » grec qui est privatif.
    Ce que dit saint Pierre prend alors un sens différence, plus nuancé et donc plus riche, selon que l’on préfère l’une ou l’autre signification que porte en lui le terme grec.
    De même saint Luc,dans son évangile nous souligne la manière d’agir de Jésus lors des deux rencontres du Ressuscité avec ses disciples et ses apôtres, au soir de Pâques. Il leur rend possible la compréhension du passé afin de leur permettre de s’approcher du mystère dont ils sont les témoins immédiats, la Passion et la Résurrection. Ils doivent en être ses témoins devant les hommes. Il faut qu’ils les « connaissent » : « La vie éternelle c’est qu’ils Te connaissent, Toi et celui que tu as envoyé. »
    Sur le chemin d’Emmaüs que nous rappellent les premières lignes de la lecture de ce troisième dimanche (Luc 24. 25 à 27), le Christ leur donne l’intelligence, ou mieux, la connaissance, la façon de penser, en grec « noos », c’est-à-dire une connaissance profonde, intime, qui leur permet de lire à l’intérieur d’une réalité, ici la réalité du Christ en tant que personne et sa vie en tant que déroulement d’événements voulus par Dieu.
    Quand il leur dit « sans intelligence, lents à croire », ce n’est pas un reproche qui leur adresse. C’est une constatation. Il leur explique les Ecritures depuis Moïse jusqu’aux prophètes, comme les trois apôtres l’avaient entrevu à la Transfiguration. Il les invite à aller au-delà de leurs vues immédiates. Il les ouvre à ce qui est « hermétique » soit par mé-connaissance, soit par « lenteur de cœur. » (Luc 24. 25)
    A leur retour, quelques heures plus tard, c’est aux apôtres réunis que le Christ apporte cette même connaissance de l’Ecriture en « leur ouvrant l’intelligence pour la comprendre. » Pour cela, il leur demande de se remémorer, de repasser dans leur mémoire, ce qu’ils ont vécu ensemble, c’est-à-dire la réalité de son incarnation, les faits et gestes qu’il a partagés avec eux. Pour cela, il mange devant eux, devant et non pas avec eux.
    C’est un « regard » qu’il leur demande de porter et non un amical partage. « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché. » (1 Jean 1. 1)
    Il leur demande aussi de reprendre tout ce qu’il leur a dit. Non pas seulement un souvenir, mais une reprise du sens par un approfondissement et par une mise en synthèse et en corrélation des éléments de sa personnalité humano-divine, découverts jour après jour. « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais avec vous. » Il leur donne ainsi la signification de la Loi de Moïse, des prophètes et des psaumes, non comme connaissance de textes, mais une connaissance de ce qu’il est. Ils ont à découvrir et à approfondir ce qu’il est et ce qu’il a vécu : le pardon et la réconciliation. En un mot, il est l’Alliance pour toutes les nations.
    Après la guérison d’un paralysé à la porte du Temple, Pierre développera le même schéma pour commenter le fait miraculeux. L’étonnement des personnes présentes est grand d’avoir entendu « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche. » Comme le Christ l’a fait pour lui et les apôtres au soir de Pâques, Pierre reprend les étapes de la révélation qui conduit au Christ. « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos Pères a donné sa gloire à son serviteur Jésus… Il avait annoncé que le Messie souffrirait… Revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. » (Actes 3. 13 et ss)
    Les agents de la Passion, Judas, les chefs juifs, Pilate, les soldats romains ne sont pas les jouets d’une puissance occulte et machiavélique. Ils sont appelés à la conversion : « Vous étiez dans l’ignorance ». (Actes 3. 17) La résurrection en donne le sens. « Dieu a donné sa gloire. » La résurrection transmet une bonne nouvelle puisqu’elle est la réponse de Dieu au mal qu’entraîne le péché. Et cette réponse, c’est la Vie.
    L’INDISPENSABLE RELECTURE
    A notre tour, il nous faut lire et entendre avec précision ces paroles de Jésus : « Il fallait que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire. » Elles nous introduisent dans le mystère et nous avons à les reprendre comme saint Pierre, saint Luc ou saint Paul. Ce scandale de la croix qui est sagesse de Dieu exprime la pensée et la pédagogie de Dieu.
    Comment en effet reconnaître que le Messie doit souffrir et être mis à mort, alors qu’on attend de lui la cessation de nos maux et la gloire d’un royaume terrestre rétabli ? Quand il est assumé par Dieu, le mal qui est vécu par tous les hommes, se retourne et prend une autre direction.
    Il nous faut lire et entendre avec précision. C’est indispensable pour que cesse toute ambiguïté. L’invitation à la foi ne doit pas être confondue avec la provocation à l’absurde.
    Le détour par la croix, pour qu’arrive la gloire de Dieu, est peut-être surprenant. Il n’est pas un changement de la part de Dieu. Il n’est pas un échec de Dieu. Dieu assume toutes les limites et toutes les conséquences de la liberté humaine. C’est par rapport à notre conception de la « puissance » que nous pensons que le détour par la croix est un échec.
    Mais, si nous lisons la Loi de Moïse, les prophètes et les psaumes selon le sens divin de la Bible, nous y voyons clairement s’inscrire la figure du Juste persécuté et du Serviteur souffrant (Isaïe 50). L’offrande comme source de bénédiction, la pensée de la mort consentie comme chemin de vie, se trouvent maintes et maintes fois exprimées dans l’Ecriture. C’est par l’offrande de la vie que naît l’enfant, c’est par elle que grandit pour chacun de nous, l’amour que lui portent sa mère et ses parents.
    En Jésus, tout cela est porté à sa perfection, tout est « accompli » Le « il fallait » est significatif de l’adéquation de la vie de Jésus à la réalité humaine en même temps qu’à la réalité du Christ, annoncée au travers des révélations messianiques. (Philippiens 2. 6 à 11)
    C’est en puisant dans sa propre histoire que le Peuple de Dieu peut découvrir la fécondité surprenante de l’œuvre de Dieu en Jésus le Christ.
    De même, c’est en relisant notre propre histoire que nous découvrons l’œuvre de Dieu et la réponse réelle que nous avons encore à lui donner : une lente et progressive purification, à renouveler et reprendre sans cesse, jusqu’au jour de sa Gloire.
    POUR QUE L’HOMME RENCONTRE DIEU
    Dans son extrême dénuement, le Christ a dit « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » « Vous étiez dans l’ignorance », reprend saint Pierre.
    Nous n’avons pas la mesure des conséquences lointaines que portent nos actions immédiates. Il y a de la part de tous, une « non-connaissance », une connaissance partielle ou erronée. Notre responsabilité ne vient pas seulement du geste que nous avons posé, mais bien plus de notre absence de volonté à pénétrer le sens profond de ce que nous vivons. Nous en avons la libre possibilité. Refuser de mettre notre liberté au service de la vérité engage notre responsabilité.
    Nous avons à rejoindre la lumière dans sa plénitude. C’est le terme réel de notre vie puisqu’elle nous conduit inéluctablement au seuil de la lumière divine. (1 Jean 1 à 5)
    Il nous faut craindre alors de nous contenter ou de nous satisfaire de notre connaissance partielle des choses de Dieu. « Celui qui dit :’je le connais’ et qui ne garde pas ses commandements est un menteur. La vérité n’est pas en lui. Celui qui garde sa parole dans la vérité possède en lui l’amour de Dieu »… atteint vraiment la perfection de l’amour de Dieu selon d’autres traducteurs qui marquent ainsi la plénitude de l’être même de Dieu que nous pouvons atteindre.
    ***
    Nous ne devons donc ne jamais être satisfait d’une connaissance imparfaite. Dieu attend de nous une recherche inlassable de la Vérité qu’il nous a transmise en Jésus-Christ. C’est cette vérité qui nous rend libre (Jean 8. 32) « Consacre-les dans la Vérité ». (Jean 17. 17)
    Parce qu’il nous faut toujours craindre les certitudes qui sont issues de nos points de vue humains, il nous faut les dépasser dans la foi.« Celui qui fait la vérité vient vers la lumière. » (Jean 3. 21)
    « Il leur ouvrir l’esprit à l’intelligence des Ecritures. »… « Tu es à l’origine d’un si grand bonheur ! Qu’il s’épanouisse en joie éternelle ». (Prière sur les offrandes de ce dimanche)


dimanche 8 avril 2018

vendredi 6 avril 2018

  • Pré synode : retour des jeunes français sur cette expérience prophétique

    Rentrés de Rome où ils avaient participé au pré synode avec 300 jeunes du monde entier, les jeunes français ont pris part hier à un temps de rencontre et d’échange à l’occasion d’une journée de formation pour les acteurs de la Pastorale des jeunes et des vocations, organisée par le Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations (SNEJV). Ils ont ainsi remis le document final du pré synode au Conseil pour la pastorale des jeunes représenté par Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux. Retour sur leur expérience synodale.
    « Par la mise en place de cette initiative audacieuse, l’Église a montré sa capacité à rassembler un échantillon de jeunes divers, du monde entier, pour discuter d’enjeux contemporains à partir d’une méthodologie de travail ancrée dans une processus participatif qui pourrait inspirer bien d’autres instances » analyse Sr Nathalie Becquart, directrice du SNEJV et coordinatrice générale du pré synode.
    Camille Tilak a particulièrement apprécié l’accueil qu’elle a reçu, comme jeune non croyante au sein de cette démarche : « J’ai été surprise par la qualité de dialogue, l’échange respectueux. Je me suis vraiment sentie acceptée par tout le monde. Ils ont très bien accueilli le fait d’avoir un avis extérieur parce qu’ils considèrent que c’est important. Je venue avec un esprit de curiosité et parce qu’il est important que nous mettions tous nos idées en commun pour construire quelque chose ensemble. Au pré-synode, j’ai senti que tous les jeunes présents avaient envie de participer à la création de l’histoire et prendre part au changement pour relever les défis de notre société en pleine mutation ».
                    Camille Tilak, jeune diplômée en études européennes, non croyante appelée au pré-synode au   titre de son engagement en politique.
    Eugénie Paris a quant à elle été touchée par la rencontre avec les autres participants, chacun rendant compte de réalités diverses : « Deux points m’ont beaucoup marquée. Entendre d’autres réalités, comme celles de l’Afrique où les jeunes sont plutôt bien intégrés dans les paroisses, m’a énormément questionnée. Je suis revenue renouvelée dans ma mission pour la pastorale des étudiants dans le diocèse de Rouen. J’ai aussi été étonnée que la question des femmes que je portais revienne si fortement dans le document final. Beaucoup ont fait émerger ce questionnement qui traverse notre réalité contemporaine « quelle place donner à la femme aujourd’hui ? ».
                  Eugénie Paris, 25 ans est responsable de la pastorale étudiante du diocèse de Rouen. La mission principale de la pastorale étudiante du diocèse est de coordonner les propositions de l’Église diocésaine adressées aux jeunes étudiants.
    Adrien Louandre, a particulièrement apprécié la méthode de travail synodale : « On a vraiment vu le succès de la méthode synodale, et c’est aussi parce qu’on a mis Jésus au centre qu’on a pu dialoguer ainsi et faire émerger un texte dans lequel tout le monde s’est retrouvé et senti écouté. Dans le fond de ce Document Final, on voit vraiment la puissance de l’action de l’Esprit-Saint. La force de ce texte est d’avoir permis à la fois l’expression de convergences fortes mais aussi de nommer les divergences sur certains points. Cela a été enrichissant de voir ce travail collégial et l’évolution du texte entre sa première version et sa version finale ».
                    Adrien a 22 ans et est étudiant à Amiens. Adrien est également membre de l’Ecclesia’s team qui anime le Réseau Ecclesia Campus des aumôneries étudiantes. Il est aussi membre du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC).
    Chloé Bardin souligne l’importance de rencontrer des accompagnateurs : « Le présynode m’a énormément apporté par la diversité des jeunes que j’ai rencontrés, par l’ouverture de chacun et la rencontre des différences, mais aussi par les ainés qui nous ont accompagnés, les sœurs, les prêtres, les laïcs. Ils ont été à nos côtés mais ils nous ont laissés la place. C’est essentiel d’avoir ainsi dans L’Église des témoins. »
                        Chloé est étudiante en lettres à Paris, elle représentait la communauté Fondacio.
    À l’issue de ce pré synode, les quelque 300 participants ont remis à l’occasion de la messe des Rameaux, le dimanche 25 mars dernier, au Pape François un document final, synthèse de leurs échanges et réflexions pour le monde de demain. Les jeunes ont pu y faire figurer leur vision de monde, leurs attentes pour une Église au sein de laquelle ils souhaitent tout particulièrement pouvoir prendre une plus grande place.
    Télécharger le document final du pré synode en bas de page

    Hier, jeudi 5 avril, les jeunes français ont remis à Mgr Lacombe un exemplaire du document final.


  • 55ème Journée mondiale de prière pour les vocations
    Actualité 22 avril 2018 : Journée Mondiale de Prière pour les Vocations Témoignage de Sr Nathalie Bécquart Pour aller plus loin [...]

jeudi 5 avril 2018

mercredi 4 avril 2018

  • Recherche de bénévoles

    Le service d'aumônerie de l'hôpital de Lannion recherche activement des bénévoles pour visiter les patients et/ou aider au bon déroulement des célébrations dans les EHPAD.
    Beaucoup de résidents ou patients aimeraient être davantage visités par l'aumônerie.
    Formations proposées.

    Pour toute question ou information, contacter l'aumônier :
    Nathalie Bucheton.
    aumonerie chez ch-lannion.fr

    tel 02 96 05 71 11


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